Hello l'internet ! Me voilà à nouveau ici, après très longtemps (désolée !) pour une petite histoire, qui aura trois chapitres. Elle est déjà écrite, je publierai probablement les deux prochains chapitres dans la semaine :) Il n'y a pas vraiment de spoil, l'histoire ne se situant nul part précisément dans la série.

Bonne lecture à vous !


Cas comptait aller parler à Dean, se sentant finalement prêt à lui dire ce qu'il ressentait. Maintenant qu'il était humain, il percevait tout différemment que lorsqu'il était ange. Il avait enfin réussi à mettre des mots sur les sentiments qui l'agitaient en présence du chasseur. Et depuis qu'il avait compris cela, le désir de serrer Dean dans ses bras, de l'embrasser, le traversait bien trop souvent. Aussi souvent que ce dernier entrait dans son champ de vision, en fait. Il avait donc décidé qu'il ne pouvait plus continuer comme cela. L'impression de lui mentir en lui cachant quelque chose l'oppressait chaque fois qu'il croisait son regard. Chaque frôlement, infime contact, le faisait frissonner tout en lui donnant envie de pleurer de ne pas pouvoir aller plus loin. Et il ne supportait plus. Il allait devenir fou, à vivre au côté de cet homme en devant se restreindre à respecter ce fichu "espace personnel". Depuis qu'il vivait avec les deux frères au Bunker, il se retrouvait constamment à devoir réprimer ses gestes envers Dean. Surtout que celui-ci était toujours aussi gentil et attentionné avec lui. Encore plus qu'avant, à vrai dire. Il l'avait soutenu depuis le début, lorsqu'il avait tout perdu, sa grâce, ses ailes. Tout ce qui pour Cas lui semblait constituer son être. Il avait ressenti pour la première fois la panique, la vraie, une terreur de mourir l'avait envahi comme jamais auparavant. Il avait brutalement pris conscience de n'être plus qu'un être éphémère. Et terriblement fragile. Il s'était senti si faible, avec cette sensation d'être inutile, de n'être plus bon à quoique ce soit. Déjà qu'en tant qu'ange, il avait eu des difficultés à trouver sa place et à aider les Winchester comme il pensait qu'il le devait, mais alors en petit humain imparfait qu'il était devenu, il ne voyait même plus l'intérêt de continuer à exister. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il fallait faire simplement pour maintenir son corps en vie, c'était la première fois qu'il se trouvait confronté à une telle contrainte. Alors trouver un moyen d'être utile au monde lui semblait véritablement insurmontable.

Il avait senti qu'il n'était plus rien.

Il s'était présenté à l'entrée du Bunker, dévasté. Et Dean avait été présent pour récupérer les morceaux de son esprit brisé. Il l'avait accompagné chaque jour, tentant de rétablir cette confiance en lui-même qui l'avait fui. Tous ces besoins corporels et ces sensations humaines étaient des énigmes complexes pour Castiel, mais il avait petit à petit appris à les déchiffrer, jusqu'à retrouver un peu d'assurance, et à pouvoir rester seul au Bunker. Les deux frères avaient recommencé à chasser, le laissant derrière le temps qu'il s'habitue vraiment à son nouveau statut d'humain, avaient-ils dit. Castiel ne pensait pas qu'il y parviendrait un jour, mais il ne voulait pas être pessimiste devant eux. Encore moins devant Dean, qui s'efforçait d'être encourageant au côté de l'ancien ange. Il faisait vraiment tout son possible pour améliorer sa vie, et Castiel se sentait parfois presque coupable de ne pas réussir à accepter le fait de ne plus être un ange. Tous ses sentiments s'étaient retrouvés soudainement décuplés, et il y avait beaucoup de choses qui n'avaient plus été possibles pour lui d'ignorer. Pas seulement ce qu'il ressentait pour Dean, mais il remettait également en cause chacune de ses décisions. Il avait conscience d'avoir fait énormément d'erreurs dans le passé, et la culpabilité lui serrait le cœur dès qu'il y songeait. Oh, il avait déjà remarqué toutes ses fautes lorsqu'il était encore un être céleste, mais jamais cela ne l'avait fait se sentir mal aussi fortement. C'était trop tard pour réparer tous les torts qu'il avait causés, mais il restait une chose pour laquelle il pouvait essayer d'agir. Il n'était pas certain que faire part de son amour à Dean était la meilleure solution, mais il ne se sentait plus capable de tout garder en lui, cette tempête intérieure allait finir par exploser. Ce ne serait pas beau et il voulait endiguer le désastre avant qu'il n'arrive. En prenant les devants, il lui semblait pouvoir garder un certain contrôle.

Et c'était aujourd'hui qu'il avait choisi pour aborder le sujet avec Dean. Cas venait de rentrer des courses, il avait pensé à acheter une tarte, se disant que cela mettrait au moins Dean dans de bonnes dispositions. Il ne croisa personne à l'entrée, il posa ses sacs sur la table, ne récupérant que le gâteau, et hésita un instant entre aller le chercher dans sa chambre ou la cuisine. Entendant un bruit dans cette dernière, son choix fut facilité. Il sourit en serrant la boîte de tarte. Le chemin jusqu'à la porte lui parut infini, il sentait la panique l'envahir doucement. Son cœur sautait dans tous les sens dans sa poitrine. Il n'avait encore jamais atteint un tel niveau de trouble, et il sentit son estomac se contracter. Il prit une grande inspiration pour se calmer, il n'avait pas de raison de stresser autant. Il se doutait un peu que Dean ne partagerait pas ses sentiments, mais il ne pensait pas non plus qu'il le rejetterait totalement. Ils avaient vécu trop de choses ensemble pour qu'il puisse le haïr. Tout du moins, c'était ce qu'il se répétait pour se rassurer. Mais la simple pensée qu'il allait enfin tout avouer lui faisait du bien. Dean serait au courant, et quelque soit sa réaction, il n'aurait plus à supporter tout cela seul. Même s'il voulait une relation bien plus qu'amicale avec lui, il restait son meilleur ami, qui lui avait tout appris quand il s'était retrouvé humain, qui était toujours là pour lui. Il avait constamment tout partagé avec lui, ses doutes, ses peurs, ses tristesses, ses joies. Et garder pour soi un sentiment aussi fort que celui qu'il ressentait dès qu'il se perdait dans ses yeux verts devenait chaque jour un peu plus au-dessus de ses forces. Il avait hésité un temps à en parler d'abord avec Sam, mais il n'était pas celui avec lequel il voulait en discuter. Dean saurait que faire pour surmonter, pour gérer ce tourbillon en lui, il le savait. Même s'il était le premier concerné, et qu'il ne le prendrait sûrement pas si bien que cela, Cas était persuadé qu'il ne l'abandonnerait pas. Leur relation était spéciale, elle l'avait toujours été. C'était également pour cette raison qu'il y avait tout de même en lui l'espoir que, peut-être, Dean aurait les mêmes sentiments à son égard. Parfois, il avait l'impression de voir des signes, de légers indices qui lui indiqueraient qu'il n'était pas le seul à vouloir plus de cette relation. Une main sur l'épaule, qui le serrait un peu trop longtemps, le regard qui demeurait dans le sien sans oser s'en éloigner, des sourires particuliers qui lui semblaient être destinés uniquement pour lui. Un élan d'espoir l'envahit en y pensant. Il pouvait presque se permettre d'y croire. Même si son cœur s'affolait dans sa poitrine, et que son estomac se croyait sur un manège, au point qu'il craignit un instant que tout ce qu'il avait avalé ressorte, un sourire naquit tout de même sur ses lèvres, un sourire plein d'un espoir qu'il ne put retenir. Il était heureux d'avoir pris la décision de lui dire, tout irait mieux après.

La vision qui l'accueillit quand il jeta un œil dans la cuisine lui fit immédiatement perdre ce sourire. Une boule se forma dans sa gorge, qu'il ne sut pas identifier. Il avala difficilement, et recula sans un bruit.

Un garçon inconnu.

Que Dean serrait dans ses bras.

De manière particulièrement intime. Il avait ramené un garçon au Bunker. Ce n'était jamais arrivé auparavant. Celui-là devait être spécial, important. Cas sentit nettement son cœur s'arrêter dans sa poitrine, et se briser, comme s'il n'allait plus jamais repartir. Il aurait dû s'en douter pourtant. S'y attendre, s'y préparer. Dean passait ses nuits dans des lits de filles et probablement de garçons différents. Il allait bien arriver un jour où l'un d'entre eux sortiraient du lot, et deviendrait permanent. Mais... Pas maintenant, alors qu'il était enfin décidé à tenter le coup ! Depuis qu'il était humain, c'était la première fois qu'il voyait Dean embrasser quelqu'un d'autre. Oh, il avait toujours su ce qu'il faisait quand il sortait le soir et ne rentrait que le lendemain. Mais il s'efforçait de ne pas y penser, de ne pas l'imaginer surtout. Et comme leurs conversations fuyaient clairement ce sujet, il pouvait oublier que cette partie de la vie de Dean existait vraiment. Il n'aurait jamais dû attendre aussi longtemps. Comment pourrait-il lui avouer quoique ce soit, alors que Dean ressentait en effet les mêmes sentiments que lui, mais pas dirigés vers sa personne ? Il ne voulait pas le déranger avec tout ce qui bouillonnait en lui, il ne voulait pas le perturber alors qu'il allait peut-être enfin être bien avec quelqu'un. Cas avait toujours cru au fond de lui qu'il finirait par être celui qui redonnerait sa confiance à Dean, à son tour. Il le connaissait mieux que personne, ses faiblesses, ses forces, et il l'aimait pour tout ce qu'il était. Il aurait tout fait pour lui. Il avait tout fait pour lui, en fait. Mais Dean méritait de trouver son bonheur. Et si, contrairement à ce qu'il avait espéré vainement, ce n'était pas avec lui qu'il connaîtrait cet épanouissement, il préférait se retirer. Ce n'était pas la peine qu'il embarrasse la relation qu'il avait avec cet inconnu. Il n'était humain que depuis peu, mais il savait que s'immiscer dans une relation amoureuse entre deux humains compliquait toujours tout, et cela finissait en général avec des larmes et de la douleur pour tout le monde. Il sentit d'ailleurs que ses joues étaient étrangement trempées. Il renifla, et préféra se retirer dans sa chambre avant qu'ils ne se décident à sortir de la cuisine et ne le voient dans cet état. Il serait incapable d'expliquer quoique ce soit. Et il n'avait vraiment pas envie que Dean lui présente cet homme, dans l'immédiat. Assis sur le bord de son lit, il essuya avec agacement ses joues, mais plus il s'acharnait et plus il sentait toute cette eau déborder de sous ses paupières. Son corps était secoué de hoquet qu'il n'arrivait pas à contrôler, le frustrant d'autant plus. Ce n'était pas la première fois qu'il pleurait depuis qu'il était humain, il avait eu l'occasion d'expérimenter cela plusieurs fois depuis qu'il avait perdu sa grâce. Dès qu'il était tombé sur Terre, cela avait en fait été sa première action. Et c'était sanglotant que l'avait trouvé Dean devant la porte.

Mais la différence d'avec sa situation actuelle était justement là. D'habitude, quand il pleurait, les bras du chasseur le berçaient doucement, une main ébouriffant parfois délicatement ses cheveux. La chaleur, le réconfort qu'il ressentait suffisaient à le calmer rapidement. Dean lui murmurait à l'oreille que tout irait bien, et il le croyait. Tant qu'il était avec lui, oui, tout pourrait bien aller. Laisser ses émotions l'envahirent ainsi ne lui était arrivé que rarement, seulement lorsqu'il avait été vraiment submergé et qu'il n'arrivait plus à tout retenir. Il savait que Dean n'était pas quelqu'un qui appréciait de tels épanchements, mais il avait toujours été très doux et compréhensif avec Castiel. C'étaient les seuls instants durant lesquels il se retrouvait tout contre lui, et même si l'idée d'en profiter un peu plus souvent avec des larmes de crocodile l'avait parfois effleuré, il avait toujours su se contenir. Mais lorsqu'il sentait que ses pleurs allaient déborder, il ne se privait pas d'aller chercher Dean, qui l'avait consolé à chaque fois. C'était la première fois que les conditions l'empêchaient d'utiliser cette solution habituelle. Toujours est-il qu'immédiatement, seul dans sa chambre, il aurait tout donné pour la présence de Dean à ses côtés, alors même qu'il était en premier lieu la raison de ses larmes. Il n'était pas capable d'apaiser ce torrent qui s'échappait de ses yeux s'il ne sentait pas sa rassurante douceur auprès de lui. Il finit par s'allonger dans son lit, les genoux ramenés contre lui, et songea qu'il n'avait plus qu'à attendre que la douleur se dissipe.

Malheureusement, être humain signifiait qu'il n'était pas possible d'arrêter de ressentir. Même lorsque, plusieurs heures plus tard, plus aucune larme ne dévalait de son visage, cette boule de tristesse ne voulait pas le quitter. Il ne savait pas quoi faire, et n'avait personne à qui le demander. Il finit par s'endormir. Jusqu'à ce que des coups à sa porte le réveillent, bien plus tard.

Dean entra, et remarqua rapidement les yeux trop rouges et la mine qui s'efforçait de ne pas paraître trop déprimée. Cas s'était aussitôt redressé lorsque Dean avait ouvert la porte, s'asseyant en tailleur dans son lit.

"Hey, Cas, ça va ? Tu dormais ? Je venais te dire qu'on a fait à manger, si tu as faim."

Tout en parlant, il alla s'asseoir sur le bord du lit. Cas ne lui répondit que d'un haussement d'épaule, en évitant le moindre contact visuel, ses yeux fixés sur ses mains. Voyant la tristesse de son ami, Dean tendit le bras vers lui, posant ses doigts sur son biceps, s'apprêtant à lui faire un câlin.

Mais il fut repoussé un peu trop brutalement, ce qui provoqua un regard blessé et confus que Cas ignora.

"Qu'est-ce qui va pas, Cas ? J'ai fait quelque chose ?

- Je... Je veux juste être tout seul... S'il te plaît.

- Ok... Ok, je te laisse. Dis-moi si tu veux que je vienne te voir. Je te ramène une assiette, quand même...?

- Non, merci."

Dean se releva du lit, non sans jeter un dernier coup d'œil étonné à son ami. Il se rendait compte que Cas allait mal, ce qui arrivait très souvent, mais c'était la première fois qu'il se faisait repousser. Il acceptait toujours son soutien, habituellement. Il hésita une fraction de seconde devant la porte, pas tout à fait sûr de la conduite à adopter. Mais l'absence de réaction de Cas, le fait qu'il ne le rappelle pas, le décida finalement à sortir.

Celui-ci se laissa retomber sur le matelas aussitôt la porte refermée. Bon dieu ce que ça faisait mal. De le voir après tout ça lui faisait encore plus mal qu'il ne l'aurait cru. Si mal qu'il se demanda s'il irait mieux un jour. Il avait survécu à tellement de choses, il avait presque accepté son statut d'humain, et c'était ses sentiments pour Dean qui allait le perdre ? Non, il ne pouvait pas accepter cela. Il allait bien falloir qu'il s'y fasse, comme il se faisait à tout. Il ne voulait pas perdre Dean, et c'était la seule pensée qui tournait en rond dans son esprit. Il soupira en retenant ses larmes, il n'allait pas pleurer à nouveau tout de même. Il avait espéré que se laisser aller une fois allait suffir à aller mieux, du moins pour un instant. Apparemment il s'était trompé. Il aurait aimé que quelqu'un lui dise comment faire dans ces cas-là. Il y avait des milliers d'humains qui étaient passés par ce qu'il vivait, il y en avait même qu'il avait vu sombrer du haut de sa condition d'ange. Et pourtant, personne n'avait jamais trouvé comment aller mieux, si ce n'était attendre. Il en voulait au monde entier, à tous les humains de ne pas avoir de remède miracle à son malheur. Il en voulait à Dean, à cet homme inconnu, à n'importe qui, à lui-même. Il avait l'impression de passer d'un sentiment à l'autre bien trop soudainement. Un instant il voulait leur bonheur à tous les deux et partir loin pour ne jamais les revoir ensemble, et deux minutes plus tard, il voulait aller voir cet inconnu et lui dire à quel point il avait ruiné sa vie, et embrasser Dean devant lui. Tout tournait dans sa tête et il s'énerva en réalisant qu'il y avait à nouveau des larmes qui coulaient. Il essaya tant bien que mal de "se vider l'esprit" comme lui avait un jour conseillé Sam. De ne penser à rien, et de se détendre. Il trouvait cela encore plus difficile que d'habitude, il abandonna rapidement. La méditation n'était clairement pas son truc.

La faim lui tordit le ventre, et il hésita à sortir de sa chambre. Il entrouvrit sa porte et guetta les bruits. Silence. Ils avaient sûrement chacun rejoint leur chambre respective, vu l'heure tardive qu'il était. Cas tenta de ne pas penser à l'endroit où pouvait se trouver l'homme de tout à l'heure. Il secoua sa tête, et se décida à aller chercher à manger, en espérant naïvement que cela lui permettrait de se sentir un peu mieux.

Il aperçut sur la table un mot signé, à côté d'une assiette avec un burger fait maison et des frites. Il y avait le haut de la feuille qui était gribouillé, comme si la personne s'y était reprise à plusieurs fois avant de trouver les mots justes. L'écriture était presque appliquée.

"T'as plus qu'à tout réchauffer. J'espère que tu iras mieux rapidement. Hésite pas à venir me voir, quand tu veux, Cas.

Dean"

C'était ce genre d'attentions que Dean n'avait que pour Cas, ou du moins ce dernier avait l'impression d'être le seul qui en bénéficiait. Il sentit encore une fois son cœur se serrer, mais un léger sourire naquit sur ses lèvres. Dean ne l'aidait vraiment pas. Il fit réchauffer son plat, et relit le mot, sans trop savoir pourquoi. Quelque chose le perturbait mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Puis après un instant de réflexion, il comprit. "Quand tu veux". Quand il voulait. Il pouvait le déranger à tout moment. Est-ce que cela voulait dire qu'il n'y avait personne avec lui dans sa chambre ? Ou alors que cela ne le dérangeait pas que Cas les voit ensemble ? Cas songea qu'il n'avait vraiment aucune idée de ce qu'il ressentait pour lui, dans ce cas-là. Mais aussi que Dean tenait assez à lui pour accepter qu'il l'interrompt même s'il est avec quelqu'un d'autre. Est-ce que cela ne voulait pas un peu dire que cet autre était moins important que lui, à ses yeux ? Ou en tout cas que la tristesse de Cas était prioritaire sur tout le reste. Cela lui réchauffa un peu le cœur mais lui amena beaucoup trop d'autres questions. Et lui fit réaliser que malgré tout ce qu'il avait vu, un reste d'espoir persistait au fond de lui, à son grand désarroi. Il n'arriverait jamais à s'en remettre si de l'espoir restait. Il se disait que peut-être Dean avait simplement fait une erreur avec cet autre homme, et qu'il lui suffisait de tout lui avouer pour que tout aille mieux. Il secoua la tête, pour essayer de chasser ses pensées, et croqua dans son burger.

Des pas se rapprochèrent à ce moment de la cuisine, et Castiel sentit son coeur paniquer un instant. Il ne voulait pas voir Dean, c'était trop d'émotions qu'il ne maîtrisait pas. Mais à son grand soulagement, ce fut Sam qui apparut dans l'encadrement de la porte. Il lui fit un petit sourire hésitant.

"Hey, Cas. Dean m'a expliqué que ça allait pas trop. Je sais que tu as l'habitude de lui parler quand ça va pas, mais je veux que tu saches que je suis là, si jamais.

- Merci, Sam"

Il était touché, et hésitait presque à tout lui expliquer. Peut-être qu'il pourrait l'aider, lui donner des conseils. Sam le vit réfléchir, et insista :

"Vraiment, tu peux tout me dire, Cas."

Cas ouvrit la bouche, prêt à lui expliquer, puis la vision de Sam allant tout répéter à Dean l'arrêta net dans son élan. Il savait qu'il pouvait lui faire confiance, mais il savait également que les deux frères avaient tendance à beaucoup discuter. Il voyait mal Sam réussir à garder cela pour lui. Il n'irait sûrement pas tout raconter à Dean, mais il ferait très probablement des allusions, c'était bien le genre des deux frères. Il n'avait pas envie que Dean découvre ses sentiments comme cela.

"C'est… Compliqué. Je pense que j'ai juste besoin de… me changer les idées. Je pense qu'on devrait trouver une affaire !"

Sam lui sourit gentiment, comprenant qu'il ne voulait pas lui en parler. Il sortit son ordinateur et commença à chercher, pendant que Castiel finissait son repas. Ce ne fut pas long avant qu'il tourne son écran vers l'ancien ange.

"J'avais vu ça, tout à l'heure, je voulais attendre demain matin pour vous en parler, on a tous besoin de sommeil… Je pense que c'est un Djinn. Je te laisse lire."

Plusieurs rapports de police et articles de journaux s'étalaient sur l'écran. Castiel était toujours très impressionné par la capacité de Sam à trouver toutes ces informations. Il avait déjà essayé lui aussi, mais non seulement le fonctionnement de l'appareil en lui-même restait encore un mystère pour lui, mais en plus il n'avait aucune idée de comment Sam réussissait à récupérer des documents confidentiels de la police. Il avait fini par renoncer et laisser le Winchester faire ce travail. Après lecture de tous ces éléments, il pensa également que ce devait être un Djinn.

Il hésita à se lancer immédiatement dans cette chasse, en embarquant uniquement le Winchester qui ne le faisait pas souffrir actuellement, mais il doutait que Sam veuille partir sans son frère, et de plus, il avait raison sur le fait qu'ils avaient tous besoin de dormir. Bien qu'il se demandait comment il pourrait réussir à s'endormir ne serait-ce qu'une seconde. Son esprit se tournait chaque instant vers l'aperçu qu'il avait eu de Dean dans la cuisine. Il soupira et se tourna vers Sam

"Je pense qu'il vaut mieux attendre demain matin, effectivement. Dean doit dormir, on ne va pas le réveiller.

- Je suis sûre que ça va aller, Cas, quelque soit ce que tu traverses. Dean et moi, on est ta famille, on sera toujours là pour te soutenir, quand tu voudras en parler.

- Merci, Sam."

Une fois sous ses couvertures, comme il s'y attendait, Castiel n'arrivait pas à fermer l'œil, et ressassait ce qu'il avait vu. Plus il y pensait, plus il se disait que c'était tout de même vraiment étrange que Dean ramène quelqu'un au bunker. Il ne voyait aucune explication rationnelle, surtout s'ils sortaient ensemble. Il l'aurait sûrement présenté à Sam et lui avant de l'inviter ici, non ? Peut-être qu'il s'était emballé trop vite, qu'il avait mal vu leur proximité. Mais dans tous les cas, qui cela pouvait-il être ? Cas en avait marre de se torturer l'esprit, il aurait aimé que Dean soit là, et lui dise que tout allait bien en le prenant dans ses bras. Il avait parfois l'impression d'être devenu un petit enfant en perdant ses ailes et sa grâce. Cela le déprimait encore plus. Il alla se servir dans la réserve d'alcool de Dean, boire lui permettrait au moins d'éteindre ses pensées. Il songea avec amertume que c'était un des rares avantages à être humain, l'alcool avait maintenant de l'effet sur son métabolisme. Et comme il n'avait pas l'habitude, il lui suffit de quelques verres avant de sombrer.


J'espère que vous avez apprécié et que vous lirez la suite ! :) N'hésitez pas à commenter/fav/follow, ça me fait toujours super super plaisir (d'ailleurs merci aux gens qui tombent sur mes vieilles histoires des années plus tard, et laisse un petit fav, ça m'émeut toujours un peu de voir qu'elles continuent de vivoter grâce à vous !)