Bonjour bonjour ! Et bien, que dire après une si longue attente... Désolée ? ^^' Après la préparation de mon diplôme, le confinement, les déménagements, les visites familiales et autre, j'ai eu énormément de mal à écrire, mais j'ai enfin réussi à terminer ce chapitre. Il est long, donc j'espère que ça compensera ce délai presque excessif...
Comme toujours, merci aux lecteurs, aux followers et aux reviewers. J'espère que vous aimerez.
Mysty, non, ne jamais, jamais, énerver Cass :)
Sans plus de discours, place à la suite.
Enjoy ! (expression ongles sur tableau)
Vivre
Dean est… Satisfait. Presque heureux même, mais pas tout à fait.
Il esquisse un sourire fatigué.
Difficile d'être heureux quand la seule chose, la seule personne, que vous désirez vraiment vous est inaccessible.
Mais il comprend.
Ce n'est pas simple, mais il comprend.
Et il se satisfait, justement, de son amitié avec Cass. Cependant, il ne cache pas à quel point la frustration irrite son cœur quand l'ange est là, à côté de lui, lui offrant son sourire si tendre, et qu'aucun des deux ne peut réellement franchir cette distance émotionnelle sur laquelle ils se sont accordés.
Dean pensait que ce serait facile. Après des années à avoir refoulé ses désirs, il pourrait bien continuer pendant des décennies encore non ? Mais la vérité, c'est que savoir que Cass partage ses sentiments rend les choses autrement plus compliquées. Tous deux veulent plus… Tellement plus. Et ils méritent plus. Et parfois, Dean s'en veut d'avoir pris autant de temps à se confesser. Peut-être bien que tout aurait été différent pour eux s'il avait avoué à Cass ce qu'il ressentait pour lui, avant qu'il ne devienne Roi de l'Enfer…
Mais il n'aime pas ressasser les « Et si ? », cela fait plus de mal que de bien.
Il récupère un shampoing sur l'un des étalages du rayon de la supérette dans laquelle il se trouve.
Alors il essaie de se concentrer sur le positif.
Comme Sam et Eileen.
Son sourire s'agrandit à cette pensée.
Il n'a pas assez remercié Cass de leur avoir ramené la chasseuse. Sam est radieux depuis qu'elle est à nouveau dans leur vie, et leur proximité, leur complicité, bref leurs manières de couple apportent un peu de bonheur à un bunker qui s'était teinté de tristesse depuis le départ de Cass, et la mort de Jack.
Il soupire en jetant un coup d'œil aux légumes qui s'étendent sous ses yeux.
Jack est à nouveau là, il le sait. Mais depuis son apparition au bunker, Dean n'a eu aucun contact avec lui. Sam non plus d'ailleurs. Sam a quand même essayé de prier le gamin, sans trop de succès. Dean, lui, n'a même pas osé, ayant toujours en tête la façon dont Jack ne semblait pas du tout à l'aise en leur présence. S'il n'y avait pas Cass pour lui dire que Jack allait bien, il se ferait un sang d'encre. Même s'il sait que ce serait particulièrement hypocrite de sa part en sachant la façon dont il l'a traité…
Il se saisit d'un pack de bières.
Un autre point positif depuis que Cass et lui ont remis les choses au clair, c'est qu'il est plus en paix avec lui-même. Plus calme. Plus serein. Et sa relation avec Sam s'est considérablement améliorée, son frère lui ayant confié ses visions concernant Chuck. Il ne cache pas qu'il a frôlé une nouvelle crise de colère et d'angoisse à cette nouvelle, mais quand Sam lui a avoué les raisons qui lui ont fait garder le silence, cette rage est retombée aussi vite. Ils sont plus ouverts et honnêtes l'un envers l'autre, leur confiance se reconstruit petit à petit. Et même s'il admet que la perspective de Dieu pouvant encore intervenir dans leurs histoires n'est pas pour le rassurer, il sait que lui et Sam ne seront pas seuls face à lui. Quoi qu'il advienne, Chuck ne…
« Bonjour Dean. »
La boîte de conserve qu'il tient lui échappe des mains et vient s'exploser au sol.
Dean tourne des yeux ronds vers Chuck, appuyé nonchalamment contre l'un des montants de l'étalage, les bras croisés sur sa poitrine.
« Chuck ? finit-il par articuler après un long moment, une fois sa surprise un peu passée
- Il semblerait oui. Ca fait un bail non ? »
Et pas suffisamment longtemps, si on demandait l'avis de Dean. Mais il n'est pas stupide au point de répliquer ça à ce satané fils de pute qui vient de se pointer ici comme si de rien n'était.
« Qu'est-ce que tu veux ? »
Tout son corps est désormais tendu, prêt à se battre, à se défendre. Même si cela peut sembler un peu stupide, parce que, vous savez, Dieu. Mais il s'en fout. Ce connard a tué Jack – quand lui-même a finalement refusé de lui foutre une balle dans la tête – , ouvert l'Enfer, conduisant Rowena à se sacrifier, condamnant Ketch et tant d'autres à la mort, menant Cass en Enfer, l'obligeant à réduire en cendres le corps de son fils. Chuck est un enfoiré de la pire espèce, manipulateur, froid, et sans merci. Désormais, il en a parfaitement conscience : Dieu n'a jamais été de leur côté.
Et cela se confirme quand un rire ironique et faussement chaleureux secoue ses épaules.
« Quel accueil, dis-moi. Moi qui pensais bavarder un peu…
- Je n'ai rien à te dire. » siffle Dean, les jointures de son poing serré sur la poignée de son panier virant au blanc
Chuck soupire, dramatique, avant de planter son regard froid dans le sien.
Et Dean ne peut empêcher le frisson désagréable qui remonte le long de sa colonne vertébrale.
« Je m'en doutais, poursuit Chuck, Je crains de ne pas devoir te laisser le choix dans ce cas. »
Il claque des doigts.
Et la seule chose qui parvient aux oreilles de Dean est le son fracassant de son panier se répandant à terre alors qu'il sent son corps happé par une force invisible.
oOo
« Oh allez Dean, un sourire pour ton frère ! »
Les lèvres pincées, les poignets et les chevilles fermement ligotés au fauteuil où l'a foutu Chuck, Dean fulmine. Mais il se refuse à répondre. A donner la moindre satisfaction à cet enfoiré.
« Ta compagnie était plus agréable quand tu acceptais de me parler. Enfin bref. »
Chuck lève devant lui le téléphone qu'il a piqué à Dean. Et il ne réagit pas davantage quand il entend le clic de la photo.
Salaud.
Et il prie. Il prie de toute son âme que Sam ne foncera pas tête baissée en recevant le message que Chuck semble se faire un plaisir de tapoter.
oOo
« Sam, c'est un piège !
- Evidemment que je sais que c'est un piège Eileen. »
Mais hors de question qu'il reste les bras croisés à réfléchir sagement à une stratégie alors que l'image de son frère, attaché – même si en bon état il semblerait – ne cesse de le hanter. Et le message… Ce foutu message.
Dean
RECU – 30/12/2019 – 14h36 – Hello Sam. Ton frère et moi t'attendons avec impatience au Crossroads Hotel de Kansas City. Ne tarde pas trop ! Chuck. [Picture Attached]
Dieu détient Dean. Et que Sam soit foudroyé sur place s'il attend ne serait-ce qu'une minute de plus avant d'aller le rejoindre.
« Je sais que c'est un piège, répète-t-il, Mais je vais aller retrouver cet enfoiré. Et je vais lui coller une balle dans la tête. »
Il se saisit de l'égaliseur qu'il fourre sans cérémonie dans son sac.
« Sam… »
Il lève les yeux au ton effrayé d'Eileen et son cœur se serre en voyant son regard noyé d'angoisse. Il lui a expliqué le principe de cette arme, parlant de sa blessure à l'épaule qui ne guérira sans doute jamais. Et il sait qu'elle comprend l'implication de ses paroles. Il n'hésitera pas à donner sa vie s'il peut sauver celle de Dean.
« Eileen… souffle-t-il, et il essaie d'empêcher sa voix de se briser face à la détresse de celle qu'il aime, Je ne crois pas qu'il y ait d'autres solutions. »
Elle secoue la tête, ses cheveux voletant autour d'elle, avant qu'elle ne s'immobilise et ne relève un visage désormais férocement décidé.
« Je viens avec toi. » affirme-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine
Et son cœur chute au niveau de ses talons.
« Non… commence-t-il avec une fausse assurance, Non Eileen, je refuse que tu…
- Rien du tout Sam ! » siffle-t-elle
Et il reste figé, comme à chaque fois qu'elle démontre sa maîtrise des modulations de sa voix, depuis que Cass lui a rendu son ouïe.
« C'est un piège, tempête-t-elle, Potentiellement suicidaire. Tu n'iras pas tout seul.
- Eileen… tente-t-il à nouveau
- Non négociable. Tu n'iras pas affronter Dieu sans moi tu m'entends ? »
Et Sam ne peut que sourire face à la virulence et l'entêtement de cette femme qui a su prendre tant d'importance dans sa vie.
« Okay… se rend-t-il finalement, Tu m'accompagnes. »
Et le sourire victorieux qui courbe les lèvres d'Eileen réchauffe étrangement son âme.
oOo
Quatre heures plus tard, après avoir retrouvé l'Impala sur le parking de la supérette, les clés sur le contact – ce qui portait la signature de Chuck, Sam en est sûr – et avoir couvert la distance séparant Lebanon de Kansas City sans trop se préoccuper des limitations de vitesse, et des risques dus au froid qui fige le Kansas depuis des semaines, Sam et Eileen pénètrent dans le hall du Crossroads Hotel.
Et si tous deux sont distraits quelques instants par la beauté du bâtiment aux allures industrielles et à la décoration rustique, ils sont rapidement frappés par l'étrange impression qui immobilise l'air. Il règne dans l'hôtel un silence bien trop anormal.
Sam n'arrive pas à mettre le doigt dessus, mais quelque chose cloche ici. Cependant, son inquiétude pour Dean reprend le dessus, et il s'approche donc de la réception, suivant avec répugnance les indications de Chuck.
Vous n'aurez qu'à vous annoncer à l'accueil.
Qu'est-ce que ce taré préparait encore ?
Et alors qu'il va ouvrir la bouche pour s'adresser à la réceptionniste, il réalise finalement que la jeune femme semble tétanisée derrière son bureau, son teint blafard, ses yeux écarquillés, sa respiration frénétique.
« Excusez-moi ? commence-t-il avec prudence et elle semble sortir de sa léthargie avant de le dévisager, et de perdre les dernières couleurs qui marquaient ses joues et l'empêchaient de ressembler à un cadavre
- Vous… commence-t-elle, mal assurée, presque atone, Vous êtes là… Vous êtes là pour lui ? »
Sam fronce les sourcils, perplexe, et pas vraiment rassuré de voir à quel point cette femme semble terrifiée.
« Lui ?
- Lui… continue la réceptionniste, Il m'a dit… Il m'a dit qu'il s'appelait Chuck et qu'il… Il attendait quelqu'un. »
Il jette un coup d'œil à Eileen qui semble, elle aussi, prise de court par la réaction de l'employée face à eux.
« Oui, finit par avouer Sam, Chuck nous attend. »
Elle prend une inspiration qui semble douloureuse aux oreilles de Sam avant de reprendre la parole.
« Pendergast Suite. Troisième étage. Je vais l'avertir de votre… »
Son souffle se coupe subitement, elle ouvre la bouche dans un cri silencieux avant que ses yeux ne se révulsent dans leurs orbites et que son corps ne s'effondre dans son fauteuil.
Morte.
Sam reste pétrifié.
Qu'est-ce que… ? Ca ne peut pas… Non, il n'aurait quand même pas…?
Il ne sait pas comment réagir, et il a vaguement conscience de fixer le cadavre de trop longues secondes sans réussir à réaliser ce qu'il vient de se produire.
« Je pense qu'il sait qu'on est là… »
Le murmure abasourdi d'Eileen l'arrache à sa torpeur et un profond désarroi submerge finalement son âme.
Cette jeune femme… Cette jeune femme qui n'a rien demandé à personne.
Qui a dû démarrer sa journée en imaginant que rien ne sortirait de l'ordinaire.
Cette jeune femme a été victime de la cruauté de Chuck.
Et brusquement, il réalise ce qui lui a semblé si étrange en entrant ici. Il jette un nouveau coup d'œil circulaire autour de lui et son cœur cogne douloureusement. Pas d'employés. Pas de clients. Ce qui semble particulièrement inconcevable à l'approche du nouvel an.
Et il sait… Il sait que Chuck a dû leur réserver le même sort que cette pauvre femme.
Une nouvelle colère saisit son corps à ce constat, et il fait de son mieux pour ne pas broyer la main qu'Eileen vient de gentiment placer dans la sienne.
« Ce fils de pute… »
Elle ne répond rien, mais l'entraîne derrière elle, et il accepte de se laisser faire.
oOo
Dean a beaucoup de mal à sentir ses poignets, considérablement engourdis à cause des cordes. Des heures qu'il est immobile… Il est presque surpris de sentir encore ses fesses.
Mais le pire n'est pas tellement l'immobilisme. C'est l'ennui. Il ne peut pas indéfiniment observer les 30 m² de salon dans lequel Chuck l'a emprisonné. Surtout que celui-ci a pris bien soin de repousser le canapé et les fauteuils vers le mur, dégageant un large espace vide au centre. Dean a déjà étudié dix fois les motifs du tapis persan sous les pieds du fauteuil, et compté 14 fois les tiroirs de la commode – oui, il y en a bien trente –. Il connaît cette pièce par cœur, et il en vient à sérieusement rêver de pousser les portes à double battants qui mènent à la chambre.
Chuck, en revanche, n'a pas autant de problèmes. Depuis qu'il a envoyé ce message à Sam, il s'est pris un verre de whisky du minibar, s'est amusé à visiter le reste de la suite, et a enchaîné plusieurs parties de billard. Oui. Il y a une putain de table de billard dans cette suite. Et même si cet enfoiré a essayé de lui faire la conversation, il s'est bien gardé de lui répondre.
Alors oui. Il s'emmerde toujours. Mais, une fois encore, il refuse de faire plaisir à Chuck en ouvrant ne serait-ce que la bouche.
Ceci dit, il n'est pas certain qu'il supportera encore bien longtemps cette position qui devient particulièrement inconfortable à la longue. Et oui, il espère toujours ardemment que Sam n'interviendra pas. Mais il n'est pas naïf. Il connaît son frère. Et il sait que Sam n'hésitera pas une seconde avant de venir à sa rescousse. D'où l'attente. Parce que Lebanon n'est pas tout à fait la porte à côté. Sauf si Sam fait appel à Cass ?
Et à cette pensée, son ventre se noue douloureusement.
Même s'il a conscience que Cass est Roi de l'Enfer et un archange désormais, quelque chose de viscéral au fond de lui se refuse à l'imaginer se mettant en danger. Se refuse à l'imaginer affrontant Dieu.
Ce qui est con.
Cass est plus apte que Sam à s'opposer à Dieu.
Mais si sa tête avance ces arguments plus que rationnels, son cœur vocifère dans sa poitrine, refusant à grands cris de prendre le risque de perdre l'ange. Encore.
Alors s'il sait que Sam viendra, il espère de tout son être qu'il n'aura pas entraîné Cass.
Reste en dehors de tout ça, je t'en prie…
« Ha ! Je m'inquiétais presque. »
Dean sursaute au son de la voix de Chuck, et l'instant d'après, il détourne le regard pour voir la porte de la chambre s'ouvrir violemment, dévoilant sur son pas, clairement surpris par le brusque mouvement, Sam et…
Dean ne peut s'empêcher de s'agiter.
Pas Eileen. Sam ne mérite pas non plus de voir Eileen se retrouver sous les feux croisés. Encore.
« Sam ! s'exclame joyeusement Chuck alors que les deux chasseurs s'avancent avec une prudence craintive dans la pièce, Et… »
Chuck cligne des yeux alors que la porte se referme à nouveau dans un grand bruit.
« Eileen ? fait-il avec surprise, Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Pourquoi tu n'es pas… »
Il s'interrompt une seconde, ouvre la bouche, la referme, plisse les yeux, et une ombre menaçante assombrit son regard.
Aucun des chasseurs n'a le temps de réagir quand Eileen se retrouve subitement attirée par Chuck qui se saisit de sa mâchoire d'une poigne ferme. Et ses traits se glacent davantage encore alors qu'une lumière blanche pulse discrètement sous ses doigts.
« Tu portes la marque de Castiel… gronde-t-il, Cet imbécile t'a ressuscitée ?! »
Et Dean se retient à grand peine de hurler quelques insultes en entendant le mépris évident dans sa voix.
« Pourquoi faut-il toujours qu'il intervienne dans mes histoires ! siffle-t-il, Je lui ai dit pourtant. Il n'a pas plus sa place dans celle-ci. Et pourquoi est-ce qu'il aurait… »
Chuck écarquille les yeux, et Eileen semble proprement pétrifiée face à la lueur malveillante qui illumine désormais le regard divin.
« Il a vraiment beaucoup trop de cœur… conclut-t-il dans un rictus, Merci Sam. »
Son frère semble soudain revenir à la vie.
« Merci ? Pour… »
Mais avant qu'il n'ait pu faire le moindre geste, Eileen se retrouve subitement attachée à un autre fauteuil, à côté de celui de Dean, ses poignets et chevilles fermement entravés aussi.
« M'offrir plus d'armes contre toi. » réplique finalement Chuck avec une suffisance insupportable
Et Sam, les yeux ronds, passe son regard de Dean, à Eileen, à Chuck, avant de revenir sur Dean.
Et Dean sent l'inquiétude brusquement exploser dans sa poitrine.
« C'est parfait. Vraiment, reprend Chuck en dévisageant ses prisonniers, avant de tiquer, Oh, et avant que j'oublie. »
Il se tourne vers Sam dont les traits sont tordus en une haine effrayante.
« L'égaliseur. »
Et l'estomac de Dean devient du plomb quand après une minute qui lui semble une éternité, et un combat clairement visible sur les traits de son frère, celui-ci amène son sac devant lui, approchant sa main de la fermeture éclair.
« Sam. Ne fais pas ça ! »
Leur seule arme contre Chuck. Il n'est pas question qu'ils la lui cèdent.
Et le doute, l'incertitude et la peur qu'il lit dans les yeux de Sam n'arrangent pas sa propre colère qui menace d'éclater.
« Oh non, non, non, Sam… » intervient Chuck
Et Dean n'a pas besoin de le voir pour imaginer le sourire perfide qu'il doit arborer.
« Si tu ne me le donnes pas immédiatement… »
Et un mauvais pressentiment lui serre les entrailles quand il tourne la tête pour fixer Chuck qui vient de faire un pas vers Eileen.
« Qu'est-ce que… »
Sam est brutalement interrompu par le cri effroyable d'Eileen.
Cela ne dure qu'un instant, et il n'aura suffi que des mains de son ravisseur sur ses épaules pour le déclencher, mais sa souffrance est si palpable que les poils de Dean se hérissent, et que son cœur se gonfle de férocité.
Sam doit ressentir la même chose puisque ses yeux brillent d'un éclat dangereux, presque animal, et que l'égaliseur est désormais fermement maintenu dans ses mains, pointé sur Chuck qui ne fait que rire.
« S'il te plaît Sam… poursuit-il, doucereux, J'aurai le temps de la tuer trois fois avant que tu ne m'atteignes. Tu tiens vraiment à prendre ce risque ? »
Dean s'agite contre ses liens, et observe son frère tremblant. Furieux. Perdu.
Piégé.
Il jette un coup d'œil à Eileen dont les yeux sont noyés de larmes, mais dont le visage reste parfaitement inflexible.
Il esquisse un sourire. Cette femme est une battante… Et beaucoup trop bien pour Sam.
Son mouvement qu'il repère du coin de l'œil détourne son regard, et sans pouvoir rien y faire, il voit finalement son frère baisser l'arme, la poser au sol, et l'envoyer vers Chuck qui la prend dans ses mains.
« Parfait… fait-il, bien trop serein, Maintenant que nous sommes tous calmes… »
D'un large geste, il semble inclure toutes les personnes présentes dans la chambre.
« Je vais vous expliquer pourquoi je vous ai réunis ici…
- Génial… Le Seigneur va nous partager sa divine Parole… » ne peut s'empêcher de persiffler Dean
Le coup de crosse qui explose contre sa tempe lui arrache presque un gémissement.
« Toujours aussi impertinent, n'est-ce pas Dean ? »
Dean se mord l'intérieur de la joue, se retenant d'ajouter quoi que ce soit, et essayant d'un simple regard d'assurer Sam que tout va bien.
« Je disais donc… J'ai bien réfléchi depuis notre dernière rencontre. »
Et Dean est à deux doigts, vraiment à deux doigts, de rétorquer quelque chose encore.
Il se contente de contrôler sa respiration, et de la même façon, sa colère.
« Je me suis trouvé un endroit sympa, une petite maison fort heureusement abandonnée par la famille qui y vivait… »
Dean sent ses poils se hérisser à cette information, sans réellement savoir pourquoi.
« Et j'ai essayé d'écrire. Vraiment, j'ai essayé. »
Tant mieux pour lui.
« Malheureusement… Après des mois et des mois… J'ai dû me rendre à l'évidence. »
Il se tend quand il sent la main de Chuck se poser sur son épaule.
« Vous ne m'inspiriez plus. Dean. Sam. »
Chuck pousse un soupire faussement théâtral avant de poursuivre.
« Vous étiez mes personnages préférés, et pourtant. Vous ne m'inspirez plus. » répète-t-il
Et la sueur froide que Dean sent alors couler dans son dos est loin d'être rassurante.
« Sans trop de surprise, j'ai donc décidé de détruire tous les univers où vous apparaissiez. »
La brusque inspiration qui semble fendre l'air vient d'Eileen, et Dean lui jette un coup d'œil, son cœur cognant douloureusement en la voyant absolument livide, le regard rivé sur Sam.
« Toutes ces autres versions de vous-mêmes… poursuit Chuck, et Dean a réellement envie de lui foutre son poing dans la gueule, Elles n'étaient pas aussi intéressantes que celles que vous êtes ici, en ce moment. Y mettre un terme a été aussi simple que de… »
Il claque des doigts et Dean ne peut s'empêcher de sursauter.
« Mais vous deux… »
Le court silence qui suit est pesant.
« Avant de détruire cet univers, je tiens à vous offrir une fin digne de vous. »
Dean veut faire taire l'angoisse qui semble grignoter son ventre, mais ses mains qui s'agitent contre ses liens le trahissent.
« Enfin… Une fin digne de moi. »
Le rire qui échappe à ce fils de pute crisse dans le silence de plomb de la pièce.
« Je veux que le final de cette histoire soit époustouflant. Ce qui inclut… »
Dean essaie de ne pas réagir quand cette fois, les deux mains de Chuck se resserrent sur ses épaules. Et il se doute que cet enfoiré doit fixer Sam sans ciller.
« … la façon dont vous allez mourir. »
oOo
Castiel frisonne.
Quelque chose ne va pas. Depuis plusieurs heures déjà, sa grâce est agitée. Et il sait à cause de qui.
Depuis ses aveux envers Dean, depuis l'honnêteté dont ils ont fait preuve, depuis qu'ils ont reconstruit leur amitié, leur connexion est plus profonde, plus forte. Et il a réalisé qu'il pouvait percevoir avec plus d'intensité les sentiments de Dean. Ils restent souvent confus, toujours discrets, mais Castiel sait quand quelque chose le touche particulièrement. Et plus tôt dans la journée…
Il secoue la tête pour se concentrer.
Mais les mots de Dean reviennent le hanter.
Reste en dehors de tout ça, je t'en prie…
La supplication est gravée au fer rouge dans son esprit. Et il n'a pas honte de l'admettre, elle l'inquiète. Au point que son pouvoir infernal gronde presque en continu depuis qu'il l'a entendue pour le forcer à rejoindre Dean et comprendre ce qui le gêne tant. Cependant, rien d'autre ne semble trahir un problème urgent. Et même s'il déteste se plier à ses devoirs quand il a l'horrible pressentiment que Dean a besoin de lui, rien ne peut réellement justifier un départ immédiat.
Abalam a requis son aide, de concert avec Rowena, pour régler le problème de sorcières qui s'amusent à convoquer des démons pour les soumettre, par un quelconque maléfice, à leur pouvoir. Autant dire que Castiel n'a pas réellement apprécié cette nouvelle. Et en tant que roi de l'Enfer, il était inconcevable de retarder ne serait-ce que d'un instant une telle affaire.
Alors il fait taire son inquiétude encore pour quelques instants, le temps de réfléchir à une stratégie et d'envoyer Abalam sur Terre, avec toute sa puissance de prince de l'Enfer, renforcée par un sort de Rowena, négocier avec les sorcières. Soit elles libèrent les démons et seront condamnées à l'Enfer dans dix ans, avec l'assurance d'être torturées par ces démons qu'elles ont voulu asservir, soit elles sont tuées sur le champ, et leur éternité de torture sera assurée par Dulid. Il sait que raconter les exploits de son prince de l'Enfer, prince qu'il a justement choisi pour être en charge des âmes torturées, devrait être suffisant pour que les sorcières libèrent les démons d'elles-mêmes.
En tous cas, une fois Abalam parti, Castiel peut enfin disparaître à son tour. Peut-être que ce n'est qu'une fausse alerte. Peut-être que la demande de Dean est parfaitement justifiée. Mais son cœur n'en a rien à faire et hurle depuis des heures pour s'assurer que Dean, son protégé, son humain, l'homme qu'il aime, ne risque rien.
Il ne sait pas où il est, mais de la même façon que leur lien s'est renforcé depuis que leur relation est à nouveau simple et honnête, sa faculté de retrouver Dean s'est considérablement améliorée. Les symboles de protection qu'il avait placés ne sont plus un obstacle, et il peut être guidé jusqu'à lui sans avoir besoin du fil directeur de sa prière.
Alors ce n'est pas étonnant qu'au moment de partir, Castiel ne ferme que les yeux, se concentrant sur l'écho de Dean au sein de sa grâce, le son ténu de sa voix et la discrétion de sa présence qui sont désormais suffisants pour le retrouver n'importe où sur Terre.
Mais quand il rouvre les yeux, son souffle se coupe.
Car la vision d'un Dean enchaîné, à la merci de son Père, est suffisante pour déchaîner la rage de son pouvoir infernal.
« Chuck… » gronde-t-il, les pulsations de l'Enfer résonnant presque dans la pièce
Et c'est là qu'il remarque enfin la présence d'Eileen, attachée aux côtés de Dean, et Sam, la mine presque désespérée. Et c'est tout juste si ses ailes ne claquent pas, menaçantes.
Il ne sait pas… Il ne sait pas quelle scène son Père espère mettre en place, mais ce dont il est sûr, c'est qu'il ne le laissera pas agir. Chuck a bien trop souvent manipulé les Winchester, faisant d'eux de simples marionnettes pour son propre divertissement, et il est hors de question qu'il laisse ce Dieu cruel et capricieux s'en prendre une fois de plus à sa famille.
« Oh génial. Tu arrives toujours au bon moment, fils, pas vrai ? »
Le ton irrité de son Père ne fait rien pour calmer les ardeurs infernales qui s'agitent au sein de son être.
Il veut répliquer.
« Cass… »
Mais le ton incrédule, inquiet et désemparé de Dean attire à lui toute son attention.
Son cœur, muet, cogne de terreur.
Sa grâce lui crie de se précipiter auprès de son protégé.
Son pouvoir infernal lui hurle de pulvériser celui qui menace son amant.
Et il ne peut retenir le douloureux pincement au cœur qui s'ajoute à sa souffrance en se rappelant que, même s'il l'aime plus que tout, même s'il lui sacrifierait sa vie, même si Dean l'aime en retour, il n'est pas son amant.
« Laisse-les partir. »
Sa voix a gagné en profondeur.
Ce n'est pas celle de l'homme.
Ce n'est pas celle de l'ange.
C'est celle du roi de l'Enfer.
Et s'il devine distinctement les poils des humains se hérisser, Chuck, lui, ne fait qu'en rire.
« Fiston, voyons… Tu crois que ton petit jeu va réussir avec moi ? »
Et la désinvolture avec laquelle il semble traiter la situation lui rappelle leur altercation dans cette maison vidée de ses occupants, des mois auparavant. Son père le considère toujours comme moins qu'un personnage secondaire.
Et cette fois encore, sa déception et sa colère prennent le dessus.
Ses ailes fouettent l'air, et ses yeux virent à l'écarlate.
« Ne crois pas en tous cas que je te laisserai mener à bien ton propre jeu, siffle-t-il, son regard infernal planté dans celui indifférent de Chuck
- Tu es monté en grade il semblerait, s'amuse celui-ci, Je n'arrive toujours pas à savoir ce qu'il t'est arrivé exactement, mais à vrai dire, je m'en fous. »
Chuck fait un pas vers lui et Castiel essaie d'ignorer Dean qui s'agite contre ses liens.
« Sache une chose, fils. Il ne suffit pas de ressembler à Lucifer pour être à sa hauteur. »
Il a envie de rire. Vraiment. Parce qu'il ne veut pas ressembler à Lucifer. Il ne lui ressemble d'ailleurs pas. Là où son frère était un ange jeté hors de chez lui, égoïste, amer, sadique, ivre de vengeance et de pouvoir, lui… Lui est un être complet.
Créé être céleste, marqué par l'humanité et renforcé par l'Enfer.
Il a appris de chacun de ces royaumes, et désormais, c'est la recherche de l'équilibre cosmique qui prônera toujours.
Il peut bien partager les yeux rouges de son frère.
La ressemblance s'arrête là.
Lui cherchera la justice. A n'importe quel prix.
Et en cet instant, sa grâce, son cœur et son pouvoir infernal s'accorde à grands cris sur la meilleure chose à faire.
Détruire Chuck.
Mettre un terme à son règne.
Sauver sa famille.
Sa grâce vibre sous ses doigts, l'air crépite autour de lui, et pendant un bref instant, il jurerait voir une lueur angoissée dans le regard dur de son Père.
Et il a bien raison.
Il n'a plus envie de se contenir. La force léguée par l'Enfer ne demande qu'à se déchaîner contre son ennemi, et Castiel sent sa grâce se gonfler d'une intensité qu'il n'a plus connue depuis qu'il a volé les âmes du Purgatoires.
Il fait un pas en avant, sa rage débordant de chaque fibre de son être.
Il va…
« Père ? »
Il cligne des yeux, pris de court, et il n'a pas le temps de réagir avant que Jack ne se retrouve envoyé contre l'un des murs, ses yeux écarquillés, se débattant contre la prise invisible de Chuck.
Castiel ne réfléchit pas quand il fait un pas vers son fils.
« Ha ha ha Castiel. »
Il se fige et, avec une difficulté qui lui broie le cœur, cesse de fixer le néphilim pour dévisager Chuck qui arbore à nouveau un sourire horriblement satisfait.
« Je n'en reviens pas… Après Sam, c'est toi qui m'offres un moyen de pression ? Qui l'a ramené d'ailleurs ? » interroge-t-il, les yeux plissés
Castiel serre les dents. Parce qu'il ne lui a pas offert son fils. Si cela ne tenait qu'à lui, Jack ne s'éloignerait pas du Paradis où il est en sécurité. Alors…
« Jack… ne peut-il s'empêcher de dire, sa voix tendue par l'inquiétude en croisant le regard implorant de son fils, Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Jack s'agite mais ne réussit pas à se défaire du pouvoir de son grand-père.
« Je voulais… Je t'ai entendu. Tu étais en colère. Et inquiet. J'ai eu… J'ai eu peur pour toi… »
Castiel ferme les yeux et retient à grand peine un soupire.
Pourquoi faut-il qu'ils réagissent tous de la même façon ?
« C'en serait presque attendrissant… remarque Chuck et Castiel se retient de fulminer, L'amour fait faire des choses stupides, pas vrai ? »
A ces mots, Chuck passe son regard de Jack à Castiel, puis de Dean à Castiel, et enfin, de Sam à Eileen.
« Alors, entendons-nous bien fiston. Si tu fais un geste vers moi, si tu tentes quoi que ce soit pour sauver Dean, et si tu tentes quoi que ce soit pour sauver ta… Famille. »
Il referme ses doigts et le cœur de Castiel se serre d'horreur en voyant le visage de son fils tordu par la douleur.
« Tu auras le plaisir de voir ton… Fils, mourir sous tes yeux une nouvelle fois. »
Son pouvoir infernal s'embrase face à l'audace de son père, mais sa grâce réussit à contenir sa nouvelle vague de colère, suffisamment pour qu'il s'oblige à rester lucide.
« Tu es affaibli, rétorque-t-il en fin de compte, Tu le sais. Tu ne seras pas capable de le tuer comme tu l'as fait la dernière fois. »
L'acidité avec laquelle il crache ces derniers mots ne semble même pas gêner Chuck.
« C'est vrai, admet celui-ci après un court silence, Je suis affaibli, mais… »
Il fixe à nouveau Jack qui a cessé de se battre contre ses entraves invisibles.
« Lui aussi, poursuit-il avec un sourire, Créer des anges, n'est-ce pas ? s'enquiert-il, Quelle idée… murmure-t-il alors que le silence de Jack doit faire office de confirmation, Ton fils espère repeupler le Paradis ? Tant mieux pour lui. Et tant pis pour sa grâce j'imagine. »
Il hausse les épaules avant de jeter un coup d'œil à son petit-fils qui le fixe avec une intensité meurtrière.
« Je ne le tuerai pas aussi vite qu'avant, mais je suis tout à fait capable de le faire souffrir longuement avant de réduire sa divinité en poussière. »
La grâce de Castiel menace de se déployer à nouveau, réagissant instinctivement à la menace qui pèse sur le nouveau souverain du Paradis.
« Alors, une fois encore Castiel, n'essaie pas d'intervenir. Tu t'en voudrais trop si ton fils mourait une fois encore par ta faute. »
Son cœur rate un battement, se serre, crie, lui fait mal.
Il ne pourrait pas…
Il ne pourrait pas vivre avec la responsabilité de la perte de Jack.
Pas encore.
Il a promis.
Promis de le protéger.
Quels que soient les enjeux.
Quels que soient les risques pour lui…
Et alors qu'il prend la douloureuse résolution de ne rien faire qui puisse déclencher à nouveau la froide cruauté de son père, son pouvoir infernal crisse. Lui rappelant qu'il a beau choisir de ne pas intervenir, si Chuck devait tuer Jack, la responsabilité ne serait pas la sienne. Jamais la sienne.
« Un peu de discipline… susurre finalement Chuck, passant son regard sur chacune des personnes présentes dans la pièce, Je suis surpris de réaliser que vous voir obéir à mes règles est tout aussi distrayant que vous voir choisir votre propre voie. »
Il claque des mains, un sourire obscènement amusé sur ses lèvres.
« Bien, passons à la suite, voulez-vous ? »
Il s'approche de Dean et Castiel a bien du mal à retenir ses pulsions de l'Enfer qui ne demandent qu'à réduire l'être céleste en cendres.
« Sam… La situation n'est pas tout à fait celle que j'imaginais, mais tant pis. Je crois que je vais faire très simple. »
La lueur qui brille au fond des yeux divins est mauvaise.
« Je voudrais te voir tuer Dean. »
Un hurlement.
Une rage féroce et brûlante.
Une soif de destruction qui surpasse n'importe quel instinct.
Castiel ne sait pas comment il réussit à résister à l'urgence infernale qui le pousse en avant…
« Non… »
La voix de Sam est faible, brisée, mais ses prunelles sont illuminées d'un éclat féroce.
« Je t'en prie, répond Chuck comme s'il s'adressait à un chiot désobéissant, Si tu ne le fais pas… »
Avec horreur, Castiel voit son père poser sa main libre sur l'épaule d'Eileen qui se fige.
Sam, lui, pâlit davantage encore.
« Ce serait dommage de gâcher le si beau travail de Castiel, n'est-ce pas ? »
Castiel se sent si impuissant. Il voudrait agir. Vraiment. Mais la menace qu'il sent peser sur chaque personne, sur chaque personne qu'il aime, est suffisante pour retenir encore son bras.
« Je… Je ne peux pas. »
Il a envie de se précipiter. De prendre Sam dans ses bras. De le rassurer et l'éloigner de tout danger.
Il ne supporte pas de le voir si torturé…
« Je ne peux pas. »
Et sa voix tremble tellement, ses prunelles à demi-noyées par ses larmes.
« Bien sûr que tu peux, rétorque Chuck, affreusement compatissant, Il te faut juste un soupçon de motivation. »
Ses lèvres se tordent en un rictus carnassier.
« Après tout… Tu devras bien réagir si Dean essaie de te tuer le premier. »
Le regard de Castiel se braque sur Dean dont les yeux s'écarquillent sous la perplexité, la surprise, et…
Il ignore une fois encore l'urgence de son pouvoir infernal.
La peur.
« Dean ne ferait pas… commence Sam
- Tu as raison bien sûr, le coupe Chuck en s'approchant cette fois de Dean, Dean ne ferait rien contre toi. Mais Demon!Dean en revanche… »
L'effroi qui traverse les yeux de Sam est à deux doigts de rompre le semblant de volonté que Castiel réussit à maintenir.
« J'ai toujours trouvé que je n'avais pas suffisamment exploité cet arc. Qu'est-ce que vous en dites ? »
Castiel revoit l'annonce de la mort de Dean.
La nouvelle de sa condition démoniaque.
Sa façon désinvolte de traiter tout, et tout le monde autour de lui.
Sa haine pour son frère.
Son cœur bat trop fort. Trop vite.
Il ne peut pas assister à nouveau à la damnation de son meilleur ami.
C'est au- dessus de ses forces.
« Je suis sûr que tu as manqué à la marque de Caïn Dean. Enfin… A la marque d'Amara si on veut être précis. »
Castiel voit les mains divines s'approcher de son amant…
Il est à deux doigts de voir rouge, la fournaise infernale gagnant en férocité au sein de son être.
« Et puis soyons honnêtes, tu faisais un magnifique chevalier de l'Enfer. »
Les doigts célestes frôlent l'avant-bras.
Sa grâce le pousse avec fureur vers Dean et…
« Il suffit Chuck. »
oOo
Dean tourne le regard, essayant d'ignorer le nœud désagréable qui enserre son estomac et sa gorge.
« Amara. » fait la voix surprise de Chuck
Et la présence de la sœur de Dieu lui fait lâcher un soupire étrangement soulagé.
Ce qu'il ne devrait pas faire, il l'admet volontiers. Une entité divine apporte déjà suffisamment de problèmes, alors deux ? Surtout que l'intervention des Ténèbres ne veut pas nécessairement dire qu'elle est de leur côté.
Il ferme les yeux et s'oblige à prendre de profonde respirations, calmant son cœur qui bat à un rythme effréné depuis l'apparition de Cass, celle de Jack et l'annonce du plan pourri que semble vouloir leur réserver Chuck.
« Qu'est-ce que tu fais ici ? reprend Chuck, et sa voix lui flanque un nouveau frisson désagréable
- Je sauve ce qui peut l'être. »
Dean s'autorise à dévisager la femme face à lui, son beau visage figé en un masque d'inflexibilité qui lui est étranger, ses yeux sombres brillant d'une détermination qui semble vouloir réduire à néant tout sur son passage.
« C'est à dire ?
- Comment te dire ça très simplement ? »
Amara croise les bras sur sa poitrine, son regard braqué sur le visage de son frère.
« Quand Castiel est venue me trouver pour me demander où tu étais… »
Dean se crispe à la mention de Cass et se retient de jeter un coup d'œil à l'ange qui semble toujours paralysé.
« …Il m'a partagé, à demi-mots, ses craintes à ton sujet. Et si j'ai eu bien du mal à le croire… Je n'ai pas pu m'empêcher de garder un œil sur toi depuis. »
Et alors qu'il croyait cela impossible, Dean voit distinctement les prunelles d'Amara se durcir.
« Ce que tu as fait… Ce que tu fais… »
Et derrière le grondement de cette femme, il repère la puissance divine, implacable, qui ne demande qu'à se déchaîner.
« Je refuse de l'accepter. Ce n'est pas toi. »
Son regard flamboie.
« Ce n'est pas le frère qui s'extasiait devant chacune de ses créations. Ce n'est pas le frère qui m'a enfermée parce que je détruisais méthodiquement chacune de ces créations. »
Elle fait un pas en avant.
« Et c'est encore moins le frère qui est intervenu parce que j'étais à deux doigts de détruire cet univers. »
Le cœur de Dean accélère dans sa poitrine en réalisant que peut-être, peut-être, qu'Amara est bien là pour empêcher son foutu frangin de nuire.
« Quelque chose en toi est noirci, mon frère. Quelque chose est… Pourri. Je ne sais pas ce qu'il t'est arrivé. Mais je refuse d'être le témoin de ta déchéance. »
Et en s'approchant davantage, elle surplombe presque Dean qui ne peut s'empêcher de se tortiller, mal à l'aise à l'idée d'être coincé entre les deux entités.
« Celui que tu as été. Le frère que j'ai aimé et que j'aime toujours… Celui-là préférerait mettre un terme à son existence plutôt que de savoir l'être abject, sadique et manipulateur qu'il deviendrait. »
L'air est chargé d'électricité autour de lui et sa cage thoracique semble si compressée qu'il se demande sincèrement s'il ne risque pas de tomber dans les pommes.
« Je ne te laisserai pas détruire cet univers. »
Le rire qui échappe à Chuck est aussi désagréable que des ongles sur un tableau noir, et Dean retient à grand peine un sifflement.
« Que c'est attendrissant, se moque finalement l'être divin, Mais je ne t'ai pas vue réagir avec autant de fougue quand j'ai fait exploser mes autres univers. »
Amara n'ajoute rien, se contente d'hausser un sourcil.
« Alors quoi, tu veux vraiment me faire croire que tu tiens réellement à celui-ci ? Tu as vécu quelques temps sur ce plan de la réalité, et subitement, tu veux te battre pour les humains qui l'habitent ? »
Un nouveau rire.
« Sois honnête sœurette… Est-ce que ce n'est pas plutôt parce que je risque de m'en prendre à ton coup de cœur que tu as choisi d'intervenir ? »
Dean se tend alors qu'il sent les mains célestes sur ses épaules.
Et un brusque claquement lui fait savoir que Cass est furieux.
« Arrête cette folie Chuck, rétorque simplement sa sœur, Ne me force pas à t'y contraindre.
- M'y contraindre ? »
Dean a envie de foutre un poing dans la gueule de Chuck alors qu'il sent son visage se positionner à côté du sien.
Il s'oblige à toujours regarder droit devant lui.
« Amara… Comment tu comptes t'y prendre. Tu vas me tuer ? Si cet univers t'importe autant que tu veux le faire croire, tu sais bien que ma disparition le condamnera. Si tu veux me supprimer… »
Il relâche Dean qui a l'impression de pouvoir respirer de nouveau.
« Tu devras te supprimer également. Et admets-le… Tu t'aimes trop pour être capable de renoncer à ta propre existence. »
Amara ne tique même pas.
« Alors sois gentille… Ne te fais pas de mal inutilement, et laisse-moi mener cette histoire à son terme. »
Dean sent à nouveau la présence divine et menaçante à deux doigts de s'en prendre à lui.
« Chuck… s'élève à nouveau la voix d'Amara, tranchante et plus froide que la glace, Arrête ça. »
Mais son frère l'ignore superbement, et Dean n'a pas honte de reconnaître que l'inquiétude n'est pas loin de le dévorer alors qu'il sent une chaleur désagréable se répandre dans son bras droit.
« Arrête. »
La chaleur devient brûlure et il ferme les yeux sous la douleur.
« J'ai dit. Arrête ! »
L'incendie est brusquement réduit à néant alors qu'un grondement digne d'un coup de tonnerre résonne dans la pièce.
Dean détourne la tête pour voir qu'Amara a envoyé son frère s'écraser sur la table de billard, désormais totalement détruite. Et alors que Chuck se redresse brutalement, son regard s'illumine d'un blanc aveuglant, et brillant d'une hostilité que Dean n'avait encore jamais vue.
« Amara… »
Et la profondeur de sa voix semble faire trembler la terre.
« Qu'est-ce que tu… »
Il n'a pas le temps de finir sa phrase : Amara, son bras tendu vers l'avant, le fait quitter le sol, dans une étrange parodie de leur dernier affrontement.
La rage déforme les traits divins et dans un hurlement terrifiant, Chuck, se défait de l'emprise de sa sœur avant de l'envoyer au sol d'un mouvement de main. Amara rétorque presque immédiatement, un jet de brume noire se précipitant sur son frère qui l'évite avec adresse.
Le cœur de Dean cogne avec terreur alors que la Lumière et les Ténèbres s'acharnent l'un contre l'autre, Dean et Eileen se retrouvant pris entre deux feux sans pouvoir réagir. Et alors qu'il s'agite davantage contre ses liens en essayant d'éviter l'éclair blanc qui manque de l'atteindre, un mouvement vif dans son champ de vision détourne son attention.
« Cass ! »
L'ange s'est jeté dans la mêlée, ses yeux désormais écarlates, illuminés d'une haine frénétique à l'égard de son père. Père qui ne semble pas s'en formaliser puisqu'il se saisit de l'ange à la gorge.
« NON ! »
Un éclat argenté et un grognement de douleur.
Cass se retrouve jeté sans ménagement sur le côté, mais Dean a le temps de voir Chuck, les traits déformés par la colère, tenir une main ensanglantée contre son flanc. Un flash de lumière et la blessure disparaît aussitôt.
« Père ! »
Il devine Jack, apparemment libéré de l'emprise de son grand-père, se précipiter auprès de Cass.
La haine sur le visage de Chuck se dirige vers le néphilim, indifférent au danger, trop occupé à s'assurer du bien-être de Cass. Et bon sang, si Dean était maître de ses mouvements, lui aussi se précipiterait auprès de son ange pour vérifier son état. Un nouvel éclair touche Jack à l'épaule qui ne retient pas un cri de douleur.
« Jack ! »
Sam…
Sam semble être à deux doigts de s'engager dans le conflit, mais que peut-il faire ?
Jack se redresse de toute sa hauteur, ses prunelles virant au doré alors qu'il dévie la nouvelle attaque de son grand-père. Il évite, esquive, réplique, mais un nouvel éclair le fait trébucher.
Dean écarquille les yeux.
La nouvelle attaque de Chuck est réduite à néant par la riposte d'Amara.
Elle renvoie chacun de ses éclairs à son frère, ses ombres agrippant le corps divin qui tremble de rage, blessant son enveloppe charnelle, faisant jaillir le sang en certains endroits. Elle étouffe un gémissement de souffrance quand les éclairs de son frère percent son ventre. Des bleus marquent sa peau pâle. Chuck esquisse un sourire triomphant alors qu'un mince filet de sang rougit les lèvres de sa sœur.
Il se retrouve projeté au sol alors que Cass se jette sur lui.
Et bordel, Dean est à deux doigts de vomir tant il déteste voir son ange se mettre aussi délibérément en danger.
Un claquement résonne, et il peut presque deviner les ailes du roi l'Enfer se déployer derrière lui.
Les mains de Cass rougeoient alors qu'elles immobilisent leur créateur, portant coup après coup sur le visage de son adversaire jusqu'à être saisies par la poigne divine. Un craquement sonore retourne davantage encore l'estomac de Dean et il voit Chuck agripper férocement la tête de son fils.
Cass est repoussé sur le côté, s'effondrant inconscient, et Dean veut hurler. S'arracher à ce fauteuil de merde et protéger celui qu'il aime du danger qui menace de le réduire à néant.
Le cri de rage qui résonne n'est pas le sien, mais la colère de Jack épouse la sienne à la perfection. Il arrive à peine à deviner le néphilim se précipiter sur Chuck avant qu'un éclair ne traverse son ventre et ne l'envoie s'effondrer aux côtés de Cass.
Les larmes brûlantes brouillent sa vue. Et le vacarme qui l'entoure lui fait perdre toute notion d'espace. Il n'a conscience que des ténèbres qui affrontent la lumière. L'air qui crépite autour de lui. Les bruits sinistres du parquet qui se fissure. Les pans de murs qui explosent. Le crissement des meubles.
Le vent qui lui déchire le visage.
Un éclair lui scie la joue et son souffle se coupe.
Le hurlement d'Amara fige son sang dans ses veines et il réussit à rouvrir les yeux.
Chuck est au sol, sa sœur debout face à lui, son poing gauche fermé et levé à côté de son épaule.
Sa main droite crispée sur l'égaliseur.
Braqué droit sur son frère.
« Amara… »
Dieu est mal en point. Autant que sa sœur. Des marques noires et mouvantes rampent sous sa peau. Du sang macule son visage. Son corps tremble.
Il veut faire un geste mais Amara resserre son poing.
Chuck laisse échapper un gémissement de souffrance alors que son corps se tend davantage.
« Tu ne sais pas… »
Ses yeux fous se posent sur l'arme pointée sur lui.
« Tu ne sais pas ce que tu…
- Au contraire. Je le sais très bien. »
Un nouveau filet de sang coule le long des lèvres d'Amara. Sa peau est marquée de points lumineux qui semblent se désagréger.
« Je sais ce que me coûtera ce tir. »
Ses traits semblent sculptés dans le marbre.
Son regard… Etrangement éteint.
« Cela peut te sembler inconcevable… Mais oui. J'ai appris à aimer ta création. Plus que ma propre existence. »
Les yeux de Chuck s'écarquillent de surprise. D'incompréhension.
De peur.
« J'aurais voulu… »
Elle prend une profonde inspiration alors que les points lumineux semblent dévorer sa peau avec plus d'ardeur.
« J'aurais voulu pouvoir te sauver de toi-même. »
Le clic de la sécurité qui résonne est macabre.
Chuck s'agite à nouveau mais la prise d'Amara se resserre inexorablement.
Et Dean jurerait voir ses yeux briller douloureusement.
« Adieu. Mon frère. »
La détonation déchire le silence.
Et l'explosion est si aveuglante que Dean ne peut que fermer les yeux. Les fermer à s'en faire mal.
Et quand enfin, le monde semble cesser de s'écrouler, il les ouvre à nouveau.
Il cligne des paupières.
Encore.
Et encore.
Avant de respirer à nouveau.
De l'affrontement d'Amara et Chuck, il ne reste rien. Rien qu'une chambre massacrée. Des lambris en lambeaux. Des meubles déchiquetés. Des morceaux de verre éparpillés.
Et l'égaliseur perdu au sol.
Le cœur de Dean reprend un rythme normal.
Inspire.
Expire.
C'est fini. C'est vraiment fini ?
« Eileen ?! »
Dean tourne la tête pour voir Sam se précipiter aux pieds de la jeune femme, ses mains s'activant à défaire ses liens avec l'énergie du désespoir.
« Dean ! »
Son regard tombe sur Cass qui accourt à son tour, son inconscience oubliée, ses yeux écarquillés.
Il se laisse tomber à ses pieds avec une telle force que Dean est persuadé que son fauteuil va basculer. Mais Cass maîtrise son mouvement à la perfection, et rapidement, les poignets de Dean sont libérés des entraves qui les enserraient depuis des heures.
Il relève les yeux pour tomber dans le regard inquiet et si bleu de son ange.
Son cœur se remet à cogner la chamade.
« Tu vas bien ? le presse Cass en posant une main sur sa joue et Dean sent sa peau le brûler
- Oui, je… »
Du coin de l'œil, il voit Sam attirer Eileen contre lui et presser ses lèvres contre les siennes.
Son estomac se tort à cette vision et il déglutit difficilement à cause de sa gorge subitement nouée.
Il s'oblige à détourner les yeux pour plonger à nouveau dans le regard angélique.
Il a envie…
Tellement envie de réduire la distance qui les sépare à néant.
De pouvoir embrasser ses lèvres entrouvertes.
De pouvoir se prouver ainsi, que Cass et lui sont vivants.
Mais il ne peut pas.
Il ne peut pas.
Et même si cela lui coûte infiniment plus que tout ce qu'il a déjà pu sacrifier, il pose sa propre main sur la joue de son meilleur ami.
Et pose son front contre le sien.
Le souffle de l'ange vient réchauffer sa peau. Et il sent son visage se détendre sous ses doigts.
« Je vais bien Cass… murmure-t-il, les yeux fermés, profitant de leur proximité, Je vais bien. »
Le soupire de l'ange apaise son cœur meurtri et après de longues secondes, il s'éloigne légèrement.
Sa main toujours contre la joue de son meilleur ami.
Meilleur ami qui lui offre un sourire ému avant que sa main libre ne vienne recouvrir la sienne, et serrer.
Et enfin, après plusieurs minutes, il essaie de se relever, soutenu par la poigne de fer de Cass qui ne quitte pas ses côtés. Il devine Sam faire de même avec Eileen.
« Sam… Dean… »
Il lève la tête pour voir Jack, ses mains nouées, ses grands yeux étincelant d'une souffrance qui le prend au ventre.
« Je… »
Il déglutit avant de prendre une profonde inspiration.
« Je suis heureux… Heureux de voir que vous allez bien. Je… »
Sa physionomie semble se craqueler et ses épaules s'abaissent sous un désespoir flagrant.
« Je n'aurais pas supporté… Pas supporté de vous perdre, articule-t-il avec difficulté, Et… »
Sa tirade est interrompue quand Sam se précipite vers lui pour le prendre dans ses bras. Et il ne faut pas davantage de temps pour que Dean fasse de même.
Il sent les sanglots du gamin contre lui, et il sait que les siens ne sont pas loin de lui échapper non plus.
Alors il resserre sa prise.
Réalisant que ce gosse lui a manqué plus qu'il n'a bien voulu se l'admettre.
Et que cela fait bien longtemps qu'il lui a pardonné…
« Très beau travail. »
Dean sursaute et s'éloigne de son frère et de celui qu'il s'autorise enfin à considérer, à nouveau, comme son fils.
Billie est là.
Imposante dans son long manteau de cuir et sa faux à la main.
« Billie… souffle-t-il finalement, la dévisageant de haut en bas, Est-ce que ça veut dire que…
- Chuck et Amara sont bien morts. »
Elle hausse les épaules.
« Et l'équilibre est désormais parfaitement rétabli. »
Elle passe son regard sombre de Castiel à Jack.
Et Dean esquisse un sourire.
Le roi de l'Enfer. Et le souverain du Paradis.
« Je n'ai aucune inquiétude sur le respect des règles universelles. Ces deux-là… »
Un rictus étrangement amusé, et presque tendre, tord les lèvres de la Mort.
« …n'hésiteront jamais à prendre les bonnes décisions pour le bien de l'humanité. Votre monde est entre des mains plus que capables. »
Une incontrôlable bulle de fierté explose dans la poitrine de Dean.
Cass et Jack seront les garants de la stabilité de leur univers.
Et il n'a pas honte de reconnaître qu'il leur accorde une confiance plus qu'aveugle.
« Bien, reprend Billie en balayant la pièce du regard, Castiel. Jack. Cela ne vous ennuie pas de vous occuper de remettre cette chambre en état ? Quant à moi… »
Une ombre passe sur son visage avant qu'elle ne secoue la tête.
« Je vais me charger de réparer les dégâts causés par Chuck dans cet hôtel. Tous ces morts inutiles… »
Elle soupire et la lame de sa faux scintille à la lumière.
« Le massacre perpétué ici n'avait aucune raison d'être. »
Sur ces paroles, elle disparaît. Et Dean jette un coup d'œil à Jack et Cass qui ont déjà commencé à rendre la chambre à nouveau habitable.
Ils travaillent de concert avec une telle fluidité, une telle harmonie…
Le père et le fils.
Et encore une fois, une chaleur incontrôlable se répand dans sa poitrine.
Quand enfin, Cass et Jack terminent leur tâche, Dean ne peut pas s'empêcher de prendre l'ange dans ses bras et de serrer. Il sent le cœur céleste battre contre le sien. Trop fort. Trop vite.
« Comment tu vas Cass… » murmure-t-il à son oreille
Parce qu'en dépit de tout… Il vient de perdre son père. Et à cette pensée, il le serre plus fortement contre lui.
« Ca… Ca va. »
Et même si sa voix est un peu tremblante, il entend la détermination derrière.
Quoi qu'il arrive, il s'en remettra.
Il s'éloigne légèrement, mais ses mains refusent de quitter les épaules angéliques. Et le sourire rassurant que lui offre Cass est suffisant pour définitivement calmer ses angoisses.
« Dean… C'est fini. Réellement fini. »
Il tourne la tête pour observer Sam, un bras protecteur autour d'Eileen, sa main libre descendant le col de son T-shirt, dévoilant sa peau.
Il fronce les sourcils, légèrement perdu.
« Sam… La marque. »
Il cligne des paupières alors qu'il intègre les paroles de Cass.
« Elle a disparu… » réalise-t-il finalement
La cicatrice laissée par l'égaliseur. La blessure qu'il partageait avec Chuck.
Effacée.
« Son of a bitch Sammy. »
Le sourire qu'il arbore est si large qu'il lui fait mal.
Mais il s'en fout.
Parce qu'il prend enfin conscience de ce qu'il se passe.
« On l'a fait. On l'a vraiment fait. »
Il jette un regard à toutes les personnes présentes.
« Ensemble. »
Il sent la main de Cass se poser sur son épaule gauche. Et le souvenir de l'ancienne marque angélique déclenche un étrange frisson.
Un bien-être et une paix intérieure qu'il ne s'était jamais autorisé à ressentir tant les dangers planaient toujours au-dessus de leurs têtes.
Mais désormais, en voyant les yeux brillants de Sam et Eileen, en étant le témoin du sourire libéré de Jack, en sentant la présence rassurante de Cass à ses côtés, il sait qu'il peut se le permettre.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
Il dévisage Sam, dont il n'a plus vu ce sourire amusé et ces prunelles enthousiastes depuis des années.
« Maintenant ? »
Il dévisage l'ange à ses côtés.
Et se noie dans les prunelles bleues qui le fixent comme s'il était la chose la plus précieuse au monde.
Le sourire doux qui illumine son visage est pour Cass. Et rien que pour Cass.
« On apprend à vivre. »
A suivre.
Je sais que ça peut sonner comme une fin, mais ce n'est pas le cas :) A partir de maintenant, les choses vont aller pour le mieux, alors si vous voulez voir nos héros profiter d'une paix bien méritée, rendez-vous à la suite.
Fictivement vôtre,
Arielmine
