Je ne possède aucun des personnages de la série tv
[ALMOST PARADISE] : Kai aurait dû écouter Alex, s'infiltrer dans une fête sur un yacht pouvait vite se révéler être un piège mortel...
Ce texte a été écrit pour la Nuit du FOF sur le thème "Ami"
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
PIEGE EN MER
Chapitre 3
Kai avait perdu la notion du temps, tout ce qu'elle savait c'était que le soleil la brûlait, qu'elle était épuisée, à bout de force, mais qu'elle refusait de céder. Il n'y avait pas que sa vie dans la balance, il y avait celle d'Alex dont elle percevait les battements de cœur de plus en plus affaiblis.
- Allez Alex, ne meurs pas s'il te plaît…
Bien évidemment, elle n'obtint pas de réponse et sa situation devint subitement encore plus précaire. Exténuée, la jeune femme perdit sa prise et échappa la bouée, Elle but la tasse, parvint à remonter à la surface et nagea pour la rattraper tout en tirant Alex. Quand elle posa la main dessus, elle se sentit soulagée, mais aussi terrifiée. Ils allaient mourir ici…
Tout espoir était en train de s'en aller lorsque que soudain, elle perçut un bruit. Kai redressa la tête, son cœur se mettant à battre à tout rompre. Un bateau ?
Un regain de force s'empara de la jeune femme et elle se remit à hurler de toutes ses forces pour qu'on l'entende.
- Au secours ! Nous sommes là ! Au secours ! Venez nous aider !
Kai aurait bien agité la main, mais cela aurait impliqué de lâcher la bouée et elle avait bien trop peur de la perdre. Le bateau était trop loin pour les voir, c'était une chimère de se croire sauver… Pourtant, contre toute attente, il vint bel et bien dans leur direction. Est-ce qu'il les avait vus ?
Ce fut quand il se rapprocha qu'elle reconnut une voix.
- Kai ! Accrochez-vous !
Ernesto… C'était Ernesto. Des larmes se mirent à couler toutes seules sur ses joues, ils étaient bel et bien sauvés.
Il y eut des cris autour d'eux, de l'agitation et un canot des gardes côtes fut mis à la mer. Ernesto était à bord et il se pencha vers eux avec un air inquiet.
- Donne-moi ta main !
Kai fit quelques brasses pour se rapprocher et agrippa la main de son coéquipier pendant que d'autres sauveteurs lui prenaient délicatement Alex. En quelques secondes, les deux amis se retrouvèrent dans l'embarcation, en sécurité et Kai se mit à trembler et à pleurer de joie et de peur en même temps.
Dans l'émotion, elle tourna la tête vers Alex étendu inerte sur le fond de l'embarcation. Elle se rapprocha de lui et prit doucement sa tête entre ses mains. Sa peau était livide mais brûlante, ce qui n'était pas bon signe.
- Eh Alex… C'est fini… On a survécu. C'est fini…
Il était si pâle qu'elle en trembla. Ses mains quittèrent sa joue pour relever son t-shirt et observer sa plaie à l'abdomen. Elle était gonflée, sanguinolente, brûlante et surtout, la balle était toujours dans son ventre.
Délicatement, elle posa la main dessus pour la compresser comme elle avait tant rêvé de le faire ces dernières heures et murmura.
- Allez Alex, juste un effort de plus…
Mais comme si elle lui en demandait trop, ce fut à ce moment là que sa montre se mit à biper. La jeune femme frissonna… Elle savait ce que voulait dire ce bruit… Son cœur était en train de lâcher.
- Non ! Alex !
OoooO
La chambre d'hôpital était blanche, stérile et elle dégageait cette odeur de désinfectant désagréable. Alex était allongé dans le lit en position légèrement surélevée. Son corps était relié à tout un tas de perfusions et à des machines que Kai ne quittaient pas de yeux… Des machines sur lesquelles la jeune femme surveillait son rythme cardiaque… Trop d'années à la DEA avait fini par lui faire avoir un infarctus qui avait failli le tuer et depuis il portait cette montre qui surveillait en permanence son cœur, cette fichue montre qui s'était mise à biper sur le canot, quand il avait fini par céder. Kai avait hurlé de désespoir et avait oublié son épuisement pour tenter de le ramener. Ernesto l'avait aidé et le cœur de leur ami était reparti, mais il était dans le coma…
Un coma profond dont le médecin n'était pas sûr qu'il revienne un jour… Kai avait poussé des cris de désespoir, refusant d'accepter une telle injustice. Il l'avait sauvé… Il ne pouvait pas mourir pour l'avoir sauvé…
Un frisson parcourut la jeune femme et ses doigts se refermèrent plus fermement sur sa main.
- Je t'en supplie Alex, tu es plus fort que ça, tu as traversé bien pire, reviens !
De l'autre main, elle caressa son front et la racine de ses cheveux. Lors de leur rencontre, elle ne pouvait nier qu'elle l'avait trouvé particulièrement agaçant. Elle avait pensé qu'il se voyait comme un super flic, quelqu'un qui leur était supérieur et puis elle avait vite comprit que c'était faux… Il voulait juste aider… Il était perdu, désorienté, à fleur de peau… Il tenait debout parce que son cœur battait, mais il était triste, solitaire… brisé… Oui c'était bien ça que le caractérisait le mieux. C'était un homme brisé, quelqu'un qui avait tout sacrifié pour sa carrière, qui avait cru que son boulot allait changer les choses… et qui avait tout perdu… Elle se souvenait de son cri du cœur quand il l'avait empêché de tuer son ancien instructeur qui était un ripoux…Elle lui avait demandé pourquoi elle devait l'épargner et sa réponse avait été comme une gifle : « pour ne pas devenir comme moi… »…
- Moi ça ne me dérange pas d'être comme toi, murmura la jeune femme en lui serrant plus fort la main. Tu es un homme bien Alex… et il y a des gens qui t'aiment et qui tiennent à toi ici… Reviens… Tu n'es plus seul… Reviens…
Comme depuis cinq jours qu'elle était à son chevet, sa supplique se termina par un sanglot… sauf que cette fois, elle sursauta, parce que là, sous sa main, ses doigts venaient de frémir.
Kai bondit sur ses pieds et se pencha au dessus de son ami, lui caressant la joue.
- Alex ? Alex ?
Est-ce qu'elle avait rêvé ? Elle en était presque persuadé lorsque ses doigts frémir de nouveau et que ses paupières s'entrouvrirent. Deux iris bleus épuisés se posèrent sur elle lui arrachant des larmes de joie.
- Alex ! On mon Dieu merci ! S'exclama la jeune femme en se penchant pour lui donner un baiser sur le front. C'est bien Alex… C'est bien… Ne t'en fais, je suis là.
Sans lui lâcher la main, Kai actionna la sonnette pour appeler les infirmières avant de se remettre à lui caresser doucement la joue et le front.
- N'essaie pas de parler, tout va bien. Je suis là, je m'occupe de toi. Tout va bien Alex, tu n'es pas seul… Tout va bien.
