Chasse aux Valentins

/!\ Suite de Chasse aux Loups/!\

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Treize tours et demi devraient suffire …


_ Ron, je ne me répéterais pas, on va être en retard et cette fois-ci il m'est impossible de louper cette soirée !

_ Oui oui, c'est bon je suis presque prêt chaton …

Hermione roula des yeux à l'autre bout de l'appartement à l'entente de ce surnom ridicule, des mois qu'elle ne supportait plus qu'il l'appelle ainsi mais se garda de le lui dire. C'était pour son mari une façon de lui faire comprendre qu'il tenait à elle et quoi de plus normal elle était sa femme, elle ne pouvait décemment pas se permettre de le lui reprocher.

Non le véritable souci venait d'elle, un ras le bol général exacerbé ces derniers mois par elle ne sait trop quoi…

Hermione fourra rageusement malgré elle l'invitation de la Malfoy&Co pour la soirée de Saint Valentin dans sa pochette à sequin, qu'elle boucla rapidement sans se soucier de froisser ou non le dit parchemin puis enfila son manteau en drap de laine par-dessus sa robe en cache-cœur noire. Décidément il fallait vraiment s'activer et partir maintenant afin de s'aérer.

_ Ronald Weasley, si tu n'es pas ici dans cinq secondes je pars sans toi ! avertit-elle à tue-tête.

Hermione agacée, s'apprêta à compter main levée, lorsqu'il déboula à ses côtés, encore débraillé et à deux doigts de s'étaler à ses pieds en butant sur un pli du tapis d'entrée. Finalement amusée par sa précipitation et sa maladresse légendaire, elle l'aida à réajuster sa cravate alors qu'il continuait à fourrer les pans de sa chemise dans son pantalon. Il semblait paniqué et la question qu'il formula le confirma :

_ Tu n'allais quand même pas partir sans moi… ?

Etonnée, elle le fixa un instant, saisie par l'angoisse qu'il dégageait.

_ Tu sais très bien que non Ron. Je suis désolé de t'imposer cette soirée mais cette fois ci je ne peux pas décliner comme je l'ai fait pour les précédentes. Drago compte sur moi…

Elle l'observa acquiescer d'un mouvement de tête avant de lui tendre le Portoloin fourni avec l'invitation qui, dans un remous toujours aussi désagréable, les emporta jusque devant l'entrée d'une Galerie d'art privatisée pour l'occasion en plein Londres Moldu.


Après avoir passé le vestiaire et s'être faite débarrassée, Hermione balaya du regard la galerie bondée de Sorciers et Sorcières venus des quatre coins du pays si ce n'est au-delà des frontières, au son des accents qu'elle entendait. Nul doute que cette soirée soit une fois de plus une réussite pour la Malfoy&Co, pas qu'elle ait déjà assisté à l'une d'entre elle, non, celle-ci était sa première. Mais elle avait suivi assidument l'ascension de cette Startup via les articles en parution dans la Gazette du sorcier relatant les soirées d'Halloween, de Noël et dernièrement celle du Nouvel an en collaboration avec les Jumeaux Weasley.

Les lieux étaient assez sobres, les pièces aux grands murs blancs, étaient spacieuses et faiblement éclairées rendant l'atmosphère chaleureuse. Le personnel tout de blanc vêtu, zigzaguait entre les convives afin de les servir à discrétion de petits fours et champagne. Évidemment, si le tout était plutôt modeste, c'était afin de mettre en valeur les imposantes photographies exposées sur les murs composant les grandes salles de ce lieu. Quelle merveilleuse idée ils avaient eu d'associer cette soirée de Saint-Valentin au vernissage de Drago pour son exposition de photographies Moldus sur le thème de la sensualité pour lequel par ailleurs, elle avait en partie servi de modèle.

Alors qu'Hermione cherchait du coin de l'œil celles sur lesquelles elle apparaissait, Ron la tira par le bras semblant vouloir les faire rejoindre le groupe d'amis qu'il avait aperçu un peu plus loin.

- Ron, je ne suis pas ton sac à main… À un moment, il va bien falloir me lâcher, tu sais ! S'agaça-t-elle

- ... La condition était qu'on ne se lâche pas…

Hermione tiqua, il semblait agité, presque énervé… Elle l'entendit ajouter.

- Pardon Chaton… Mais tu sais, je crois que ma phobie re…

- HA NON ! Le coupa-t-elle. Ne recommence pas avec cette histoire d'Ochlophobie imaginaire, elle ne t'a pas dérangée pour assister à un match de Quidditch le week-end dernier. Alors je veux bien comprendre que tu ne sois pas à l'aise dans ce genre de soirée, j'ai donc fait jusqu'à présent l'effort pour toi de ne pas y assister, mais là… Là, par respect pour Drago et son travail avec moi je me dois d'être présente.

N'ajoutant rien de plus ni l'un ni l'autre, ils avancèrent ensemble vers leur groupe d'amis arborant chacun une mine faussement détendue.

Si d'apparence Hermione semblait avoir digéré son altercation avec Ron, intérieurement elle ne décolérait pas et les deux flûtes de champagne qu'elle avait bue avec l'espoir qu'elles puissent l'apaiser ne semblait rien n'arranger. D'une oreille, elle écouta sa collègue réciter le compte-rendu qu'elle venait de clôturer sur leur mission commune à Poudlard concernant l'évaluation des aptitudes des différents professeurs. La réminiscence de ces longues semaines en sa compagnie pour cette mission si ingrate allait lui faire rendre les trois petits fours ingurgités quand fort heureusement, Drago s'annonça et la sauva rapidement de sa nausée.

- Je vous l'emprunte quelques instants et vous la restitue en état, promis ! Balança-t-il bien joyeux, tout en tirant son amie par le bras sans prendre en considération les protestations.

Hermione ravit de s'engouffrer dans le bain de foule loin de son entrave maritale, s'amusa à suivre son ami qui semblait bien pressé.

- Vous avez une fâcheuse tendance à me prendre pour votre objet aujourd'hui. Prononça-t-elle faussement fâchée.

- Tu es bien plus que ça pour moi et tu le sais très bien… Sinon…

Ils arrivèrent dans une salle immense qu'Hermione n'avait pu encore visiter, car l'accès n'était jusqu'à présent pas autorisé. La pièce tamisée était parfaitement carrée, seule une séparation au centre occupait l'espace permettant ainsi d'afficher bien plus de photographies… Ses photographies… Elle… Partout.

- ... Sinon je ne t'aurais pas exclusivement exposé ici. Excuse-moi, je voulais que tu sois la première à te voir Hermione.

Émue jusqu'à l'âme, elle resta muette. Elle… Seulement elle sur chacun de ces murs… Mise en valeur par les spots lumineux savamment dirigés. Subjuguée par la finesse et la vénusté des photographies non enchantées, elle avança, observant avec attention chaque cliché tous en noir et blanc, sans s'apercevoir que son ami s'était éclipsé. Il voulait la laisser seule, seule avec elle-même.

Tout en continuant sa visite, elle ne put s'empêcher de rougir à la vue d'un des clichés ou elle put s'observer totalement nue. Dos à l'objectif, pieds joints et bras le long des flancs, elle scrutait les jardins des Malefoy à travers une immense fenêtre à croisillon. Elle se souvint avec émotion la difficulté vécue à ce moment-là et réprima un rictus se rappelant la façon ridicule avec lequel elle avait tenté maladroitement de se cacher derrière un des rideaux qui encadrait cette fameuse ouverture, incapable de se libérer de sa crainte d'être mise à nue….

Car c'était bien plus qu'un souci de pudeur. Ce shooting, cette folle idée proposée par Drago l'avait obligé à ne plus se cacher derrière ses faux-semblants, cette fausse joyeuseté d'appartenir à cette vie montée et réfléchie pour le bien-être des autres. Être nue était une façon de s'extirper de l'enveloppe de l'employée du Ministère et la femme mariée qu'elle était chaque jour depuis trois ans et demi. Son ami avait insisté malgré ses réticences, il l'avait poussée jusqu'à ce qu'elle se découvre… Se retrouve… Et là maintenant elle réalisait à quel point il avait eu raison. Ce shooting et maintenant cette exposition sonnaient comme une prise de conscience, peut être que son agacement des derniers mois était une conséquence à tout cela... Elle ne pouvait plus faire semblant.

Alors qu'un début de foule commença à s'engouffrer dans la pièce, Hermione attrapa une nouvelle flûte de champagne sur le plateau d'un serveur qui passait par là et continua d'observer les œuvres. La dernière qu'elle n'avait pu encore découvrir, manqua de l'étouffer dans sa gorgée.

L'immense portrait la représentait jusqu'à la taille, vêtue seulement d'une chemise blanche. Vêtement totalement inutile puisque sous le jet en pluie de la douche des Malefoy, ladite chemise était devenue translucide et laissait en vue sa poitrine remontée et dardée par le mouvement de ses mains dans ses boucles qu'elle tentait de tirer vers l'arrière.

Alors qu'elle analysait l'expression lubrique que son visage formait sur l'œuvre, Hermione fut stoppée dans sa réflexion :

- Si seulement il m'était possible d'acquérir cette photographie.

Cette voix, des années qu'elle ne l'avait plus entendue, plus depuis cette nuit singulière ou les syllabes qu'il formait habituellement clairement, s'étaient déformées en une mélodie insondable du plaisir en canon avec la sienne. Au-delà de sa déstabilisante capacité vocale, c'est sa présence dominante qui la fourmilla des pieds à la tête, sa haute stature qui l'avait enveloppée cette fameuse nuit encore jusqu'à l'enivrer dans un rythme délicieusement infernal sur le plancher de la cabane hurlante, se tenait à ses côtés après tout ce temps. Ce temps qui paraissait absurde dorénavant, car en une fraction de seconde, elle se sentait maintenant capable de tout… D'absolument tout et pour toujours à ses côtés. C'était presque magique, son aura, son pouvoir semblaient la contrôler… La posséder et cela la grisait à tel point qu'elle n'avait aucune envie d'y résister.

Cependant, Hermione ressentit un sentiment étrange malgré tout… l'écho de sa voix résonnait comme un vieux souvenir … Et pas celui vieux de trois ans et demi… Non… Non… Cela lui sembla absurde, alors finalement elle chassa cette impossible impression, il avait disparu depuis tout ce temps, s'était fait oublier et elle …. Elle s'était perdue dans une vie qu'elle n'avait jamais voulue, point.

Après s'être quelque peu ressaisie, Hermione l'interrogea sur la pensée qu'il avait formulée à haute voix, sans toutefois le regarder :

- Puis-je savoir pourquoi celle-ci en particulier ?

Il expira, le souffle finement pincé et le vrombissement dans le fond de sa gorge indiquèrent qu'il souriait et un Severus Snape si ravi ne signifiait qu'une seule chose… Il vous avait mené là ou il voulait et il se préparait à vous manger tout cru, grâce à sa verve légendaire.

- C'est que voyez-vous, j'aimerais rester l'unique individu vous connaissant cette moue indécemment tentatrice. Saviez-vous que lorsque vous jouissez, vous plissez subtilement vos yeux de la même manière et que dire de cette bouche délicieusement charnue qui cherche à s'oxygéner alors que le plaisir, lui, se presse d'en sortir.

Hermione contrôla le frisson de plaisir qui longea lascivement son échine, avant d'enfin se tourner pour lui faire face. La lueur malicieuse qu'elle captiva dans son regard la fit presque sourire, mais n'ayant pas manqué le sous-entendu, elle préféra jouer l'agacée :

- Je vous savais prétentieux, mais pas à ce point, pensez-vous réellement être le seul après tout ce temps à m'avoir fait connaître l'extase ? Répliqua-t-elle.

Il l'observa longuement, son regard sombre et pénétrant la sondait, il semblait chercher la réponse au fond d'elle et ne pouvant si subtiliser comme à chaque fois qu'il le faisait, Hermione le laissa faire. Quelle idiote, pourquoi insinuer le contraire… Il avait raison… L'insatisfaction sexuelle aurait pu être un vœu de mariage tant il était omniprésent dans le théâtre de sa vie de couple. Les secondes s'écoulèrent jusqu'à ce qu'un rictus apparaisse aux coins de ses fines et tentatrices lèvres, il avait son verdict.

- Passons… Vous passez une belle soirée ? Continua-t-il ce qui détendit son interlocutrice.

- Excellente merci, les Malefoy et principalement Drago se sont surpassés, c'est splendide ! La prochaine Gazette n'en tarira pas d'éloges, j'en suis certaine.

- En espérant qu'ils mentionnent la sublime sorcière que vous êtes, car vous vous oubliez, sans cette salle et ces exquis clichés, l'exposition ne serait pas ce qu'elle est.

Hermione but une gorgée, tentant de cacher son embarras et puis… Se dit elle, après trois flûtes, il sera plus facile de justifier le feu de ses joues. Ne pouvant finalement canaliser les flammes qui se propagèrent, elle reprit une seconde gorgée… Puis une troisième… Jusqu'à ce qu'une grande et puissante main l'arrête dans sa descente vertigineuse :

- Hopop pop … Doucement, prenez le temps de savourer Miss Granger…

- Madame W … Nan laissez tomber, Miss Granger s'est parfait ! Se rétracta Hermione avant de changer de sujet. Je pensais que pour savourer un champagne, il fallait le boire dans une coupe. Serait-ce une faute de goût de la part des Malefoy ?... Impensable ! Prononça-t-elle tout en feintant l'ahurissement.

Les deux anciens amants se toisèrent amusés, puis Hermione déjà embrasée discerna la flamme jumelle de la sienne dans les onyx qui la fixaient :

- J'imagine que le choix s'est porté sur les flûtes par soucis de praticité pour ce genre d'événement, mais vous avez raison, le champagne est bien meilleur dans une coupe et entre nous, c'est bien plus sexy. Il câlina sa main qu'il n'avait pas lâchée et remonta son bras dans une délicieuse caresse tout en continuant son récit. Hermione en apnée savoura la volupté du toucher, se laissant bercer par sa voix rauque et séductrice. Saviez-vous que l'ancêtre de la coupe fut modelée sur le sein de Marie-Antoinette, c'est pour cela qu'elles ont aujourd'hui la forme et la taille idéale pour fournir du plaisir.

Hermione inspira finalement puissamment et ferma les yeux, prête à accueillir cette main baladeuse naviguant jusqu'à son sein, lorsque…

- Haaa Chaton, te voilà et je vois que tu es …. Encore vous ?

- Comment ça encore ? Répliqua-t-elle tout en se reculant, rompant ainsi le contact compromettant.

- Je… Ce n'est pas ce que… C'est toi sur cette photo ? Montra Ron du menton. Tu fais une drôle de tête… Lâcha-t-il cherchant misérablement à faire diversion.

Hermione grimaça et jeta un coup d'œil à la sombre silhouette qui semblait satisfait d'avoir la confirmation à son affirmation première.

Vraisemblablement, à défaut de l'amener jusqu'à l'apothéose, Ron était doué dans l'art et la manière de s'exprimer sans réfléchir. Si ses proches qualifiaient cela comme une forme d'authenticité, elle, préférait appeler cela de l'étourderie. L'instant était devenu soudainement étouffant, malaisant et alors que Ron sans savoir pourquoi dévisagea avec mépris leur ancien Professeur, Hermione tenta d'échapper à la prise de main forcée de son mari.

- Miss Granger n'a visiblement pas envie que vous lui teniez la main. Argua Snape

- Déjà, c'est Madame Weasley et mêlez-vous de vos affaires. D'ailleurs, j'ai cru voir votre prétendante au boa rose vous chercher partout ! Fulmina Ron, tout en lâchant finalement la main qu'il tentait vainement d'agripper.

- Madame Wea .. Weasley ? Bredouilla étonnement Snape tout en la fixant avant de se re concentrer sur le rouquin. Patricia ? … Ma prétendante ? Quelle horreur, je vous l'échange volontiers.

- Gardez votre plumeau et laissez ma femme tranquille !

Hermione hoqueta, elle percevait et ressentait sa déception qui se matérialisait comme un orage au-dessus d'eux. Si aux premiers abords, il avait deviné la relation entre elle et Ron sans s'en soucier, s'amusant même de son insatisfaction flagrante, il n'était visiblement pas apte à digérer l'annonce qu'elle était dorénavant une femme mariée. Madame Weasley, évidemment qu'il lui en voulait… Mais à quoi s'attendait-il trois ans et demi plus tard ? Les yeux embués par la bourrasque glaciale qui venait d'éteindre la fusion précédente, Hermione chassa de son esprit tout ce qui gravitait dans son esprit et qui l'emprisonnait, elle ne voulait plus être celle qui jouait un rôle et encore moins une pâle copie d'Hermione Jean Granger. Mise à nue une fois encore, seule avec elle-même dans sa tête, elle se laissa guider par son envie et tendit son bras cherchant à agripper la main de celui qu'elle n'avait jamais pu oublier.

Le geste passa inaperçu sauf pour l'intéressé, car au même instant, la voix de Lucius Malefoy amplifiée par un « Sonorus » résonna à travers la galerie et tous s'étaient tournés vers la salle principale. Profitant de la nouvelle occupation de son mari, Hermione observa Snape, sa bouche pincée et sa ride entre sourcils prononcée par un froncement attestait ses sentiments, il était blessé, se sentait trahit …. Et pourtant, il continuait à fixer sa main accrochée à la sienne sans la rejeter. Hermione ne souhaitait qu'une chose, qu'il capte ses excuses qu'elle tentait de partager… Et pour cela, il fallait qu'il se noie dans son regard. Les yeux dans les yeux, il comprendrait, elle en était certaine, car cela avait toujours été ainsi entre eux, un partage sans pudeur dans une connexion visuelle. Finalement, lorsqu'elle sentit ses doigts se glisser et se mêler aux siens Hermione se détendit quelque peu, il avait compris sans même lire le pardon dans ses pupilles. Main dans la main à l'arrière de la foule, ils se concentrèrent sur le discours de leur hôte :

- Mes Chers Convives, je suis ravi de vous accueillir pour cette soirée de Saint-Valentin. Ce soir, nous avons la chance de nous trouver dans la Galerie Bartoux de Londres, précisément là où mon fils prodige expose éphémèrement. Et quoi de mieux que le thème de la sensualité pour illuminer cette soirée célébrant l'amour. Sachez que sans vous tous réunis ce soir, je n'aurais espéré une plus chaleureuse et envoûtante soirée et je vous en remercie d'avance. Fort de la réussite de nos petits jeux habituels ce soir encore, la Malfoy&Co s'est lancé le défi de vous divertir avec cette fois-ci une chasse aux Valentins. Messieurs les Valentins et Mesdames les Valentines, la galerie entière sera plongée dans le noir, il vous faudra donc développer vos sens autres que celui de la vue. Pas de baguette s'il vous plaît, mais je vous invite à toucher… Sentir et soyons fou… À goûter pour trouver votre moitié.


Le « Nox » de départ de jeu les avait plongés dans le noir. Prise au dépourvue et sans y réfléchir, Hermione suivit son guide, sa main la manœuvrait avec empressement à travers la foule. Alors qu'elle tentait de ne pas trébucher dans ses pas à l'aveugle, elle perçut une voix désagréablement stridente, appeler à tue-tête celui qui l'aidait à se faufiler et s'empêcha d'une main sur la bouche de rire au surnom ridicule qu'elle lui affublait.

Finalement après ce qui lui sembla être un parcours du combattant, son binôme de course se stoppa et l'aida à passer derrière le comptoir de l'entrée. Là, entre les portants pleins d'étoffes de laine et de fourrures du vestiaire, ils s'étaient assis à l'abri du reste des convives sous une lumière faible de sortie de secours, seule source de lumière épargnée par le sortilège d'obscurité. En tailleur l'un en face de l'autre, ils se retrouvaient enfin véritablement, d'abord en silence, laissant juste leurs mains s'emmêler, se câliner et leur regard s'apaiser.

Camouflés par le brouhaha des éclats de rire plus loin, l'un et l'autre se calmèrent enfin, isolés à l'abri d'être découvert.

- Madame Weasley donc…

- Sevychou donc… tenta Hermione, pour désamorcer l'air grave qu'il arborait en prévoyance de la fatidique conversation. Le stratagème sembla fonctionner, le lège sourire qu'elle aperçut sur la bouche qu'elle s'empêchait tant que bien que mal de capturer, l'attesta.

- Ne minimisez pas votre situation. Souffla-t-il finalement sans la quitter des yeux, il y percevait l'appel quémandeur d'un baiser et Merlin seul sait à quel point il en avait envie.

Le contrôle n'était plus, leurs corps, comme des entités à part entière s'étaient attirés, se réclamant avec force jusqu'à ce qu'enfin leurs esprits reprennent possession pour constater le rapprochement. C'était intense et presque inexplicable, comme deux disparus dans l'océan de leurs regards, ils s'oxygénaient du souffle de l'autre jusqu'à enfin laisser leurs lèvres faire naufrage.

Hermione savoura pleinement le goût de sa bouche sur la sienne, c'était doux, tendre… Inégalable. Rien n'y personne ne pourrait lui faire tant d'effet. Elle délivra une de ses mains qu'elle s'empressa d'emmêler dans les longues mèches ébène de son amant, afin d'approfondir le baiser, pressant avec frénésie sa nuque de sa paume.

Ils se savourèrent enfin, se goûtant sans sagesse, leurs langues s'emmêlèrent jusqu'à faire s'entrechoquer leurs dents. Le baiser brûlant s'accompagna de la main libre de Severus qui dans une voluptueuse caresse longea le bras de sa belle jusqu'à découvrir son épaule de la fine bretelle de sa robe. Alors qu'il fit de même sur l'autre, il tira de ses dents la lèvre inférieure qu'il n'avait cessé de suçoter et récolta pour récompense le doux son qu'il s'écoutait en rêve chaque nuit, depuis trois longues années. Le chant suave de sa belle en pleine extase n'avait rien à envier aux miaulements d'une Jouvencelle… Elle était bien trop sauvage pour cela. Ses pupilles dilatées criant famine et sa chevelure gonflée par l'envie qui l'irradiait jusqu'à la rougir dans son décolleté, la rendait si belle, nul doute qu'elle honorait sa maison, une vraie Lionne.

- Vous l'avez vraiment laissé vous appeler Chaton ? La taquina-t-il tout en coulissant la glissière de sa robe jusqu'à sa hanche.

- J'ai malgré moi laissé faire bien trop de choses. Expira-t-elle alors qu'elle dénouait sa cravate d'une main et commençait à défaire sa chemise de l'autre.

L'empressement des gestes était tel, qu'il ne savait plus trop dans quel ordre cela s'était produit, mais la conséquence était qu'Hermione se trouvait sous lui dans le plus simple appareil et était confortablement installée sur une lourde fourrure qu'il se souvint avoir défait du portant voisin.

Avide dorénavant de bien plus, il s'installa entre ses cuisses, en agrippa une d'une main pour en savourer la rondeur et la marqua aisément de ses doigts. La cuisse imprimée par l'intensité s'enroula instinctivement sur sa hanche comme s'il s'agissait de sa place depuis toujours. De son autre main, il navigua sur ses courbes fiévreuses et si parfaites qu'elles n'avaient clairement rien à envier aux dunes d'un désert que les rayons du soleil frappaient sans cesse.

L'envie se diffusait sur ses seins ronds, ses hanches et ses fesses pleines, alors il s'empressa de les récompenser de son toucher expert, les soulageant quelque peu en de subtiles caresses maîtrisées. Seulement, là, maintenant, seule la dose d'une ultime contraction sur cette zone-ci semblait pouvoir les assouvir pleinement. Alors, répondant au supplice, il nicha son pouce sur le bouton de rose gorgé de luxure et en de fines caresses, le titilla méticuleusement jusqu'à faire couiner la Lionne. Son membre érigé encore emprisonné de son pantalon frottait en rythme contre l'humidité stimulée, ainsi, il se massait et soulageait son propre délice. Mimer l'acte accentua la pression de son pouce sur le nœud du désir de sa belle, qui, n'en pouvant plus se laissa submerger par la vague d'un extase puissant et salvateur qu'elle étouffa tant bien que mal dans le cou de son sombre et habile amant. Ravi du souffle erratique qui pulsait à l'orée de son oreille, Severus se redressa quelque peu afin d'enfin terminer son effeuillage.

Hermione, elle, papillonna des yeux, encore abrutie par la dose de félicitée qui l'embuait, puis l'observa avec attention. Elle le redécouvrit nu et se repassa l'image du souvenir qu'elle en avait gardé, il n'était plus recouvert de sang cette fois, et n'avait plus ses plaies béantes fort heureusement. Cela s'était bien remis laissant juste par-ci par-là des lignes et marques blanchâtres. Hermione s'en félicita mentalement, elle avait fait ce qu'il fallait cette nuit-là en le sauvant avec l'unique larme de phénix qu'elle avait sur elle et il l'en avait récompensé tout aussi charnellement que maintenant.

Une fois encore le songe étrange de s'être déjà mentalement formulé cette pensée revint l'habiter… Une étrange impression de revivre un souvenir qui ne lui appartenait qu'à moitié…

- Même dans un instant si délicieux, vous songez et analysez… Lui susurra-t-il, accoudé de nouveau au-dessus d'elle cette fois ci totalement dévêtu.

- Ce n'est rien… émit elle avant de gémir d'extase en sentant le membre puissant et brûlant commencer à l'emplir.

Hermione se cambra sous l'assaut saisissant et crépita de délice, son corps s'épanouissait alors que Severus, lui, s'y glissait. Elle l'accueillit tout entier dans une longue expiration sonore et l'accompagna de ses talons sur son fessier dans ses premiers mouvements de bassins. Des va-et-vient langoureux où leurs corps frictionnaient et glissaient, s'épongeant en même temps de la luxure qui y perlait.

Hermione palpitante, absorba en de grandes goulées, l'air qui avait la saveur de leur fusion, une mixtion d'eux deux qui formait la plus succulente des fragrances. Sollicitée par l'ensemble de ses sens et saoule d'une volupté indescriptible, elle se laissa emporter de nouveau par une vague incontrôlable.

Severus, lui, tint bon, et ce, malgré les spasmes qu'il ressentait autour de sa chair en elle, le visage lubrique qui le captivait et l'appel de sa belle qui l'invitait à faire de même. Continuant sa danse infernale dans la marée déchainée, il l'écouta geindre et souffler dans son extase son prénom, elle ne semblait pas s'en rendre compte, s'en était merveilleux.

_ Severusss

Un son si doux qu'elle susurrait adorablement, si bien qu'il était certain de ne jamais pouvoir s'en rassasier et s'il fallait l'amener au septième ciel pour le lui faire répéter, alors en aucun cas, il ne s'arrêterait de lui faire l'amour. Parce que c'était bien cela, cet instant et leur première fois… Il lui faisait l'amour afin de lui démontrer par la plus divine des méthodes à quel point, il l'aimait. Il n'avait plus peur de se l'avouer, car les lèvres qu'ils voyaient, tremblaient tout autant d'amour en soufflant son nom.

Sa langue, qu'il aperçut se coller à son palais laissant juste l'espace suffisant pour former le « uss » de son appel, le captiva, elle avait ce visage à l'expression renversante, cette sensualité involontaire qui le rendait fou… Et nombreux pouvaient le devenir s'ils s'attardaient sur le cliché qui avait capturé cette même ivresse orgasmique. Envouté par la sirène et son appel, il agrippa ses mains et les tendit au-dessus d'elle entre ses boucles brunes éparpillées dans la fourrure. Elle était à sa merci et lui, prit par la fougue, vola de nouveau ses lèvres dans un dernier baiser ravageur avant d'accentuer le rythme de ses coups de reins. Severus désirait plus que tout l'emporter une dernière fois à l'extase, seulement cette fois-ci, il l'accompagnerait.

Les souffles erratiques de chacun les préparèrent à l'abandon et lorsque la félicitée s'annonça en de puissantes contractions pour l'une et frémissement pour l'autre, Severus serra fermement Hermione dans ses bras jusqu'à l'amener à se reposer sur lui. Installé sur ses tibias, il maintint sa belle qui assise sur lui, savourait son orgasme, puis à son tour au plus profond d'elle, il déversa sa jouissance tant attendue. Comme en écho à ses plaintes, il souffla pareillement la douce mélodie de son nom en un son rauque et exaltant tout contre son sein.

Hermione, qui n'était plus qu'un corps exténué, mais assouvi, resta là, assise et pleine de son amant les bras autour de son cou. Cette sensation de plénitude dans laquelle elle se trouvait, était telle, qu'elle maintenait celui pour qui elle devait son état avec une force non maîtrisée, si bien que sans s'en apercevoir elle l'empêcha de relever le nez de sa poitrine. Lui ne s'en plaignit pas et ne chercha même pas à s'en débattre, bien au contraire, il savoura l'instant d'être bercé et serré contre celle pour qui il ne voudrait jamais plus être séparé… Une fois avait suffi et cela avait entraîné cette situation délicate.

Il avait tant cavalé pour enfin la retrouver que jamais plus il ne le referait… L'abandonner avait été malheureusement la seule solution. Trois ans nécessaires afin de la retrouver sans l'angoisse de son passé, il était lavé, libre, plus rien ne pourrait leur faire obstacle… Si ce n'est son mariage inattendu.

- Vous êtes consciente qu'a un moment, il va nous falloir discuter ? Susurra-t-il tout contre sa chair, en attrapant la fourrure au sol pour l'envelopper.

- Humm, oui, j'imagine… Laissez-nous encore un instant. Quémanda-t-elle en resserrant un peu plus sa prise pour qu'il ne gigote plus.

À bout de force, Hermione le relâcha finalement et découvrit son sourire ravi qu'elle s'empressa de lui retourner. Lentement, elle se dégagea de lui avant un discret « Recurvite », mais resta assise sur ses cuisses préférant pour la discussion à venir le dominer d'une demi-tête. Cela semblait ridicule puisqu'après ce qu'il venait de se passer, il paraissait évident que cela se déroulerait calmement. Alors, emmitouflés dans l'énorme fourrure, si grosse d'ailleurs qu'elle aurait pu appartenir à Hagrid, ils se toisèrent fin prêt à discuter, lorsque le grincement d'un portant qu'on déplace sans ménagement, les surprit:

- Alors là, j'en est plus qu'assez, qu'importe ce que je fais, les situations, les décisions… C'est… c'est ÉPUISANT ! Hurla un Ron agité qui venait de les découvrir dans le plus simple appareil… Si ce n'est la fourrure d'une ogresse.

Hermione analysa ses paroles, les associant à ceux qu'il avait prononcés plus tôt et à son comportement étrange des derniers mois, le tout exacerbé durant cette soirée. Ajouté à cela ses perceptions de souvenirs anormaux… Ce qui en résulta la possibilité qu'il ...

- Combien de fois Mr Weasley ? Entendit-elle finalement de la bouche de son amant. Elle l'observa, voyant qu'il en était arrivé à la même conclusion et se re concentra sur la présence de son mari.

- Vous ne me laissez pas le choix… Prononça ce dernier tout en sortant un Retourneur de temps de sa poche.

Alors qu'il s'apprêtait à l'enfiler afin de le faire tourner, Severus Snape bondit pour le lui arracher. Ron, décontenancé par la vision de son ancien professeur nu, tomba à la renverse sans remarquer que l'artefact lui avait été volé. Hermione au même instant le réceptionna d'une main, Severus le lui avait lancé afin qu'il puisse se couvrir d'une seconde fourrure subtilisée.

- C.O.M.B.I.E.N de fois t'a ton demandé, Ron ?! Décomposa Hermione dont la fureur commençait à poindre.

- Je… je … Je ne sais plus… Deux ou trois fois… Bégaya Ron totalement décontenancé

- Depuis quand ? … Et ne cherche pas à me mentir, car j'ai une vague idée !

- Halloween.

- Comment vous y êtes-vous pris ? Questionna Snape enfin vêtu.

- C'est que … Je sais que…

- Soyez clair et concis Mr Weasley, j'ai déjà hâte d'avertir le ministère.

- Au début, je remontais le temps avant chaque stupide fête où je la perdais, qu'importe la façon dont je m'y prenais, la fois suivante, elle finissait dans vos bras. Quand j'ai échoué une fois de plus au nouvel an, j'ai préféré remonter le temps avant qu'elle y assiste pour la première fois, celle d'Halloween. Et puisque ces absurdes soirées semblaient êtres les déclencheurs de vos rencontres, il m'a fallu trouver une excuse pour nous éviter d'y participer, jusqu'à celle-ci, ou j'ai lamentablement échoué, une fois encore.

- Monsieur Weasley, n'avez-vous vraiment rien ingurgité dans votre cervelle de Verascrasse de ces six années et demie à Poudlard ? Ne vous a-t-on jamais appris qu'un retourneur de temps ne change jamais le destin d'une chose ou d'une personne, tout ce qui doit arriver, arrive, qu'importe la façon dont on refait le passé ! Ajoutez à cela qu'en mettant en contact vos, "vous-même", puisque je suppose qu'il en a été ainsi, pour changer autant le cours des événements, vous avez presque mis votre existence en péril… Vous devriez le savoir pourtant qu'il ne faut pas, en tant que mari de celle qui l'utilisait pour suivre deux cours différents en même temps.

- Comme si mon existence vous importait, sale batard des cachots. Marmonna le rouquin dans sa moustache.

- Ho que si elle m'importe maintenant que vous êtes lié à celle qui sera mienne. Sachez, espèce de cornichon dépourvu d'un quelconque tissu neuronale que rompre un contrat de mariage avec une entité qui n'existe plus est tout bonnement impossible, je préférerais encore vous abattre d'un « Avada Quedavra » pour au moins la faire veuve avant de lui demander sa main, malheureusement cette solution est d'autant plus inenvisageable aux vues de mes trois années et demie de labeur à me faire innocent.

Hermione, totalement secouée par la manigance de Ron, n'avait pas plus attendu pour avertir les Aurors compétents à ce genre d'affaires et ils n'avaient pas manqué de temps non plus pour transplaner ici même avant d'embarquer avec eux un Ron plein de fureur et l'artefact interdit. Elle n'avait aucun remords, voilà des mois qu'elle se fustigeait de ne pas être une femme aimante et à la hauteur de son mari alors qu'en fait il s'était joué d'elle, manipulant son destin, quitte à sacrifier son bonheur pour le sien.

La soirée, fort heureusement, n'en avait pas empathie et tous avaient repris le court de la soirée, buvant et riant à outrance jusqu'à l'indécence, exactement comme cette caste des sorciers appréciait festoyer et aux grands bonheurs des hôtes et de la presse.

Cela dit… Deux d'entre eux s'étaient éclipsés, préférant s'isoler en amoureux à l'impasse du Tisseur, car en cette soirée de l'amour, le plus sombre des Valentins avait enfin retrouvé sa Valentine. Aucune manigance du temps ne pourrait entacher leur relation, il en était certain… Car elle resterait sienne pour toujours et à jamais.

Et parce qu'une histoire d'amour ne finit pas toujours bien, sachez que le lendemain matin, le plus roux des valentins reçus de la main d'un geôlier un parchemin de divorce.

Fin …

...ou à suivre, qui sait ce que réserve la prochaine soirée de la Malfoy&Co


Média Juste For Fun: The Weeknd "Save your Tears"... à écouter pour une ambiance sympa !

J'éspère que cette suite, qui n'en est pas vraiment une, vous a plu ? ... Après Chasse aux Loups, j'ai été sollicitée pour en faire une suite, mais, mais ... j'avais écrit cet OS sans perspective de projeteter l'écrit plus loin. Et puis, un soir, j'ai eu cette idée folle du retourneur de temps, je tenais ma suite, quelque chose d'inattendu qui reprend les grandes lignes de Chasse aux Loups et surtout... surtout qui ne rentre pas dans le cliché " ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants". Hâte de lire vos retours :D