- Levy je t'en prie calme toi. Essayait de réconforter sa petite amie Gadjeel maladroitement.
- Comment veux-tu que je me calme ? Lucy s'est fait enlever par un dragon et va être obligé de l'épouser. Hurlait Levy, ses yeux dégoulinant de larmes.
Désespéré on regardait tous la scène d'un air triste. Si tout le monde était scandalisé d'apprendre que Lucy allait se marier avec le Dieu des dragons de feu, Levy était surement celle qui le montrait le plus. Une histoire d'hormone soi-disant. Personnellement je m'en fichais un peu de cette histoire de femme enceinte. Non pas que voir une amie dans cet état ne me préoccupait pas mais j'étais bien trop en colère et abattu pour en faire une priorité.
Une fois Sélène vaincu par Ignia on avait décidé de la remettre aux prêtresses blanches d'Elentir. Erza avait considéré qu'étant donné que c'était tout leur monde à eux qu'elle avait mis en péril, c'était à eux que leur revenait le choix de son sort. Finalement Sélène fut donc privé de ses pouvoirs et envoyer dans un autre monde où elle ne pourrait plus jamais nuire à personne. C'était selon les prêtresses blanches un sort encore pire que la mort pour un être aussi vil que Sélène. De mon côté toute cette histoire ne me concernait plus. Je n'y trouvais plus aucun intérêt depuis que j'avais vu Lucy s'enfuir avec ce que les autres appelaient mon frère.
Je revoyais sans cesse en boucle la scène de lui l'embrassant à pleine bouche. Cette image me répugnait et me donnait envie de vomir. De quel droit osait-il la toucher me demandais-je. Avant de rappeler encore et toujours ce que Lucy m'avait dit. « Je mérite un vrai dragon » voilà ce qu'elle disait. Voilà la raison pour laquelle elle me fuyait depuis ces derniers temps, parce qu'elle me détestait désormais, parce qu'elle considérait qu'elle méritait mieux que moi comme coéquipier alors qu'on était ensemble depuis des années. J'aurais dû la haïr pour m'avoir parler ainsi, pour s'être jouer de moi mais non. J'étais juste déçu, triste et en colère contre moi-même et Ignia. En colère de n'avoir rien vu, de ne pas avoir insister plus pour savoir ce qu'il n'allait pas, de ne pas savoir pourquoi elle m'en voulait autant. En colère de savoir que cet enfoiré pouvait la toucher à sa guise.
Bien évidemment quand on revient enfin sur Erthland ont dû annoncer la nouvelle à la guilde. On n'avait pas le choix, suite à notre disparition soudaine ils étaient restés là attendant notre retour. Et quel ne fut pas le choc pour eux quand on leur apprit que Lucy partait se marier avec un dragon pouvant prendre forme humaine et qui était en plus de cela le fils biologique d'Ignir. Depuis tout le monde tirait une tête de trois pieds de long et Levy pleurait tout son soul dans les bras de son amant. Mirajane et Lisanna retenant elle aussi tant bien que mal leurs larmes. Les voir ainsi ravivait encore plus en moi toute ma rage.
- Elle n'a pas été vraiment enlevé Levy vu qu'elle est partis de son propre chef avec lui. Lançais-je sombre, jetant encore plus un froid dans la salle.
- Natsu… Commençait Erza.
- Quoi ? Ne me dis pas que ce n'est pas vrai tu étais là ! Tu l'as vu aussi bien que moi. Elle l'a appelé à l'aide et après ça elle s'est envolée avec lui tout en oubliant pas de me dire à quel point je la répugnais et qu'elle méritait un vrai dragon. Criais-je, l'âme beaucoup trop meurtris pour une raison que j'ignorais.
- Natsu la colère t'aveugle totalement. Affirmait Mirajane.
- Comment ça ? Ne compris-je pas.
- Ton frère… Ce dragon. Se reprit-elle en voyant mon regard noir avant de poursuivre. Il a surement réussi à lui faire passer un marché de force d'une quelconque façon que ce soit. Je ne sais pas comment il s'y est pris mais je suis sûr d'après ce que vous nous avez raconté il vous ait venu en aide quand la situation devenait critique pour vous. Ce n'est pas un hasard. Il devait surement savoir que vous alliez vous retrouver dans une impasse et que Lucy devrait faire appel à lui en échange d'un service.
- Ça parait logique d'autant plus que je me rappel très bien que Lucy était sortie toute seule à un moment donné dehors et quand elle est revenue elle n'était plus pareille. Elle semblait toujours sur ses gardes, la tête ailleurs. Réfléchis Erza.
- Maintenant que tu le dis tu as raison Erza, Lucy était devenue bizarre sur la fin de la mission. Surement l'a-t-il menacé et obligé à se taire. La suivait Wendy.
- Ça n'explique toujours pas pourquoi elle m'a dit toutes ces choses. Grognais-je.
- Parce qu'elle te connait stupide tête à flamme. S'énervait Grey.
- Quel est le rapport caleçon-man ? Me chauffais-je.
- Justement il est là le rapport cerveau cramé. Tes flammes t'ont grillé tes derniers neurones ou quoi ? Lucy est ta coéquipière depuis son arrivée à la guilde, la seule capable de te supporter H24 sans péter un plomb. Elle te connait surement mieux que personne, hormis Happy. Elle sait à quel point tu peux être impulsif et surtout ne rien lâcher. Or vu l'état dans lequel on était tous, engager un combat contre Ignia aurait été du suicide même pour toi, elle a donc dit ce qu'il fallait pour que tu n'interviennes pas. Elle savait exactement quoi dire pour t'atteindre et te forcer à rester sur place. Force est de constater que ça a très bien marché parce que tu rumines encore sans rien comprendre.
Les paroles de Grey me faisaient l'effet d'une douche froide. Comment avais-je pu être aveugle à ce point ? Il avait raison, sur toute la ligne. Tout du moins je voulais y croire car si ce n'était pas vrai alors ça voudrait dire que Lucy me détestait réellement et acceptait de se donner à ce dragon sans aucun remord. Rien que de l'imaginer je voulais tout brûler. Jamais je ne le supporterais. Dépité et encore plus en colère et peiné contre moi-même, je décidais de ne pas répondre pour une fois et de sortir de l'auberge où nous étions afin de prendre l'air. J'avais besoin d'espace pour réfléchir. Malheureusement Lisanna ne me semblait pas de cet avis et me poursuivis.
- Natsu attend ! Où est ce que tu vas ? Criait-elle.
- N'importe où mais loin de cette ambiance pesante ? Répondis-je.
- Tu ne vas pas aller chercher ton frère tout seul rassure moi ? S'inquiétait-elle.
Surpris, qu'elle pensait à ça, je me retournais la dévisageant plongeant mes orbes onyx dans les siennes bleues ciels. Il est vrai que c'est ce que j'aurais fait en temps normal, mais étrangement je n'en avais pas la force. Je me sentais tellement nul de ne pas avoir vu clair dans le jeu de Lucy, de ne pas avoir vu ses inquiétudes. Lucy avait raison elle méritait cent fois mieux que moi. J'étais le pire de tous les coéquipiers.
- Je ne serais même pas par où commencer les recherches. Dis-je en m'asseyant sur le banc le plus proche.
- Ça ne suffirait pas à t'arrêter en temps normal. Qu'est ce qui te tracasse réellement ? Demandait-elle, me connaissant trop bien pour savoir qu'il y avait anguille sous roche.
- Je suis le pire Lisanna… Je ne mérite tellement pas d'être son coéquipier. Je n'ai rien vu. Rien ! Et le pire c'est que j'étais trop occupé à me morfondre sur ce qu'elle m'avait dit pour voir qu'elle était toujours en danger. Me lamentais-je.
- Ne dit pas ça Natsu. Tu oublis que Lucy vient d'un milieu social où il faut savoir faire semblant…
- Ce n'est pas une excuse Lisanna. J'aurais dû le voir. Moi qui m'étais promis de ne plus jamais l'abandonner, de la laisser après notre séparation d'un an j'ai failli. Exprimais-je, une boule dans la gorge.
- Tu ne l'abandonne pas Natsu car tu vas la retrouver. Tu vas la retrouver et tu lui diras tout ce que tu as sur le cœur quand tu la verras. Me sourit-elle.
- Tout ce que j'ai sur le cœur ? Ne saisis-je pas.
- Voyons Natsu tu n'as toujours pas compris ?
- Compris quoi ?
- Pourquoi ça te fait si mal les mots qu'elle t'a dit ? Pourquoi c'est elle que tu veux voir nue et toucher parmi toutes les filles de la guilde ? Pourquoi c'est auprès d'elle que tu veux dormir la nuit quitte à t'introduire par effraction dans son lit ? Pourquoi tu ne supportes pas que d'autre homme l'approche ? Pourquoi c'est la seule que tu refuses de combattre ? Réfléchis Natsu, je sais que tu as toujours eu du mal à définir les sentiments mais à ton avis pourquoi est-ce que Lucy et si spécial à tes yeux ? Me posait comme question Lisanna avant de s'enfuir me laissant seul avec mes interrogations.
Pourquoi est-ce que Lucy était aussi spécial à mes yeux ? Bah parce que c'était ma coéquipière, eu-je envie de répondre en premier lieu avant de me résigner. Non il y avait autre chose, quelque chose de plus avec elle qu'avec les autres. Car après tout Lucy était ma coéquipière au même titre que les autres membres de l'équipe mais elle avait une place particulière dans mon cœur comme Happy. Quoique c'était encore un sentiment différent de celui que j'éprouvais avec Happy. Rah pourquoi c'était si compliqué les sentiments ? Lucy était mon amie au même titre que tous les autres membres de la guilde. Pourtant je n'avais pas envie de voir nue les autres filles de la guilde et encore moins de les toucher. Je ne désirais pas sentir le contact de leur peau sur la mienne, je ne souhaitais pas dans mes rêves les plus étranges les embrasser ou pire encore les toucher au point de réveiller mon mini moi, m'obligeant à me soulager. Je ne voulais pas m'enivrer de leur parfum et surtout je m'en fichais de savoir qui pouvait bien faire quoi avec elles. Alors que Lucy… Rien que de revoir dans mon esprit la scène où elle embrasse cet abruti de Dieu dragon me donne des nausées et des envies de meurtres. Personne n'avait le droit de la toucher à part moi. Elle était à moi, à personne d'autre.
Et soudain je compris. En analysant pour la première fois toutes mes émotions vis-à-vis de Lucy par rapport aux autres femmes de la guilde sous l'impulsion de Lisanna, en repensant à comment Ignia l'avait touché avant de l'emmener. Et surtout en repensant à Grey et Juvia, Levy et Gadjeel je sus. Lucy était mon pouvoir de vivre comme l'était Juvia pour Grey.
L'ennui. C'est de loin ce qui caractérisé le mieux mon ressentis depuis mon retour sur Guiltina en compagnie d'Ignia. Immédiatement après notre retour sur Erthland on se mariait. Je n'avais même pas le temps de me remettre de mes émotions et de ma séparation avec mes amis, que je me retrouvais devant un autel en robe de marié et une bague au doigt. A peine réalisais-je ce qu'il venait de se produire que je fus conduite dans un immense château devant une grande porte en chêne que mon désormais mari s'empressait d'ouvrir avec impatiente. Tendue à l'extrême ce jour-là, priant pour que cette maudite porte s'ouvre, je vis Ignia s'émerveillait tel un enfant quand il aperçut enfin son trésor tant convoité. Des pièces d'or, des bijoux et d'autre objet de valeur à pertes de vue, il m'abandonnait immédiatement pour aller explorer cette pièce, me laissant enfin souffler. Heureusement le mariage n'avait pas besoin d'être consommé pour que le sort protégeant la mine d'or s'ouvre. Mon rêve étrange ne se réaliserait donc pas.
Depuis l'or, j'étais coincé dans ce château déambulant telle une âme en peine. Vêtu le plus souvent d'une simple chemise, faute d'avoir rarement mieux, je marchais pieds nues découvrant les lieux, espérant trouver de quoi m'occuper. Malheureusement ce château ressemblait plus à une forteresse remplie d'objet précieux qu'à une vraie demeure. Il n'y avait ni bibliothèque, ni salle de jeux. Rien, nada que dalle. Et ce n'était pas mon mari qui allait me tenir compagnie, d'un parce qu'il passait tout son temps soit dehors, soit à fouiller son butin et de deux parce qu'il n'était pas la personne la plus agréable du monde. Les rares fois où on s'adressait la parole s'était pour se disputer. Ignia était un Dieu dragon, ce qu'il voulait, il l'obtenait. Il n'était pas habitué à ce qu'on lui résiste et quand cela arrivait il usait de manœuvre pour parvenir à ses fins, comme il l'avait fait avec moi. Sadique, rusé, vil il était loin de l'image parfaite qu'on se faisait du gendre idéal.
Néanmoins malgré tous ses défauts il semblait posséder des bons côtés. Enfin ça c'est ce que je me disais pour me rassurer et éviter de mourir de peur dès qu'il élevait la voix et s'enflammer littéralement quand il était contrarié. Ce genre de moment arrivait le plus souvent quand un des domestiques qu'il avait « engagé » pour s'occuper de moi et me surveiller quand il n'était pas là faisaient mal quelque chose selon ses dire. Autrement dit souvent, vu qu'Ignia avait des idées très précises de comment il fallait il me surveiller et punir en cas d'échec. Je me souvenais encore du jour où il avait failli balancer par la plus haute tour du château l'homme chargeait de me surveille quand je tentais de m'enfuir lors de mes premiers jours ici. J'avais voulu profiter de son absence pour m'enfuir, échappant à la surveillance de mes chaperons. Je tentais de passer par l'une des différentes trappes secrètes repéraient lors de mes premiers jours avant de me faire rapidement rattraper par Ignia qui ne sut je ne sais comment que j'étais entrain de m'enfuir. Suite à cela il avait chopé l'homme chargé de me surveiller, le tenant au-dessus du vide lui disant qu'il allait payer pour sa négligence. La culpabilité et la peur me tordant les entrailles je l'avais supplié de l'épargner en échange de quoi je ne tenterais plus jamais de m'enfuir.
Et il avait encore une fois gagné. Il savait exactement quel genre de femme j'étais, quel genre de caractère j'avais et que jamais je ne me serais pardonner le fait d'être responsable de la mort de quelqu'un. Après cette aventure, il continuait à jouer avec moi, m'enlevant petit à petit toute envie de me battre. Il me privait de mes habits, ne me laissant que des culottes et chemises, t-shirt pour me couvrir arguant que je ne pourrais ainsi rien cacher dans mes vêtements, ma seule et unique tentative de fuite s'étant réalisé en grande partie grâce à la carte du château que j'avais faite avec les horaires des passages de ses hommes de mains caché dans une veste. Il prit également mes chaussures pour que si jamais l'envie me reprenait de m'enfuir, je ne puise courir bien longtemps sans me blesser. Il ne m'apportait rien pour que je puise prendre soin de moi et mes cheveux auparavant resplendissants ressemblaient désormais à de la paille. J'avais beaucoup maigri aussi malgré qu'il prenait soin de me nourrir, ce n'était pas suffisant. Je mangeais rarement à ma faim et mon estomac se tordait souvent sous le poids de la famine. Je remarquais quand tant que dragon Ignia pouvait passer plusieurs jours sans manger et il ne devait absolument pas savoir de combien un humain avait besoin de calorie par jour pour être en forme. La plupart du temps il me ramenait à peine de quoi satisfaire ma dent creuse.
La fatigue et la faim me mettant les nerfs à vif je finis avec le temps par lui répondre. Bien qu'il me faisait toujours peur dans le fond, je me mis à me disputer avec lui les rares fois où on se croisait. Nombre de fois lors de ces disputes j'ai cru qu'il allait me tuer, mais il avait besoin de moi pour pouvoir continuer à accéder à la salle du trésor. Et il avait également besoin de moi pour faire pression sur mes amis le jour où ils allaient se pointer pour le combattre. J'étais son arme de dissuasion ultime, sa botte secrète. Quand je disais que c'était un sadique. Pourtant parfois à de rares occasions il lui arrivait de se montrer sympathique. Il m'apportait un livre pour m'occuper, il me laissait fouiller la salle du trésor voir si je trouvais quelque chose qui me plaisait. Une fois il me laissait même l'accompagnait dehors.
A vrai dire plus le temps passé, plus j'avais du mal à le cerner. Je me disais régulièrement que ses excès de sympathie faisaient partie de sa ruse pour me maintenir calme, mais il n'avait pas besoin de ça pour m'empêcher de m'enfuir, il l'avait bien vu dès le départ. Alors pourquoi se comportait-il comme cela ? Peut-être était-il plus doux qu'il ne s'en donnait l'air. Ou peut-être voulait-il juste que j'abandonne totalement ma garde face à lui pour pouvoir faire encore plus de moi sa chose ? Après tout il me charriait encore régulièrement sur le fait qu'il pourrait me montrer ce qu'était un vrai dragon. Pour autant jamais il ne tentait réellement quoique ce soit, hormis se coller à moi en me susurrant cette phrase à l'oreille. A mon avis il faisait plus ça pour me mettre mal à l'aise qu'autre chose. Je doutais fortement qu'il soit en réalité attiré par moi aussi séduisante soit sa forme humaine il n'en restait pas moins un dragon. Et si je trouvais déjà que les dragons salyers possédaient des comportements étranges issu de leur côté dragonnique ce n'était rien comparé à un vrai dragon.
Dans tous les cas je restais sur mes gardes, essayant de garder tant bien que mal le moral. Si seulement j'avais au moins mes clés sur moi, j'aurais pu me défendre ou même demander à Horlogium de m'emmener dans le monde des esprits pour me sortir de là, ainsi que tous ses soi-disant employés qui s'apparentaient plus à des esclaves. Malheureusement je n'avais pas mes clés et contrairement à Elentir où je pouvais invoquer mes esprits et revêtir mes star-dress sans elles ce n'était pas le cas sur Erthland. J'étais donc condamné à errer dans cette maudite demeure, attendant soit la mort, soit qu'Ignia se lasse un jour de moi. Vu la durée de vie des dragon j'étais persuadée que je serais morte avant que mon mari se lasse de ma présence. En effet les dragons semblaient avoir une drôle de perception du temps, tout semblait aller beaucoup moins vite pour eux.
Ou alors je pouvais attendre que mes amis rappliquent et espérer qu'ils arrivent à le vaincre. Néanmoins je me sentais minable d'espérer cela. J'étais encore une fois celle qu'il fallait sauver, celle qui n'était pas capable de se débrouiller toute seule et se retrouver à devoir compter sur les autres. Et quels autres ? Sérieusement je ne pouvais pas espérer que mes amis veuillent me sauver, pas après ce que je leur avais dit sur Elentir. Pas après avoir brisé le cœur de Natsu. Je revoyais encore son regard meurtris face à mes mots et cela me faisait tellement mal. Je ne savais pas exactement à quel point mes mots avait pu l'affecter mais je m'en voulais tellement de l'avoir blessé. Bien que j'aie souvent eu la rage envers lui parce qu'il ne comprenait pas mes sentiments, parce qu'il me considérait comme une simple amie, je ne pouvais rester fâché longtemps contre lui. Et même quand je lui en voulais je refusais de lui faire du mal, car même s'il ne ressentait pas la même chose que moi, ça restait mon coéquipier, l'une des personnes les plus importantes de ma vie. Ça serait à moi d'avancer et de l'oublier le jour où je sortirais d'ici. A supposer que je sorte un jour.
En attendant j'arpentais la forteresse, faisait fit de la fraicheur du sol sous mes pieds. Marchant sans réel but, espérant trouver de quoi m'occuper, j'aperçus Ignia au loin se baladant une pomme à la main. Soudain il se retournait vers moi, me tendant le fruit, m'offrant un drôle de sourire.
- C'est pour moi ? Demandais-je suspicieuse.
- A ton avis ? Me répondit-il agacé.
- Merci. Dis-je sèchement en prenant le fruit.
- Arrête de faire cette tête de six pieds de long c'est déprimant princesse.
- Relâche-moi et j'arrêterai. Le déviais-je.
- Ahaha même pas en rêve ! Tu es ma femme je te rappel, tu l'as accepté peu importe tes raisons, tu m'appartiens désormais. Se vantait-il toujours aussi fier de son coup.
- Je ne suis pas un objet. Me défendis-je.
- Peut-être mais tu es un excellent moyen de pousser Natsu dans ses retranchements. Rit-il mauvais.
- Qui te dis qu'il viendra ?
- Oh il le fera pour toi. Sourit-il mauvais. Il voudra savoir si tu disais vrai et là je pourrais le détruire.
- Tu le sous-estime. Grondais-je.
- Ohoh princesse non c'est toi qui le sous-estimes ou plutôt devrais-je dire que tu sous-estime à quel point tu es une arme puissante contre lui. Me caressait-il la joue avant de s'enfuir.
- J'avais raison les rares instants de bonté que tu as ne serves qu'à me manipuler encore plus. Affirmais-je en colère.
- Hum… Pas vraiment. Disons que si ça pouvait te soumettre totalement ça serait bien mais croit le ou non il n'y aucune mauvaises intentions derrière. Tu es ma femme il est de mon devoir de rendre ton séjour un peu moins ennuyeux. Et puis je t'apprécie dans une certaine mesure. Dit-il sans se retourner, s'en allant je ne sais où encore.
Décidemment il restait incompréhensible. Quand je pensais qu'il me rendait dingue après quoi un mois ici environ ? J'allais devenir folle avant la fin de l'année. Je continuais donc ma marche sans but dans ma demeure en attaquant la pomme qu'il m'avait si gentiment offerte. Si au départ j'avais tendance à refuser ses « cadeaux » j'appris à les apprécier avec le temps. De toute façon quand on était prisonnière on finissait par se satisfaire de peu et apprécier les plus petites offrandes. Et puis je mourrais de faim. Sérieusement combien de fois j'allais devoir lui dire que j'avais besoin de manger plus pour survivre ?
Soudain une violente explosion se fit entendre du côté est du bâtiment. Alarmé par le vacarme, je lâchais ma pomme me demandant ce qu'il pouvait bien se passer. D'abord hésitante à aller voir, croyant à une énième colère d'Ignia, je finis par me diriger vers la source du bruit en courant, ma curiosité prenant le dessus. Dévalant les escaliers de l'aile ouest je courrais à toute vitesse de l'autre coté du château faisant fit de la douleur de la pierre sous mes pieds. Néanmoins alors que je me rapprochais du point d'impact, je fus arrêtée dans ma course par un des serviteurs d'Ignia qui me rentrait dedans par mégarde. Il s'agissait d'un mage de ronce peu puissant en soi mais avec une très grande capacité de retardement et de capture grâce à ses ronces pouvant se rependre sur des kilomètres à la ronde.
Le pauvre homme tremblait de peur, murmurant dans sa barbe qu'il allait se faire tuer par le Dieu des dragons de feu s'il ne faisait rien pour arrêter se massacre. Ne comprenant pas où il voulait en venir j'essayais de le sortir de sa crise de panique en le secouant légèrement mais ça ne le fit que paniquer encore plus en réalisant ma présence.
- Mademoiselle Lucy que faite vous ici ? Hurlait-il blanc comme un linge.
- Je suis venu voir ce qu'il se passait Eric. Dis-je.
- Oh non non vous ne devez pas rester ici mademoiselle. Je vous en conjure aller vous mettre à l'abri. Si jamais monsieur Ignia voit ça il va me tuer, je ne veux pas mourir. S'écriait-il avant de libérer toute sa magie et de crée un véritable mur de ronce, me piégeant dedans.
- Eric je t'en supplies calme toi. Dis-moi ce qu'il se passe ! Hurlais-je, essayant de résister à ses épines qui m'étouffaient au fur et à mesure qu'elles grandissaient.
Mais il n'y avait rien à faire, le pauvre homme paniquait ne réagissait plus à mes paroles. Ses yeux violets révulsés par la peur, sa tête entre ses mains, son corps tremblant il devenait sourd à tout son environnement. Bon dieu pourquoi était-il si terrifié par ce qu'allait lui faire Ignia ? Ce n'était pas lui qui venait de provoquer l'explosion ? Rah je n'avais pas le temps de penser à cela, il fallait que je sorte de ses plantes. Me débattant comme un diable, j'essayais de toute mes forces de me défaire de ses lianes piquantes, malheureusement je n'avais plus assez de force pour me battre comme il faut. Désespérer je tentais d'invoquer ma star-dress du Cancer mais il n'y avait rien à faire j'étais trop faible pour forcer une porte. Le manque de nourriture m'empêchait d'avoir suffisamment de force pour me défendre et soudain je réalise que c'était surement une idée intentionnelle de la part d'Ignia. Il m'avait restreinte volontairement pour m'empêcher d'utiliser mes pouvoirs. Le salop et moi qui pensait qu'il oubliait réellement de ramener plus de provision… J'aurais dû m'en douter c'était un enfoiré de Dieu dragon, il pensait vraiment à tout.
Suffocante, je hurlais, me débattais espérant soit me sortir de là par miracle, soit qu'Eric revienne enfin à la réalité. Cependant aucun de ces deux scénarios se produisis et je finis par être totalement englouti par les ronces. Leurs épines me rentraient dans la peau de toute part, me faisant un mal de chien mais ce n'était pas le pire. Non le pire c'est que j'étouffais sous leur masse et très vite je manquais d'oxygène. Je finis par cesser de me débattre, le cerveau embrumé je perdais peu à peu conscience et la seule chose à laquelle je pensais avant de perdre connaissance fut que je n'aurais jamais l'occasion de demander pardon à Natsu.
