Pister la trace de ce géant rouge nous prit un temps fou. Jamais je n'aurais cru que chercher un dragon aussi gros qu'une montagne serait aussi compliqué, surtout qu'Ignia n'était pas réputé pour se cacher contrairement à Belserion. On mit un mois après notre retour d'Elentir à le retrouver. Un mois de trop où Lucy était coincée avec ce type qui devait lui faire subir je ne sais quoi. La patience n'avait jamais été mon fort mais c'était encore pire quand cela concernait la sécurité de l'un de mes amis. D'autant plus quand l'amie en question était Lucy. Depuis que je prenais conscience de mes sentiments pour elle je n'espérais qu'une chose la retrouver le plus vite possible et lui avouer tout ce que je ressentais. D'après ce que Cana m'avait dit, Lucy m'aimait depuis un moment j'avais donc toutes mes chances. Enfin… Elle avait aussi dit qu'elle en avait marre d'espérer pour rien et que si je ne me bougeais pas, elle allait passer à autre chose, peut-être même avec mon frère. Mais il en était hors de question, jamais ne je laisserai Lucy s'en aller loin de moi, on avait vécu trop de chose ensemble tous les deux pour vivre séparés. Et puis elle ne pouvait pas craquer pour un dragon qui l'avait enlevé ça n'avait aucun sens. Tout du moins je l'espérais…
Perdu dans mes pensées, je ne reviens à la réalité que quand Happy me demandait pour la millième fois si on allait réussir à récupérer Lucy. Ce à quoi je lui répondis oui. Le pauvre, je savais à quel point Lucy comptait pour lui, même s'il passait la majorité de son temps à l'embêter elle était devenue comme une seconde mère à ses yeux. Même si tout le monde s'inquiétait pour Lucy, il était surement celui qui le montrait le plus. Je le pris donc contre moi, essayant de le rassurer du mieux que je pouvais.
Ça faisait des jours qu'on tournait dans le coin, espérant repérer la demeure où vivait apparemment Ignia depuis quelques temps. Une sorte de forteresse caché parmi les arbres, réputé pour abriter un gigantesque trésor. Mais on avait que faire du trésor, nous tout ce qu'on voulait c'était récupérer notre amie. Malheureusement l'endroit était surement protégé par des sorts et seul Wendy pouvait nous aider à trouver l'emplacement précis. La pauvre suait à grosse goûte à cause de l'énorme quantité de magie que cela lui demandait, pour autant elle ne cessait pas ses efforts.
Soudain, elle se figeait avant d'arborer un grand sourire victorieux nous disant qu'elle avait trouvé. Fou de joie on se précipitait tous vers elle et on franchit ensemble la barrière magique. Et là sous nos yeux ébahis se dressait un immense château. Composé de quatre tours, exposé chacune dans le sens d'un des pôles, la bâtisse était majestueuse. Faite entièrement de pierre grise, de petites fenêtres cassées par endroit le lieu semblait abandonné. A vrai dire si Wendy et moi ne sentions pas clairement l'odeur de Lucy et d'autre personne présente on aurait pu croire que le domaine était abandonné, le terrain étant également en friche.
- Bon on y va ? Demandais-je impatient de retrouver ma Luce.
- Natsu attend on ne peut pas foncer dans le tas comme cela. Imagine il y a d'autre personne avec, voir pire il y a ton frère. Me sermonnait Erza, m'arrachant un grognement.
- Erza à raison surtout qu'il y a bien d'autre personne, je dirais au moins quatre. Dit Wendy.
- L'un d'entre eux est Ignia. Affirmais-je.
- Quoi ? Tu es sûr de toi la Salamandre ? Me demandait Grey.
- Ouai… Je reconnaitrais son odeur entre mille. Grondais-je.
- Raison de plus pour pas intervenir n'importe comment. Ecoute Natsu je sais que tu lui en veux particulièrement que ce soit pour Lucy ou Ignir mais ce n'est pas le moment de régler vos affaires personnelles, imagine que Lucy soit prise entre vous deux et soit blessée ? Avançait Erza.
Le pire ? Je savais qu'elle avait raison. Ignia semblait rusé et sadique, il n'hésiterait pas une seule seconde à s'en prendre à elle pour m'atteindre j'en étais persuadé. Après tout il m'avait prévenu, il était prêt à tout pour m'affronter au sommet de ma puissance, quitte à blesser mes amis. Et avec Lucy il avait bien choisi sa cible cet enfoire, c'était à croire qu'il avait compris avant moi ce qu'elle représentait réellement à mes yeux.
On réfléchissait donc à un moyen de rentrer et de récupérer Lucy sans se faire repérer. Enfin mon équipe pensait à cela. Moi j'étais bien trop concentré sur l'odeur de Lucy et d'Ignia cote à cote pour m'intéresser à autre chose. Qu'est-ce qu'ils foutaient aussi proche l'un de l'autre ? J'espérais sincèrement qu'il ne lui faisait rien de mal sinon s'en était fini de lui. Les poings serrés, les dents grinçantes, je me retenais tant bien que mal de débarquer en plein milieu. Mais ma patiente avait des limites et alors que j'allais m'élancer ne supportant plus de les sentir aussi proche l'un de l'autre, l'odeur d'Ignia s'éloignait d'elle avant que je ne le voie apparaitre à l'une des fenêtres. Ni une, ni deux, je me baissais emportant mes amis avec moi. Surpris par mon comportement ils allaient répliquer avant que je ne leur ordonne de se taire, comprenant que quelque chose clochait ils tournaient le regard vers le château. En voyant Ignia au bord de la fenêtre scrutant l'horizon, le nez en l'air clairement entrain de nous sentir, je grognais d'amertume. Forcément si nous on pouvait les sentir alors lui aussi. Maudit dragon. Heureusement Wendy pu créer un sort nous cachant de sa vue et de son odorat.
D'abord hésitant, il finit par se transformer reprenant sa véritable forme avant de s'enfuir dans les airs. Aussi tôt fut-il assez loin selon moi, je fonçais en direction du château mes amis sur mes talons me hurlant de m'arrêter.
- Faut agir maintenant. Il sait qu'on est là, si ça se trouve il le sait depuis déjà un moment et nous observe tourner en rond tel des idiots autour de son champ de force. On n'aura pas d'autre occasion d'agir que pendant son absence. Hurlais-je.
Face à mes déductions et ma détermination à défoncer cette maudite barraque, ils n'eurent d'autre choix que de me suivre. Je fonçais donc tête baissée, détruisant une grande partie du mur se trouvant en face de moi, forçant le passage. Je me retrouvais donc en compagnie des autres qui me rejoignait dans une immense salle faite de pierre du sol au plafond. Pistant Lucy grâce à mon flair je me dirigeais dans sa direction avant de brutalement me faire arrêter par trois mages. Ceux-ci paraissaient peu puissant par rapport à nous et ils semblaient le pressentir aussi. Pour autant ils n'étaient pas prêts à abandonner. L'un d'entre eux, le chef surement, envoyant un mec avec des cheveux verts vers Lucy, lui ordonnant d'aller la mettre à l'abris avant de se jeter sur nous, me mettant dans une rage noire. Hors de question que vous nous enleviez Lucy.
Comme prévu le combat se finit rapidement et on put partir à la poursuite de l'homme aux cheveux verts. Mais alors qu'on allait franchir la porte l'un d'entre eux nous suppliait de partir.
- Je vous en supplie allez-vous en. Je ne sais pas qui vous êtes ou ce que vous voulez mais je vous en conjure partez. Si jamais vous volez une partie du trésor du Dieu dragon de feu ou même pire sa femme il nous tuera. Suppliait le pauvre homme pleurant tout son soul.
- Il vous tuera ? Relevais-je.
- Oui… Vous ne savez pas de quoi il est capable quand il est contrarié. La dernière fois qu'un mage l'a déçu dans la surveillance de sa femme, il a failli le balancer du haut d'une des tours. Il ne l'a pas fait uniquement parce que son épouse s'est interposée et a promis de ne plus jamais lui désobéir. Mais il l'a renvoyé chez lui salement amoché. Nous informait-il.
- L'enfoiré. Grognais-je.
Comment osait-il traiter ses employés comme cela ? Comment osait-il traiter Lucy ainsi ? Quelle autre chose avait-il bien pu leur faire subir à elle ou ses employés. Fou de colère, je fonçais vers Lucy, pendant qu'Erza ordonnait à Happy et Carla d'emmener ses hommes loin d'ici afin de les mettre en sécurité. Et alors qu'on fonçait en direction de Lucy, on se fit interrompre encore une fois par une espèce de barrière faite de ronce. Contrarié j'allais mettre le feu à tout ça, avant que je n'entende la voix de Lucy suppliant le mage à l'origine de cela de la relâcher. Cet enfoiré avait emprisonné Lucy dans ses plantes. Je ne pouvais donc pas me déchainer au risque de la blesser. Frustré, je poussais un hurlement digne d'un vrai dragon et entrepris de briser la barrière à coup de poing du dragon de feu, pendant que Erza et Grey m'aidaient en utilisant des épées. Mais plus on avançait, plus les ronces s'amoncelaient autour de nous, créant un barrage sans fin. Arrivé au bout de ma patiente, je poussais un puissant hurlement du dragon nous créant une brèche jusqu'à l'homme responsable de toute cette galère. Erza profitant de l'ouverture pour se jeter sur l'homme et l'assommer arrêtant enfin son pouvoir hors de contrôle.
Une fois que les ronces cessaient de pousser, je m'en débarrasser rapidement, cherchant Lucy du regard mais je ne la voyais pas. La panique commençait à monter à moi et je me mis à m'imaginer le pire quand Wendy nous appelait. Elle venait de la retrouver à moitié asphyxié sous les plantes du mage et elle s'employait à la soigner rapidement avec sa magie. Heureux de la retrouver enfin bien qu'inquiet de savoir à quel point ce type avait pu la blesser j'accourais vers elle mais Grey me stoppait dans ma course. Enervé par son comportement j'étais prêt à lui foutre mon poing dans la face pour oser s'interposer entre moi et elle mais son regard triste m'en empêchait.
- Mec… Tu devrais te préparer à ce que tu vas voir. Me dit-il.
Apeuré par son avertissement, je lançais un regard à Erza. La grande Titania fixait le corps de Lucy, la mâchoire serrer, les larmes aux yeux. Mon dieu que lui avait-il fait pour mettre Erza dans cet état ? Je m'approchais alors doucement, redoutant le moment où mes yeux se poseraient sur elle et je fus saisis d'effroi en la voyant enfin. Ce qui me choquait ce ne fut pas les nombreuses plaies causées par les ronces du mage que nous venions de vaincre et que Wendy était entrain de soigner. Non ce qui me choquait le plus ce fut sa maigreur atroce, ainsi que l'état de ses pieds. Autrefois pulpeuse sans jamais être grosse, contrairement à ce que Happy s'amusait à lui faire croire, Lucy avait perdu une partie de ses formes. Ses seins et ses fesses que j'aimais tant regarder autrefois avait fondu, son ventre mit à nu par les dégâts causés à sa chemise laissait entrevoir un corps frêle, laissant ses cotes apparentes en partie. Ses jambes autrefois fortes et galbées n'étaient plus que des allumettes prête à se briser. Ses pieds tant qu'à eux n'avait pas dû voir de chaussure depuis des semaines pour être aussi sales et abimés par le frottement contre la pierre brute du château.
Les larmes au bord des yeux, je la pris délicatement dans mes bras une fois les soins de Wendy terminaient. Passant une de mes mains sous sa tête, je remarquais à quel point ses cheveux autrefois si doux était devenu rêche et terne, avant ils auraient brillés comme le soleil, désormais on aurait dit de la paille. Mes yeux ne quittant pas ses joues creuses, je la blottissais contre moi, lui promettant à son oreille encore inconsciente de la venger, essayant de réchauffer son corps glacé au passage. La fureur me dévorait de l'intérieur et si on ne devait pas la mettre à l'abri en urgence avant qu'Ignia ne revienne, je serais resté là à l'attendre afin de lui faire comprendre ma façon de penser.
Mais on devait vite fuir, s'éloigner d'ici le plus rapidement possible et trouver refuge quelque part pour prendre soin de Lucy. La serrant fortement contre moi, je courrais en faisant bien attention à ne pas la blesser dans ma course. Attentif au moindre son avec Wendy on scrutait le retour d'Ignia mais étrangement il ne semblait pas avoir entendu tout le vacarme causé chez lui. Peut être était-il partis trop loin ? Dans tous les cas afin de nous protéger Wendy continuait de lancer ses enchantements de camouflage, malgré sa fatigue apparente. La pauvre, elle aurait surement besoin de beaucoup de repos après tout ça.
Rejoignant la voiture magique qu'on avait laissé en lisière du bois, où nous attendaient Happy et Carla on prit quelques secondes afin de reprendre notre souffle. Happy s'envolant vers moi, affolé de voir Lucy inconsciente dans mes bras.
- Natsu elle n'est pas… ? Commençait-il ses yeux s'embuant.
- Non Happy elle est vivante, juste mal en point. Crachais-je toujours furax de voir ma coéquipière dans cet état.
- Elle est si maigre… Pleurait-il en l'observant.
- Les gars faut qu'on se dépêche de partir d'ici, Wendy ne pourra pas tenir encore longtemps on doit trouver un endroit sûr où se cacher. Nous bousculait Erza en montant à la place conducteur.
- Natsu, donne la moi. Ordonnait Grey dans la précipitation, m'arrachant un grognement qui surpris tout le monde.
Je ne voulais pas. Bien ce que ce soit mon meilleur ami, je refusais de la lâcher. Je venais de la récupérer, il était hors de question qu'on me l'arrache à nouveau. Je devais prendre soin d'elle jusqu'à ce qu'elle récupère.
- Natsu, je sais ce que tu ressens crois moi. Mais on va prendre la voiture tu ne serras pas en état de t'occuper d'elle. Ne t'en fais pas j'en prendrais soin, oubli pas que c'est aussi notre ami. Me rassurait-il.
Je savais qu'il avait raison, pourtant je ne le voulais pas. Malgré tout j'acceptais de lui tendre Lucy, qu'il prit le plus délicatement contre lui, avant de se figer.
- Quoi qu'est ce qu'il y a Grey ? Demandais-je stressé.
- Elle… Elle est glacée, même moi qui suis un mage de glace j'arrive à sentir à quel point elle a froid. S'étonnait-il.
- C'est normal elle a failli mourir asphyxié, elle est très faible à cause du manque de nourriture et elle ne semblait vivre qu'avec ces simples habits. Le mieux c'est de l'enrouler dans ces couvertures pendant le trajet et ensuite quand on arrivera à destination Natsu se chargera de la réchauffer. Affirmait Wendy donnant déjà les prochaines directives à suivre comme un vrai médecin.
Grey emmitouflait donc Lucy avec plusieurs couvertures issues de nos paquetages personnels, avant de grimper dans la voiture. Le suivant Wendy et moi on prit une grande inspiration avant de s'effondrer vaincu par le mal des transports une fois Erza lancé à pleine vitesse. Cependant malgré mon malaise, je réussissais à garder un œil sur Lucy, grelottant malgré les couvertures à cause de la température corporel anormal basse de Grey. Maudit mage de glace, s'il ne semblait pas aussi inquiet et coupable de ne pas réussir à la réchauffer je me serais bien moqué de lui. Mais je savais que ce n'était ni le moment, ni le lieu pour le faire. Je prenais donc mon mal en patiente espérant qu'Erza trouverait vite un endroit assez loin où on pourrait se poser en sécurité.
Le trajet semblait durer des heures ce qui était surement le cas étant donné que la nuit tombait quand on s'arrêtait enfin. Erza avait roulé jusqu'à ne plus avoir aucune magie dans le corps et on se retrouvait désormais dans une petite ville de passage qui semblait habituée à accueillir des visiteurs. Apparemment c'était une route de randonnée très prisés des gens du coin et des refuges étaient disponibles à la location. Heureusement pour nous, quelqu'un d'entre eux demeuraient disponibles et on put s'installer rapidement dans un chalet en bois.
A peine arrivé, Grey s'empressait d'aller déposer Lucy dans une chambre, Erza d'aller chercher de quoi manger et soigner les éventuelles blessures légères que Wendy ne serait pas en état de soigner ce soir. Pendant que moi et Wendy on récupérait de notre mal des transports aussi vite que possible grâce à l'aide d'Happy et Carla. Décidemment plus le temps passé, plus on avait du mal à s'en remettre, c'était pitoyable.
Néanmoins dès qu'on fut sur pied on fonçait en direction de la chambre où Grey avait installé Lucy pour savoir comment elle allait. Wendy lui fit un rapide examen et heureusement malgré son état de maigreur avancé et le fait qu'elle semblait toujours frigorifiée sa vie n'était pas en danger. Ce diagnostique permit à tout le monde de souffler un bon coup. Wendy m'enjoignant à m'installer à ses cotés afin que je la réchauffe pendant que les autres s'occupaient de préparer le repas du soir. Cela dit, elle n'avait pas besoin de me le dire car c'est ce que je comptais faire dans tous les cas. J'avais été séparé d'elle depuis trop longtemps pour la laisser seule à nouveau. Je retirais donc mon haut et mon écharpe afin d'être plus à l'aise avant de me glisser sous les draps avec elle, l'enserrant de mes bras. La plaquant contre mon torse avec délicatesse de peur de la brisé face à sa soudaine fragilité. Je fourrais mon nez dans ses cheveux sales mais emprunt de son odeur malgré tout. Je ressentais le besoin impérieux de sentir son odeur, de me rassurer avec, de la sentir près de moi.
Mais alors que je prenais une grand bouffé d'air, une odeur parasite vient m'agresser les narines. Une odeur de soufre, de poussière et de sable se superposait légèrement sur l'odeur fruité et boisé de Lucy. Son odeur à lui. Comment son odeur pouvait-elle se retrouver sur Lucy ? Comment ? Lui avait-il fait des choses intimes ? Non. Si c'était le cas l'odeur serait plus forte, plus présente, là ça ressemblait plus à l'odeur diffuse qu'elle ramenait parfois chez elle après avoir passé la journée avec Levy à la bibliothèque et qui partait après une douche. Cela voulait donc dire qu'aussi désagréable soit son odeur sur elle, elle n'était que le signe de sa présence récurrente dans son lieu de vie, pas de relation intime. Tout du moins pas aujourd'hui. Toujours soucieux de savoir si oui ou non Ignia avait pu abuser d'elle, j'essayais malgré tout de reléguer tout au fond de ma tête ses interrogations, me disant que j'allais faire en sorte que ce soit désormais mon odeur qui recouvre celle de Lucy. Je la calais donc le plus possible contre moi, essayant de lui trouver une place qui serait confortable pour elle, avant de la sentir se blottir d'elle même contre moi, passant une de ses jambes entre les miennes, laissant échapper un soupir de bien être face à ma chaleur corporelle. Gêné par son comportement instinctif, je rougis avant de sourire tendrement et de m'endormir avec elle au creux de mes bras.
J'étais tellement bien là au chaud, sur ce matelas moelleux, je me sentais apaisée. La fatigue encore fortement présente dû à ma lutte contre les ronces d'Eric je souhaitais retourner dans les limbes mais je savais que la chaleur que je ressentais à l'heure actuelle, ainsi que le corps m'entourant fermement n'était pas normal. Jamais Ignia ne viendrait se coucher avec moi et encore moins me prendre dans ses bras. De plus ce n'était pas sa chaleur intimidante que je ressentais, mais une chaleur réconfortante, familière. J'avais une vague idée de à qui pouvait bien appartenir cette chaleur mais je me refusais d'y croire, c'était impossible et pourtant quand j'ouvrais enfin les yeux afin d'écarter mes doutes, ce furent bien des cheveux roses qui m'apparaissait une fois habitué à la faible luminosité de la pièce.
Alors c'était lui l'explosion ? Mes amis étaient venus me chercher comme l'avait prédit Ignia. La joie de le revoir malgré toute ma culpabilité prit le dessus sur toutes les autres émotions et je me mis à pleurer. A pleurer de bonheur de le revoir, de tristesse en repensant à tout ce que je lui avais dit et ne l'avait pourtant pas empêché de venir me chercher. Ne souhaitant pas le réveiller j'essayais de m'éloigner légèrement de lui, mais j'obtient l'effet inverse. En me sentant bouger, il émergeait lentement du sommeil, avant de se réveiller brutalement en m'entendant pleurer. Paniquer il me demandait ce qu'il n'allait pas, si j'avais mal quelque part. Incapable de lui répondre tellement des émotions contradictoires me submergeait, je finis par lui sauter dessus, le prenant dans mes bras.
- Je suis désolée. Tellement désolée. Je t'en supplie pardonne moi Natsu, je ne voulais pas… Je… Je suis tellement désolée. Répétais-je en boucle entre mes sanglots m'accrochant à lui comme si ma vie en dépendait, comme s'il allait s'enfuir au moindre battement de cil.
M'enveloppant de ses bras, se retournant sur le dos m'entrainant avec lui, il me repositionnait afin que je sois à moitié allongé sur lui ma tête au niveau de son cou pour me cacher dedans. Je n'hésitais pas une seule seconde à m'y caler afin de pouvoir pleurer à ne plus à en avoir de larme. J'en profitais également pour respirer son odeur de feu de bois et de pins qui avait le don de toujours me rassurer au même titre que sa chaleur corporelle. Caressant lentement mon dos de sa main droite, il remontait sa main gauche dans mes cheveux, émettant un faible grognement d'insatisfaction en sentant leur nouvelle texture. Ses gestes tendres suffisaient à me calmer et je cessais de pleurer au bout de quelques minutes.
- Je ne t'en veux pas Luce. Soufflait-il une fois mes pleurs calmaient.
- Comment peux-tu dire ça après tout ce que je t'ai dit ? M'écriais-je en relevant la tête vers lui. Je… Je t'ai blessé Natsu volontairement et pourtant tu es là avec moi, tu es venu me chercher je ne comprends pas. Tu devrais me haïr, ne plus vouloir de moi comme coéquipière…
- Tu m'as blessé c'est vrai. Me coupait-il. J'ai ruminé pendant un certain temps ce que tu m'avais dit. Et c'est vrai j'étais en colère et triste mais je sais que tu l'as fait pour me protéger. Tu as fait ce qu'il fallait pour que je n'intervienne pas, tu voulais nous sauver et tu l'as fait. C'est plutôt toi qui ne devrais plus vouloir de moi comme coéquipier. Je n'ai pas été capable de comprendre que tu allais mal, que tu cachais quelque chose et je n'ai pas non plus était capable de comprendre tout de suite que ce que tu avais fait et dit c'était pour nous sauver. S'exprimait-il amère.
Je n'en revenais pas, il me pardonnait. Il me pardonnait de l'avoir traité comme cela, pire il comprenait et s'en voulait pour de pas avoir vu qu'Ignia m'avait déjà prise au piège. Comment ne pouvais-je pas tomber amoureuse de cet homme ? Si je n'étais pas déjà amoureuse ou si j'avais réussi à l'oublier je serais retombée amoureuse de lui immédiatement. Comment ce grand enfant dans sa tête encore parfois pouvait-il se montrer si mature par moment ? Comment faisait-il pour faire chavirer mon cœur à chaque fois, alors même que je prenais la décision de l'oublier. Emu aux larmes je passais une de mes mains dans ses doux cheveux roses, le remerciant.
- Ne dit pas n'importe quoi Natsu, tu es le meilleur coéquipier que je pouvais espérer avoir en rentrant à Fairy Tail. Je suis tellement chanceuse de t'avoir. Avouais-je.
- C'est moi qui suis chanceux. Me renvoyait-il la balle ses yeux brillant de malice, avant de s'assombrir à nouveau. Pourquoi tu nous à rien dit pour Ignia ? Demandait-il sombre.
- J'ai essayé une fois de t'en parler. Je te jure, mais…
- Mais quoi ? S'impatientait-il.
- Je… Je ne pouvais pas. Je ne serais pas comment t'expliquer mais je le sentais, il était là, il me surveillait et j'étais persuadée que si je te disais tout il allait s'en prendre à toi ou n'importe qui d'autre de l'équipe. Tu n'as pas idée à quel point il peut faire peur. Avouais-je tremblante en repensant à certaines crises qu'il pouvait à voir. Etonnamment elles me semblaient plus violentes avec le recul.
- Tu veux bien me raconter ce qu'il s'est passé ? Hésitait-il en me voyant trembler.
Inquiet pour moi, il me caressait tendrement l'un de mes bras, espérant sans doute faire redescendre la pression. D'abord hésitante, je finis par me dire qu'il avait le droit de savoir, surtout que même s'il est vrai qu'une fois sortis de ce château Ignia me paraissait plus violent que quand je vivais sur place, il ne m'avait en soit rien fait de mal, il s'était même montré gentil parfois.
- Il… Il s'est présenté à moi un jour où j'étais sortis me baladait seule sur Elentir. C'est là qu'il m'a proposé ce drôle de marché, il nous venait en aide face à Sélène en échange j'acceptais de devenir sa femme pour lui permettre d'accéder à un trésor protéger par un sort qui exigeait que seuls des époux puise y accéder. Au début j'ai refusé bien évidemment. Mais quand j'ai vu qu'on ne s'en sortait pas face à Sélène je n'ai pas hésité une seule seconde, c'était notre seule chance de nous en sortir. A ce moment là je crois que j'étais tellement heureuse qu'on s'en sorte que j'étais ravie de le voir débarquer. La suite tu la connais.
- Et ta vie avec lui c'était comment ? Tentait Natsu, les nerfs visiblement à vifs.
- Ça, ça allait. Il n'est pas si horrible qu'il en à l'air. Tentais-je d'esquiver.
- Pas si horrible ? Lucy tu te rends compte de ce que tu dis ? Ce type menaçait ses employés, un des gars nous a raconté ce qu'il s'était passé quand tu avais tenté de t'enfuir. Alors ne va pas me faire croire qu'il ne t'a jamais menacé toi aussi ! Puis tu as vu comment il te traitait ? Comment il te laissait vivre ? S'emportait-il, la rage au ventre.
- C'est vrai qu'il s'est souvent montré violent mais il ne m'a jamais frappé, il lui arrivait même de se montrer sympathique avec moi. D'accord c'était surement pour mieux m'avoir par la suite, il est comme cela, c'est un enfoiré je l'admet. Mais même s'il ne me permettait pas d'avoir accès à tout le confort nécessaire je n'irais pas jusqu'à dire qu'il me traitait mal. Sinon il m'aurait surement déjà tué vu le nombre de fois où on s'est disputé.
- Est-ce que tu t'es vu Lucy ? Rageait Natsu.
- Hein ?
- Est-ce que tu t'es regardé dans une glace dernièrement ? Criait-il.
- Non il n'en avait pas au château. Criais-je à mon tour ne voyant pas où il voulait en venir.
Sans plus de mesure, Natsu se relevait violemment, m'éjectant de son corps par la même occasion, se dirigeant avec hargne vers la salle de bain attenante, y allumant la lumière avant de revenir rapidement vers moi et ne m'y porter de force. Ne comprenant pas où il voulait en venir je me débattais, jusqu'à ce qu'il me pose devant le grand miroir mural de la pièce. Et là ce fut le choc. Je savais que j'avais perdu du poids à force d'être sous-alimenté mais je ne pensais pas que c'était à ce point. Pourtant je voyais bien mon corps changeait au fil des jours mais jamais je ne réalisais que je me transformais en mort vivant. Comment avais-je pu ne pas le voir ?
- Je… Je… J'étais tellement sous le choc que je n'arrivais même pas à formuler une simple phrase.
- Lucy il t'a maltraité.
- Non… Okai d'accord Ignia est un être sadique, vil, calculateur. D'accord il m'a enlevé en grande partie pour satisfaire ses besoins personnels et avoir un moyen de pression sur toi. Oui il me nourrissait mal surement dans le but de m'affaiblir pour que je ne puisse pas m'enfuir, mais… Mais les dragons ne mangent pas tous les jours ça devait jouer dans le fait qu'il oubliait de me ramener à manger parfois. Mais parfois il me ramenait des livres quand il voyait que je m'ennuyais trop. Et… Je… Je… Bégayais-je na sachant plus quoi dire pour défendre l'indéfendable.
- Lucy, il s'est servi de toi. Peut importe les attentions qu'il a pu avoir pour toi c'était intéressé. Il voulait que tu deviennes son esclave. Il a vu qu'il ne t'aurait pas avec la manière forte alors il a essayait de t'amadouer. Je sais que tu es suffisamment intelligente pour t'en apercevoir Luce. Se rapprochait de moi Natsu, se plaçant à mes côtés.
- Je le sais… Je l'ai toujours su… Mais je ne sais pas pourquoi ça ne me semblait pas si horrible, ni pourquoi ça ne me parait toujours pas si horrible à l'heure actuelle. Recommençais-je à pleurer.
- Parce que c'est ce qui t'as permis de tenir. Le fait de minimiser les choses c'est une façon de se protéger. Tournait-il son regard vers moi, m'examinant.
- Tu me parais tellement fort comparé à moi. Ris-je triste en l'observant à mon tour, son torse toujours nu.
- Je ne l'ai pourtant pas été assez pour te protéger. Passait-il sa main dans mes cheveux avant de me demander. Tu veux prendre une douche ?
- J'aimerai beaucoup mais je n'ai rien d'autre à me mettre que cette chemise. Me lamentais-je.
- Je vais te chercher ma tunique ne t'en fais pas. M'embrassait-il le front avant de partir chercher ses affaires.
Surprise par son geste tendre, je passais ma main sur mon front, avant de sourire bêtement. Quand j'y repensais il était étonnamment tactile depuis mon réveil. Non pas qu'il ne l'ait jamais été au contraire, mais là ça revêtait une toute autre dimension. Même par le passé, quand j'étais au plus mal, jamais il ne s'était montré aussi doux. Était-ce parce qu'il se sentait particulièrement coupable ou parce que mon état physique l'inquiétait énormément ? Je ne serais le dire. A moins que ce ne soit autre chose ? Non ! Je ne devais pas penser à ça, pas maintenant. Je devais me concentrer sur moi et ma santé physique et peut être même mentale avant tout. Et quelle santé…
Mon corps mit à nue faisant encore plus peur à voir qu'avec la chemise. Mes seins et mes fesses avaient fondus comme neige au soleil, mes cotes apparaissant clairement à travers ma peau, ainsi qu'une bonne partie des os de mon dos. Honteuse, je me dépêchais de prendre ma douche, ne supportant pas le toucher de mon corps sous mes doigts et encore moins sa vision. Comment avais-je pu rester dans l'ignorance aussi longtemps sur ma situation physique ? Comment mon esprit avait-il pu se fourvoyer à ce point. J'étais rachitique, guère plus en forme qu'un squelette. Je me trouvais immonde. En colère contre moi-même et contre Ignia, je retirais prestement mon alliance que je voyais brillait à travers le reflet du miroir. La balançant avec rage dans le lavabo, espérant ne plus jamais à avoir à le remettre.
Ma colère et ma tristesse s'estompaient quelque peu une fois revêtu de la tunique de Natsu. Ainsi vêtu ma maigreur se retrouvait cachait en grande partie et je me sentais déjà mieux en n'apercevant pas le reflet de mon buste dans le miroir. Fatiguée, je ressortais rejoindre Natsu qui m'attendais dans la chambre. Assis au bord du lit, il me lançait un pâle sourire qui se voulait réconfortant avant de me tendre la main. Hésitante d'abord, imaginant déjà l'énième position gênante dans laquelle on allait se retrouver, je finis pourtant par la saisir. Au diable les situations ambiguës, j'avais besoin de lui en ce moment même.
- Ça va mieux ? Me demandait-il en m'installant à califourchon sur ses genoux.
- Je me trouve tellement moche. Avouais-je, le rouge aux joues de me retrouver dans cette position.
- Tu n'es pas moche Luce…
- Ah ouai ? Regarde-moi on dirait un squelette ambulant. Râlais-je.
- On va t'aider à reprendre du poids. Me sourit-il, effleurant ma joue du bout de ses doigts, me faisant frémir. Dit moi Luce est ce que je peux te poser une question ? Se risquait-il.
- Oui bien sûr. Lui souris-je, attendris par sa timidité.
- Est-ce que… Est-ce que Ignia t'as touché ?
Au début je ne compris pas le sens de sa question. Qu'entendait-il par touchait ? Parlait-il de coups et blessures ? Pourtant je n'avais aucun bleues qui ne pourraient l'amener à penser cela. Puis soudain en voyant son regard remplis de peur et son corps tendu à l'extrême je compris.
- Non il ne l'a pas fait. Affirmais-je.
- Tu en est sûr ? Tu peux tout me dire tu sais je suis prêt à tout entendre. Paniquait-il, la colère brulant dans sa voix malgré tout.
- Je te promets qu'il ne m'a rien fait. Ses allusions sexuelles ce n'était qu'un moyen de me mettre mal à l'aise. Le rassurais-je.
- Je suis tellement heureux de l'apprendre si tu savais. J'avais tellement peur de ce qu'il avait pu te faire. Plaquait-il son front contre le miens. Et je vois que tu as retiré ton alliance. Sourit-il heureux.
On restait ainsi quelque instant, les yeux clos profitant simplement de la présence de l'autre, les mains de Natsu passant souvent dans mon dos afin de me caresser. Ses gestes tendres me faisaient un bien fou et je décidais à me laisser aller en me collant encore plus à lui quitte à buter contre son bas ventre, lui arrachant un grognement de plaisir. Surprise de l'entendre émettre un tel son pour la première fois je m'apprêtais à me reculer précipitamment, morte de honte mais il m'en empêchait.
- Reste s'il te plait. Me soufflait-il, ses yeux s'ouvrant sur les miens.
- Natsu c'est-à-dire que… Tentais-je de m'expliquer.
- Pardonne moi Luce. Me coupait-il, me surprenant. Pardonne moi Luce, de ne pas avoir compris plutôt à quel point tu es importante pour moi.
- Natsu qu'est ce que tu veux dire ? Ne compris-je pas.
- Luce… Ignia ne t'as pas choisi par hasard. Il a compris bien avant moi à quel point tu comptais à mes yeux. Luce c'est toi ma force. Murmurait-il ses yeux brillant d'amour.
Jamais je n'avais vu une telle intensité dans le regard de Natsu. Il me dévorait littéralement des yeux, son souffle se répercutant sur mon visage, je crus rêvais en sentant ses lèvres frôlaient les miennes comme s'il demandait la permission d'aller plus loin. Alors comment ça il avait finalement compris la différence entre l'amitié et l'amour ? Finalement il m'aimait lui aussi. Heureuse comme jamais, je lui lançais un grand sourire lui avouer à mon tour.
- Toi aussi tu es ma force Natsu.
Et ce fut la rencontre. La rencontre de nos deux âmes enfin connectées par deux bouts de chair. Ses lèvres appuyaient contre les miennes, sa main droite dans mes cheveux, sa main gauche en bas de mon dos, il entreprit de m'embrasser tendrement, faisant passer à travers ce premier baiser toute sa peur et tout son amour ressentis en cet instant. Surprise de voir Natsu se débrouillait aussi bien, je me laissais aller tout contre lui, mes mains se perdant dans sa chevelure rose. Approfondissant le baiser, celui-ci se fit plus sensuel, plus charnel et tout mon corps frémissait de plaisir. Ça n'avait rien à voir avec ce que j'avais pu ressentir avec celui échangeait avec Ignia. Avec lui ce fut certes agréable dans une certaine mesure dans le sens où il savait si prendre mais je n'avais rien ressentis de plus. Alors qu'avec Natsu tout mon être vibrait de bonheur, d'amour et de plaisir. Je ne voulais faire qu'un avec lui. Haletant on s'arrêtait à bout de souffle, les yeux brillant de luxure on se souriait tendrement.
Avide de plus de sensation, on recommençait encore et encore jusqu'à se retrouvait allonger sur le lit, Natsu roulant au-dessus de moi, me maintenant tendrement dans l'étau de son corps que je sentais excité par la tournure des évènements. Il décidait donc de s'arrêtait là, disant que si on continuait il n'était pas sûr de pouvoir se contrôler. Rouge de gêne, je lui avouais que je ne me sentais pas prête à franchir le cap maintenant, que je voulais qu'on prenne notre temps et surtout que je voulais le faire avec lui quand je me sentirais à nouveau bien dans mon corps. Il m'apprit alors qu'il ne comptait pas le faire avec moi dans cet état, de toute façon. Il voulait que je retrouve des forces et surtout il voulait lui aussi prendre le temps de savourer notre nouvelle relation.
Heureuse je me blottis contre lui, prête à rejoindre le pays des rêves, mettant de coté pour l'instant mes doutes et mes craintes sur le potentiel retours d'Ignia. Avec pour seule hâte celle de retrouver le reste de mes amis endormis à l'heure actuelle, demain matin.
