2018 – Septembre
— Miss Weasley, restez je vous prie.
La voix sévère de McGonagall pouvait être aussi polie qu'elle le voulait, elle semblait toujours sur le poids d'infliger la pire punition. Dominique prit son temps pour ranger le reste de ses affaires et s'approcha du bureau quand les derniers élèves passaient la porte.
— Votre uniforme est inconvenant pour une étudiante, je veux que d'ici le repas de midi vous y aillez remédier.
Dominique, malgré son mauvais caractère érigé en légende, aimait bien sa directrice de maison. Durant les quatre dernières années, elle n'avait jamais prononcé le nom de Victoire et l'adolescente savourait cette paix si rare.
Mais elle avait aussi décidé de ne pas céder sur ce point.
— J'ai lu le règlement de Poudlard et je n'ai trouvé aucune interdiction ou contre-indication.
— Chacun est tenu de porter une tenue correcte respectueuse de soi et des autres, rappela néanmoins la professeure de Métamorphose. N'est-ce pas une contre-indication suffisante ?
— Même si j'ai raccourci ma jupe je porte des collants. Et je suis curieuse de savoir comment on juge le caractère de correction d'une paire de souliers.
Voyant qu'elle n'arriverait pas en usant de la force, McGonagall choisit un autre angle d'approche.
— Pourquoi souhaitez-vous attirer ainsi l'attention mademoiselle ?
Le regard de la directrice était intense. Dominique se dit vaguement qu'après une cinquantaine d'année à voir défiler des élèves, la plupart des gens n'aurait plus aucune envie de s'investir plus que nécessaire. Mais pas la McGo.
Dominique haussa les épaules dans un geste calculé de désintérêt :
— Je suis rousse, je suis grande, j'ai des gros seins : j'attire déjà l'attention.
À ces mots, les yeux se plissèrent. Avant chaque phrase un petit temps d'attente se glissait durant lequel l'adolescente tenter de chasser le couperet approchant.
— Ne vous trompez pas de coupable, Miss Weasley : votre attitude sera toujours davantage en cause que votre forme.
Dominique grimaça. Elle avait quinze ans depuis même pas trois mois et elle était constamment frustré du peu de liberté qu'elle avait. Déjà, elle rêvait de partir loin.
— Alors quoi je suis une traînée ? cracha-t-elle avec un nervosité difficile à cacher.
Elle avait toujours pensé que lorsque Victoire ne serait plus à Poudlard ce serait la liberté. Ce n'était pas qu'elle détestait sa grande sœur, ou plutôt pas tout le temps, mais cette dernière prenait beaucoup trop de place. Elle était la première fille, celle qui ressemblait le plus à leur mère, celle qui était tellement sage qu'elle devait la surveiller elle alors qu'elles n'avait que trois ans de différence d'age, celle qui avait la vie idéale loin des tracas du commun des mortels, celle qui avait le bon gêne de Vélane,...
Ah Victoire, même absente elle restait désespérément chiante.
Pour enfoncer le clou, elle convolait gaiement avec Teddy alors que Dominique était sûr qu'ils ne tiendraient pas la distance. Tant mieux pour eux, s'était-elle obligé à penser avec un peu d'aigreur.
— Je suis certaine, répliqua lentement la professeure, que personne n'aurait l'idée de payer pour des relations sexuelles dans Poudlard.
De nervosité ou de soulagement, Dominique pouffa fortement. L'idée que les professeurs sachent pertinemment quelle fournaise était Poudlard était devenu follement drôle. Évidemment, l'hilarité passée, elle se sentit très très bête. Elle reprit la parole pour tenter de cacher sa gêne :
— Je vous jure que mon uniforme sera sans conséquence. Je serai toujours la même après tout.
La professeure effaça son tableau d'un coup de baguette pour cacher le discret soufflement d'exaspération qu'elle lâcha. Elle lui annonça qu'elle discuterait avec un ou deux collègues ainsi que le directeur pour statuer du degré de changement acceptable sur les uniformes.
Pour Dominique, cela équivalait bien à une victoire et elle ne pouvait pas mieux commencer l'année.
Mais après trois pas seulement, elle ne put résister à l'envie de se retourner et de poser la question qui s'était imposé à elle.
— Pourquoi pensiez-vous que ma jupe était trop courte Professeure ?
— Ce n'est pas la longueur qui importe mais le fait que vous vous en préoccupiez.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 102ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour le thème "Jurer". Le FoF est un forum regroupant tous les francophones de ffnet où l'on peut discuter, demander de l'aide ou s'amuser entre nous. Le lien se trouve dans mes favoris. Rejoignez-nous !
