2018 – Avril
Il était sept heures quarante et la Grande Salle était remplie. Les professeurs mangeaient. Les élèves mangeaient. Certains finissaient leur devoir sur un coin de table. D'autres en profitaient pour partager les potins avec des gens qui n'étaient pas de leur dortoir.
C'était exactement ce que faisait James avec Fred. Il lui narrait son réveil. Il avait pris une douche fuguasse à son réveil et avait éprouvé mille difficultés à s'habiller. Ses mains étaient incapables d'attraper quelque chose. Tout lui glissait entre les doigts. Ses habits, son caleçon. Il avait du attendre qu'Alexandre, un né-Moldu sympa mais pas assez admiratif, vienne demander qu'il libère la salle d'eau pour le supplier de l'aider à s'habiller.
Un moment humiliant au possible.
Sa baguette était dans sa poche mais il ne pouvait pas s'en saisir non plus.
Fred avait du mal à le croire, et Caitlin était déjà morte de rire. Quand le jeune homme fit une nouvelle démonstration en essayant de prendre le pot de confiture, celui-ci glissa automatiquement. Il n'avait réussi qu'à le soulever mais pas à le maintenir en l'air.
Fred – ce beau salop – était lui aussi en train de rire désormais.
L'aîné Potter secoua la tête, sachant pertinemment que ce ne serait pas la dernière personne qui le regarderait en riant aujourd'hui.
— Et si tu m'aidais à manger au lieu de te foutre de ma gueule.
Oui, James était près à subir une humiliation de plus. De toute façon, son meilleur ami et cousin était déjà plein de paillettes éternelles de toutes les couleurs, les élèves les regardaient étrangement, se demandant si c'était encore un de leurs tours qui avait mal tourné. Mais Poudlard s'apercevrait bientôt que ce n'était pas seulement les deux rigolos de service qui étaient bizarres aujourd'hui.
Compatissant malgré la drôlerie de voir James avec un visage aussi défait, Frederick entreprit de le nourrir bouchée par bouchée. C'était long et cela attirait encore plus l'attention.
Alors qu'ils avaient déjà hâte de voir les autres subir leurs tours, les deux adolescents furent surpris par un changement. La masse de paillettes s'était mise à bouger lentement sur la peau noire du jeune Weasley et s'en prévenir, il lâcha un rot. Étant clairement habitués à pire, ce ne fut pas cela qui surpris James et Caitlin mais le petite boule sortit de l'antre de leur ami était clairement un motif d'inquiétude. Sous leurs yeux ébahis, le petite boule étendis ses ailes et secoua la tête. C'était une petite poule pailletés qui venait de naître.
— Félicitations pour ta ponte Freddy, s'exclama joyeusement Caitlin en lui offrant un claque dans le dos.
Les autres élèves ne l'avaient pas vu, en effet ils étaient tous occupés à suivre Louis des yeux. Leur très cher cousin avait agrémenté son uniforme d'un aquarium dans lequel plongeaient son buste et son cou. Ses hanches et ses bras passaient par des ouvertures spéciales et étanches ce qui lui permettaient de savourer les regards curieux et moqueurs qui lui étaient adressés.
D'une démarche un peu gauche à cause du poids supplémentaire, Louis marcha jusqu'à sa place. Il était apparemment obligé de soutenir son aquarium pour se déplacer ce qui rendait le tout encore plus cocasse.
— Ça fait du bien quand tout retombe sur quelqu'un d'autre, souffla James avec satisfaction.
Il échangea un regard satisfait et joyeux avec son meilleur ami.
De l'autre côté de la Grande Salle, les amis d'Albus avaient vu le sort s'abattre sur les célèbres Weasley comme une malédiction. Albus lui n'avait rien eu pour l'instant. C'était bien le seule était donné que Frederick était pailletée, James incapable de manger seul, Dominique surplombée d'un immense nuage rouge profond aux éclairs effrayants, et Louis était purement et simplement devenu aquatique même Victoire avait semble-t-il suscité les rires autour d'elle.
Le petit groupe de Première Année était venu assez tôt pour croiser Rose sortir de la Grande Salle, elle les avait salué et n'avait pas semblé souffrir d'une quelconque blague. Parce que Scorpius avait bien compris qu'il s'agissait de blagues en constatant qu'aujourd'hui était le premier avril, il s'était attendu à quelques blagues entre les nobles murs de Poudlard. Il s'était cependant attendu à ce que l'aîné Potter vise les Serpentard comme il aimait le faire. C'était étrange de voir les gens calmes de la famille Weasley comme Victoire et Louis se mêlaient à ce genre de gaminerie.
— Tu nous expliques tout ce bordel ? demanda Spence, la voix basse pour ne pas attirer l'attention.
Au début, Albus n'avait pas l'intention de balancer leur pacte. Mais il se rendit compte qu'il allait sûrement faire des trucs stupides et qu'il fallait mieux leur expliquer maintenant :
— Freddy a proposé qu'on fasse un Secret Fish. On fait un poisson d'avril à la personne dont on a pioché le nom.
Ses amis le regardèrent comme s'il était fou. En même temps quelle idée il avait eu d'accepter. Il existait une réelle différence de niveau entre eux, c'était près suicidaire. Mais il était hors de question qu'il ne fasse pas partie de cette journée à thème. Il était un vrai Potter et un vrai Weasley, et on ne remet pas à demain un suicide qu'on peut faire le jour même. Il avait mis des mois à préparer sa blague et avait même demander de l'aide à sa directrice de maison Mrs. Babbling – elle n'avait sûrement pas cru à cette histoire de devoir supplémentaire mais qu'importe.
— Il y a un truc en jeu ? questionna finalement Scorpius qui avait du mal à comprendre l'intérêt de se ridiculiser en famille.
— Pas du tout, juste pour la beauté de l'art, sourit Albus certain de perdre un peu plus ses amis.
— Et pourquoi tu n'as rien eu toi ? Scorpius posait de nouveau une question.
— Je sais pas, mais je serais stupide d'espérer que mon bourreau m'ait oubli.
Connaissant Albus, cela signifiait qu'il espérait très fort. Scorpius secoua la tête et leur annonça qu'il était bientôt l'heure. Pour prouver ses dires, il jette un coup d'œil à la table des professeurs. Il ne restait que le directeur Brocklehurst et Hagrid qui discutaient gaiement. Les autres avaient rejoint leur salle de cours.
Il était surprenant pour beaucoup que les professeurs n'interviennent pas. Certains faisaient mine d'ignorer les poussins étranges de Fred ou les livres mordeurs d'Albus mais la grand majorité semblait beaucoup s'amuser.
— Calmez-vous Miss Weasley, disait le professeur de défense contre les forces du mal à Dominique.
Aussitôt son nuage déversa une pluie fine – une pluie susceptible de s'accentuer proportionnellement à l'énervement de la jeune fille.
— Auriez-vous l'amabilité de cesser d'importuner votre manuel M. Potter ?
Albus n'aurait certainement pas présenter la situation de cette manière, chacun de ses livres voulaient le mordre dès qu'il les sortait de son sac. Ils sautaient pour l'attaquer aux chevilles et aucun de ses sorts n'avaient réussi à les atteindre. En désespoir de cause, il avait trouvé une technique qui lui permettait de travailler. Il devait simplement assommer son manuel avec un tabouret et par la suite frapper ledit manuel contre la table quand il se remettait à remuer.
Malgré son agacement, Albus répondit :
— Dès que je serais à même de suivre votre cours, je le ferai Professeure.
Sur ces mots il réussit à asséner un coup violent à l'arrête de son livre le cours allait pouvoir commencer du moins pour lui.
Le cours d'arithmancie fut bien plus divertissant qu'à l'ordinaire. Les cheveux de Victoire s'animaient avec exactement sa voix. C'était déroutant d'autant plus que les voix semblaient refléter chacun une attitude particulière. Ses dreadlocks de serpent se levaient et blablataient sans fin :
— Pouah, je les sens pas ses ASPIC, piffait un tête plate sur la droite alors que Mrs. Vector expliquait l'épreuve qu'ils auraient en juin.
Gênée de ces voix qui passaient pour siennes et qu'elle ne contrôlait nullement, Victoire essayait de les faire taire en les recouvrant de sa main. Toute délicate qu'elle soit, elle se faisait mordre aussitôt :
— Nan mais tu t'es prise pour qui ? Espèce de gourgandiiiine !
Les joues rouges, Victoire renonça à les faire taire elle allait juste passer une journée horrible en aillant pas la moindre idée de comment un de ses cousins avaient ensorcelé ses cheveux.
Louis pour sa part ne réussit presque aucun de ses sortilèges, il n'arrivait pas à manier sa baguette à cause de cet obstacle à ses mouvements d'épaule. Il était devenu gauche et un médiocre sorcier au passage. Pendant tout son cours de sortilèges, Mr. Flitwick était passé à côté de lui, un petit sourire au coin des lèvres l'air de ne pas savoir s'il pouvait rire ouvertement ou s'il devait soutenir son élève. Mr. Lecreuset son professeur de potions n'avait pas hésité lui : il avait ponctué la séance de remarques à propos de sa maladresse soudaine.
Freddy quant à lui avait eu peu de temps pour se moquer de son cousin préféré. Après avoir toussé une poule, il avait fait de même pour un dragon, un niffleur, un hippogriffe et un moufonce belliqueux. Cette petite troupe pailletés et bruyante le suivait partout, se collait à lui, lui réclamait à chaque minute des câlins et se battait les uns contre les autres. À midi, Fred était déjà exténué, il avait avec envie de tous les égorger, au moins pour avoir trois minutes successives de calme.
Il était sur le point de renoncer à cette journée de malheur quand il vit à l'autre bout du couloir Dominique et sa chevelure rousse de furie en train de s'agitait dans tous les sens. Sa baguette en bois clair fendait l'air et les sorts fusaient, essayant de réduire son maudit nuage à néant. En réponse, ledit nuage avait pris une couleur noir et répondait en lançant des éclairs. Le premier qui atteignit sa victime l'obligea à effectuer une danse ridicule.
Voir sa cousine ridiculisée lui faisait beaucoup de bien.
D'ailleurs, tout le monde se réjouissait de voir le célèbre clan autant à bout de nerfs. Les plus vicieux en profitaient pour régler de vieux comptes ou ridiculiser leur Némésis mais tout le monde savait que les Weasley et Potter pouvaient très facilement renchérir et cela dès le lendemain ça canalisait certains. Les autres riaient des situations cocasses et des réactions que cela suscitait. Les plus généreux donnaient un coup de main aux pauvres hères James qui avait suscité plus de sympathie en une journée qu'en trois ans.
À dix-neuf heures, tout le monde descendit à la grande salle. Normalement le premier avril ne terminait qu'à minuit mais aucune de victimes ne pouvait supporter la sentence plus longtemps. Avant même de manger, ils se rejoignirent à la table des Serdaigle. Ils avaient consciences que beaucoup faisaient plus que les observer du coin de l'œil mais aujourd'hui, ils laissaient passer : après tout, ils l'avait cherché.
Rose fut la première à lever son sort, elle récita par trois fois une formule qu'elle prononça trop vite pour qu'ils puissent la retenir et les longs cheveux blonds retombèrent tandis que les locks se désagrégeaient.
— J'essaierai vraiment de pas t'en vouloir, souffla-t-elle, mais je ne promets rien.
Victoire tendit ensuite une flacon de poudre à James, enfin elle se ravisa et lui versa une bonne quantité sur les mains. Une fois la poudre bien répartie, les mains de James retrouvèrent leur état normal. Pour son plus grand soulagement :
— ENFIN !
— Là c'est à mon tour, s'anima Fred, délivrez-moi de ses trucs.
Les trucs en question réagirent à l'insulte en lui mordillant les coudes et le crâne.
— Faut d'abord qu'on m'enlève ce truc sinon je risque plus de te tuer qu'autre chose.
— Tout de suite les grands mots...
Malgré ses dires, Frederick jeta un sort qui parvint à dégoupiller la structure. Il y avait donc une faiblesse que Louis n'avait pas trouvé jusque là... Ses deux sœurs l'aidèrent à enlever les plaques qui n'avaient pas disparu. Il les garderaient en souvenir.
À son tour il leva l'enchantement. Toute les paillettes s'assemblèrent dans un petit flacon et Frederick redevint lui même avec satisfaction. Albus et Dominique à leur tour échangèrent les contre-sorts. La jeune fille félicita même son jeune cousin de sa trouvaille, ignoble juste comme il fallait.
— T'as rien eu Rose ? s'étonna Albus qui avait bien souffert de ses combats contre les plumes, manuels, et même contre ses propres vêtements.
— La personne avait mal préparé sa blague, un contre-sort basique a suffit à l'annuler.
Elle avait dit ses mots avec sa voix monotone mais elle regardait James en disant ça.
Sous le coup de l'énervement il lâcha une injure bien senti et fusilla sa cousine du regard. Très compatissant les uns envers les autres, ses cousins éclatèrent de rire.
Cette fic est écrite dans le cadre de la 105ème nuit écriture du FoF (Forum Francophone) pour les thèmes "Thème" et "Câble".
