Kccb : Ouep ! j'aime bien le Edward que j'ai créé.
Lili11 : contente que ça te plaise.
Vous aurez plus de détail sur le passé de Bella.
Je vous suggère d'écouter les musiques.
Bonne lecture.
CHAPITRE 3
-J'ai pris les œufs au poulailler Bella… dit Paul en mettant le panier sur le comptoir.
-Merci.
-J'en ai donné deux à monsieur Edward, j'espère que c'est ok pour toi.
-Oui, bien sûr. On ramasse 12 œufs chaque matin, je crois que mon frigo va survivre si Edward veut en prendre.
-Il revenait de faire un jogging avec Buster.
Hummm… Edward… en sueur…
-Bella ? tu serais d'accord ?
-Avec quoi ?
-Si j'allais faire du jogging… avec monsieur Edward le matin… avant les cours.
-Oui… Oui… s'il est d'accord… je ne veux pas que tu l'envahisses trop. Il est ici pour faire le point, pas pour d'avoir un adolescent à charge.
-Je vais lui demander. Sinon j'irai tout seul. Je courais avant de venir habiter ici. Je ne sais pas pourquoi j'ai arrêté. Bon j'y vais, Emmet est arrivé, on doit l'aider à aménager le champ autour de la caravane.
-Tu as mangé ?
-Oui… au dortoir… on a tous mangé … sandwich au jambon 3 étages !
-Ok… sois prudent avec toutes ces machines pour couper le foin.
-A+ madame B.
Je secouai la tête. Je l'adore ce garçon. Il allait très bien s'en sortir dans la vie. Son passage ici n'aurait fait que renforcir sa personnalité et le faire devenir une meilleure personne. Il a pris beaucoup d'autonomie et de maturité. Sa colère ne s'est exprimée que très peu de fois et c'était durant la première semaine qu'il était ici.
Je le regardai se joindre à Emmet et aux autres jeunes garçons. Emmet distribuait des gants. Je les voyais tous se diriger vers la caravane et ramasser les herbes coupées hier et les déposer sur le chemin de gravier pour les faire bruler plus tard.
Les filles se réveillèrent une à une. Zoé avait des écouteurs sur les oreilles et fredonnait assise à côté de Justine qui buvait un chocolat chaud dans la balançoire sous la véranda une revue mode à la main. Brianna était retournée dans sa chambre, elle se sentait fatiguée. Émilie et Anna terminaient leur déjeuner et voulaient aller marcher dans le champ. J'ouvris les fenêtres pour laisser entrer la brise et je préparai des rafraichissements que j'apportai à la caravane. Buster vint à ma rencontre et marcha près de moi jusqu'à ce que j'arrive près des gars. Je lui versai de l'eau fraîche dans son bol avant d'appeler les garçons.
-Rafraichissements pour tout le monde !
-Cool…
Les garçons foncèrent sur la table où j'avais déposé les boissons.
-Vous avez beaucoup de travail, dis-je à Emmet et Edward qui buvaient une bouteille d'eau.
Une goutte d'eau s'échappa des lèvres d'Edward et je mordis ma lèvre pour ne pas gémir. Il finit la totalité de la bouteille et il prit le bas de son t-shirt et s'en servi pour essuyer son visage qui reluisait de sueur. Je ne pus m'empêcher de regarder la peau de ses abdos qu'il dévoila.
OMG !
Je me sentais comme une adolescente qui rêve du quarter back de l'équipe de foot. Depuis combien de temps j'avais eu ce genre de pensée pour un homme. Je ne me reconnaissais plus.
-Ça va être vraiment beau quand on va avoir fini, dit Emmet.
-Oui… ça va être mieux que tout ce foin.
-Merci encore Bella, de me permettre de m'installer ici.
Je lui souris.
-Pour remercier tout le monde de m'avoir aidé aujourd'hui, j'aimerais bien m'occuper du repas ce soir.
-Oui oui d'accord… J'avais prévu une lasagne, mais je pourrai la faire demain. Pas de problème. De plus… ça va nous permettre de goûter à la cuisine d'un chef.
-Bella… Edward fait les meilleurs burgers que tu n'auras jamais mangés de toute ta vie, déclara Emmet.
-J'ai hâte de goûter ça !
Justine arriva à la course.
-Bella, est-ce que je peux inviter Seth pour passer la journée?
-Oui, il peut venir. Mais je dois te rappeler les règles.
-Je sais… je ne vais pas échanger des fluides avec lui quand il sera ici.
-Je sais que tu vas faire attention.
-Merci Bella.
Elle m'embrassa sur la joue et sortie son téléphone et texta à Seth.
-Échanger des fluides… rigola Edward en secouant la tête et il retourna avec les jeunes à la caravane.
-Elle sort encore avec Seth ? demanda Emmet.
-Oui…
-Que va dire Paul de le voir ici cet après-midi ?
-Je crois que ça va être correct pour lui. Ça fait quelques mois maintenant, ils se voient tous à l'école. Je crois que Paul a compris que c'est lui qu'elle a choisi. Ils sont amis depuis longtemps et Paul n'avait qu'une attirance pour Justine, il ne s'est rien passé entre eux.
Il hocha la tête et retourna construire le patio et moi à la maison.
Je rangeai mon bureau, classai quelques dossiers et je m'emparai du 5e tome du Chardon et le Tartan et me laissai tomber dans la balançoire me laissant transporter dans l'histoire d'amour entre Claire et Jamie. J'avais passé l'après-midi dans mon livre et tellement absorbée, je n'avais pas remarquée que les garçons avaient terminé de faire le patio autour de la caravane.
-Tout le monde à la douche, cria Emmet.
Ce qui me sortit de mon livre.
-Les garçons ont vraiment été super, je suis fier d'eux. Je vais chez moi prendre une douche et je reviens tout de suite.
-Merci pour ça Emmet.
-On va aller au super marché après les douches. Rose va venir nous rejoindre.
-Si vous passez par le magasin de musique, prenez des cordes de guitare pour Paul. Edward devrait savoir quoi acheter.
-Ok… oui je crois qu'il y en a un sur la rue Principale. A+
Alice arriva croisant Emmet qui sortait de la maison.
-Salut mon amie !
-Alice, je suis contente de te voir, dis-je en la serrant dans mes bras.
-J'ai décidé de venir déposer les achats chez toi, et j'ai bien fait… c'est qui le mec sexy qui habite dans la caravane ?
-C'est Edward, un ami d'Emmet. Il est ici pour quelques temps. Je n'ai pas trop de détail, je le dépanne pour quelques temps, il est arrivé hier soir. Montre-moi ce que tu m'as déniché, demandais-je pour changer de sujet.
Je ne voulais pas qu'Alice se rendre compte combien Edward me retournait les hormones. Ça fait 3 ans presque 4 ans, que je n'ai pas eu de sexe avec un homme, à son plus grand désespoir.
-J'ai trouvé cet ensemble de literie en coton égyptien. Ils sont blancs, je sais que tu adores le blanc, avec une petite ligne lavande.
-Ils sont magnifiques Alice.
-Je t'ai aussi pris des sous-vêtements, des shorts, des débardeurs, des robes et des sandales.
-Merci Alice, tu sais que je déteste faire les magasins. Donne-moi les factures je vais te faire un virement d'argent.
-Elles sont là, mais je t'offre la robe et les sandales, dit-elle en me tendant les dites factures.
-Merci…
Je ne m'obstinai pas avec elle, depuis le temps que nous étions amies, j'avais compris qu'accepter une robe de sa part était un cadeau inestimable pour elle. Ça me faisait une tenue décente pour sortir avec elle quand j'avais besoin de me changer les idées.
-Tu restes dîne avec nous ?
-Oui pourquoi pas, Jazz est encore au travail. Je ne sais même pas s'il viendra dormir à la maison. Un nouveau jeune est en crise au FREE, il est arrivé hier soir. Même s'il est de garde et qu'il pourrait y être seulement s'ils ont besoin de lui, il voulait être sur place. Le sevrage n'est pas facile.
-Ok… je te garde avec nous. Rosalie s'en vient.
On continua à papoter. Alice me racontait les derniers projets qu'elle avait avec sa classe. Elle préparait un défilé de mode avec les créations de ses élèves. Elle était heureuse que j'aie permis à Justine d'y participer pour coiffer les étudiantes. Les garçons arrivèrent et j'allai à la cuisine pour proposer mon aide. Alice accueillit Rosalie.
-Vous avez dévalisé le supermarché ? dis-je quand je vis le nombre de sac de provisions.
-J'ai aussi des choses pour la caravane, se justifia Edward.
-Bella, Edward est un chef cuisinier, nos burgers vont être décadents… attend de voir ce qu'il a prévu…
-Tu as « skippé » le monsieur ? c'est Edward maintenant ?
-Ouais…
-C'est de ma faute… j'ai dit aux jeunes qu'ils pouvaient m'appeler Edward… juste Edward…
-D'accord…
-Bella, on pourrait se tutoyer nous aussi ?
-Oui… pas de problème… Alors, Edward… TU as besoin d'aide pour le repas ? demandais-je faisant rigoler Paul.
-Non… j'ai beaucoup de sous-chef, donc… tu prends ça et tu vas rejoindre tes copines… dit-il en me tendant une bouteille de vin blanc fraîche et 3 coupes de vin.
Il m'envoya un sourire en coin vraiment déstabilisant et j'eu besoin de quelques secondes pour me reprendre.
-Bien sûr que non… je dois m'occuper des jeunes et… et…
-Et rien du tout… Je ne vais pas boire, je suis au dortoir ce soir et Leah a accepté de rester ici dans la maison pour prendre la relève ce soir… elle va arriver quand ses enfants seront au lit… donc va retrouver Alice et Rosalie et vide cette bouteille… dit Emmet.
Edward hocha la tête, un sourire fier sur le visage et j'obéis. Je pris la bouteille et les verres laissant les gars dans la cuisine et je retrouvai Rose et Alice dans la véranda. Je vis mes jeunes pensionnaires féminines dans la cour, occuper à lire et à se balancer. Justine et Seth qui partait vers le champ.
Bella, laisse leurs quelques minutes avant d'envoyer Emmet.
-J'ai été mise à la porte de ma cuisine !
-On s'en fiche… on a du vin… dit Rose en saisissant la bouteille pour l'ouvrir.
Je n'étais pas celle qui avait obligatoirement besoin de prendre une bière ou un verre de vin pour avoir du plaisir autour d'un repas. La plupart du temps, Rosalie et Alice prenait la bouteille à elles deux. J'avais beaucoup trop endormi ma peine avec l'alcool.
-Qui t'a mis dehors de ta cuisine ?
-Edward…
-Hummm… Sexy Edward tu veux dire… il t'a demandé de l'attendre dans sa caravane ? roucoula Alice.
-Chutt… il pourrait t'entendre… et arrête de dire qu'il est sexy… merde Alice… j'essaie de m'empêcher de penser à ça…
-Tu penses qu'il est sexy ?
-Rose… merde… chuutt ! il va finir par vous entendre…
-Tu as pensé qu'il était sexy quand tu étais nue ?
-Alice… ça suffit… non…
-Pourquoi tu nous avais caché qu'Emmet avait un ami aussi sexy Rose ? demanda Alice, m'ignorant totalement.
-Je ne le cachais pas. Je ne le connais pas beaucoup. C'est son pote de New York, j'étais rarement là quand ils se voyaient.
-Les filles arrêtez de parler de lui !
-D'accord… d'accord… et puis non, je ne suis pas capable… Écoute cette voix… elle ne te fait pas vibrer le bas ventre ? me dit Alice.
On entendait Edward diriger les jeunes dans ma cuisine comme celle d'un restaurant.
-Ok les gars. On fait des oignons frits… la friteuse est presque prête…
-Benjamin, il faut couper les oignons en tranches d'environ 1 cm d'épaisseur. Tu pourras les défaire en rondelles.
-Kevin, tu pourrais faire un mélange lait de beurre et les œufs. Fouette-les ensemble.
-Josh, mélange la farine, la chapelure et le poivre de Cayenne, dans un bol.
-Paul… Plonge les rondelles d'oignons dans le mélange de lait de beurre et œufs.
-Secoues-les et laisses-les tomber dans le mélange de chapelure. Remue pour bien les enrober. Dépose-les sur une plaque.
-Écoute Bella… fouette, plonge, secoue, remue, enrobe, dépose… merde la cuisine c'est tellement sexe ! grogna Rosalie.
-Ok d'accord, il est sexy ! chuchotais-je.
-Je le savais, cria Alice.
Misère !
-Rosalie… alors ça avance les rénos de la salle de bain ?
-Oui… il va rester juste à mettre les décorations. Ils ont fini la peinture hier et ça été beaucoup plus vite avec un professionnel que de faire nous-mêmes.
Je vis Justine et Seth revenir main dans la main, et elle me regarda me faisant comprendre qu'elle avait compris que je la surveillais. J'étais contente que l'absence fût de seulement 10 minutes, pensais-je en regardant ma montre.
Désoléé ma belle ! Je n'ai pas le choix.
Elle traîna Seth avec elle, et entra. Seth se joint aux garçons pour aider lui aussi.
-C'est pour qui les cordes de guitare, demanda Seth.
-Pour Paul, répondit Edward.
Je souris.
-Mec, tu as une guitare ?
-Ouaip, Bella me l'a prêté, elle traînait au grenier. Edward m'a appris quelques accords hier soir.
-Cool… on va pouvoir jouer ensemble ! J'ai la mienne dans ma voiture.
-Tu sais comment faire pour changer les cordes ?
-Non... répondit Seth.
-Edward, tu sais comment changer les cordes ?
-Oui oui… T'inquiète pas… on le fera tout à l'heure.
Les jeunes installèrent des tables dans le jardin près du bbq. Ils montèrent les tables avec les nappes et les couverts et disposèrent les condiments. Edward sortit avec les boulettes et les pains à faire griller. Paul emmena des légumes qu'il déposa sur la grille du bbq. Seth aida aussi à faire frire les oignons dans la friteuse sous l'œil attentif d'Edward. Josh fier d'apporter la sauce au fromage qu'il avait fait avec Edward. Quand tout fut prêt, les garçons nous invitèrent à s'installer au tour des tables. Je me retrouvai en face d'Edward qui était à côté d'Émilie. Elle ne faisait que lui poser des questions. Alice était ravie que cette petite l'interroge.
-Monsieur Edward, vous avez quel âge ?
-43 ans.
-Vous êtes mariés ?
-Non.
-Divorcé ?
-Non, jamais été marié.
-Émilie, laisse le tranquille. C'est indiscret tu poses trop de questions.
-Ça ne me dérange pas, dit Edward.
-Laisse-la faire Bella si ça ne lui dérange pas, dit Alice.
Misère !
-Tu habites où ?
-Dans ma caravane.
-Tu n'as pas de maison ?
-Non, je l'ai vendue.
-Tu fais quoi comme travail ?
-Je suis chef cuisinier, mais j'ai démissionné.
-C'était dans quelle ville ?
-New York.
-Waouh ! New York !
Tout le monde rit.
-Tu as des enfants ?
-Un fils.
-Il est où ?
-Il est décédé… ça fait 6 mois maintenant…
-Je suis vraiment désolée pour vous monsieur Edward, dit-elle.
-Ça va Émilie. Tu ne pouvais pas savoir ma belle.
-Vous voulez d'autres enfants ?
-Hummm…. Je n'ai pas pensé à ça…
-ok Émilie ça suffit… dis-je avec un ton qui lui faisait savoir que la période de questions était terminé.
-C'est très bon vos hamburgers, surtout la sauce au fromage. Je trempe mes oignons frits dedans aussi. Vous êtes un très bon cuisinier.
-Merci Émilie.
Elle avait repris le malaise et avait fait un compliment pour chasser le voile de tristesse sur le visage d'Edward. Elle l'avait fait sourire. Cette petite était vraiment géniale.
-Désolée pour ça Edward…
-Non, ça va…
Tout le monde s'extasia de la sauce au fromage pour les burgers et les garçons étaient fiers d'avoir appris à faire des oignons frits.
-Je voulais vous remercier les garçons, je suis très satisfait du travail qu'on a fait ensemble aujourd'hui autour de ma caravane, en plus de la petite terrasse que nous avons construite, je vais me plaire ici. Merci aussi à Bella, de m'avoir permis de m'installer ici.
Il me fit un clin d'œil et Alice me donna un coup de coude.
-Merde, il te drague…
-Arrête Alice…
-Tu vas dormir dans la caravane d'ici la fin de l'été c'est moi qui te le dit…
-Arrête Alice…
J'essayais de ne pas penser à ses réflexions. J'étais troublée par cet homme et ce sourire éblouissant.
Après le repas Alice et Rosalie nous quittèrent. Alice partie chez elle, ranger ses achats de la journée et Rosalie passa voir les résidentes des Mobilhomes avant de rentrer chez elle aussi. Emmet était responsable du dortoir ce soir. C'est Anna et Justine qui était de corvée pour la vaisselle mais Seth les aida pour que ce soit plus rapide. Edward changea les cordes sur la guitare de Paul avec ce dernier, qui était en admiration devant Edward et nous fîmes un feu de camp.
Leah arriva lorsque nous étions autour du feu à savourer des Smore's. Elle était heureuse d'être ici. Jacob étant au dortoir chaque soir et chaque nuit durant la semaine, elle devait toujours s'occuper de ses garçons toute seule et être ici s'occuper d'adolescentes plus autonomes que ses garçons, lui donnait un petit sentiment de liberté.
-Ed… tu as encore ce cahier avec toutes les chansons ?
-Regarde dans le tiroir sous la banquette dans la caravane. Il est là.
-Emmet… tu sais qu'il y a internet pour ça ? l'agaça Paul.
-Très drôle… mais dans ce cahier je suis certain qu'Edward sait toutes les jouer.
-Ouaip… et les paroles sont inscrites, donc tout le monde peut chanter avec nous.
-Sur internet aussi…
-Paul… laisse nous penser qu'on a encore 20 ans tu veux ? On n'avait pas accès à internet aussi facilement à notre adolescence, dit Emmet.
-Ça ne devait pas être facile… souffla Seth.
-Peut-être mais on n'avait pas besoin de texter une fille pendant des semaines pour savoir si elle était intéressée, dit Emmet.
-Vous faisiez quoi alors ?
-On frappait à sa porte et on l'emmenait au parc… répondit Emmet.
-Qu'est-ce que vous faisiez au parc ? demande Paul en même temps que Seth, ne voyant pas du tout ce qu'il avait d'intéressant d'emmener une fille au parc à 16-17 ans.
-On échangeait des fluides… répondit Edward en bougeant ses sourcils.
En entendant les paroles d'Edward, Paul et Seth devinrent très intéressés aux 20 ans des deux amis.
-Ouais… tu te souviens de Paméla Smith Ed ? dit Emmet comme si c'était le souvenir du siècle.
-Si je m'en souviens de Pam Smith ? Je crois que j'ai eu une rupture de stock de fluide cet été-là…
-OK OK les gars… vous ferez l'inventaire de votre partage de fluide avec Paméla Smith, une autre fois… les coupais-jes.
-Oups ! dit Edward.
-On veut savoir nous Bella… argumenta Paul.
-Oh non ! pas ce soir… joue de cette guitare et oublie les souvenirs des échanges de fluides de ces deux vieux messieurs où je t'envoie au lit…
-Ok ok… ramène ton livre Emmet !
Emmet feuilletait le livre et s'arrêta sur une page en criant.
-Celle-là ! Celle-là !
Edward rigola. Paul et Seth se sont mis à chercher sur le web ladite chanson pour écouter l'air et je la reconnus tous de suite.
-Mr Jones ?
-Oui madame… c'est MA touuunnnneee ! cira Emmet faisant rigoler tout le monde.
-1993 ? c'est une chanson de 1993 ? dit Paul
Les garçons hochèrent la tête.
-Vous aviez quel âge en 1993, parce que moi je n'étais pas né… rigola Paul.
-17-18 ans…
Edward commença à jouer et avec Emmet, ils chantaient et s'amusaient. Paul et Seth suivaient le rythme du mieux qu'il pouvait. Edward les aidait encore une fois annonçant les accords. On fit le tour des jeunes pour proposer une chanson que chacun aimait et Edward, accédait à la demande jouant pour le jeune. Des plus récentes aux plus vieilles, dans le cahier à anneaux ou sur le web.
Quand ce fut le tour de Zoé, qui était restée en retrait toute la soirée avec Buster à ses pieds, elle nous surpris avec sa chanson, mais surtout avec la puissance de sa voix. Je ne l'avais jamais entendu chanter et encore moins s'exprimer aussi fort et devant autant de personnes en même temps. Elle l'avait chanté les yeux fermés tout le long de la chanson. Paul ne l'avait pas lâché des yeux.
And so I cry sometimes Et ainsi je pleure parfois
When I'm lying in bed Quand je suis allongée sur mon lit
Just to get it all out Simplement pour évacuer
What's in my head Les pensées qui sont dans ma tête
And I am feeling a little peculiar Et je me sens un peu bizarre
And so I wake in the morning Et ainsi je m'éveille au matin
And I step outside Je mets le pied dehors
And I take a deep breath and I get real high J'inspire profondément et je me sens planer
And I scream at the top of my lungs Et je crie à pleins poumons
What's going on ? Que se passe t'il ?
And I say, hey hey hey hey Et je dis, hey hey hey hey
I said hey, what's going on ? Je disais hey, que se passe t'il ?
-« What's up » des 4 non blondes ? 1992 ? Comment tu connais cette chanson? Demandais-je quand la chanson fût terminée.
-Ma mère chantait souvent cette chanson, répondit-elle tout simplement un peu gênée.
Tous les jeunes applaudirent sa prestation. Justine la félicita et lui dit qu'elle avait une très belle voix.
-C'est cool les chansons de 1992, madame B… dit Paul. Oubliant complètement qu'il avait dit le contraire à Emmet quelques minutes plus tôt.
Paul avait le sourire fendu jusqu'aux oreilles de d'entendre Zoé parler. Il ne pouvait plus arrêter de la regarder. Il avait dit quelque chose à Edward et ils avaient fait une dernière chanson. « Just the way you are » Bruno Mars. Paul l'avait chanté presque tout seul en regardant Zoé. J'avais l'impression que cette chanson était une déclaration d'amour que Paul lui faisait. J'espérais que l'intérêt qu'il lui portait n'était pas que pour satisfaire un besoin hormonal d'adolescents. Que Zoé n'en sortirait pas blessée.
When I see your face Quand je vois ton visage
There's not a thing that I would change Il n'y a pas une chose que je changerais
'Cause you're amazing Parce que tu es extraordinaire
Just the way you are simplement telle que tu es
And when you smile Et quand tu souris
The whole world stops and stares for a while Le monde entier s'immobilise et te fixe du regard pendant un moment
'Cause girl you're amazing Parce que chérie, tu es extraordinaire
Just the way you are Simplement telle que tu es
Edward m'avait lancé quelques regards, mais je ne voulais pas y porter d'attention. Une chance pour moi Alice était partie, elle m'aurait convaincu qu'il me draguait vraiment.
Quand ce fût le temps pour les jeunes de rentrer, Paul s'avança doucement vers Zoé en l'appelant. Elle s'arrêta et se tourna vers lui.
-Bella, je vais coucher les garçons, Seth va s'installer dans la chambre libre, il est tard et fatigué et ne voulait pas reprendre la route. Il a texté ses parents et ils sont d'accord.
J'hochai la tête, puisque mon attention était sur Paul et Zoé. Emmet et Edward regardèrent dans la même direction que moi, attendant la suite tout comme moi.
-Zoé, attends…
Elle arrêta de marcher et se tourna vers lui, mais resta à une bonne distance de lui.
-Je… est-ce… tu voudrais…
-Qu'est-ce que tu veux Paul ?
-Juste… passer du temps avec toi…
-C'est que…
-Je ne vais pas te toucher… ni être trop porche de toi.
Elle semblait réfléchir, analyser ce qu'il venait de lui dire.
-On va faire quoi ? demanda-t-elle.
-Juste jouer de la guitare et tu pourrais chanter ?
Elle sourit.
-Ok oui… on va essayer…
Merde Paul ! Elle vient juste d'avoir 14 ans !
-Bonne nuit Zoé.
-Bonne nuit Paul.
Je regardai Emmet, lui demandant silencieusement ce qu'il était en train de se passer. Il leva les épaules comme s'il n'était pas inquiet de ce rapprochement.
-Elle a 14 ans Emmet !
-Je sais… il le sait… je vais lui parler…
-Tu sais ce qu'elle a vécu… je ne veux pas que ça la fasse revenir dans le même état que lorsqu'elle est arrivée…
-T'inquiète pas… on va les surveiller de près…
Je soufflai fort.
-Tu veux que je revienne t'aider à ranger ? demanda Emmet en voyant que Paul revenait vers nous.
-Ça va aller Emmet, on fera ça demain…
-Ok. Bonne nuit.
-Bonne nuit Emmet.
-À demain Ed…
-À demain Em.
-Seth… aller viens fini les bisous… madame B va s'en prendre à toi si tu mélanges tes fluides à Justine… dit Paul en attrapant son ami par les épaules.
-B'nuit, merci encore pour les cordes de guitare monsieur E, nous dit-il en passant devant nous.
-Ça m'a vraiment fait plaisir… bonne nuit monsieur P…
Monsieur E, Monsieur P !
Edward se leva et ramena 2 bières, il m'en tendit une que je pris et portai à ma bouche. Tout comme hier on se retrouvait ici, tous les deux. Pas que ça me déplaise, Edward était gentil et calme. Il avait tout plein d'autres attraits qui ne me déplaisaient pas mais je ne voulais pas m'y attarder.
-Merci.
-Donc, tu crois que Paul veut échanger des fluides avec Zoé ? demanda Edward en rigolant.
-Évidemment… depuis qu'il est ici, il drague toutes les filles mais avec Zoé… c'est différent… il essaie de lui parler, de l'impliquer, de communiquer avec elle… comme si ce n'était pas que pour la draguer…
-Il y arrive ?
-C'est la première fois, ce soir, qu'elle lui parle, qu'elle lui répond.
-Donc il se pourrait qu'il échange des fluides avec Zoé ?
-Je me trompe où l'expression « échanger des fluides » te fait rire ?
-Je trouve ça très drôle, oui… c'est une drôle de façon de nommer la chose…
-En fait… ça ne nomme pas seulement « la chose » comme tu dis… ça nomme tous les fluides corporels qu'il peut y avoir à échanger ou bien être en contact avec une autre personne…, la salive est un fluide, de même que les larmes, la morve, le sang, l'urine, la sueur, les sécrétions vaginales et le sperme… donc les baisers, les caresses, le pelotage et les relations sexuelles sont interdits ici…
-Est-ce que l'interdiction d'échanger des fluides vaut pour toi aussi Bella ? demanda-t-il en plongeant son regard dans le mien.
J'haletai.
Merde ! c'est quoi ça ?!
-Euh… je n'ai pas eu vraiment le temps pour ça… répondis-je en baissant les yeux.
-Dommage… alors tu es inquiète de ce qu'il pourrait se passer entre Paul et Zoé ?
Dommage !
-Je… je ne sais pas… Elle a vécu tellement de choses horribles… elle va mieux depuis quelques semaines… Je ne voudrais pas que malgré ses bonnes intentions, Paul se laisse emporter et que ça la fasse régresser…
-C'est délicat…
-Tous les soirs, elle le regarde de sa fenêtre jouer au basketball. Il lui envoie la main et chaque fois elle se cache, elle ne lui répond pas. Hier soir, quand elle l'a vu jouer de la guitare avec toi, elle m'a demandé si elle pouvait apprendre elle aussi.
-Je pourrais lui apprendre. Si tu es d'accord. J'ai une formation pour enseigner la musique et la cuisine.
Je le regardai.
-Est-ce qu'il y a quelque chose qui ne te réussis pas ?
-Les relations amoureuses… je finis toujours pas m'enfuir, tout gâcher ou agir en stupide connard… les sentiments et l'engagement me sont inconnus ou du moins ne me réussissent pas sur le long terme… je ne suis bon que pour partager des fluides… enfin… bref…
Ouais… tu voulais savoir Bella !
Edward soupira.
-Ouais… ok… tu serais donc partant pour aider mes jeunes à découvrir la musique ? demandais-je pour changer de sujet.
-Bien sûr… tant que je serai ici, ça va me faire plaisir, répondit-il enthousiaste.
-Je veux faire une demande d'autorisation pour acheter d'autres guitares.
-Oui ce serait bien… c'est l'instrument le moins dispendieux, il ne prend pas beaucoup de place et c'est facile d'apprendre.
-Ok… je vais m'occuper de ça cette semaine.
Je regardais le feu bruler devant moi. Edward posa guitare sur le banc à côté de lui.
-Pourquoi travailler avec les adolescents ? deamnda-t-il.
-Parce que je voulais réussir là où j'ai échoué avec mon fils.
Il y eut un silence avant qu'Edward ne le brise.
-Est-ce qu'on s'en remet ?
Je levai les yeux vers lui. Il précisa sa question, malgré qu'il sache très bien que j'avais compris de quoi il parlait.
-Je veux dire… est-ce que la vie finie par devenir meilleure? Est-ce qu'un matin, on se réveille et la douleur est partie ?
-Non… même après 3 ans… on apprend juste à vivre avec cette perte, avec cette douleur… il y a des moments où te sens bien, vraiment bien, comme aujourd'hui,… des moments où tu te dis que la vie est belle, que le soleil brille encore… et d'autres, où la peine est tellement forte que tu n'arrives même plus à respirer…
Il grattait l'étiquette de sa bière.
-Il me manque, souffla-t-il.
-Moi aussi, il me manque… tellement…
Une larme roula sur ma joue et je la chassai rapidement.
-Désolé… je ne voulais pas te faire pleurer.
-Ça va… la chose la plus difficile c'est de vivre avec la culpabilité… Mon travail prenait trop de place.
-Tu faisais quoi comme travail ?
-Je suis médecin obstétricienne, ma licence est encore valide, mais je ne pratique plus. J'habitais en ville à 2 coins de rue de l'hôpital, c'était ma 2e maison. Je faisais garde sur garde à l'hôpital et il était souvent seul à la maison.
-Je lui faisais confiance, mais il était trop jeune et influençable. Il a commencé à avoir de mauvaise fréquentation et du jour au lendemain il a changé. Je n'ai pas vu qu'il avait un problème de consommation. Je croyais qu'il ne fumait que de l'herbe !
-Et son père ? il n'était pas là ?
-Non… mère célibataire… J'ai eu une aventure avec mon prof de bio au début de mes études de médecine… j'avais 19 ans quand mon fils est né… et monsieur le professeur étant marié, m'a fait un chèque pour que j'oublie qu'il m'avait baisé... j'ai eu une super note en bio… idiot…
-Ça n'a pas dû être facile.
-Non… mais j'ai des parents en or... Ma mère s'est occupée de Jonathan. Elle a organisé un loft dans la pièce en haut du garage de leur maison et j'y ai habité jusqu'à la fin de mes études.
Il prit une gorgée de sa bière et je continuai à parler.
-J'étais à l'hôpital le soir où c'est arrivé. Pendant que j'aidais une femme à faire naître son fils, le mien mourrait, seul, d'une overdose dans son lit, convulsant, s'étouffant dans son vomi. C'était la journée de son anniversaire. Il venait d'avoir 15 ans.
Je reniflai disgracieusement.
-J'étais rentrée pour dîner avec lui et quelques-uns de ses amis. On a même eu le temps de couper le gâteau, j'avais installé la caméra sur un trépied. Je m'en félicite. J'ai enregistré mon dernier moment de bonheur avec lui.
Je pris une gorgée de bière.
-J'ai dû retourner à l'hôpital pour faire un accouchement vers 21h30.
Je pris une autre gorgée de bière. J'aurais vidé une bouteille de tequila au complet, pour endormir le mal qui remontait à la surface. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas raconté cette histoire. Je ne sais pas pourquoi je me livrais aussi facilement à lui. Peut-être parce qu'il avait subi la même perte.
-Quand je suis rentrée à la maison cette nuit-là, il n'y avait pas de lumière dans sa chambre. J'étais tellement épuisée que je ne suis pas allée l'embrasser, comme j'en avais l'habitude… Je me suis dit qu'il devait dormir. Je… je… je suis allée directement me coucher. Je me souviens d'avoir regardé l'heure. Il était 2h22 du matin. Je me suis endormie rapidement.
Il toucha ma main doucement, la pressant pour me réconforter.
-Chaque jour… je me demande… si… si… j'étais allée le voir en rentrant ce… ce soir-là… j'aurais pu… j'aurais pu faire quelque chose… si j'étais arrivée à temps…
Je sentais sa main caresser mon avant-bras.
-Même si l'autopsie a révélé qu'il était décédé autour de minuit… et que je serais tout de même arrivée trop tard pour le sauver…je… j'aurais… MERDE!
-Je suis désolé Bella.
Il m'attira à lui et j'éclatai en sanglot contre son torse. Il ne disait rien. Il n'avait rien à dire. Il me laissa vider toute ma peine, cette peine qui ne partirait jamais. Cette culpabilité d'avoir accepté une garde pour dépanner une collègue qui avait un enfant malade. Son fils n'avait qu'une simple gastro, le mien avait de la putain de cocaïne dans les veines.
Je ne sais pas combien de temps je suis restée contre Edward. J'étais tellement fatiguée de cette peine, tellement épuisée, tellement vidée. J'étais capable de vivre normalement la plupart du temps. De répondre à mes responsabilités, de faire mon travail, d'aider ces jeunes qui me rendaient tellement fière. Ces jeunes pour qui je fais ce travail, pour qui je dédie ma vie aujourd'hui, pour qui je veux faire la différence.
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Isasoleil
