2018 – Avril 1.0
Commencer sa journée avec un cours d'histoire de la magie aurait provoqué la mauvaise humeur de n'importe qui. Mais lorsqu'on était Albus Potter et qu'on savait cette séance dédiée à l'Année des Ténèbres, cela atteignait des proportions inimaginables.
Il arriva tôt dans la salle de cours car il n'avait fait qu'une bref apparition à la Grande Salle ce matin. Sa cousine Rose était déjà là, lisant encore. Il se laissa tomber sur son banc sans un mot. Les deux cousins étaient assez proches pour qu'ils ne pensent pas à s'excuser de leur mauvaise humeur.
— Il paraît que ce mec est un vrai troll, commenta le jeune garçon à l'attention de la jeune fille.
Rose le regarda fixement quelques instants, elle n'avait même pas besoin de formuler les questions qui lui venaient logiquement :
— C'est Dominique et le prof fait parti du fan-club du Survivant.
Albus avait toujours l'air de s'étouffer quand il devait dire « Survivant ». Les gens pensaient que le Survivant c'était son père mais non, papa c'était papa, point final. Personne n'avait besoin d'un héro pour père d'autant plus que les héros n'étaient que des images déformés d'hommes et de femmes très ordinaires par certains aspects.
Alors Albus appréhendait les trois heures qui allaient suivre.
La salle de rez-de-chaussée commença doucement à se remplir. Les élèves papotaient joyeusement, évoquant pour certains ce qu'ils savaient déjà de cette période. Pour une fois les quatre maisons étaient réunis dans un cours cela bouleversait beaucoup les emplois du temps de la semaine mais les élèves appréciaient ce changement. La quarantaine d'élèves faisaient régner un brouhaha inaudible. Albus remarqua que ses amis Scorpius et Spence s'étaient assis sur la table juste devant il les remercia silencieusement, si ce cours devenait trop pénible, il n'aurait qu'à feindre de dormir.
Leur professeur arriva, une tasse à la main et une sacoche collée à sa poitrine.
— Booonnnjooouur ! les salua-t-il affable.
Une vague morne lui répondit.
— Je m'appelle Ervin Perks et j'étudie en profondeur l'histoire de la magie contemporaine dans toute l'Europe depuis six ans. Cela fait quelques années que l'on m'a chargé de dispenser cet apprentissage à Poudlard pour la plus grande joie du Pr. Binns.
Personne ne remarqua sa petite pique.
Il recommença à s'agiter dans un peu tous les sens vidant son sa sacoche sur l'imposant bureau.
— Alors... Qui de vous a déjà entendu parlé de l'année des Ténèbres ?
Une grande majorité des mains se levèrent la plupart des parents avaient profité des commémorations pour faire ce point d'histoire.
— Bien, et qui en a entendu parlé dans un cadre scolaire ?
Étant donné qu'il s'agissait d'une classe de première année, seuls ce qui étaient allé dans une école primaire sorcière gardèrent leur main levée. Cela englobait Albus, Scorpius et une vingtaine d'autres gamins.
— Très bien !
Les élèves avaient du mal à prendre cet intervenant au sérieux. Monsieur Perks était jeune, et paraissait encore plus jeune. Il était vif et ne semblait pas tenir en place. Ses grands gestes, son débit de paroles soutenu et son ton enjoué n'aidaient pas à le considérer comme dispensateur de savoir.
Cela n'était pas qu'une impression. L''historien semblait avoir oublié tout son travail d'objectivisation comme son principe de neutralité, il préférait raconter une histoire avec des gentils, des méchants et surtout un public.
Il avait commencé, un croissant à la main et parlant la bouche pleine par demander :
— Mais au fait, pourquoi on s'est battu contre les Mangemorts ?
Les Première Année l'avaient fixé, ahuris que quelqu'un ose poser une telle question. Personne n'avait proposé de réponse, presque intimidé par cette audace stupide.
— Ce qu'ils proposaient, en quoi c'était mal ? Pourquoi les gens pensaient qu'il fallait se révolter ?
Une main timide se dressa.
— Lève-toi je te prie, demanda poliment Monsieur Perks, tes camarades t'entendront mieux, expliqua-t-il.
— Les Mangemorts tuaient des gens, et c'est mal.
— Quoi ?! s'offusqua-t-il avec exagération. Et on peut savoir en quoi c'est mal ?
Un bruissement confus lui retoqua que :
— Tout le monde sait que tuer c'est mal.
L'intervenant les avait encore taquinés sur ce sujet avant qu'il conclut qu'effectivement l'assassinat était un crime au regard de la loi et un acte immoral car on n'avait ni le droit ni la légitimité de s'approprier la vie d'autrui. Il les fit rire en sous-entendant que c'étaient tous de dangereux psychopathes pour ne pas avoir su lui donner cette réponse.
La suite du cours fut ponctué de rires et de pouffements divers. Leur professeur d'un jour évitait de citer des noms lorsque les faits n'étaient pas avérés mais sinon il s'en donnait à cœur joie. Il relata la guerre avec un réel talent d'orateur tout en faisant appel aux élèves pour apporter des précisions ou un peu de vie au récit. Ainsi il héla une fille de Gryffondor pour la questionner :
— Tu es Lucius Malefoy, tu as prêté allégeance au « Seigneur des Ténèbres » et il te demande de l'héberger, qu'est-ce que tu fais ?
Souvent les élèves étaient perdus mais les plus provocateurs s'amusaient à contre-carrer la vérité en répondant à dessein à côté de ce qui était attendu. Cela ne semblait nullement gêné Monsieur Perks, il continuait son récit, imitant les protagonistes, grossissant leur traits jusqu'à en faire des caricatures. À chaque fois qu'il devait prononcer « Seigneur des Ténèbres » il faisait des mimiques grossières et ridicules, pour « Tu-Sais-Qui », il surjouait la peur et prenait un accent français pour dire « Voldemort ».
La plupart des élèves se payèrent une bonne barre. Il n'était guère agréable d'attendre citer un membre de sa famille proche ou éloignée mais généralement ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Seuls Rose et Albus furent complètement imperméables au jeu de ce comique de service. Rose parce qu'elle prenait consciencieusement des notes et Albus parce qu'il n'arrivait pas à passer outre les représentations de toute ses figures de la Résistance, il avait l'impression de lire un roman de Magicobus, un truc inspiré de faits réels mais pas vraisemblable pour deux noises.
Il en venait même à en vouloir à ses camarades qui laissaient ce charlatan s'en tirait à s'y bon comptes alors qu'il ne faisait que rendre cocasses d'horribles situations. En lisant le parchemin de sa cousine, Albus eut la surprise d'apprendre des choses sur l'Année des Ténèbres.
— C'est son cours ? murmura-t-il surpris.
Sa cousine hocha sobrement la tête :
— Entre deux blagues vaseuses, il explique des choses très intéressantes.
Quand le professeur intérimaire annonça la fin du cours, Albus se sentit revivre. Il fit une copie des notes de rose et s'élança joyeux vers la sortie.
Cet os est écrit pour un jeu du FoF, il fallait le rédiger sur le thème « Enfin » en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un mp.
