Une journée plus tard qu'à l'habitude, ça fait 2 jours que je lis et relis ce chapitre. Je voulais qu'il soit parfait. C'est le chapitre que vous attendiez toutes... on se retrouve en bas ! Bonne lecture.
CHAPITRE 7
Je me réveillai avec une énorme envie de caféine vu. Ce qui n'est pas surprenant vu l'heure tardive à laquelle je me couchais depuis quelques jours. J'avais toujours envie de café le matin, mais ce matin c'était urgent. Je ne pris même pas la peine de m'habiller convenablement, je gardai mon pyjama. Je passai vers la salle de bain et j'avançai instinctivement vers la cuisine. Les filles m'avaient déjà vu en pyjama au levé le matin à plusieurs reprises et il n'était que 8h15. J'arrivai à la salle à manger qui était en effervescence et Emmet m'accueilli. Une merveilleuse odeur d'œufs et de bacon titillait mes narines.
J'aurais peut-être dû m'habiller finalement.
-MErd… Citron Bella, tu es tombée en bas du lit ? Vite un café !
Je mimai « LA FERME » avec mes lèvres et me dirigeai vers la cafetière. Edward était devant la cuisinière avec Paul et préparait des omelettes en très grande quantité. Il se tourna vers moi, cachant Paul de mon champ de vision.
-Ne l'écoute pas cet ours mal léché… moi je te trouve très belle… chuchota Edward en mettant une grande tasse de café au lait dans les mains.
Cet homme est parfait !
-Humm… Merci… dis-je après avoir pris une gorgée de café.
Il leva la tête et regarda derrière moi et rapidement il pressa ses lèvres sur les miennes. Si je n'avais pas été si endomie, j'aurais écarquillai le yeux.
-Bonjour…
-Hummm… encore… trop rapide… dis-je après avoir pris une gorgée de café.
-Je sais… mais t'as vu comme ta maison grouille d'adolescents ?
-Hummm… on répètera l'expérience du feu de camp ce soir… répondis-je après une autre gorgée de café.
-Arrête de gémir Cendrillon… dit-il en attrapant mon bras, me ramenant mon dos contre son torse pressant son érection contre mes fesses
-Hummm…
-Va t'asseoir ma belle, avant que je ne t'emmène dans ma caravane.
Oh oui !
Je pris place autour de la table et tout le monde parlait en même temps. Je continuai de prendre mon café en silence souriant à quelques paroles que j'entendais. Malgré la fatigue et la cacophonie, je ne changerais pas ma vie, j'adore que tous ces adolescents partagent mon quotidien. Edward et Paul posèrent les assiettes d'œufs brouillés, d'omelette et de bacon au centre de la table. Edward s'installa sur la chaise à ma droite. Il pressa ma cuisse sous la table et je me sentis à nouveau belle. Pas belle, canon… juste belle, importante, vivante. Il remplit mon assiette en même temps qu'il remplissait la sienne.
Aucun homme n'avait eu de geste tendre ou affectueux envers moi par le passé. Je n'avais jamais compté pour quelqu'un, je n'avais jamais été choyée, aimée, désirée, ni été importante pour un homme et les attentions qu'avait Edward envers moi étaient grisantes. J'allais vite m'habituer à lui, à ses petites attentions, à son langage sexy et à ses baisers s'il continuait à se comporter de cette façon avec moi.
-Merci les gars… c'est vraiment bon… dis-je.
-Monsieur E est un super cuisinier. Il m'a appris encore beaucoup de truc aujourd'hui, dit Paul.
-Avec la quantité d'œufs qu'on ramasse chaque jour, on doit absolument faire un repas comme celui-là le dimanche matin, décidais-je.
La porte de la maison s'ouvrit pour laisser entrer Alice qui sautillait partout avec des housses de vêtements, Jasper qui trainait derrière elle, pas encore tout à fait réveillé. Edward se leva et revint avec un café qu'il mit dans les mains de Jasper. Jasper le regarda comme s'il lui avait donné la chose la plus précieuse au monde dans les mains. Il le remercia. Il prit place à côté de moi à ma gauche, sous l'invitation d'Edward.
-Il est parfait…
-Ouais… tu n'as pas idée… Alice a travaillé toute la nuit ?
-Oui… je n'ai pas beaucoup dormi, elle était survoltée…
-Sers-toi, c'est Edward qui a cuisiné avec Paul…
-Tu vas bientôt l'embrasser j'espère…
-Déjà fait… chuchotais-je en souriant bêtement.
-Alice va te tuer de me l'avoir dit avant elle.
-Ouais… encore plus quand elle va savoir que je t'ai dit avant elle que je l'ai invité au bal de vendredi soir et qu'il a dit oui.
-Tu vas mourir… scanda-t-il.
Je rigolai et me levai pour mettre mon assiette au lave-vaisselle. Edward était devant l'évier et me la prit des mains.
-Edward, je peux m'en occuper.
-Laisse-moi faire ça pour toi, à défaut de faire autre chose que je sais que tu adorerais, dit-il en souriant.
-J'ai hâte d'y être... soufflais-je près de son visage.
Il est tellement beau !
-Bella…. Bella… ou es-tu ?
-Ici Alice…
-Viens j'ai besoin de toi. J'ai tout un tas de robe à te faire essayer.
Elle me tira par le bras et m'entraina à l'étage où les filles avaient transformé la salle de douche en salon d'essayage. Émilie avait revêtue une robe vert émeraude avec des manches courtes et la jupe qui s'évasait à partir de la taille.
-Émilie tu es magnifique, tu l'aimes ?
-Oui… merci, merci, Alice !
Elle tournait et tournait sur elle se regardant dans le miroir. Justine sortait de la cabine avec une robe rose gomme. Une robe très sobre qui tombait presque au sol en chiffon. Le buste était couvert et deux morceaux de tissus se rejoignaient au cou s'attachant en une boucle, style jabot.
-Je l'adore Alice, je n'ai jamais vu une robe aussi belle de toute ma vie, dit Justine.
-Tu le mérites tellement Ju, dit Alice en la prenant dans ses bras.
-Zoé, tu nous montres ? demanda Alice.
Elle sorti timidement de la cabine, la tête baissée. La robe dans les tons de turquoise foncé pour la jupe avec le buste complétement pailleté, dans les tons d'or et d'argent avec de larges bretelles.
-Tu l'aimes ? demandais-je.
-Oui… elle est belle…
-Mais ? demanda Alice.
-J'ai vraiment le droit de porter une robe comme celle là ?
-Bien sûr que oui Zoé. Tu veux en essayer une autre ? tu veux une autre couleur ?
-Non, non Alice, elle est parfaite.
-Wouah ! les filles, super les robes, dit Jasper installer sur le seuil de la porte.
-Merde Jazz… c'est une réunion de filles, va-t'en, gronda Alice. Elle tenta de le pousser dans le couloir, mais Jasper ne bougeait pas d'un poil.
-Je suis venu dire à Zoé que je l'attends, quand elle sera prête, dans le bureau de Bella. Et mon cœur, tu ne peux pas dire merde ici, l'informa-t-il. Il l'embrassa et il prit le chemin inverse pour aller dans mon bureau.
-Oups…
Les filles éclatèrent de rire. Zoé retourna se changer et je lui dis qu'elle vienne me chercher si elle avait besoin que je sois avec elle et Jasper.
Ce fût au tour de Brianna et d'Anna de faire l'essayage. La robe de Brianna était grise foncé, sans manche, avec du tissu léger pour le bas et le corsage était recouvert de dentelle de la même couleur.
-Je l'adore Alice, merci.
-Tu es ravissante Bree, dit Émilie.
Anna sortie de la cabine à son tour. Elle était vraiment très belle. Une robe longue noire en mousseline de soie à fine bretelle licou, dont la couleur se dégradait du noir au blanc. Le corsage était parsemé de fleur et de motifs en pierre argenté.
-Alice… je crois que je vais pleurer tellement ma robe est belle.
-Oh chérie… ne pleure pas… Alice la cajola un peu avant de se tourner vers moi.
-Ne reste plus que toi Bella.
Elle me sortit 4 robes d'une housse. Une jaune, une bleue foncée, une rouge et une blanche. La jaune était très belle, je trouvais la blanche trop courte, définitivement pas la rouge et la bleue était à mon avis trop semblable à celle de Justine. Alice demanda aux filles d'enlever les robes et de les mettre sur des cintres et une housse. Pendant qu'elles étaient dans les cabines, Alice me pressa pour essayer les robes.
-Alors ? demanda Alice.
-Hummm… tu n'aurais pas quelque chose qui ressemblerait à la robe de Cendrillon mais en plus simple ?
-Tu es bien Bella ? parce que mon amie Bella n'a jamais eu d'idée pour une robe.
-Alice… tu crois que tu pourrais m'en trouver une ?
-Je crois que je pourrais en modifier une que j'ai à la maison. Mais à une seule condition.
-Laquelle ?
-Dis-moi où tu as pris cette idée ?
-Je vais aussi avoir besoin d'un costume pour… mon cavalier.
Alice voulu crier mais je lui mis la main sur la bouche pour qu'elle se la ferme. L'avertissant sévèrement des yeux.
-Edward m'appelle souvent Cendrillon, mais je ne sais pas encore trop pourquoi et je voudrais vraiment… être Cendrillon vendredi soir.
-Bella… ne t'inquiète pas Tatie Alice s'occupe de tout.
Elle rangea en vitesse les robes qui ne servaient pas et aida les filles avec leur housse. Elle quitta l'étage en disant qu'elle avait des mensurations à prendre. Je la suivi dans sa course, inquiète de ce qu'elle allait faire à mon Edward avec son ruban à mesurer. Edward était dehors avec les garçons et Emmet en train de jouer au basketball.
-Le voilà... Edward tu peux venir ici une minute… j'ai besoin de toi… cria-t-elle, surexcitée.
-Euh… ouais…
Il regarda Alice et me vit derrière elle, je lui fis une moue désolée. Il se dirigea vers nous après avoir lancé le ballon à Emmet.
-Qu'est-ce que je peux faire pour toi Alice ?
-J'ai besoin de tes mensurations…
-Ok… dit Edward en me regardant, ne comprenant absolument rien de ce qu'elle racontait.
-Je lui ai demandé de te trouver un costume pour le bal de vendredi, expliquais-je.
-Ah oui… ok… je pourrais aller au centre commercial pour en acheter un.
-Non… je m'en occupe… je dois trouver une robe pour Bella et je veux que ton costume s'agence.
-D'accord… accepta Edward.
Elle commença par enrouler le ruban autour de son cou. Elle mesura la longueur de son bras, de son épaule à sa main.
-Lève les bras…. Dit-elle.
Elle mesura de son aisselle à sa taille. Elle prit une mesure de son torse, sa taille et ses hanches.
-Écarte les cuisses… peux-tu tenir le bout du ruban près de ton aine svp ? demanda-t-elle à Edward.
Elle descendit l'autre bout du ruban jusqu'à sa cheville. Elle avait noté toutes les mesures qu'elle avait prises. Je souriais, habituée à l'effervescence d'Alice. Edward était bon joueur.
-Tourne un peu que je vois ces jolies fesses…
Edward s'exécuta.
-Alice… t'es pas croyable… laisse le tranquille maintenant…
-Non… je veux juste savoir si je dois mettre un peu plus de tissu à cet endroit… oui, voilà… il a la fesse rebondie…
-Alice… grognais-je.
-Tu devrais mettre plus de tissu sur le devant aussi… je crois que je vais avoir besoin d'espace, beaucoup d'espace… j'ai une charmante cavalière pour ce bal… et mon corps réagit énormément en sa compagnie… lui dit Edward.
Alice éclata de rire et moi je rougis.
-Tu as besoin d'une chemise, souliers, chaussette, cravate, bouton de manchette aussi ?
-Absolument… je n'ai pas apporté ce genre de vêtement dans ma caravane.
-C'est bon, j'ai tout ce qu'il me faut. Je reviens mercredi soir pour l'essayage. Bella, reste près de ton téléphone, je vais t'envoyer des photos pour avoir ton avis.
-D'accord…
-Bella… Jasper veut que tu te joignes à nous, cria Paul de la véranda.
-J'arrive…
-Je dois aller en ville cet après-midi, tu as besoin de quelque chose ? demanda Edward.
-Non merci…
-On se voit au feu ce soir ?
J'hochai la tête en souriant.
-À ce soir ma belle…
J'entrai dans la maison et je me dirigeai vers mon bureau. Jasper souriait à Paul et à Zoé. Ils étaient assis tous les deux sur le canapé près l'un de l'autre. Zoé souriait et je me sentis un peu moins inquiète pour elle.
-Bella… vient, me dit-elle.
Je pris place sur la chaise libre.
-Donc, j'ai discuté avec Zoé, et comme tu le sais Paul, elle voulait se confier à toi. Elle voulait que Bella et moi soyons présents la première fois. Est-ce que tu te sens bien par rapport à ça ?
-Oui, je me sens bien. Je veux tout savoir sur Zoé. Je m'intéresse à elle et je suis prêt à l'écouter, dit Paul d'une voix assurée.
Ce gamin est merveilleux !
-D'abord… Paul... je me sens bien quand tu es là… je… c'est… dit-elle nerveusement.
-Zoé… je veux te rassurer. J'aime bien être avec toi. Moi aussi je me sens bien quand tu es là. J'aime la relation que nous avons développée. J'ai envie d'avoir des gestes plus intimes avec toi. Je voudrais pouvoir te tenir la main et caresser tes cheveux. Je sais que tu n'aimes pas qu'on te touche et je respecte ça.
-Paul…
-Attends Zoé… Je me doute bien que tu as vécu des choses horribles dans le passé et je ne veux pas voir la tristesse ni la peur sur ton visage quand je suis près de toi, je ne veux surtout pas en être la cause. Je vois bien ta réaction quand les gars sont vulgaires autour de la table à la cafétéria. Je veux que tu aies envie de me tenir la main et te blottir contre moi, surtout que tu aies envie que je t'embrasse.
Paul rougit. Jasper et moi on était silencieux et j'étais heureuse et fière d'entendre les paroles réconfortantes que Paul avait pour Zoé. Il parlait d'une voix assurée malgré le rebondissement de sa jambe.
-Paul… ce n'est pas facile pour moi… j'ai envie de te tenir la main… mais j'ai peur… j'ai peur que si je te donne la permission de me tenir la main, tu te donnes l'autorisation de faire autres choses qui ne me plaisent pas, dont je n'ai pas envie. Je ne veux plus jamais qu'on me force à avoir une relation sexuelle. Je ne veux plus jamais sentir le poids de quelqu'un sur moi contre ma volonté. Je ne veux plus jamais me sentir aussi sale et nauséeuse.
Pauvre chérie !
-Zoé… Je ne ferai jamais quelque chose que tu ne veux pas. Je ne te forcerai jamais à faire ou pire à subir ce que tu n'es pas prête à faire. Si tu me permets de te tenir la main, je vais être très heureux et je vais m'en contenter.
-Tu ne vas pas en vouloir plus ? Tu ne vas pas m'obliger à t'embrasser et à coucher avec toi ?
-Bien sûr que oui, je vais en vouloir plus! S'exclama-t-il un peu trop fort.
Zoé recula au et se plaça à l'autre bout du canapé.
-Non… Zoé… je me suis mal exprimé… je ne veux pas que tu aies peur de moi…
Elle se détendit mais ne revint pas vers lui. Paul prit une grande inspiration, comme s'il avait besoin de courage. J'imaginais que parler avec sa copine devant Jasper et moi le gênait et le rendait nerveux.
-Ce que je veux dire, c'est que oui, je voudrais en vouloir plus. T'embrasser, te cajoler, te serrer dans mes bras et… euh… faire l'amour avec toi… mais… rien n'est plus important que la confiance que tu as pour moi.
Zoé le regarda en souriant.
-Je vais y aller à ton rythme à toi. Je ne vais rien précipiter, ni rien exiger. Je veux que tu me dises tout ce dont tu as envie. Si tu as envie que je te tienne la main, je le ferai. J'attendrai que tu me demandes de t'embrasser et je t'en prie, si tu as envie de venir te blottir dans mes bras, fais-le simplement.
Elle s'approcha de lui doucement et elle regarda sa main. Paul ne la lâchait pas des yeux, guettant le moindre de ses mouvements.
-Je voudrais bien que tu me tiennes la main. Ici, à l'école et… je voudrais que… tu…
Paul prit sa main dans la sienne. Elle leva les yeux vers lui.
-Demande-moi ce que tu veux Zoé…
Elle hocha la tête.
-Je voudrais que tu sois mon cavalier pour le bal de vendredi soir ?
-Bien sûr que je veux être ton cavalier pour le bal.
Il leva la main de Zoé toujours dans la sienne vers son visage et embrassa ses doigts doucement.
-Paul, Zoé, on va vous laisser seuls un peu, dit Jasper.
On sorti dans le couloir en laissant la porte de mon bureau entrouverte.
-Paul est vraiment un bon garçon, souffla Jasper.
-Je sais… mais il a quand même 17 ans et les hormones en ébullitions.
-Il a beaucoup plus de retenu que j'en avais à son âge. Encore aujourd'hui, je ne sais pas si j'aurais autant de retenue, dit Jasper.
-Tu crois qu'il était sincère ?
Moi je le croyais, et je n'avais aucun doute qu'il ne provoquerait rien dont Zoé ne voulait pas mais, est-ce que Zoé saura se respecter elle-même.
-Oui, je le crois. Mais Zoé… j'espère juste qu'elle ne voudra pas lui donner ce dont elle n'est pas prête juste parce qu'elle se sent coupable de ne pas être une adolescente « normale ».
Je soupirai. J'allais devoir être attentive encore plus à leur relation. Ne serait-ce que pour déceler un malaise ou un changement de comportement.
-Il te reste une chambre de libre au dortoir non ?
-Oui, oui…
-J'ai un jeune que j'aimerais installer ici. Je suis un peu à cours de solution et je voudrais lui offrir un endroit où il fait bon vivre, où il pourrait se faire des amis et où il pourrait avoir envie de continuer à vivre.
-Il est au FREE ?
-Non… il est au département de pédopsychiatrie à l'hôpital. Il a fait deux tentatives de suicide. Il est dépressif et il a des accès de colère. La stabilité et l'ambiance familiale qui règne ici pourrait l'aider à se reconstruire.
-Jasper… je ne sais pas… ce n'est pas vraiment dans mon champs d'expertise. Je vais être inquiète sans bon sens de le retrouver sans vie le matin.
-Je sais… je pourrais venir ici plus souvent. Faire un suivi plus serré.
-Laisse-moi y penser. Je ne suis pas certaine que je sois la bonne personne pour lui. J'ai une super équipe ici, ils sont tous compétents et merveilleux avec les jeunes, mais, nous ne sommes pas habitués à traiter avec des idées suicidaires.
-Prends le temps d'y penser, on pourra en reparler mercredi quand je viendrai.
-D'accord, mais prévoit un plan B pour lui s'il te plaît… je n'ai pas l'habitude de refuser des jeunes parce que c'est un gros défi. C'est seulement que j'ai peur de ne pas être à la hauteur sur ce coup là.
Il hocha la tête. Paul et Zoé sortirent du bureau se tenant par la main. Paul souriait. Zoé rougissait.
-Merci Jasper. Merci Bella.
-Merci docteur J…
Jasper sourit et je secouai la tête. On discuta un peu de ce dont il avait parlé avec Zoé avant que Paul et moi arrivions. On fit le tour des dossiers pour la semaine. Il me laissa avec sa proposition du nouveau pensionnaire. J'avais la trouille et j'avais peur d'échouer. Les jeunes en manque de drogues, en manque d'attention, en manque d'amour, en manque de confiance, maintenant je savais comment y faire. Mais un jeune avec des idées suicidaires, je n'avais jamais eu à en côtoyer. Ils étaient normalement envoyés dans un centre avec plus de personnel et de surveillance. Je ne sais pas si je pourrais y arriver.
La journée passa lentement et je ne cessais de penser à la proposition de Jasper. Ça me retournait le cerveau et l'estomac. J'avais lu un petit résumé du dossier du jeune que Jasper m'avait envoyé par courriel, et j'étais encore plus retournée. J'avais tenté de me changer les idées avec un livre, un film. Même notre traditionnel dimanche à préparer de la nourriture pour la semaine ne suffit pas à me changer les idées. Les jeunes s'étaient aperçus de mon humeur et je leur avais expliqué très sommairement que je me posais des questions sur la venue prochaine d'un jeune. Je n'avais pas l'habitude de refuser un jeune, mais je n'avais pas l'habitude non plus qu'on me propose un jeune avec des idées suicidaires.
Le souper se fit calmement, la mise au lit des filles se fit doucement, comme si elle voulait me donner le moins de tracas possible. Je sortis donc rejoindre Edward à son feu de camp pour tenter à nouveau de me changer les idées. Dès qu'il me vit arriver Edward vit que je n'étais pas trop dans mon assiette. Il se leva pour m'accueillir.
-Hey, viens là… ça va ? Tu as l'air triste, dit-il en me serrant dans ses bras.
-Je suis préoccupée, je dois prendre une décision à propos d'un jeune qui pourrait arriver ici d'ici quelques semaines. Jasper pense qu'il pourrait guérir ici tranquillement. Ce n'est pas un jeune comme les autres.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-J'ai peur qu'on ne soit pas capable de l'aider, qu'on manque d'expérience et de ressources. Jasper m'assure qu'il va être plus présent, mais je dois prendre une décision. Je n'ai jamais écarté un jeune, mais là, je crois que je ne me sens pas capable de l'accueillir ici. Je ne veux pas faire une sélection des jeunes. Je ne veux pas refuser un cas lourd pour en privilégier un plus facile à gérer. Je veux aider tous les jeunes qui en ont besoin.
-Je sais que c'est indiscret, mais pourquoi c'est différent cette fois ?
-Je n'ai encore jamais eu un adolescent qui a des idées suicidaires… il a fait deux tentatives de suicide dans les derniers mois… et il est très violent et dépressif… je ne sais pas… si…
Edward se raidit et s'éloigna un peu de moi. Il prit une grande inspiration et ferma les yeux, sa lèvre inférieure tremblait et sans même que j'ai eu le temps de lui demander ce qu'il se passait, Edward s'excusa et rentra dans sa caravane Buster à sa suite. Je restai figée quelques minutes avant de me diriger vers la caravane. J'hésitai avant de frapper doucement à la porte. Pourquoi avait-il changé de comportement.
J'attendis un peu, je frappai et ouvris la porte doucement. Je rentrai à l'intérieur et je regardai sur ma droite en fermant la porte doucement. Il n'était pas là. Je regardai sur ma gauche et je le vis, assis sur le bout de son lit, Buster à ses pieds. Il avait les coudes sur ses genoux et sa tête dans ses mains. Son corps tremblait et je l'entendais renifler. Je m'approchai doucement. Je restai debout devant lui, m'approchant le plus près de lui possible, et je passai ma main dans ses cheveux les caressant tendrement. Mon cœur se serra quand il s'accrocha à ma taille, me serrant contre lui avec force, son visage pressé contre mon ventre et qu'il éclata en sanglots. J'imaginais que son fils avait mis fin à sa vie. En y repensant il allait bien jusqu'à ce que je mentionne les idées suicidaires du jeune que Jasper voulait installer ici.
-Tu veux que j'appelle Emmet…
Il fit non de la tête et resserra sa prise sur moi. Je le caressai doucement, tentant de le réconforter, malgré la certitude que rien ne l'apaiserait à part le temps.
-Je suis là Edward… ça va aller… je reste là…
Je continuai de le cajoler en silence, comme il l'avait fait pour moi il y a quelques jours. Ça me retournait le cœur et l'âme de voir cet homme si joyeux et sûr de lui, être complètement anéanti par le chagrin. Après ce qui me semblait une heure, je tentai de nous installer plus confortablement, mais Edward s'accrocha à mo, resserrant son étreinte, ne voulait pas me lâcher.
-On va juste s'allonger d'accord… viens là…
Il leva les yeux vers moi et ce que je vis me retourna l'âme. J'avais déjà vu cette peine et cette douleur sur un visage, sur mon visage. Je nous enlevai nos chaussures et nos chandails à capuche et je nous installai sur le lit confortablement. Moi sur le dos, la tête confortablement installée sur les oreillers moelleux et Edward qui grimpa à ma suite s'installant à nouveau la tête sur mon ventre. Son bras autour de mon bassin me tenant fermement. Je caressai à nouveau ses cheveux, n'ayant que ce simple geste pour me sentir utile.
Je ne sais pas combien de temps il s'était passé depuis que j'étais venu rejoindre Edward, lorsque mon téléphone sonna. Je l'attrapai dans la poche arrière de mon jeans en me tortillant doucement pour ne pas réveiller Edward et je répondis.
-Allo… dis-je doucement.
-Bella… où es-tu ?
-Emmet… quelle heure il est ?
-23h00… Paul revient de ta cuisine et me dit que Justine te cherche.
-Je suis avec Edward.
-Je viens d'y aller et le feu de camp est éteint…
-Ouais… dans la caravane… Tu pourrais appeler Leah ou Rosalie. Je vais rester avec Edward cette nuit… il ne va pas bien…
-Ok… j'appelle Rose… tu veux que je vienne?
-Ça va aller Emmet il s'est endormi… je ne veux pas le laisser seul.
-Ok… mais si tu as besoin de moi... n'hésite pas à m'appeler… je laisse mon téléphone ouvert et près de moi.
-Merci Emmet…
-Merci de t'occuper de lui… je sais que tu comprends sa peine…
-À demain
-Bonne nuit Bella.
Edward bougea contre moi. Il leva la tête de mon ventre et vint nicher son visage dans mon cou en pressant son corps en entier contre le mien. Je continuai mes caresses sur son bras qu'il avait passé par-dessus mon ventre.
-Tu veux m'en parler ? demandais-je.
Il prit une grande inspiration et après ce qui semblait une éternité, il parla.
-Mon fils Anthony…
Sa voix tremblait, son corps tressautait.
-Il… il a mis fin… il… il s'est enlevé… la vie…
Je continuai à le caresser en silence. Le laissant évacuer à nouveau toute la peine qui venait de lui bruler les lèvres en prononçant cette phrase.
-Je travaillais beaucoup… sa mère nous a quitté quand il avait 10 ans. Elle n'avait jamais voulu d'enfant. Anthony est arrivé par surprise. Nous étions à l'emploi d'un bateau de croisière qui faisait un trajet dans la mer des caraïbes. On dirigeait les 150 membres du personnel de cuisine à nous deux. Ce n'était que travail, vacances et sexe. Aucune responsabilité et Tanya adorait ça. Elle se sentait libre sur ce bateau. Encore aujourd'hui, elle y est. Elle est venue pour les obsèques à peine 2 jours, et j'ai dû attendre son retour 3 semaines pour tout organiser.
Un enfant ça change une vie et surtout ça vient avec les responsabilités.
-On est rentré un mois avant qu'elle donne naissance à Anthony. Si je l'avais écouté elle aurait accouché sur ce bateau et elle aurait été aux commandes du petit déjeuner le lendemain matin. Dès qu'elle a été remise et capable de travailler elle voulait retourner sur les bateaux. Elle n'était heureuse que sur ces foutus bateaux. Elle a fait quelques croisières 4 ou 5 par année, l'ambiance des cuisines des bateaux c'est enivrant, exaltant. La gastronomie, le luxe et l'extravagance sont de mise et Tanya aimait ça. Elle revenait toujours, pour Anthony, c'était notre entente. Elle n'avait pas de compte à me rendre sauf revenir pour Anthony. Notre relation était une relation ouverte, elle faisait ce qu'elle voulait sur ce bateau. Enfin bref… je crois que nous n'étions plus un couple depuis longtemps, on baisait quand elle était là, une fuck friend, rien de plus.
Tu parles ! Sur un bateau de croisière, sans restriction à la fidélité.
-Quand Anthony a eu 10 ans. Elle m'a annoncé qu'elle ne reviendrait plus que quelques semaines par année. Elle avait accepté un poste de chef sur un bateau qui faisait la méditerranée. Anthony s'est senti abandonné par elle. Il se doutait qu'elle aimait son travail. Ce jour-là, il a changé. Il a compris que sa mère préférait son travail à lui. J'ai fait du mieux que j'ai pu pour soigner sa peine de petit garçon… j'ai échoué…
Il se dégagea de mon corps, roulant pour se retrouver sur son dos, un bras en travers de son visage. Comme s'il ne voulait pas que je le regarde.
-Je croyais qu'il avait réussi à accepter que sa mère l'aimait malgré tout. Son absence se faisait moins lourde et Anthony était redevenu le garçon heureux que j'aie toujours connu. Il voyait Tany fois par année. Elle venait à New York ou c'est lui qui prenait l'avion pour la rejoindre sur une croisière partout dans le monde.
Je voulais qu'il revienne se blottir contre moi. Je sentais un vide et j'avais froid. Mais en même temps je voulais lui laisser un peu d'espace.
-La dernière fois qu'il est revenu, il était triste, renfermé. Tanya m'a confié qu'il voulait rester avec elle, qu'elle le fasse travailler sur le bateau et qu'il continue ses études en ligne. Bref… Tanya n'a pas voulu, elle l'a renvoyé 2 jours plus tôt que prévu. Je n'ai pas l'intégralité de la discussion qu'ils ont eue, mais je sais que mon fils a été blessé par sa mère encore une fois. Ce fut la fois de trop pour lui. Je lui ai laissé du temps, pour avoir une discussion. Je n'aurais pas dû. J'aurais dû exiger la discussion et comprendre que mon fils était dans un sale état psychologique.
Je me déplaçai et me blotti contre son corps. Il sursauta une seconde avant de m'envelopper dans ses bras et d'embrasser le haut de ma tête.
-La semaine suivante, il allait mieux. En y repensant, il avait déjà tout planifié. On a passé une semaine de rêve lui et moi. On a fait des activités, la cuisine et même assisté à un match de baseball. Un soir, alors que je travaillais, il a accroché une corde sur le garde de la mezzanine de notre condo. Quand j'ai ouvert la porte ce soir-là, mon fils était suspendu dans le vide devant moi la corde au cou. Il y avait 2 inscriptions peintes en grosses lettres rouges sur le sol. « Pardon papa » et « Fuck you Tanya ». Je n'ai rien pu faire, le légiste a dit qu'il était mort depuis plus de 5h.
-Oh mon dieu Edward, c'est affreux… je suis tellement désolée pour toi.
Il me serra plus fort contre lui en silence pendant une ce qui me semblait une éternité.
-Bella…
-Oui…
-Est-ce que tu voudrais rester avec moi cette nuit ?
-Bien sûr que je reste ici… Emmet a appelé Rosalie, elle s'occupe du centre.
-Merci… je ne veux pas rester seul…
Je me levai du lit et je me dirigeai vers la petite salle de bain sous le regard d'Edward. J'enlevai mon soutien-gorge, et mes jeans, pour ne garder que ma camisole et mon shorty. Je ne sais pas si c'était une bonne chose de me dévêtir, mais quand j'ouvris la porte, je vis qu'Edward avait ouvert le lit et qu'il était en boxer, torse nu et dos à moi. J'haletai. Je fermai la lumière et me dirigeai vers le lit. Il ne restait que la lumière de la lune. Edward se retourna et mes yeux se posèrent sur le tatouage qu'il a sur son pectoral gauche. Je m'approchai et délicatement je suivi le contour du dessin et de la phrase. Je souris.
-Je t'ai dit que mon fils adorait Toy Story, c'est le dernier dessin qu'il a fait… chuchota Edward.
-C'est un dessin de ton fils ? demandais-je en continuant de caresser l'encre sur sa peau.
-Oui, il était sur mon oreiller. J'imagine… qu'il l'a déposé là avant de…
-C'est magnifique… il était doué…
Le tatouage était une représentation des personnages de Woody et Buzz, dans un motif tribal unique, des étoiles tout autour. Une phrase état inscrite en dessous « vers l'infini et plus loin encore ».
-C'était un artiste… il avait toujours des crayons à la main…
J'embrassai le tatouage doucement avant de poser ma tête dessus, juste à l'endroit où le cœur d'Edward résonnait dans mes oreilles. Edward soupira.
-Tu veux dormir de quel côté ?
-Peu importe, j'ai l'habitude de dormir au centre…
Edward, me tira vers le lit et me fit m'installer au centre du lit, sur le dos et il vint s'installer tout contre moi, un bras par-dessus mon ventre, sa main à plat sur ma hanche. Il nous couvrit de la couette. Edward soupirais d'aise. J'entendis Buster marcher, boire l'eau dans son bol et se coucher sur le sol de la caravane. Edward faisait des cercles avec son pouce sur la peau de ma hanche.
-Bonne nuit Edward…
-Bonne nuit Cendrillon…
Ok… alors...
Ce chapitre il était comment.?!à
A+
Isasoleil
