Aloha !
J'apporte avec moi le chapitre 5... qui n'est pas le chapitre 5 (oups ?), mais plutôt la seconde lettre d'Amy.
Bonne lecture !
lolahg : dééééésolée de ne pas avoir répondu avant ! je vais donc te répondre ici : heureuse que tu apprécies le début et que tu ne sois plus trop fâchée avec Mina ! ^^ Je comprends tout à fait qu'on puisse la craindre/avoir du mal avec elle même si personnellement elle me fait marrer. Merci pour ta gentille review et j'espère que la suite te plaira !
Vlad : il me semblait avoir indiqué dans un des chapitres précédent le prénom complet de Mina mais manifestement j'ai halluciné, sorryyy ! Et quand au fait qu'elle et Amalia soient potes avec les Maraudeurs... disons simplement que ce sont des connaissances plus ou moins proches ^^ Contente que Yaxley te plaise et quant à Roser... non seulement il détient la palme du style, mais en plus il est indétrônable ! J'espère que la suite te plaira !
Seconde lettre depuis Poudlard
27 octobre 1983
Ma douce Mina,
Tu n'as pas répondu à ma lettre, pourquoi ? Dans un sens, je peux le comprendre. Je peux comprendre que tu m'en veuilles, que tu me détestes même… Mais, Mina, j'ai besoin d'une réponse, peu importe ce que c'est. Tu peux m'envoyer une Beuglante si tu le souhaites, je ne serais que trop heureuse d'entendre le son de la voix qui m'a si souvent bercé à Poudlard.
Poudlard, Mina, souviens-toi de Poudlard. Nos rires qui résonnaient contre les murs de pierre, nos pleures étouffés dans un oreiller, nos joies partagées et nos peines étouffantes… Souviens-toi de Poudlard, de nous. Graham, Allister, toi, moi… Plus que des amis, nous étions une famille, Mina.
Je me souviens de nos dernières années à Poudlard, à quel point elles étaient sombres et difficiles. La peur s'était insinuée partout, elle nous accompagnait, nous manipulait. Peu importe où nous allions, elle était là, derrière nous, refermant ses bras glacés sur nous. Mais nous n'étions pas des héros, nous ne pouvions pas agir comme ces personnages de contes qui se battent avec le sourire et triomphent toujours. Nous ne pouvions pas gagner contre nous-même et cette peur qui coulait dans nos veines. Nous aurions été stupides de croire ne serait-ce qu'un instant que nous pouvions vaincre l'obscurité dans nos têtes et nos cœurs. Nous n'avions que 16 ans… tout nous dépassait.
Oh, Mina… je regrette tellement de ne pas t'avoir écrit plus tôt ! Mais comme je te l'ai déjà dit, j'avais peur. Peur de ce ravin qui s'était formé entre nous. Peur de cette même peur qui s'imprégnait en nous il y a quelques années. Peut-être qu'elle ne me quittera jamais, finalement, qu'elle sera toujours là, en moi… Je n'ai pas écrit à Allister ou Graham car je craignais leur réaction. Je sais qu'ils me considèrent comme morte en sachant pertinemment que je suis en vie. Mais ce n'est pas grave, tu sais, je ne leur en veux pas… je comprends. Je crois que, à leur place, j'aurai sans doute agis de la même manière.
Mais vous me manquez terriblement. Tous. Vous me manquez si fort que j'ai parfois l'impression que je vais étouffer, si fort que s'en est douloureux. Nous étions une famille, Mina, la meilleure famille qu'il m'ait été donné d'avoir. J'étais si fière de vous avoir, si fière de pouvoir clamer à qui voulait l'entendre que vous étiez beaucoup plus que des amis à mes yeux… Mais je vous ai pris pour acquis, et je crois que c'est à ce moment-là que le sol a commencé à se fissurer sous nos pieds. Peut-être qu'à la place, j'aurais dû vous aimer un peu plus fort et un peu mieux… Mais au lieu de cela, je suis partie, je vous ai tourné le dos. J'ai grandis. Nous l'avons tous fait. Et peut-être que c'est cela, grandir… faire des erreurs, tourner le dos à quelques personnes, se dire qu'on aurait pu mieux faire. Peut-être que c'est se tromper de route, foirer, aimer, trahir, continuer à avancer, se tromper encore, avoir des remords. Peut-être que grandir, c'est décevoir les gens qu'on aime. Porter le poids de nos erreurs et regretter. Se rendre compte que nos actes ont des conséquences et qu'il nous faut les assumer, qu'on ne pourra plus effacer les ardoises comme avant, tout oublier, tout recommencer. Se dire qu'on aurait pu faire autre chose, quelque chose de mieux, même si, sur le moment, ce que nous avons fait nous paraissait la meilleure chose à faire.
J'ai toujours eu peur de grandir, et je sais que tu partageais avec moi cette angoisse, mais aujourd'hui plus que n'importe quand, je me rends compte à quel point cette peur était superflue et vaine parce qu'elle ne m'a pas empêché de faire des erreurs. Elle ne m'a pas empêché de me détourner de vous et elle ne vous a pas empêché de me laisser partir. Je ne vous blâme pas, ce serait trop facile de vous accuser des conséquences de mes propres fautes comme je le faisais autrefois. Non, c'est moi que je blâme. Il y a cette citation Moldu qui me revient en tête et qui dit que chacun de nous possède deux loups, l'un représentant la sérénité, l'amour et la gentillesse et l'autre la peur, l'avidité et la haine, et que celui qui gagne est celui que l'on nourrit. Je me suis trompée de loup, Mina, je me suis trompée sur tout. Je pensais essayer de sauver tout le monde alors que la seule personne que je tentais de préserver, c'était moi. J'essayer de me protéger de moi-même et je n'ai fait que plus de dégâts. C'est terrifiant, tu sais, de se rendre compte de ses propres failles.
[…]
Corban vient me voir régulièrement ces temps-ci. J'ignore ce qui le pousse à agir de la sorte, car ce n'est certainement pas l'amitié inexistante qu'il éprouve à mon égare qui le fait sonner à ma porte deux fois par semaine. Mais je crois qu'à lui aussi, ça lui a fait quelque chose de perdre Evan, même si je doute qu'il l'avoue à quiconque, et encore moins à lui-même. Peut-être qu'il a un cœur, finalement. Enfin, non. Il a un cœur. Nous avons tous un cœur. Même s'il ne veut pas d'admettre, même s'il se cache derrière des visages froids, des yeux foudroyants et des coups de baguette mortels, il a un cœur. Evan aussi, avait un cœur, après tout. Mais peut-être que, quelques fois, certaines personnes piègent leur cœur dans un océan de glace car c'est trop douloureux d'admettre que les choses atour d'eux, que les autres, peuvent les toucher et leur faire du mal. Alors, à la place, c'est eux qui font du mal et qui se blessent, pour éviter que quelqu'un ne le fasse avant.
Tu me manques.
Je t'embrasse, Amy.
