Note de l'autrice : Bonjour tout le monde. J'arrive avec une nouvelle fanfiction Bellarke. Je me lance pour la première fois dans autre chose qu'un OS. J'ai déjà plusieurs chapitres en stock pour cette histoire et la trame entière donc pas de raison que je n'aille pas jusqu'au bout. Je vais essayer de poster une à deux fois par semaine. J'ai longtemps hésité à poster cette histoire mais je me dis que finalement autant la faire profiter à tout le monde !
Bonne lecture à vous
Disclaimer : les personnages appartiennent à la CW.
Chapitre 1
Pittsburgh, 3 mars
Lorsque j'ai appris la mort de mon père, j'étais dans ma chambre et je travaillais sur mon devoir de mathématique que j'avais décidé d'attaquer immédiatement aux aurores. C'est pour cela que je n'avais pas été au dîner chez les Jaha. Ces soirées là terminaient toujours à plus de minuit et il était hors de question que je décale mon rythme ce weekend. La semaine qui arrivait était importante avec beaucoup d'examens. Wells, le fils des Jaha et meilleur ami, m'avait reproché mon manque de lâcher-prise sans réellement m'en vouloir. Parce que c'est ce que font les amis.
Je travaillais donc dès le petit matin sans avoir pris le temps de descendre prendre mon petit déjeuner. Je ne voulais pas réveiller mes parents qui étaient probablement rentrés tard dans la nuit puisque je ne les avais pas entendu. Ce fut le bruit de la porte d'entrée et le léger brouhaha qui me poussèrent à me lever pour aller voir ce qui pouvait bien se passer. Je reconnus les chuchotements de ma mère mais aussi la voix de Thelonius, le père de Wells. Au fur et à mesure que je descendais les escaliers, je distinguais la voix de Wells et de Marcus Kane, un élu et collègue de mon père de la ville de Pittsburgh. C'est étrange comme dans ce genre de moment, on remarque immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond.
- Ça va aller, tu devrais t'asseoir. Wells, il faut réveiller Clarke.
J'étais déjà en bas des escaliers lorsque Wells remarqua ma présence. A voir leur visage fermé et ma mère recroquevillée sur elle-même, je compris immédiatement qu'une chose horrible venait de se passer. Et parce que c'est ce que font les amis, Wells me prit par les épaules pour que je puisse m'asseoir à côté de ma mère qui n'osait pas me regarder. Il me prit alors doucement la main. Ma bouche devint subitement sèche et mon cœur prit une embardée.
- Où est papa ? demandai-je.
Ma mère poussa un sanglot douloureux, pliée en deux et Marcus me prit les épaules pour que je le regarde.
- Ta maman et ton père ont eu un accident dans la nuit. Je suis désolé Clarke. Ton père n'a pas survécu.
- C'est de ma faute Clarke, pardonne moi, je conduisais, j'avais bu…
La suite est beaucoup trop floue. Ma mère qui m'explique qu'une voiture a frappé le siège passager par la droite, qu'elle va avoir des soucis car elle avait de l'alcool dans le sang, que c'est de sa faute. Et puis ce bourdonnement incessant dans mes oreilles. L'agitation autour de moi lorsque tout le monde se rend compte que je suis tétanisée et que je ne réagis apparemment pas. Wells qui me secoue le bras. Mes yeux rencontrent les siens et cette colère sourde qui monte en moi. Je n'ai jamais su pourquoi j'ai tout lâché sur lui et pourquoi de cette manière. Mes parents avaient bu ce soir là, ils n'auraient pas dû prendre la route et Wells les a laissé partir. Wells a toujours eu un discours sérieux sur ce sujet et voilà qu'il n'avait pas appliqué toutes ses belles paroles. Et puis normalement, lorsque des amis ont trop bu, on les arrête avant qu'ils ne prennent le volant. Parce que c'est ce que font les amis.
Mon père était élu à la mairie de Pittsburgh alors ça n'a pas arrêté toute la journée que j'ai passé en majorité dans ma chambre. Ma colère contre Wells ne s'est jamais estompée. Il m'a apporté une soupe que je lui ai renvoyé en pleine face. Il m'a demandé pardon, il a pleuré et j'ai envié ses larmes que je n'arrivais moi-même pas à trouver. Pour ma mère c'était encore pire, c'était de sa faute et j'étais d'accord avec elle. Au bout d'un moment, j'ai reçu des messages de personnes de mon lycée. Les informations tournent vite à l'heure des réseaux sociaux. Je n'ai jamais répondu. Je n'avais qu'un seul ami et il est mort en même temps que mon père. Le soir venu, seul Marcus Kane est resté. Il est venu me voir pour me dire qu'il avait prévenu le lycée de mon absence.
- J'irai au lycée demain, dis-je platement.
- Comment ça Clarke ?
- C'est la semaine d'examen, ce sera décisif pour l'année prochaine.
- Tu as aussi le droit de te reposer, je suis certain que ça ne changera rien…
- Si ça changera quelque chose. Je dois continuer de vivre sinon je vais totalement couler. Et papa n'aurait pas voulu ça. Bonne nuit Marcus.
Le lundi matin, je faisais subitement moins la fière face à tous les regards qui se tournaient vers moi. Je décelais dans le regard des gens de la pitié, de la compassion mais aussi chez d'autres une fascination presque malsaine. Je me retins plusieurs fois dans la journée de demander aux gens s'ils voulaient me prendre en photo afin de la mettre sur Instagram une bonne fois pour toute mais je n'avais clairement pas la force.
D'abord, je dus faire face à Wells et je fus effarée de ressentir à nouveau cette colère contre lui. Il essaya plusieurs fois de me parler lors des interclasses mais je l'ignorais royalement. Je voyais la douleur dans son regard et j'en éprouvais presque une certaine satisfaction. Tu souffriras autant que je souffre. Si tu les avais arrêté ce soir là...
Mon père me disait souvent que la vie nous apportait toujours un cadeau ou un signe lorsqu'on était au plus bas. Une chose qui nous permet d'avoir quelques secondes de répit et de se dire que finalement on va continuer à avancer. Cette journée là pourtant, tout me poussa à croire que j'aurais mieux fait d'écouter Marcus et rester chez moi. Raven, une fille avec qui j'avais eu un clash il y avait trois ans de ça car j'avais flirté avec son petit ami sans le savoir, était venue dans mes bras pour me donner ses condoléances. Lexa, mon ex-petite amie et son amour de toujours Costia m'avaient gentiment proposées de manger avec elles à midi mais qui aurait accepté cela sérieusement ? Cette journée tournait à la catastrophe avec l'impression que les astres avaient décidé de s'aligner pour m'en faire baver. Je croisais exactement toutes les personnes que je n'avais absolument pas envie de voir.
Le dernier examen de la journée était celui de mathématique. Ma gorge se serra dangereusement lorsque je lus le sujet de géométrie. C'était ce que je révisais juste avant que ma mère rentre à la maison et que tout s'effondre dans ma vie. Et alors que j'avais réussi avec brio mes précédents examens, cette fois-ci je séchais totalement avec l'impossibilité de me concentrer sur ce que je faisais. Je sursautai lorsque j'entendis une chaise grincer brusquement, annonçant qu'un élève s'était levé. A peine le temps de me retourner que Bellamy Blake traversait la rangée avec sa copie en main. Je jetai un coup d'œil à ma montre et effectivement il était possible de rendre son devoir.
- M. Blake, vous devriez tenter au moins l'exercice trois.
- C'est une perte de temps, répondit-il en rabattant son sac sur son dos.
Il tourna les talons et avant même qu'il ait eu le temps de fermer la porte j'étais également debout à rendre ma copie à peine achevée. Cette fois, la professeure se montra carrément choquée.
- Mademoiselle Griffin ! Vous n'allez pas partir maintenant tout de même ?
- Il a raison, c'est une perte de temps, dis-je en tournant les talons.
Bellamy Blake me regarda étonné mais me tint tout de même la porte avant de me suivre dans les couloirs.
- La petite princesse fait des siennes à ce que je vois !
Je m'arrêtai un instant, l'air blasé et plongeai mon regard dans le sien.
- Pas aujourd'hui Bellamy.
Son expression changea. Il y avait dans ses yeux quelque chose que je n'avais jamais remarqué auparavant. Bellamy Blake était ce grand brun ténébreux au fond de la classe qui avait redoublé deux fois et qui empêchait régulièrement la classe de fonctionner correctement. Un cliché sur pattes. Je le prenais pour un parfait idiot qui gâchait sa vie. Et je venais d'avoir un comportement similaire au sien. La honte me submergea.
- Hey… Parfois il arrive qu'on ait besoin de tout envoyer en l'air et il n'y a pas de mal à ça.
- Je n'ai pas besoin de tes conseils, dis-je perturbée par ce comportement que je ne connaissais pas venant de lui.
Et une fois encore cette colère sourde qui m'envahissait sans que je ne puisse la contrôler. Lorsque je jetai un coup d'œil en arrière, Bellamy avait disparu.
