NAD : Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd'hui avec un nouveau chapitre qui j'espère vous plaira.

Réponse à ma guest :

Donia : Merci pour ton commentaire. Ah bon tu n'aimes pas Wells ? C'est la première fois que j'entends ça haha. Moi je trouve qu'il n'a pas eu suffisamment de screentime pour me faire un réel avis et c'est d'ailleurs bien dommage (il semblait être quelqu'un de bien mais dans l'univers de The100 une personnalité peut vite changer) et comme je n'ai pas lu les livres, je me laisse porter par mon imagination. J'espère que le caractère de Bellamy te plaira toujours tout autant en tout cas. Bonne lecture et merci encore.


Chapitre 5

- Clarke ! Clarke ! Réveille toi ! J'ai une grosse galère, mon scooter vient de me lâcher ! Clarke !

J'émergeai difficilement en tentant de comprendre ce que Gaïa me disait. Un coup d'œil au réveil m'annonçait qu'il était sept heure passé. J'attendis que Gaïa reprenne la parole alors que je me frottais les yeux pour me réveiller complètement.

- Il faut absolument que tu m'emmènes ! Maman a dit que tu pouvais prendre sa voiture. J'ai un examen super important ce matin.

Cette fois je me leva d'un bond en comprenant l'urgence de la situation.

- C'est bon Gaïa, t'inquiète pas on va y aller, dis-je en sautant dans un jean.

- Oh merci beaucoup, je sais que le mercredi est habituellement le jour où tu commences un peu plus tard…

Je lui fis signe qu'il n'y avait pas de problème et en un rien de temps nous étions dans la voiture d'Indra.

- On sera à l'heure ne t'inquiète pas, arrête de ronger tes ongles !

- Il est super important cet examen et si je le loupe je peux dire adieu à mon année.

- Je t'assure que tu es prête, dis-je dans un calme olympien en laissant passer une bande de lycéens sur le passage piétons. Je suis certaine que ce sera dans la poche.

- J'espère, soupira-t-elle. Au fait, je change de conversation mais je pensais que tu aurais pu aller chercher ta propre voiture un de ces jours. En plus j'ai toujours rêvé d'y monter.

- Tu as raison, dis-je au bout d'un moment. Je suis partie de chez moi avec tellement de précipitations…

Mes pensées prirent le dessus. Je me rendais compte que je souhaitais pouvoir me déplacer comme je le voulais et que j'avais besoin de ma voiture. C'était un cadeau de mes parents pour mes seize ans. Une magnifique Audi A1 rouge dans laquelle on avait passé des après-midi à voyager à travers le pays avec Wells. Parfois, on sortait juste pour rouler et parler. Ces moments me manquaient terriblement. Si j'allais la récupérer après avoir déposé Gaïa, ma mère ne serait pas là. C'était une évidence mais pourtant, une fois sur le parking du lycée et Gaia rendu à son examen, je me sentis prise d'une vague de stress à l'idée de retourner chez moi. Je sortis de la voiture pour me mettre les idées au clair.

- Clarke ?

- Bellamy ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu n'as pas cours ?

Bellamy était arrivé depuis le terrain de sport et s'approchait de moi.

- Le prof est absent. Dommage, le sport est bien la seule matière dans laquelle je m'éclate.

- Ne dis pas ça, en plus j'ai remarqué à quel point tu t'en sortais bien dans les matières scientifiques.

- Et toi alors, qu'est-ce que tu fais ici ?

- J'ai déposé Gaïa. Son scooter est tombé en panne et sa mère nous a prêté la voiture pour que je l'emmène.

- Oh et qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? Parce que je souhaitais aller voir O' mais elle m'a dit qu'elle avait une séance de kiné.

- Pour tout te dire je voulais aller récupérer ma propre voiture mais je vais me retrouver avec une voiture en trop donc ça veut dire que je dois aller déposer d'abord celle-ci et ensuite prendre un bus pour…

- Ou au pire je viens avec toi, coupa-t-il dans un sourire moqueur.

Je m'apprêtais à répliquer quand je me rendis compte que c'était une excellente idée. La seule chose qui m'angoissait était de me rendre simplement chez moi. De voir ma maison vide sans mon père dans son bureau me tordait le ventre rien que d'y penser. Mais il fallait bien un jour où l'autre que j'affronte ça. Je fis un signe de tête à Bellamy de monter. Après tout, ça me faisait plaisir d'être en sa compagnie quoiqu'en dise Wells sur sa réputation surfaite. Le voyage fut bien silencieux. Il faut dire que mes pensées tournaient à cent à l'heure. J'avais peur de ce que j'allais ressentir en retournant chez moi et plus on s'approchait, plus je me sentais nauséeuse.

- Hey, dit Bellamy doucement, si tu veux faire demi-tour on peut toujours le faire.

Je devais réellement être dans un sale état pour qu'il s'aperçoive de mon trouble. Je lui répondis rapidement que tout irait bien et on arriva devant chez moi. Je me gara prudemment et tenta d'afficher un sourire.

- Et voilà on y est dis-je d'une voix plus aiguë qu'à la normale. Je vais en profiter pour aller chercher quelques affaires, tu veux descendre ?

- Carrément ! Je crois que c'est la première fois que je vois une aussi grande maison. Pourquoi t'as jamais organisé de fêtes ici ?

- Qui te dit que je t'aurais invité ? narguai-je avec amusement.

Bellamy secoua la tête dans un rire en guise de réponse. Il avait un visage particulièrement lumineux lorsqu'il souriait et c'était la première fois que je m'en apercevais. Je sentis alors une vague de courage monter en moi et on avança vers la porte d'entrée.

- Bienvenue chez moi, dis-je en ouvrant la porte.

L'odeur habituelle de ma maison me frappa de plein fouet. Parce que c'était rassurant et parce que j'y décelais encore l'odeur de mon père. A droite de l'entrée, il y avait son bureau et je m'attendais à le voir sortir. Évidemment, la porte resta close et la peine que je ressentis fut immédiatement remplacée par l'immense déception de voir ma mère débarquer dans l'entrée. Ses joues creuses et son teint grisâtre ne réussirent pas à m'émouvoir pour un sous. Mon cœur prit une embardée et je sentis mes joues prendre feu. A cet instant, il n'y avait plus que ma mère et moi qui pensait à Gaïa qui m'avait poussé dans un piège. J'en étais certaine.

- C'est toi qui a demandé à Gaïa de me suggérer de venir.

- Clarke… Chérie… S'il te plait, tu dois revenir à la maison, on doit affronter ça ensemble…

- JE NE VEUX PAS TE VOIR ! explosai-je. PAPA EST MORT PAR TA FAUTE PARCE QUE TU CONDUISAIS ! JE NE POURRAI JAMAIS TE REGARDER EN FACE SANS VOIR LA MEURTRIÈRE DE MON PÈRE !

Je tremblais littéralement de rage et je commençais à voir flou. Ma mère s'effondra en larmes. Vas-y souffre, souffre et souffre encore. La voix de Bellamy me ramena sur terre.

- Clarke, ce n'est pas utile. Prends tes clés.

Des larmes de colère coulaient sur mes joues et je les essuyais rapidement avant de parcourir l'entrée pour aller chercher mes clés de voiture dans la boîte habituelle qui trônait sur le petit meuble de l'entrée. Ma mère continuait de supplier et de pleurer mais je restais sourde à ses réclamations. En quelques secondes, j'étais devant ma voiture attendant Bellamy qui fermait délicatement la porte d'entrée. Il s'approcha de moi doucement et posa une main rassurante sur mon épaule.

- Est-ce que ça va aller pour conduire ? On peut faire deux aller-retours.

- Non, on n'aura pas le temps. Et puis on a cours.

Il eût le bon goût de ne pas rigoler sur le fait que les cours n'étaient pas important et il me pressa l'épaule en me lançant un regard d'encouragement.

- Écoute, dis-je en contrôlant mes émotions, je suis désolée pour la scène à laquelle tu viens d'assister…

- C'est rien, dit-il. Allons-y. Je te suis, on dépose la voiture chez Gaïa et ensuite on va ensemble au lycée. On a cours de math ensemble en plus.

Une fois qu'on avait déposé la voiture d'Indra, j'invitais Bellamy à conduire mon Audi. J'avais besoin d'envoyer un message à Gaïa.

- Tu devrais éviter de te lâcher sur Gaïa, crois moi ça ne servirait à rien, lâcha Bellamy alors que j'étais concentrée sur mon portable à écrire un énorme pavé.

Je lui jetai un regard. Son visage calme observait la route et sa conduite était particulièrement agréable. Il avait raison. J'effaça le message à l'encontre de Gaïa. Elle avait juste voulu bien faire. En plus, cela ne me ressemblait pas de réagir de cette manière.

- Tu as raison, dis-je en lançant mon portable sur la banquette arrière avant de coller ma tête contre la vitre.

- Je sais ce que tu ressens Clarke, me dit-il en posant à nouveau sa main sur mon avant bras.

Que c'était bon et rassurant d'être avec lui. Comment est-ce que j'avais fait pour ne pas me rendre compte que Bellamy était un garçon aussi bien ? Il activa la radio.

- C'est ma chanteuse préférée, déclarai-je platement lorsque la voix de Sia s'éleva.

- Je l'aime beaucoup aussi.

- Non sérieux ?

- Bah puisque je te le dis, j'ai emmené Octavia à son concert l'an dernier et depuis j'avoue que j'écoute de temps en temps.

Je me redressais afin de trouver de la malice dans son regard mais il était très sérieux.

- Est-ce que tu travailles beaucoup en dehors du lycée ?

- Est-ce tu demandes ça parce que j'ai eu les moyens d'acheter des places de concert ? dit-il dans un rire moqueur.

- Ben… Oui, avouai-je. Les places ne sont pas données et comme tu m'as dit que t'étais dans une famille d'accueil…

- En vérité, on a un petit héritage et j'ai pioché un peu dedans. Mais sinon je travaille quand même énormément en dehors du lycée. Je ne suis pas certain que je ferais des études supérieures un jour mais j'aimerais qu'on puisse vivre décemment avec Octavia. Qu'on ait de quoi se payer une assurance, qu'on ait notre logement à nous, qu'on puisse payer facilement le club de boxe et qu'elle puisse aller à l'université car elle a bien plus de capacité que moi. Alors je mets de côté au maximum. C'est pour ça que le lycée et moi tu sais… Ce n'est pas ma priorité.

- Pourtant si tu avais travaillé au lycée, tu serais déjà sortie du cadre des études et tu pourrais travailler à plein temps.

- Tu marques un point mais tu sais j'ai perdu une année lors de la mort de ma mère. Elle était malade et c'était difficile. Et puis l'an dernier, c'était parce que financièrement ça m'arrangeait bien de rester une année de plus. L'an prochain Octavia et moi devrions avoir notre propre logement.

- C'est compliqué, dis-je avec compassion. Vous vous en sortirez.

Je n'avais jamais eu à penser à tout ça. Je vivais dans un cadre dorée et Bellamy vivait clairement dans une autre réalité. Mon père était pourtant défenseur des travailleurs et essayait au maximum de me faire comprendre la chance que j'avais. Mais rien de mieux que de réellement fréquenter et discuter avec des gens réellement concernés par ces problèmes de la vie.

- Oh the past it haunted me, oh the past it wanted me dead, oh the past tormented me, but the battle was lost, cause I'm still here ! chanta-t-il en même temps que Sia.

Il me surprenait de jour en jour et chaque fois c'était dans le sens positif. Depuis quand savait-il chanter ? Il me jetait des coups d'œil pour que je le rejoigne dans ses vocalises. Je souriais timidement, levais les yeux au ciel et finalement je repris le dernier refrain en même temps que lui. J'avais oublié à quel point l'art soulageait tous les maux et le chant était de ceux qui vous consolait en un rien de temps.

- Je rêve où cette fille a vraiment une voix de princesse ! Mais t'es une princesse, tu peux le dire ! dit-il en se garant sur le parking de l'école.

- J'ai juste été au conservatoire étant petite car j'apprenais la guitare, on avait les cours de chant obligatoires.

- Alors ça c'est une excuse parce que tu pourras donner à certains des cours de musique pendant des années, ils chanteront toujours comme des casseroles. Et quand tu veux pour faire un duo chant/guitare ensemble. Parce que tu as du voir à quel point je chante particulièrement bien.

Je rigolai franchement en guise de réponse et sortis de la voiture. Bellamy me lança les clés que je rattrapa en plein vol.

- Je conduis ce carrosse dès que tu le souhaites princesse !

- Je ne suis pas une princesse, dis-je me dirigeant vers le lycée.

- T'es une fille, tu chantes, ta famille dirige cette ville : t'es une princesse.

Je lui lançai un regard mi-amusé mi-blasé. La foule du lycée me ramena sur terre. Je croisai Wells qui m'adressa un regard vide en me voyant avec Bellamy. Apparemment, il ne souhaitait plus revenir à la charge. Notre amitié était réellement terminée. J'essayai de me réjouir de cette pensée mais c'était impossible. Tout le bénéfice de ma sortie avec Bellamy semblait déjà perdu. Je commençai à me sentir un peu mal et je fus soulagée d'arriver dans la salle de classe où je pris ma place au premier rang. Bellamy grimaça et alla s'installer au fond de la salle. Je masquai ma déception. J'aurais aimé qu'il soit avec moi. Il aurait pu travailler correctement au premier rang. Moi comme d'habitude, je tentais de m'accrocher à cette matière sur laquelle je n'arrivais pas à augmenter mes résultats depuis la mort de mon père. Le cours commença et mon mal-être augmentait au fur et à mesure que le cours avançait et que je me perdais dans les explications de la professeure. Je me retrouva avec les mains moites et le souffle court. Je m'agitais sur ma chaise sans le vouloir et une force me poussait à m'enfuir de cette salle de classe dans laquelle j'étouffais. Au bout d'un moment, je n'entendais plus rien autour de moi qu'un affreux bourdonnement. Je vais mourir, je vais mourir, je vais mourir. J'avais l'impression que j'allais littéralement imploser et des larmes de panique montèrent sans que je ne puisse rien contrôler. Au loin, je perçue l'inquiétude de la classe mais j'étais dans une bulle imperméable au monde extérieur. Peut-être allais-je y rester jusqu'à la fin de ma vie. J'entendais mon cœur battre à une vitesse que je ne croyais même pas possible.

Une main m'attrapa par le bras pour m'aider à me lever. Je tenais à peine sur mes jambes mais on m'aida à sortir de la salle de classe. Je commençais à reprendre mes esprits et l'odeur qui m'accompagnait me parut familière. Pourtant je n'entendais toujours rien et je me mis à sangloter.

- Je deviens folle, je deviens folle…

- Tout va bien Clarke, on arrive à l'infirmerie.

- Bellamy ? Désolée…

- Désolé de quoi ? Ce cours me soulait de toute façon !

- J'vais jamais réussir mes études, il y a un truc qui cloche chez moi.

Je me retrouvais avec l'infirmière qui prit le temps de prendre ma tension et me laisser me calmer. Au bout d'un temps qui me parut une éternité, tout sembla s'apaiser.

- Vous nous faites une belle crise d'angoisse. Prenez ceci, c'est à base de valériane, ça vous fera du bien. Clarke, vous traversez un passage difficile c'est normal ce qu'il vous arrive.

Elle me parla de voir un psychologue, de me faire aider et je pris toutes les cartes et prospectus qu'elle me proposa. Je me sentais éreintée et je n'avais qu'une envie c'était de dormir. Je restai jusqu'à la fin de l'heure à l'infirmerie et attendit que l'interclasse passe avant de sortir. Je voulais rentrer chez moi mais je ne me sentais pas de conduire seule. Et si cette crise revenait ? Je m'arrêta nette en voyant Bellamy assis sur un banc du couloir à m'attendre.

- Tu devrais être en cours Bellamy, dis-je la voix pâteuse.

- Est-ce que tu veux que je te ramène chez toi ? Tu as l'air épuisée.

Il allait loupé la classe à cause de moi et il était hors de question qu'il fasse cela. Je secoua la tête. Maintenant que je reprenais mes esprits, il était hors de question que je loupe une journée.

- On va aller en classe, toi et moi, dis-je avec sérieux en le regardant droit dans les yeux.

- Tout ça Clarke, c'est parce que tu gardes trop en toi…

- Bellamy, coupai-je, ce n'est pas le moment et je n'ai franchement plus envie d'en parler. Plus tard d'accord ? Allons-y, on est en retard.

La journée se déroula comme si j'étais dans une autre dimension mais à la fin, j'étais certaine qu'il fallait que je trouve une solution pour que cette colère me quitte. Et plus j'y pensais, plus je me disais que mon père n'aurait jamais voulu ça. A la fin de la dernière heure de la journée, je m'approcha de Bellamy et sa bande de pote qui discutaient joyeusement.

- Um, Bellamy ?

- Oh voilà Griffin qui s'est évanouie en classe !

- La ferme Murphy, lança Bellamy.

- Quoi tu défends les gosses de riches toi maintenant ? déclara celui qu'on s'amusait à appeler la vipère avec Wells.

- Je peux savoir ce que je t'ai fait ? lançai-je à Murphy.

- C'est surtout ce que la politique que mène ton père et ses petits copains qui…

Il n'eût pas le temps de terminer, Bellamy l'avait brutalement poussé contre le mur. Je sursautai et face à l'escalade de violence et je pris mes jambes à mon coup. Je n'avais aucunement l'envie d'être au centre de l'attention et encore moins provoquer la fin d'une amitié. En plus de cela, j'étais à des années lumières de ce genre de conflits et je n'avais absolument pas la force de m'engager dans ce genre de chose.

- Clarke, attends ! Excuse moi ! Écoute Murphy est parfois très stupide quand il s'y met. Je suis désolé, il ne recommencera plus.

Je fis volte-face et Bellamy manqua de me rentrer dedans.

- Ça n'a rien à voir avec ça, dis-je pour le rassurer même si j'appréciais moyennement la violence de ce genre. Je voulais juste que tu me ramènes chez moi car je ne me sens pas de conduire c'est tout et puis… Et puis…, ma gorge se serra dangereusement. Je suis tellement triste, dis-je en fondant en larmes. Et je suis en colère contre ma mère et contre Wells et en même temps je sais que Wells n'y est pour rien dans toute cette histoire. Mais je ne comprends pas pourquoi mon père est partie comme ça et c'est pas juste… Je voudrais juste qu'il soit là et j'ai tellement mal tout le temps. Il y a un truc qui se bloque en moi...

Plus je pleurais, plus ça me soulageait. Si cela ne m'avait pas fait tant de bien, j'aurais eu honte de craquer de la sorte devant Bellamy. Mais il s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras et je m'y réfugiais sans honte. Parce que c'était comme une évidence avec lui. Toutes mes émotions se libérèrent et même lorsque le flot de larmes sembla se calmer, il y en avait encore qui revenaient mais plus silencieuses. La colère sourde avait laissé place à une immense tristesse. On se dirigea en silence vers ma voiture.

- Je voudrais rentrer chez moi, dans ma maison, dis-je telle une petite fille perdue. Mais j'ai tellement peur de ce que je vais ressentir. Tout à l'heure, j'avais l'impression de le voir partout.

- Tu sais, dit Bellamy en démarrant, ça me faisait pareil lorsque ma mère était morte. J'étais si en colère et je ne voulais pas retourner chez moi. Mais plus tu attendras, plus ce sera difficile d'avancer Clarke.

- Si j'avance… J'oublierai mon père, rétorquai-je dans un sanglot. Bellamy, est-ce que tu te souviens de ta mère ? J'ai tellement peur de l'oublier. Au moins quand j'ai mal, il est toujours là.

Bellamy freina et s'arrêta sur le bas côté.

- Clarke, je peux te jurer que tu n'oublieras jamais ton père. Crois-moi. Je te le promets.

J'observa son visage, ses petites tâches de rousseurs qui parsemaient sa peau bronzée et son regard noir si grave à cet instant. Il avait un petit sourire compatissant sur ses lèvres. Mes émotions étaient tellement fortes et confuses que j'eus l'irrépressible envie de me jeter sur lui et de l'embrasser. Je chassa cette pensée aussi vite qu'elle était venue et je l'enlaça à la place, humant son odeur que je pouvais déjà reconnaître entre mille. Je soupira de bien-être.

- Allons chez moi.

La colère ne servait à rien. Je le savais désormais. Je n'étais pas obligée de pardonner ma mère mais je ne pouvais pas fuir indéfiniment ce qui me faisait du mal. Sur le chemin, Bellamy m'expliqua qu'à la mort de sa mère, il s'était promis de protéger sa sœur jusqu'à la fin de sa vie. Qu'elle était sa responsabilité.

- C'était la promesse que j'avais fait à ma mère. Ma sœur, ma responsabilité.

- Moi j'ai promis à mon père que je réussirais mes études et que je ferai toujours du mieux que je peux pour transmettre le bien.

- Alors avance avec cette pensée, compléta Bellamy en pénétrant dans l'allée qui menait à ma maison.

- Ma mère ne va pas comprendre pourquoi je suis de retour alors que je lui hurlais dessus ce matin.

- Ça ira ne t'inquiète pas.

Bellamy me laissa devant chez moi et m'indiqua qu'il allait rentrer à pieds car il avait du temps à tuer avant d'aller voir Octavia. Je lui proposai de venir boire un thé mais il déclina l'invitation. Je le salua en le remerciant pour tout.

Ma mère ne dit rien quand je pénétrai dans le salon mais je vis qu'elle était heureuse. J'envoya un message à Gaïa et Indra pour signifier que j'étais chez moi et que je viendrais chercher mes affaires dans la semaine, qu'il était temps que je retourne vivre chez ma mère. J'en profitais également pour les remercier et leur proposer de venir manger un soir à la maison dès qu'elles le souhaitaient. Ma mère me laissa mon espace et quelques heures plus tard on mangeait silencieusement devant le journal télévisé. Ce n'était pas la grande ambiance mais un sentiment de paix était installé en moi. Cela suffisait bien. Ce soir là, je souhaitais bonne nuit à ma mère et je m'endormis soulagée.