NDA : Bonjour tout le monde, on se retrouve pour ce nouveau (petit) chapitre avec une Clarke en pleine introspection...
Avant de vous laisser, réponse à Ryuse : merci pour tes deux adorables commentaires sur les deux derniers chapitres. Je suis contente que ça te plaise toujours autant. J'aime bien mettre en scène ce Bellamy un peu trop altruiste envers sa sœur au point de s'oublier lui-même. Cela m'aide à développer le caractère de Clarke en parallèle. J'espère que la suite te plaira. PS : Mon anniversaire s'est super bien passé merci beaucoup !
Bonne lecture !
Chapitre 11
Le 2 juin sonnait comme étant la date de mon anniversaire. Deux semaines plus tôt, je révisais avec Gaïa, Wells, Bellamy et Octavia (tous les autres vaquaient à leurs occupations) nos derniers examens. Pourtant, malgré la pression qui devait nous animer, nous étions tous déjà un peu en vacances dans notre tête. La chaleur n'aidait pas et c'est en sirotant un thé glacé devant nos cours d'anglais que Wells posa la question fatidique : qu'est-ce que je comptais faire pour mon anniversaire ? Je n'y avais pas réellement réfléchis. Mon esprit était ailleurs entre les examens, nos révisions et l'enquête sur l'oncle de Maya qui n'avançait pas alors que Maya semblait perdre sa joie de vivre. J'avais donc dû calmer Bellamy plusieurs fois afin qu'il ne s'occupe pas de cela lui-même. Bref, je n'avais pas l'esprit à fêter mon anniversaire. Et puis surtout, sans mon père, je craignais qu'une vague de tristesse ne s'empare de moi. Je commençais à aller de mieux en mieux. Je gérais mes élans de peine même si bien sûr il y avait des moments difficiles. Mais avoir Wells près de moi ainsi que tous mes amis me permettaient de rendre la douleur plus supportable. Ils n'avaient pas besoin de faire grand chose car leur présence suffisait à apaiser mon cœur. Mais là, c'était différent. Fêter mon anniversaire sans mon père me donnait l'impression de revenir au point de départ concernant mes émotions. Dès que j'y pensais, j'accusais le coup.
- Je ne sais pas trop, dis-je prudemment. C'était mon père qui m'aidait à organiser mon anniversaire mais là sans lui, ça n'a aucun sens.
Un ange passa tandis que ma gorge se serrait dangereusement. Au prix d'un grand effort, je refoula mes larmes. Gaïa baissa les yeux, Wells m'adressa un sourire contrit tandis qu'Octavia et Bellamy soutenaient mon regard. Après tout, ils avaient perdu leur mère et leur vie avait été bien plus chamboulée que la mienne. A la mort de leur mère, ils s'étaient retrouvés tout seul, puis ballotés en foyers et en famille d'accueil. Alors une vague de culpabilité s'empara de moi et je plongea mon visage dans mes mains.
- Excusez-moi, soufflai-je dépitée.
- T'as pas à t'excuser Clarke, me dit Bellamy en posant doucement sa main sur mon bras. On fera ce que tu as envie mais tu sais, ce sont tes dix-huit ans et je pense que tu devrais être avec nous ce jour-là.
Je n'osai pas relever la tête mais je me délectai de sa main sur mon bras qui m'envoya une énergie positive dont j'avais grandement besoin. La boule dans mon ventre qui était apparue à l'évocation de mon père s'estompait déjà.
- Bientôt le lycée sera terminé, il ne nous reste peu de temps avant d'en profiter. T'as su m'organiser une fête incroyable pour mon retour à la vie normale. Tu mérites d'avoir une journée rien que pour toi, lança Octavia.
Je relevai la tête, réfléchis quelques instants et finalement, opinai du chef. Au fond de moi, je voulais le fêter mon anniversaire et puis, si besoin, je pouvais toujours revenir sur mon choix. La décision fut vite prise concernant l'endroit où l'on irait fêter mes dix-huit ans mais avant ça, on se remit au travail. L'heure était grave, les derniers examens entraient en jeu et, plus important, mes lettres pour les différentes universités étaient envoyées depuis deux bonnes semaines désormais. Je m'étais décidée et je voulais réellement faire de l'histoire de l'art. J'avais envoyé mes portfolios, mes différentes créations artistiques et j'avais enchainé les entretiens téléphoniques. J'étais très intéressée par l'université de l'Indiana qui proposait un bachelor très intéressant sur l'histoire de l'art. Je n'avais pas osé demander à Bellamy où est-ce qu'il en était de son côté mais je le voyais travailler d'arrache-pied. Les lunettes sur son nez parsemé de taches de rousseur, il était concentré et semblait déterminé à réussir ses derniers examens. Cela avait payé le prix puisqu'il n'avait obtenu que des A depuis quelques temps. Il était aussi très chanceux d'en avoir dans le ciboulot comme disait Wells car tout le monde ne pouvait pas se rattraper de cette façon à la dernière minute.
J'aurais aimé me retrouver uniquement avec lui mais ces deux dernières semaines, après la visite au père de Wells pour le cas de Maya, nous n'avions pas eu une minute pour nous deux. Étrangement, il me manquait. Pourtant j'étais contente de passer du temps avec Wells et j'avais même pris le temps de manger avec ma mère un soir. Elle avait voulu me parler du jugement concernant l'accident mais je ne voulais rien entendre. Déjà que j'arrivais de nouveau à lui parler sans fondre en larmes ni exploser de rage, il valait mieux ne pas remuer le couteau dans la plaie. Heureusement, la technologie était de notre coté et Bellamy et moi nous envoyions régulièrement des messages. Surtout le soir. Pour prendre des nouvelles ou juste se souhaiter bonne nuit.
Après une bonne heure de travail, Gaïa et Octavia manifestèrent l'envie de se baigner dans la piscine. J'aurais aimé plonger la tête la première mais un mal de ventre me rongeait depuis le matin. Tout le monde sembla deviner mon indisposition et personne ne me poussa à l'eau. Wells rejoignit les filles bien rapidement et je profitai du calme de la terrasse avant que Bellamy ne vienne s'installer à côté de moi.
- Je ne vais pas te laisser seule.
- Tu n'as pas à justifier ta présence tu sais, dis-je amusée.
- C'est vrai, admit-il dans un rire gêné.
- Je suis contente de pouvoir parler avec toi, ça fait longtemps, me lançai-je finalement.
- Hum, alors… Pour Maya ? Du nouveau ?
- Cela ne devrait plus tarder. Je te le promets, ajoutai-je avant qu'il ne tente de me convaincre d'aller chercher nos réponses ailleurs.
- Ok, répondit-il en s'installant plus confortablement sur sa chaise.
Cette fois-ci, Bellamy sembla lâcher un peu du lest concernant notre amie. Après tout, nous avions déjà fait ce qui était en notre pouvoir. Il n'y avait plus qu'à attendre. On s'amusa pendant quelques minutes à regarder nos trois amis dans l'eau, jouant à se noyer les uns et autres et s'éclabousser comme des enfants de six ans.
- Le temps passe vite, lâcha finalement Bellamy. Dire que dans quelques temps nous allons être chacun sur notre route.
- Quelle sera ta route pour toi ? dis-je en saisissant l'occasion de discuter de l'avenir.
- Justement… J'ai beaucoup réfléchis à ce que nous nous sommes dit la dernière fois et je me suis demandé si tu n'avais pas finalement raison. Alors, j'ai postulé pour plusieurs université afin de devenir pompier. Je me suis renseigné et c'est préférable d'avoir un diplôme en Fire science*. Alors bon, on verra hein ! dit-il peu sûr de lui. Et je voulais justement savoir si tu voulais bien regarder ma lettre de motivation et mon dossier d'expérience. Peut-être que tu auras des idées supplémentaires. C'est toi l'intello, nargua-t-il gentiment.
- Mais c'est génial ! Bellamy je suis fière de toi ! dis-je sincèrement en ignorant sa moquerie. Et pourquoi est-ce que tu ne me l'as pas dit plus tôt ! (Il haussa les épaules) Où as-tu postulé ?
- Dans des universités publiques bien évidemment. Tu te doutes bien que je n'ai pas 40 000 dollars à mettre tous les ans dans mes études, rigola-t-il avant de poursuivre. Mais il y a une université qui m'attire plus que les autres. Alors voilà, il y a le Luzerne County Community College. Là bas, il y a des cours d'éducation physique et on peut ajouter l'option sauvetage/pompier. J'ai déjà trouvé une caserne qui est prêt à me prendre sous son aile en tant que pompier volontaire. Je commencerai dès septembre et les cours en octobre. En deux ans, tout pourrait être bouclé. J'aimerais trouver un travail pour cet été afin d'avoir des sous de côté. J'ai écrit une lettre de motivation et le prof d'éducation physique, dirigeant du club de boxe m'a fait une lettre de recommandation. J'espère être pris à cet endroit. C'est la meilleure solution pour moi car c'est l'université qui est la moins éloignée de Pittsburgh et qui propose ce genre de programme. En revanche, je suis inquiet pour Octavia car on veut rester ensemble mais si c'est le cas, elle devra déménager avec moi.
- Je suis certaine que vous allez trouver une solution pour Octavia mais Bellamy je suis tellement heureuse pour toi ! Tu te décides enfin à suivre tes rêves, dis-je joyeuse en m'approchant de lui pour le serrer dans mes bras naturellement.
Un temps sembla s'écouler avant qu'il ne me rende son étreinte mais je fis semblant de n'avoir rien remarqué pour ne pas le gêner. Il était vrai que cet élan d'affection était très soudain venant de moi. Pour tout dire, j'en étais la première étonnée. A présent, je croisais les doigts pour qu'il soit reçu dans cette université. Elle n'était ni loin de celle de Pittsburgh ni celle de Philadelphie, ni de celle de l'Indiana, les trois universités où j'attendais encore réponse. J'avais été prise en Californie et en Caroline du Nord mais subitement cette perspective me faisait très peur. C'était à mon tour d'être perdue. Qu'allais-je faire si loin de tous mes amis et particulièrement si loin de Bellamy ? Et pourquoi l'idée d'être loin de lui m'effrayait autant ? Le rythme de mes pensées s'arrêtèrent quand Wells se jeta sur moi tout trempé sous mes cris faussement agacés. Pour lui, aucun doute à l'horizon, Yales lui avait déjà envoyé sa lettre d'admission pour étudier les sciences politiques. C'était certain, il ne nous restait que peu de temps avant d'être tous définitivement séparés. A cette pensée, l'idée de faire mon anniversaire me paraissait désormais attirante et réjouissante.
* Fire science : on peut traduire cela par "Science du feu". Ce sont des études qui permettent par la suite de devenir pompier.
