Bonjour à tous ! Voici le nouveau chapitre, les dix-huit ans de Clarke ! J'espère qu'il vous plaira.

Merci aux guests pour leur gentil commentaire (vous êtes des sucres) :

Donia : Merci beaucoup. Oui, Clarke et Bellamy se rapprochent de plus en plus et je pense que si tu aimes ça, ce chapitre va encore plus te plaire.

Ryuse : Merci encore une fois. Si tu aimes être surpris, j'espère faire le job pour la suite !

Et bonne lecture à tout le monde !


Chapitre 13

18 ans. On y était. Et comme à chaque anniversaire, je ne sentis rien de particulier en moi d'avoir pris une année. En revanche, je crois bien que je n'avais jamais été aussi pressée de faire mon anniversaire avec mes amis. La fête devait être à mon image. Je ne voulais pas d'une énorme soirée avec beuveries et drogues. Je voulais être entourée des gens que j'aime et que tout le monde profite ensemble d'une belle journée.

Cependant, la journée commençait avec une énorme déception. Tout avait commencé au petit-déjeuner alors que ma mère me servait des pancakes. Mon portable avait vibré et lorsque le nom de Bellamy s'afficha, mon cœur s'emballa. Je m'attendais à tout sauf à un "Je suis désolé, j'ai été appelé au travail… Je ne pourrais pas être des vôtres, amuse toi bien. Joyeux anniversaire". Ce fut un ascenseur émotionnel pour moi et ma gorge se serra violemment. Je saisis alors profondément une inspiration et pris immédiatement du recul sur la situation : Bellamy avait besoin de travailler et ce n'était qu'un anniversaire. De plus, j'allais profiter avec tous mes amis qui m'aidaient chaque jour à avancer sans qu'ils ne le sachent eux-mêmes. Je lui adressai un petit message pour lui dire alors que je ne lui en voulais pas et que j'espérais le revoir très vite.

- Est-ce que tout va bien ? me demanda ma mère en s'installant en face de moi.

- C'est rien, dis-je dans un souffle et en reposant mon portable. Bellamy ne peut pas venir à mon anniversaire. C'est pour une bonne raison, on l'a appelé pour travailler au musée.

- Je suis désolée pour toi Clarke, répondit-elle sincèrement.

- Il y aura tous mes autres amis alors je suis quand même contente.

- As-tu tout préparé ?

- Oui, dis-je dans un hochement de tête avant de prendre une bouchée de pancake. C'est délicieux.

Ma mère ne répondit rien et préféra m'adresser un simple sourire. Pour la première fois, l'ambiance était parfaitement sereine. En y réfléchissant, cela faisait plusieurs jours que ma mère et moi n'avions pas été en conflit direct mais là, je m'en rendais compte. Je me doutais que le chemin n'était pas encore terminé. Il faudrait du temps. Pourtant, je me délectais de ce calme ambiant. Bientôt je partirais pour l'université et mine de rien, je savais que ma mère allait me manquer. Et puis, même si ma mère ne me parlait plus de l'enquête mais j'avais surpris des conversations entre elle, Marcus et Indra. Elle avait ses torts d'avoir bu mais l'homme en face était bien plus alcoolisé et ne roulait pas sur sa voie. Et puis, j'étais trop triste et fatiguée pour lui en vouloir. On déjeuna alors. On parla des courriers d'admission pour l'Université que j'attendais. Je ne lui fis pas part de mes doutes concernant la voie que je choisissais mais elle sembla les déceler puisqu'au moment où je m'apprêtais à quitter la table, elle me donna un précieux conseil :

- N'oublie pas de suivre ton cœur et ce que tu veux vraiment. Quoiqu'il arrive tu feras le bon choix.

Je m'approchai alors d'elle et la serra dans mes bras. Elle me chuchota qu'elle me souhaitait un joyeux anniversaire et m'annonça qu'elle avait un cadeau pour moi qui m'attendait sur la table du salon. Une heure plus tard, j'étais prête pour passer la journée avec mes amis qui étaient déjà tous présents dans mon salon. Je fus soulagée de voir Jasper qui semblait ne plus m'en vouloir. Il affichait un grand sourire qui cachait la tristesse dans son regard. Maya et lui étaient encore plus collés que d'habitude. J'arborais au poignet le bracelet en or que ma mère m'avait offert. Il y avait un petit pendentif qui représentait le symbole de l'infini. Gaïa précisa qu'elle trouvait ce cadeau splendide et notamment ce qu'il représentait. Enfin, tout le monde me serra dans ses bras pour me souhaiter mon anniversaire, Octavia déposa même un baiser sur ma joue.

- De la part de Bellamy, chuchota-t-elle à mon oreille.

- Bon alors, es-tu prête ? me lança Wells.

- Prête ! répondis-je dans un grand sourire. Vous avez tout ce qu'il vous faut ?

Des cris de joies s'élevèrent dans les airs en réponse à ma question et, en moins de dix minutes, nous étions tous agglutinés dans les différentes voitures pour nous rendre à mon lieu d'anniversaire.

- Franchement Clarke, commença Harper qui conduisait la voiture, t'as bien fait de proposer un anniversaire à Kennywood Park. Je n'y suis jamais allée.

- Moi non plus, déclara Octavia. D'ailleurs, je n'ai même pas regardé sur internet ce qu'il y avait réellement là-bas histoire d'avoir une bonne surprise. Je sais juste qu'il y a des attractions.

- J'y étais allée avec mes parents et Wells quand j'étais petite, me confiai-je, et j'avais envie d'y retourner plutôt que de faire une grosse fête qui ne me ressemble pas.

- T'as bien raison, lança Monty, hé Harper monte le son !

Harper s'exécuta et on chanta de toute notre âme les différentes chansons qui passaient à la radio pendant presqu'une heure. Lorsque nous arrivâmes, l'excitation était à son comble. Je n'avais pas mis les pieds dans ce parc depuis des années mais rien n'avait changé. La musique et l'odeur du sucre nous transportaient déjà dans un univers qui ne laissait place qu'à l'amusement et à la fête. Kennywood Park est un lieu qui regorge de manèges, de restaurant et de spectacles. En somme, un parc d'attraction américain comme on n'en fait pas ailleurs comme disait mon père. A n'importe quel âge, c'est réellement un endroit qui vous fait passer une journée inoubliable, pleine de sensations fortes. A ce propos, Wells déclara que c'était à moi de choisir la première attraction. Mon regard montra directement le Black Widow, un manège où l'on se trouve dans une nacelle circulaire qui tourne et se balance en même temps jusqu'à plus de 43 mètres. C'est en courant qu'on se dirigea vers la première attraction de la mâtiné. Pendant la file d'attente, on observait les gens hurler et le sourire d'Harper diminua de plus en plus.

- Je ne suis pas sûre de réussir à monter là-dedans, lâcha-t-elle alors qu'on n'était plus qu'à quelques minutes de pouvoir accéder à l'attraction.

- Ne t'inquiète pas, tout est calculé pour qu'il n'y ait qu'un minimum de risque, rassura Monty dans un sourire. Tu n'auras qu'à tenir ma main, ajouta-t-il gentiment.

Personne en sembla constater le rouge qui montait aux joues d'Harper hormis moi. La blonde semblait avoir le cœur qui vibrait pour notre ami. Je préférai ne rien dire et finalement on entra dans la nacelle. Octavia voulu absolument s'asseoir à côté de moi car elle voulait être près de la reine de la journée si jamais elle mourrait. J'éclatai d'un rire joyeux et lorsque le manège démarra, on se prit la main en hurlant de joie.

La mâtiné fila à une vitesse folle et on enchaîna les attractions toutes aussi virevoltantes les unes que les autres. Entre chutes libres, vitesses extrêmes et autres montagnes russes, nous arrivions à une heure tardive pour le déjeuner prêt à avaler n'importe quoi tellement nous avions faim. On alla alors à la Pizza Wharehouse, un restaurant qui, comme l'indiquait son nom, proposait des pizzas. Cela me rappela Bellamy et cette soirée que nous avions passé rien que tous les deux à dévorer ce plat et refaire le monde.

- A quoi tu penses ? me demanda Wells qui jouait avec sa paille.

- A rien, dis-je précipitamment comme prise sur le fait.

- Elle pense à Bellamy, lança Octavia, elle est déçue qu'il ne soit pas là !

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Jasper avant de croquer goulument dans sa part.

- Le musée l'a appelé en urgence pour remplacer quelqu'un au pied levé, expliqua Octavia, c'est stupide parce qu'il n'y a personne le samedi dans ce musée. Qu'il manque un employé n'aurait rien changé.

- C'était l'occasion pour lui de gagner de l'argent, il a eu raison d'y aller. Et puis d'ailleurs, je ne pensais pas à lui, ajoutai-je dans un mensonge éhonté.

Octavia leva simplement les yeux au ciel en guise de réponse puis me piqua une part de pizza.

- Quoi ? dit-elle sans gêne devant mon regard faussement outré. J'aime bien goûter les plats des autres.

Je lui adressai un sourire amusé et lui ébouriffai les cheveux avant, à mon tour, de piquer dans les plats des autres. A la fin du repas, toutes les pizzas étaient au centre et tout le monde avait goûté à tout. Une fois le festin englouti, nous ne tardâmes pas à partir en direction de nouveaux amusements. Jasper et Monty souhaitaient remonter directement dans une attraction à sensations fortes mais, de peur qu'on soit malades, je décrétai qu'il était préférable d'aller voir un spectacle de magie que proposait le parc le temps de digérer. Monty eut la chance de pouvoir monter sur scène en tant que cobaye pour les magiciens. Une heure après, on rigolait encore de son air effrayé. L'après-midi fila à une vitesse incroyable. On enchaîna les attractions et, le soir arrivant, je ne sentais plus mes pieds mais était totalement comblée. Alors qu'on se dirigeait vers le parking, je remarqua une moto noire qui m'était très familière. Mon cœur manqua un battement tandis qu'Octavia criait le nom de son frère. On s'approcha alors tous de lui, tout le monde y allant de son commentaire pour dire qu'il était content de le voir.

- Pas trop difficile ta journée ? demanda Wells.

- On n'avait pas beaucoup de visiteurs mais je me suis fait un bon pourboire grâce à des touristes russes, expliqua-t-il avant de me regarder. Mais je voulais te voir pour te souhaiter un joyeux anniversaire en personne. Trop tard pour faire des attractions mais je souhaite te proposer d'aller manger avec moi pour clore cette journée. Si tu es d'accord bien sûr.

- Ouh, nargua Jasper, je sens que nous ne sommes pas les bienvenues dans l'histoire.

- Hé c'est l'anniversaire de Clarke, pas le tiens, se justifia Bellamy dans un sourire. Promis Jasper tu auras ton petit rendez-vous rien que nous deux en septembre pour ton anniversaire.

Tout le monde éclata de rire mais Bellamy ne me lâcha pas du regard. Je compris qu'il attendait que je lui donne une réponse et je m'approchai de lui avant de saisir le casque de moto de ses mains et de l'enfiler sur ma tête.

- Faites attention à vous, lança Octavia tout sourire.

Je m'installai sur le siège arrière et m'accrochai à la taille de Bellamy avant qu'il ne lance son moteur. On roula presqu'une heure. Je ne savais absolument pas où Bellamy m'emmenait mais je profitais du paysage, savourant ce sentiment de paix intérieur. L'air était encore chaud, l'odeur de la nature était de plus en plus présente et lorsqu'on s'arrêta enfin, ce fut pour faire face à une jolie auberge où une excellente odeur de nourriture semblait s'échapper.

- J'espère que tu as faim.

- J'ai dévoré de la pizza et une tonne de sucreries mais je peux t'assurer que je vais manger !

Bellamy éclata d'un rire joyeux et entoura mes épaules de son bras avant d'avancer vers le petit restaurant. L'auberge était composée d'une grande salle en bois et en pierre. La lumière était tamisée grâce aux nombreuses bougies qui éclairaient la pièce. On avait l'impression d'être perdue au milieu de la montagne avec les arbres qui habillaient la vue au travers des petites fenêtres. On nous installa près de l'une d'elles et je réalisai alors que j'étais rien qu'avec Bellamy, qu'il m'avait invité malgré sa journée de travail. Les cernes sous ses yeux ne rendaient pas moins son visage rayonnant et je lui envoyai un immense sourire de gratitude.

- C'est vraiment adorable, merci beaucoup.

- Attends, tout le monde pu profiter d'une journée avec toi, je voulais aussi avoir ma part, répondit-il ironiquement avant d'ouvrir la carte des menus. Ici, c'est français. Je me suis dit que la cuisine française pourrait te plaire.

- Tu as bien choisi, depuis le film Ratatouille, j'ai toujours voulu en goûter une sans succès ! J'ai finis par me demander si les français mangeaient réellement ce plat.

- Page 4, la ratatouille fait partie des accompagnements.

- Parfait.

- Alors, raconte moi cette journée ? Est-ce que tu as aimé ?

- C'était excellent, dis-je dans un sourire. Mais elle n'est pas terminée et j'ai la sensation que le reste va énormément me plaire, avouai-je le rouge me montant aux joues. D'ailleurs, je ne savais pas que tu organisais des rendez-vous pour tes amis lors de leur anniversaire. Je pense que Jasper sera ravis quand tu l'emmèneras ici en septembre.

J'attendis qu'il réponde à cette immense perche que je lui tendais. J'avais besoin de savoir, réellement, si ce que nous étions en train de faire était un rendez-vous ou non. J'avais besoin de savoir où on en était tous les deux et qu'est-ce que cela signifiait. J'avais besoin de savoir où nous mènerait tout ça. Il approcha alors sa main de la mienne et m'effleura le bout des doigts. Il s'apprêtait à dire quelque chose lorsque la serveuse arriva pour prendre notre commande. On se concentra alors sur le menu et, une demi-heure plus tard, je n'avais aucun regret sur le choix de mon plat.

- C'était la meilleure ratatouille de ma vie !

- En même temps c'est la première de ta vie.

- Oh, d'habitude c'est moi la rabat-joie pas toi, dis-je faussement agacée.

- En tout cas, dit Bellamy en appelant la serveuse d'un geste de la main, tu vas goûter l'assiette de fromage. Rien à voir avec notre Cheddar. J'aime notre pays attention, mais les fromages français...

Il ne termina pas sa phrase, levant les yeux au ciel de plaisir dans un sourire espiègle. Puis, il commanda l'assiette de fromages. Il semblait bien s'y connaître.

- Comment connais-tu aussi bien la cuisine française ? demandai-je curieusement.

- J'allais dans ce restaurant avec ma mère à l'époque, expliqua-t-il le visage un peu plus sombre, elle adorait la gastronomie de tout genre. Je crois qu'elle aurait aimé être critique gastronomique ou quelque chose comme ça. Parfois, on se levait le matin et elle décrétait qu'on irait manger un petit déjeuner à l'autre bout de la ville, ajouta-t-il dans un rire nostalgique. Je ne crois pas qu'O' s'en souvienne. Elle était petite.

Cette fois, ce fut moi qui approcha ma main de la sienne et la caressa doucement. Avec le temps, dans mon propre deuil, j'avais compris que les mots n'étaient pas toujours utile. Une présence, un sourire, un moment comme j'avais vécu aujourd'hui valaient bien plus que des paroles bateaux et consensuelles. Alors je lui pris plus franchement la main et il enlaça ses doigts avec les miens. Je n'osais pas le regarder dans les yeux, je sentais mes joues chauffer et je savais que je devais être cramoisie. Bien heureusement, ou malheureusement, la serveuse arriva avec le plateau de fromages et nous fûmes obligés de nous séparer. Mes yeux se mirent à briller devant ce met et je ne me fis pas prier pour commencer à manger.

- C'est tellement agréable d'être avec quelqu'un qui apprécie les bonnes choses à manger, lança Bellamy après m'avoir observé quelques secondes pour savoir si j'appréciais le fromage français. Entre Octavia, Echo et Nathan, j'ai l'impression d'être toujours au régime. Dieu merci, Murphy me sauve la mise et Raven est toujours partante pour manger grassement.

Je ris franchement, imaginant Bellamy frustré de ne pas pouvoir manger à sa faim.

- Il ne fallait pas être autant sportif ! narguai-je. Tu vois, je suis une artiste et c'est bien mieux. Au moins j'apprécie les belles choses et cela passe aussi par la gastronomie !

- Alors on ira ensemble un jour sur le vieux continent pour découvrir la gastronomie européenne ! promit-il dans un sourire léger.

- Ok !


On aurait pu s'embrasser Bellamy et moi ce soir-là. On était toujours à deux doigts de le faire mais une situation venait toujours nous y empêcher. Moi, pourtant extrêmement pragmatique, y voyais là un signe. Ce n'était pas le moment. Et puis, profiter de ces instants étaient savoureux. Je n'avais pas réellement envie de passer à une étape supérieure. Cela me suffisait de manger avec lui, de rire, de discuter et d'être tout contre lui alors qu'il nous conduisait en pleine nuit jusque chez moi sur sa moto. On aurait pu s'embrasser c'est vrai. J'aurais même pu lui dire de venir chez moi et de monter dans ma chambre. Je savais que c'était possible. Sauf que je savais également que je pouvais prendre mon temps et qu'il serait toujours là le lendemain. Et ça, c'était bien plus important pour moi. Alors lorsqu'il me déposa, il retira son casque. On aurait pu s'embrasser. Tout était en accord : la nuit, les étoiles, la chaleur, nos regards pétillants. Mais pourquoi précipiter les choses quand on sait que la personne qui est en face de vous semble tout autant se régaler de la situation ? L'après serait différent. On le savait aussi bien l'un que l'autre. Alors je m'approchai de lui et posai mes lèvres sur sa joue. Il ne bougea pas. Puis je me blottis contre lui et il entoura délicatement ma taille avant de déposer un léger baiser au creux de mon cou. Je me détachai au bout de quelques secondes. Mon cœur battait à la chamade, mon ventre me chatouillait et tout mon corps voulait rester près de Bellamy. Mais ma raison me poussait à reculer de quelques pas. On était bien comme ça. Pour le moment. Le reste, on verrait ça plus tard.