NDA : Bonjour à tous ! Voici le chapitre 14 qui, je l'espère, vous plaira. Le chapitre 15 arrivera le 28 aout. Cela vous laissera tout le temps de me laisser un commentaire, gage de motivation pour les auteurs de fanfiction !
En parlant de commentaire, merci à Ryuse : On n'aura jamais les pensées directes Bellamy puisque j'écris du point de vue de Clarke et d'ailleurs c'est un véritable challenge pour moi. En revanche, j'espère les faire deviner, par des gestes, des paroles, des discours bref... Tu vois ce que je veux dire ! Merci beaucoup pour ton commentaire, t'es ma petite motivation de la semaine, ça me touche que tu sois toujours au rendez-vous. J'espère que la suite te plaira ! Bonne lecture :)
Chapitre 14
Une demi-heure que Bellamy et moi étions assis l'un en face de l'autre, observant les courriers universitaires étaient posés devant nos yeux. Deux réponses pour Bellamy. Trois pour moi. Tout était arrivé d'un coup et tandis que j'avais déjà reçu deux réponses positives pour deux universités à l'autre bout du pays quelques jours plus tôt, Bellamy n'avait reçu que des réponses négatives pour le moment.
- De toute façon, si je ne suis pas reçu, j'ai un poste au musée qui a été proposé, dit-il les yeux rivés sur son courrier.
- Bon, on se décide à les ouvrir ces lettres ? demandai-je.
- Toi tu n'as aucune raison de paniquer, t'as déjà deux universités qui te veulent.
- Je ne suis pas certaine de vouloir y aller. C'est loin.
- Je ne pensais pas que la distance pouvait te poser problème.
Moi non plus, pensais-je fort. Mais depuis la mort de mon père, bien des choses avaient changé. D'abord, j'avais grandi et je m'étais réellement décidée à vouloir faire de l'art. Merci Bellamy de m'avoir ouvert les yeux là-dessus. Aussi, les deux universités qui m'avaient déjà répondu positivement, m'emballaient moins. Lointaines, programme moins intéressant que d'autres, je voulais vivre mes études supérieures de la meilleure des façons. Et puis, être loin de Pittsburgh, alors que mes amis seraient encore dans les environs à l'exception de Wells, m'angoissait.
- Bon tu commences, se décida Bellamy. Ouvre celle que tu souhaites le plus, comme ça c'est fait.
Mon regard se posa sur la lettre provenant de l'IUP, l'université de l'Indiana. Il y avait tout ce que je voulais. Des cours de l'histoire de l'art, des cours de techniques dans différents domaines artistiques et on pouvait même faire une année à Florence en Italie lors de notre troisième année de Bachelor. Je souhaitais réellement y aller. Cela me permettait d'être à une heure trente de la maison et me laissait le temps de partir à l'étranger dans quelques années, quand je me sentirais prête. C'était ce qui me convenait le mieux. Je soufflai un bon coup et ouvrit la lettre les doigts tremblants.
- Après tout, si c'est négatif, il me reste encore l'université de Pittsburgh et celle de Philadelphie à ouvrir. Seulement, j'aime moins le programme alors...
- Lis la lettre Clarke, s'impatienta Bellamy.
J'étais à deux doigts de vomir tellement j'avais peur mais je penchai les yeux sur ce qui était écrit.
Indiana University of Pennsylvania
Département des Arts
1011 South Drive
Indiana, PA 15705
Objet : Admission au département des Arts
Mademoiselle Griffin,
Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez été accepté dans notre programme Bachelor histoire de l'art. Si vous souhaitez maintenir votre inscription, merci de réaliser les différentes démarches administratives dont vous trouverez les procédures via le document ci-joint.
Si vous souhaitez ajouter une matière mineure à votre cursus, les disponibilités se trouvent sur le site internet de l'Université.
Les cours commenceront le 8 octobre prochain.
Le reste du courrier concernait les détails administratifs, les frais de scolarité et les démarches pour vivre sur le campus. Les yeux écarquillés, je leva les yeux vers Bellamy qui attendait que je lui dise ce qu'il en était.
- C'est bon je suis prise.
Bellamy sauta de joie et s'approcha de moi pour me prendre dans ses bras. J'étais à deux doigts de fondre en larmes. Tous ces efforts étaient enfin payés. J'allais réaliser mon rêve, faire ce que j'aimais et rendre hommage à mon père. J'aurais tant aimé qu'il soit là à cet instant. J'aurais aimé qu'on ouvre cette lettre avec lui et ma mère, comme la famille parfaite que nous étions avant l'accident. Mais au moins, Bellamy était là et je me pressai un peu plus contre lui, savourant sa présence dans ce moment si important. On resta ainsi quelques secondes puis je me détachai doucement de lui en observant les deux autres courriers. Les réponses m'importaient peu désormais. Mais je les ouvris par principe. Philadelphie et Pittsburgh m'acceptaient également. Mais le programme de Pittsburgh était moins intéressant. Cela aurait été plus simple, je serais restée sur place mais à quoi bon choisir une facilité qui finalement ne nous plaisait moins ?
- Je pourrais choisir Pittsburgh mais…
- Clarke, j'ai vu comment tes yeux se sont illuminés à l'idée d'aller à l'IUP. Va là-bas, on se verra toujours. Ce n'est pas loin, on aura les vacances et certains weekend pour se voir. L'important c'est ton avenir, déclara Bellamy sûr de lui.
Je me détendis. Il avait raison et je le savais également. J'avais seulement besoin de l'entendre. Et venant de lui, ça avait une importance particulière. Le nœud dans mon estomac réapparu pourtant lorsque je me rendis compte que c'était au tour de Bellamy d'ouvrir ses lettres. On se regarda d'un air grave et l'atmosphère se fit plus lourde. Il voulait particulièrement aller au community college de Luzerne mais Bellamy préféra ouvrir le courrier pour l'Université de Pittsburgh.
- Tous les programmes de Bachelor m'ont refusé jusqu'ici mais voyons voir si celui-ci fait exception à la règle.
Ses yeux parcoururent la lettre rapidement. Il releva la tête et me fit un signe négatif. Je ne cachai pas ma déception mais je lui pris la main et lui rappela qu'il lui restait sa lettre de Luzerne, là où il voulait réellement aller. Là où il avait déjà trouvé une caserne pour travailler en tant que pompier volontaire. Mon espoir remonta en flèche, il était certain qu'il allait être pris. Pourtant il resta stoïque.
- Quelque chose ne va pas ? demandai-je.
- Si Luzerne m'accepte, je vais devoir laisser Octavia ici. Je vais devoir me séparer d'elle.
- Stop Bellamy. Vous allez trouver une solution d'accord ?
- On n'aura jamais les moyens de prendre un appartement entre les deux villes ! Puis faudra qu'elle ait une voiture et financièrement je ne pourrais pas assumer tout ça...
D'accord, il paniquait totalement. Il avait raison. C'était beaucoup d'engagement et de soucis à venir mais il était hors de question, avec tous les efforts qu'il avait fait, qu'il abandonne maintenant. Je ne savais pas quoi faire pour le moment mais il devait ouvrir cette lettre ne serait-ce pour qu'il sache qu'il valait quelque chose aux yeux de la société.
- Ouvre le courrier. On verra après d'accord ?
Une fois encore, je le vis lire sa lettre. Cette fois son expression était différente. J'y voyais de l'excitation, de la peur mais aussi de la joie et de la surprise. Je le savais, il était pris. Je m'approchai de lui pour confirmer ce que je pensais. Je sautai à son cou et il resta de marbre, presque en état de choc.
- Bellamy, si on allait manger une glace en ville avec les autres ? Maya m'a envoyée un message. Octavia est présente aussi.
Toujours silencieux, Bellamy hocha la tête. On prit la voiture mais avant ça j'envoya un message à ma mère pour lui signaler que j'étais prise à l'Université de l'Indiana. Elle me répondit qu'elle était fière de moi et qu'elle avait quelque chose d'important à m'annoncer ce soir. Une proposition pour les vacances. Mine de rien, j'avais hâte de savoir ce qu'elle voulait me dire. Le voyage fut extrêmement silencieux mais c'était presque si je n'entendais pas les pensées de Bellamy tellement il semblait perturbé. Au fond de lui, il n'y avait jamais cru et la réalité le frappait de plein fouet. Désormais, il devait faire face à des choix auxquels il pensait qu'il n'aurait jamais eu à faire. Lorsqu'on arriva dans le parc où étaient installés nos amis qui dévoraient leur glace, Bellamy n'avait toujours pas décroché un mot. Je serrai mes amis dans mes bras et m'installa auprès d'eux sur l'herbe.
- Je vais nous chercher des glaces, annonça Bellamy. Chocolat pour toi ?
- Oui ! répondis-je.
Alors que Bellamy s'éloignait, tout le groupe m'observa. Et ça en faisait des paires de yeux : Nathan, Raven, Echo, Monty, Harper, Jasper, Maya, Octavia,Gaïa, Wells et Murphy. Tout le monde était présent et ils attendaient que j'explique le comportement étrange de Bellamy.
- On a eu les résultats pour l'entrée à l'Université, dis-je face à cette pression. Et je ne dirais rien de plus, Bellamy vous dira ce qu'il a envie de dire.
- Bah il a intérêt à me dire à moi car je suis sa sœur quand même !
- Bon et toi alors ? demanda Wells.
- Je suis acceptée à l'Université de l'Indiana, dis-je dans un grand sourire.
- Hey moi aussi ! lança Raven pleine de joie. Qu'est-ce que tu vas y faire ?
- Je serais en Bachelor histoire de l'art et je pense prendre la matière mineure dessin. Et toi ? dis-je subitement très joyeuse de voir que je ne serais pas seule dans cette université.
- Je vais faire un Bachelor en Sciences en pré-ingénierie de physiques. On pourrait prendre une colocation ensemble qu'est-ce que tu en dis ?
J'étais extrêmement soulagée de savoir qu'une tête que je connaissais allait dans la même université que moi. J'acceptai immédiatement la proposition de Raven et demandai aux autres qui terminaient le lycée où ils avaient été reçus. Évidemment, on le savait déjà, Wells était reçu à Yales. Nathan allait à l'Université de Caroline du Nord en Bachelor Marketing. Echo allait dans la même université mais avait choisi le Bachelor sport et management. Murphy avait été reçu au community college Florida Keys afin d'obtenir une certification en entrepreneuriat.
- Au moins, je fais quelque chose. Je ne sais pas quelle genre d'entreprise je vais créer plus tard mais je n'ai pas envie d'avoir un patron, déclara nonchalamment Murphy. Et puis deux ans d'études c'est largement suffisant pour moi.
- Je suis fière de nous, dis-je sincèrement.Même de toi Murphy !
Le visage de Murphy s'éclaira un quart de seconde avant de reprendre son air détaché. Au même moment, Bellamy arriva et s'installa à mes côtés en me remettant ma glace.
- Merci, dis-je dans un sourire. On parlait de nos courriers. Je te laisse annoncer où tu as été reçu.
- J'ai été pris au community college de Luzerne pour faire pompier.
- Oh Bellamy félicitations, tu le voulais tellement ! lança Octavia en se jetant sur son frère.
- Oui oui, dit-il sans décrocher un sourire. Simplement, je ne pense pas accepter. Financièrement on ne tiendra pas le coup. Si je veux rester près de toi, tu vas devoir acheter une voiture pour pouvoir te rendre au lycée et encore il faudra attendre tes seize ans pour que tu puisses conduire seule alors je…
- Espèce d'idiot ! cria Octavia en le frappant sur l'épaule. As-tu cru que j'avais six ans ? Que je ne pouvais pas faire ma part ? Tu n'as pas à tout prendre en charge Bellamy ! Alors quoi, tu vas abandonner tous tes rêves juste pour ça ? Tu veux que je te dise ? Tu cherches juste une excuse car tu es mort de trouille c'est tout ! tempéta a-t-elle de plus belle les joues rouges.
Oh doucement Octavia, tenta Echo.
- Ne me dis pas de me calmer ! aboya-t-elle à la pauvre Echo qui se ratatina sur elle-même. Il va y aller dans ce cursus, c'est moi qui vous le dis ! Espèce d'idiot, répéta-t-elle. Je ne suis plus une enfant d'accord ? On vit dans un merveilleux pays qu'est l'Amérique et où les adolescents peuvent trouver des jobs étudiants facilement dès l'âge de quinze ans voir moins. Et ne t'avises pas de faire comme en début d'année où tu m'as empêché de trouver un travail alors que j'avais une opportunité. Cette fois, je le ferai ! Que tu le veuilles ou non !
Un silence de plomb s'abattit sur le groupe. Personne n'osa moufter. Bellamy fixait sa sœur sans rien oser dire de plus, la glace de Jasper commençait à couler sur ses doigts, Monty et Harper s'étaient rapprochés l'un l'autre comme pour se protéger de la colère d'Octavia, Murphy avait un sourire amusé accroché sur ses lèvres, Raven et Gaïa avaient prit Echo par les épaules et Wells jouait avec ses lacets tandis que Nathan semblait trouver un intérêt soudain au ciel.
- Bon et bien je crois qu'on peut féliciter Bellamy pour son admission à Luzerne, dit finalement Murphy. A notre futur pompier ! lança-t-il en croquant dans sa glace.
- Comment peux-tu croquer dans un truc aussi froid, enfant démoniaque, répondit Octavia bien plus calme.
Raven éclata de rire et tout le monde la suivit, soulagés que la tension redescende aussi vite qu'elle était montée. Tout le monde se mit de nouveau à vaquer à ses activités et autres discussions. Bellamy restait pensif mais je vis qu'il semblait libéré d'un poids. Je posai discrètement ma main sur la sienne en guise de réconfort et il soupira avant de déclarer :
- O' a raison.
- Pour la voiture, je peux vous prêter celle de mon père, dis-je alors que l'idée venait de me traverser l'esprit. Quand aura-t-elle seize ans ?
-En janvier prochain. Il reste donc tout un semestre où elle va devoir prendre les transports pour se rendre au lycée.
- Elle y arrivera très bien, ce n'est pas la mère à boire que de prendre un bus Bellamy. Fais lui confiance. Et puis, ajoutai-je, tu vas devenir un pompier, tu vas gérer à fond tes études et ça sera super. Regarde, on a réussi notre pari.
Cette fois-ci, Bellamy me regarda et m'adressa un sourire sincère. Mes yeux s'attardèrent sur ses lèvres et on resta quelques instants à s'observer de la sorte. Puis l'éclat de rire d'Harper me ramena sur terre et je me décida à rejoindre la partie de cartes en cours tandis que Bellamy s'en alla marcher dans le parc avec Murphy et Nathan.
Dans la salle de bain, ma mère m'appliquait minutieusement de la crème anti-brûlures sur les épaules et le dos. Mes amis et moi étions restés toute l'après-midi à jouer aux cartes, discuter, manger des glaces dans le parc et je n'avais pas fait attention au soleil qui tapait. Ce n'est qu'en rentrant que ma mère s'était exclamée que j'étais rouge comme une écrevisse. Désormais, elle m'aidait à me soigner après ma douche qui m'avait bien signalé que ma peau était totalement brûlée.
- Avec cette crème, ça devrait soulager, me dit ma mère en passant avec douceur la lotion. Tu penseras à bien boire ce soir et cette nuit.
- Maman, soupirai-je, ne t'inquiète pas. Je te signale que dans trois mois je ne suis plus à la maison et tu ne pourras pas me materner de la sorte.
- Justement ! Je ne serais plus là pour te soigner, répondit-elle en fermant le bouchon du tube de crème alors que je lui faisais de nouveau face.
Cette perspective m'inquiéta. Ma mère était toujours là pour les petits ou les gros bobos. Lorsque j'étais malade, sa présence rassurante était toujours la bienvenue. Elle était calme, savait ce qu'il fallait faire et prenait les choses tout en douceur. Cela faisait du bien d'être choyée dans ces moments là, même à dix-huit ans.
- Je sais que tu t'en sortiras bien, ajouta-t-elle. Je suis fière de toi.
- J'aurais aimé que papa soit là pour qu'il voit ça, dis-je alors tandis qu'une larme coula rapidement sur ma joue.
Mon cœur se serra dangereusement. Cela faisait plusieurs jours que je n'avais pas pleuré en pensant à mon père mais cet évènement était tellement important pour moi que mon émotion prit le dessus ce soir-là. Ma mère retenait ses larmes également et me serra contre elle. Je ne résistai pas et me laissai aller contre elle.
- Il se passe des choses merveilleuses en ce moment dans ma vie mais parfois toute la tristesse revient d'un coup, pleurai-je entre deux sanglots contre son épaule. Je crois que c'est terminé mais je suis toujours aussi triste.
- Je suis là ma chérie. Tout ira bien je te le promets...
On resta ainsi de longues minutes et une fois remise de mes émotions, on descendit dans le salon pour boire un chocolat chaud. Bientôt, cela aussi je ne l'aurais plus. Je me rendais compte de tout ce que m'apportait ma mère et un sentiment de mélancolie s'empara de moi. Les derniers mois avaient été si intenses et étaient pourtant passés à une vitesse incroyable. Je m'apercevais que j'avais énormément évolué dans ma tête depuis le mois de mars. Je bus goulument ma boisson qui me réconforta d'un coup.
- Je voulais te proposer quelque chose pour cet été, annonça ma mère. Est-ce que ça te dirait qu'on parte toutes les deux faire un tour d'Europe ? J'avais pensé qu'on aurait pu partir mi-juillet et revenir début septembre. Ainsi, ça te permettrait de préparer ton départ pour l'université. Qu'est-ce que tu en penses ?
Je reposai ma tasse, ébahie par cette proposition. Je rêvais d'aller en Europe depuis des années. L'ancien continent m'attirait depuis toujours. Son art, sa gastronomie, ses cultures, ses langues... J'en parlais souvent à Bellamy d'ailleurs et on s'était plus ou moins promis qu'on irait un jour ensemble. C'était une promesse pour rire mais malgré tout, j'avais l'impression de le trahir si j'acceptais. Mais la proposition de ma mère me plaisait énormément. Cela aurait été l'occasion de resserrer nos liens qui avaient été mis à mal ces derniers temps et de profiter une dernière fois avant de partir pour des études supérieures. C'était une réelle opportunité.
- Je crois que ça me plairait bien oui, dis-je finalement.
- Tu as le temps d'y réfléchir encore. Profite de la remise des diplômes et du bal de fin d'année.
J'hochai la tête, pensive. Le bal de fin d'année avait lieu dans deux semaines et la remise des diplômes quelques jours plus tard. J'avais hâte d'y être tout en ayant un peu peur de ce que l'avenir allait nous réserver à tous. Comme si Bellamy entendait mes pensées, je reçu un coup de fil de sa part au même moment. Je m'excusai auprès de ma mère et montai dans ma chambre pour décrocher.
- Allô ?
- Hey Clarke, je voulais savoir si tu avais passé une bonne journée ?
- Oui, répondis-je surprise qu'il m'appelle uniquement pour ça. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Rien rien.
J'attendis qu'il reprenne la parole, sachant pertinemment qu'il avait quelque chose à me dire. Je m'installai alors confortablement sur mon lit.
- Enfin je voulais m'excuser pour mon comportement de cet après-midi. J'étais un peu… angoissé par l'avenir.
- Oh c'était drôle de voir Octavia te remettre les pendules à l'heure. Elle a vraiment du caractère.
- C'est juste que tout va si vite…
- Ne t'inquiète pas Bellamy. Et sache que la proposition pour la voiture tient toujours.
- Merci. Hum, tu fais quoi pour le bal ?
- Comment ça ?
- Je voulais savoir si tu y allais avec quelqu'un ?
- Non personne, répondis-je la bouche sèche.
- Voudrais-tu y aller avec moi ? Excuse moi, je sais que normalement il faut faire une grande déclaration, la poster sur Instagram et tout mais j'suis pas comme ça et je parie que tu n'aimerais pas non plus.
- Tu as tout à fait raison ! rigolai-je.
- Alors ?
- Bah alors c'est oui Bellamy…
- Super, je viendrai te chercher à six heures ? On ira manger un bout avant. J'aimerais te faire découvrir un restaurant polonais. Tu n'y croiras peut-être pas mais c'est délicieux comme nourriture, déballa-t-il à toute vitesse.
- Je te crois sur parole, dis-je en pensant tout à coup à mon voyage en Europe pour cet été.
- Autre chose, je suis pris de juillet à mi-septembre pour travailler à l'hôpital la semaine. Si tu veux, je peux prendre ton CV. Je me disais qu'on aurait pu bosser ensemble. Wells reste jusqu'au mois d'août. On a pensé que ça pourrait être cool de travailler tous ensemble. Raven est intéressée également, elle a dit que ça serait l'occasion de mieux vous connaître en plus. Si vous devenez colocataires, ce serait bien que vous vous entendiez bien. Et puis, j'ai aussi proposé à Octavia après la discussion que nous avons eu cet après-midi.
Je demeurai silencieuse quelques instants. Je n'avais pas réellement besoin de travailler pour des raisons financières mais cela me faisait une expérience non négligeable. Et puis, passer l'été avec mes amis et profiter de nos weekends tous ensemble était un plan qui me plaisait tout autant que de partir en Europe. Surtout, cela me permettait d'être un peu plus longtemps avec mes amis avant qu'on prenne chacun des routes différentes. Je ne savais pas quoi dire et j'étais face à un choix : l'Europe ou travailler cet été. Je ne voulais pas blesser Bellamy car je n'avais encore rien décidé à cet instant.
- Pourquoi pas, répondis-je finalement.
- Tu m'envoies ton CV par mail pour que je le transferts ? demanda-t-il plein de joie. Oh Clarke ça va être de superbes vacances !
Je répondis par l'affirmative et souhaita une bonne nuit à Bellamy alors que la culpabilité s'emparait de moi. Que faire ? Que dire ? Je voulais les deux choses à la fois et je ne voulais blesser ni Bellamy, ni ma mère. Je soupirai bruyamment et, pour la première fois de ma vie, j'adressai une prière à mon père pour qu'il me donne un signe afin que je sache quelle décision prendre.
