NDA : Veuillez m'excuser pour le retard, le travail a pris tout mon temps ! :( J'vais éviter de m'engager pour la date du prochain chapitre mais je le poste le plus vite possible comme d'habitude ! :D

Merci d'être là pour suivre et liker cette histoire. Puis ceux qui laissent des commentaires vous êtes au top du top.

D'ailleurs, merci à Ryuse : t'as bien imaginé. Effectivement tout n'est pas rose dans cette histoire. C'est ce qui fait à mon goût les plus belles histoires d'amour : apprendre à se connaître soi-même, prendre des décisions, avoir mal et puis se rendre compte de ce qu'est le réel amour. En ce qui concerne la saison 7, on ne va pas en parler ça vaut mieux haha.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 17

On dit que la nuit porte conseil. En me réveillant, j'avais l'esprit plus clair sur tout ce qui s'était passé la veille. Je ne pouvais définitivement pas tout garder pour moi de cette manière et surtout, il était temps que je prenne une décision concernant les vacances en Europe ou le travail qui devait commencer dans dix jours. J'avais donc pris rendez-vous avec Bellamy à Frick Park pour la fin de la matinée.

- Tu sais que les messages tels que "il faut qu'on parle" sont toujours très angoissant, me lança Bellamy en s'installant à côté de moi sur un banc sur lequel j'avais pris place en l'attendant.

Je frottai mes mains nerveusement contre mes cuisses tout en le remerciant intérieurement de ne pas m'avoir embrassé en arrivant.

- Alors, commença Bellamy, je crois que quelque chose ne va pas j'ai l'impression. Et ceci depuis la fin du bal. Aurais-je fait quelque chose ? ajouta-t-il alors que je cherchais mes mots. Tu peux tout me dire.

- Tout le monde peut tout te dire apparemment, lâchai-je froidement et m'en voulant immédiatement de ne pas savoir gérer mes émotions.

- Comment ça ? répondit Bellamy surpris. Attends, c'est à cause d'Echo ?

- A ton avis ?

- Je ne sais pas quoi te dire Clarke. Echo est mon amie. On est toute une bande depuis six ans et on se soutient tous. Je pensais que tu le savais.

- Je savais que vous étiez une bande oui et que tu étais le pilier. En revanche, je ne savais pas que vous étiez aussi… proche. J'ai entendu ce qu'elle te disait. Et je t'en supplie épargne-moi le couplet comme quoi je me trompe.

Bellamy soupira, observa le parc puis prit la parole en fixant l'horizon.

- Ok. Je vais tout te raconter mais laisse moi terminer jusqu'au bout d'accord.

J'hochai la tête, le cœur battant et la gorge serrée prête à fondre en larmes à tout instant.

- Il y a six ans, Raven, Echo, Murphy et Nathan nous nous sommes retrouvés au même groupe de parole du collège, poursuivit-il. C'était le genre de groupe pour les gamins en souffrance et qui traversaient des choses difficiles. On avait tous été envoyés par la psychologue scolaire. Moi, c'était par rapport à ma mère… Je suis désolé, je ne te dirais pas pourquoi les autres y étaient. C'est leur histoire. Je sais que tu peux comprendre. Bref, avec ces séances, nous sommes devenus amis. On a comme créé une bulle protectrice et, sans vouloir me vanter, tout s'est joué autour de moi. Être à la tête d'une bande m'a permis de m'élever, d'être une meilleure personne. Enfin la plupart du temps… Lorsque nous sommes entrés au lycée, Echo a commencé à éprouver des sentiments pour moi. Elle n'a pas pu me le cacher très longtemps et a même pris les devants pour qu'on tente quelque chose. On a été en rendez-vous et je me suis posé des questions si une relation pouvait être possible. Mais rien ne venait de mon côté et je ne voulais pas qu'elle s'attache plus alors je l'ai repoussé. Il y a eu un froid pendant quelques temps mais notre amitié a été plus forte. Et puis, j'ai eu ma véritable première petite amie, Gina…

- … Oui je suis au courant de ça, tu n'as pas besoin de me donner les détails, coupai-je agacée. Je veux savoir pourquoi hier elle pleurait dans tes bras et flirtait littéralement avec toi.

- Elle ne flirtait pas, me contredit Bellamy toujours calme et sûr de lui.

- Excuse-moi mais dire à quelqu'un que dans un autre monde les choses auraient pu être différentes…

- Dans un monde où je suis amoureux d'elle oui mais ce n'est pas le cas et elle le sait, répondit Bellamy sur la défensive.

- Alors pourquoi est-ce qu'elle force de cette manière ? m'emportai-je clairement cette fois. Elle a eu le droit à un moment avec toi dans des vestiaires à pleurer sur ton épaule, ça passe encore mais sous-entendre une relation et même te faire du rentre-dedans c'est trop pour moi ! Ça commence comme ça et ça se termine avec une tromperie.

- Si tu ne lui fais pas confiance, ai confiance en moi, soupira Bellamy qui semblait perdre patience. Et puis d'ailleurs, ce n'est pas du rentre-dedans, elle a toujours été comme ça. C'est ma meilleure amie comme Wells est ton meilleur ami.

- Jamais Wells n'oserait me dire quelque chose comme ça. Wells n'a jamais été amoureux de moi et ne le sera jamais.

- Écoute Clarke, je suis désolé pour hier soir mais je ne sais pas ce que je dois faire…

- Tu devrais le savoir toi-même, dis-je les larmes aux yeux. C'est un manque de respect envers moi ce qu'elle a fait hier.

- Elle a eu besoin de me parler…

- Oui oui, j'ai vu qu'elle pleurait. Faut croire que tout ce qu'il te plait c'est de faire le bon samaritain quitte à blesser tout le monde.

- Clarke ! dit Bellamy en se levant. Mes amis sont importants. Ils sont mon unique famille et sache qu'au moindre besoin je suis là pour eux. Le passif qu'il y a avec les sentiments d'Echo ne m'empêcheront jamais d'être là pour elle.

Je sentis le rouge me monter aux joues. Alors c'était ça ? Même si Echo était frontalement amoureuse de lui, il serait toujours là pour elle ? On était sur quelle planète au juste ? Moi qui aimait le côté grand cœur de Bellamy, j'étais subitement beaucoup moins enthousiaste. La jalousie me rongeait de toute part et j'eus envie de hurler dans le parc. A la place, je me levai et commençai à partir avant que Bellamy ne m'attrape le bras doucement.

- S'il te plait Clarke, ne t'en va pas comme ça. Tu comptes pour moi. Mais imagine si je te demandais de ne plus parler à Wells.

- Wells n'est pas amoureux de moi, dis-je en me dégageant de la poigne de Bellamy. Je ne peux pas vivre tout ça. C'est trop pour moi. C'est trop d'émotions et là je n'arrive plus rien à gérer. Je ne comprends rien.

Et cette fois, j'éclatai en sanglots sans pouvoir me contrôler. Bellamy tenta une approche mais je me reculai de plus belle en tentant d'essuyer le flots intarissable de larmes.

- Clarke, dit-il doucement, s'il te plait…

- Je ne veux pas être plus mal que je ne le suis déjà. A la mort de mon père, tu as été ma bouée de sauvetage, tu m'as aidé mais je me rends compte que j'ai beaucoup trop misé sur toi et que j'en attends beaucoup trop. Tu ne pourras jamais ressentir la même chose que je ressens parce que…

- On s'est aidé Clarke, me corrigea Bellamy. T'as été une lumière dans ma vie et pas parce que tu allais mal. Peut-être qu'au début j'ai été attiré par le fait de vouloir t'aider mais tu m'as aussi beaucoup aidé. Sans toi je ne serai pas en cours d'inscription pour l'université et j'aurai arrêté les études. S'il-te-plait ne gâchons pas tout. Écoute, on ira bientôt faire notre job d'été et ce sera superbe.

A l'évocation de tout ça, je me mis à pleurer de plus belle.

- Je vais aller en Europe avec ma mère.

- Quoi ? demanda Bellamy qui tomba des nues.

- Je suis désolée. Elle m'a proposée il y a longtemps. Au départ je pensais travailler avec vous mais finalement… Je crois que j'ai besoin de prendre mes distances avec toutes ces histoires.

- Mais Clarke…

- Je suis désolée, dis-je alors que mon cœur se brisait en mille morceaux.


Lorsque je pénétrai dans ma maison, les joues encore mouillées de larmes, j'entendis des bruits étranges qui provenaient du salon qui éveillèrent ma curiosité. Ma tristesse s'amplifia de plus belle devant la scène qui se déroulait sous yeux. Ma mère était assise par terre au milieu du salon, rangeant différents documents, les sanglots secouant son petit corps amaigris. L'évidence me frappa de plein fouet : elle allait aussi mal que moi, peut-être plus. Je m'approcha silencieusement et m'agenouillai à ses côtés. Les documents étaient les différents dossiers administratifs de mon père.

- Je dois faire différents désabonnements d'assurances et de téléphone de ton père mais je ne trouve pas tous les documents, m'expliqua ma mère dans un hoquet, c'était quelqu'un de très ordonné mais il avait sa logique et je ne trouve pas tout.

- Je vais t'aider.

Je pris la paperasse dans mes mains et ma gorge se serra. C'était la première fois que j'aidais ma mère dans ce genre de démarche et je me sentis extrêmement coupable de ne jamais l'avoir aidé.

- Maman, tu devrais aller te reposer. Je vais m'en occuper.

Ça va me faire du bien de penser à autre chose, pensai-je. Ma mère se leva difficilement et m'observa de son regard triste et épuisé avant de m'adresser une caresse sur mes joues humides. Elle devait croire que je pleurais de notre situation mais je n'avais pas envie de lui exposer les détails de ma vie amoureuse.

- Au fait, c'est ok pour l'Europe, dis-je la voix tremblante et repensant au visage décomposé de Bellamy lorsque je lui avais annoncé la nouvelle.

Elle me prit dans les bras et me déclara doucement qu'elle allait s'allonger quelques heures. Je me remis dans tous les documents et cette tâche eut l'avantage de me faire oublier ma peine. Une fois ma mission terminée, le vide s'empara de moi et je pris machinalement mon téléphone. J'avais plusieurs appels en absence et au moins une dizaine de sms. J'ouvris craintive le premier sms de Wells.

Wells : L'information tourne comme quoi tu aurais décliné le travail à l'hôpital avec nous cet été. C'est vrai ?

Je fermai la page et continuai ma lecture des autres messages.

Raven : Hey ! J'ai appris pour cet été. C'est dommage ! Faudra quand même qu'on se capte pour notre logement pour l'université.

Le monde s'écroula encore plus sous mes pieds. Il était vrai qu'on devait faire une colocation Raven et moi. Mais cela voulait dire que j'allais voir Bellamy et à cet instant je ne savais plus du tout ce que je voulais. Pire encore, c'était la meilleure amie d'Echo. D'ailleurs, à la vue des premiers messages, je compris que Bellamy n'avait rien précisé concernant notre discussion du matin même. J'ouvris un autre message puis un autre puis un autre...

Gaïa : Octavia m'a dit que Bellamy et toi vous étiez vu ce matin… Elle pense qu'il s'est passé quelque chose de grave. Si tu as besoin de parler je suis là.

Octavia : Salut. Il s'est passé quoi au juste avec mon frère ? Il a l'air totalement ailleurs et déboussolé. J'suis pas là pour te jeter la pierre mais j'espère que ce n'était rien de grave.

Je remis mon téléphone dans ma poche, ne souhaitant pas en lire davantage. Je grimpai les marches quatre à quatre avant de m'enfermer dans ma chambre et faire les cent pas. La pièce semblait se rétrécir autour de moi et mon souffle devenait de plus en plus court. Qu'est-ce que j'avais fait ? J'aurais peut-être dû parler plus posément avec Bellamy. Oui mais cette jalousie qui me rongeait le ventre ne venait pas de nulle part. Puis, alors que je tentais de reprendre mon souffle, je compris. Tout cela ne me ressemblait pas. La Clarke habituelle n'était pas quelqu'un de jalouse maladive. J'étais habituellement quelqu'un qui réfléchissait et qui savait faire la part des choses. J'avais des émotions qui me faisaient prendre des choix qui ne me faisaient pas du bien et pire je m'étais mise dans des situations plus que délicates. J'avais pris peur de perdre Bellamy comme j'avais perdu mes précédentes relations et surtout comme j'avais perdu mon père. A cette pensée, un sanglot douloureux s'échappa de mes lèvres. Ma jalousie trahissait mon besoin d'avoir un soutien rien qu'à moi mais Bellamy ne pouvait répondre à cela et c'était normal. Il ne pouvait pas être ma bouée de sauvetage et je ne pouvais pas rentrer dans une relation où ma confiance flanchait à chaque évènement. Ma raison me disait que s'il avait voulu être avec Echo, il l'aurait fait depuis longtemps mais mon cœur ne voulait pas l'entendre. Mon ventre était remplis de larmes intarissables que rien ne semblait pouvoir apaiser.

J'avais cru aller mieux. Je croyais que je pouvais avancer facilement. Que j'étais forte. Mais qu'est-ce que ça veut dire, être forte ? J'étais instable et ma fragilité me frappa de plein fouet. J'avais besoin d'aide. D'une aide réelle qui n'allait pas se transformer en romance. Je me rendais compte que dans la souffrance, j'avais fait du mal à tout le monde. Je me rendais compte que j'avais besoin de grandir seule et par moi-même.

Essuyant mes larmes, je pris mon sac de cours et ouvrit la petite poche intérieure. Il y avait là les documents que l'infirmière m'avait donné quelques mois plus tôt lors de ma première crise d'angoisse. Je reniflai, les sanglots encore lourd et je composai le numéro indiqué sur le flyer.

Centre médico-psychologique de Pittsburgh, que puis-je faire pour vous ?

Bonjour, dis-je après m'être éclaircie la voix, c'est pour prendre un rendez-vous. Le plus vite possible s'il-vous-plaît.


Les quinze jours avant mon départ en Europe fut rythmée par deux séances de psy par semaine et l'organisation du voyage. Détachée de mon corps, j'avais l'impression d'être comme dans un rêve. Ou plutôt un cauchemar. Bellamy me manquait terriblement. Mes amis, à qui je n'avais pas donné de signes de vie à l'exception de Wells, me manquait tout autant. Pourtant, je ne me sentais pas la force de les revoir. J'avais envoyé un message à mon meilleur ami, lui informant que je souhaitais être un peu seule et que je promettais de donner des nouvelles à mon retour d'Europe. Comme à son habitude, il ne chercha pas à me forcer à parler mais je fus certaine qu'il prévint les autres.

Lors de ma troisième séance chez la psychologue, une femme d'une quarantaine d'années, toute menue mais un sourire à faire craquer n'importe quel dur à cuir, nous vînmes à parler de mes relations amicales.

- Je ne sais pas ce qui cloche chez moi. J'étais tellement bien avec eux… J'ai l'impression de me saborder.

- Vous ne vous sabordez pas Clarke. Vos émotions ont été très chamboulées ces derniers mois, il y a eu beaucoup de choses qui se sont passés dans votre vie. Le décès de votre père certes mais pas seulement. Vous avez eu vos études, une relation amoureuse qui a réveillé en vous des traumatismes du passé, plein de nouveaux amis alors qu'avant vous n'aviez que Wells, la colère contre votre mère… Et dans le fond vous n'avez pas eu le temps de prendre le temps pour vous même et je pense qu'inconsciemment c'est ce que vous recherchez.

- Je n'ai pourtant pas envie de tous les perdre.

- Vos amis comprendront. Et puis, vous avez déjà fait un premier pas en venant ici. C'est très courageux. Comment va le sommeil ces derniers temps ?

- Les médicaments m'aident mais je me réveille encore un peu dans la nuit parfois. Je fais toujours ce rêve où je conduis une voiture qui va de plus en plus vite et je n'arrive pas à freiner même si j'appuie à fond. Je me disais que ça devait être lié à la mort de mon père puisqu'il est mort en voiture.

La psychologue se pencha un peu plus vers moi et marqua un temps avant de prendre la parole. Lorsqu'elle faisait ça, elle annonçait souvent quelque chose qui allait me faire réfléchir pendant des heures.

- Parfois, tout n'est pas forcément lié avec votre père. A votre avis, que représente la voiture ?

- Je ne sais pas, dis-je en haussant les épaules.

- Qu'est-ce que vous faites dans cette voiture ?

- Je la conduis.

- Vous êtes donc au volant et vous vous dirigez sur une route.

- Oui c'est ça, dis-je alors que ça devenait plus clair. Comme lorsque je suis au volant de ma propre vie. Sauf que je perds le contrôle, je n'arrive plus à freiner et ça va trop vite.

- Exactement, me répondit-elle d'une voix avez la sensation de perdre le contrôle, que tout va trop vite. Et il n'y a rien d'étonnant à tout ça Clarke. Tout va très vite pour vous ces derniers temps.

- J'ai besoin de me retrouver, de prendre mon temps.

Je sortis de cette séance l'esprit léger. J'avais la sensation de me connaître de mieux en mieux. A peine avais-je franchis la porte du bureau de la psychologue, que je tombai sur Murphy. Il était avachis sur une chaise de la salle d'attente et afficha un sourire narquois en me voyant.

- Tiens tiens tiens, voici la grande disparue.

- Salut Murphy, dis-je tendue en me dirigeant vers la fontaine à eau.

Le jeune homme m'observa quelques instants avant de se redresser et de s'approcher de moi. Mal à l'aise et le cœur battant, je pris une gorgée d'eau attendant qu'il se mette à parler.

- Alors… Quoi de neuf ? Je ne savais pas que tu venais ici.

- Et bien maintenant tu le sais.

- Tu sais que Bellamy est au fond du trou ?

Je baissai la tête confuse vers mon verre d'eau. N'importe qui d'autre aurait mis des gants mais pas Murphy.

- J'avais… J'avais besoin de réfléchir, marmonnai-je en levant les yeux.

- Oui bien sûr. Sinon tu ne serais pas ici ! dit-il en montrant la salle d'attente un sourire narquois aux lèvres. Laisse moi deviner, c'est à cause d'Echo n'est-ce pas ?

Cette fois, sachant que je n'y échapperais pas, je m'installai sur une chaise dans un soupir. Après tout, pourquoi ne pas parler avec Murphy ?

- Au départ oui. Mais dans le fond non.

- Dans le fond non ?

- Je ne sais pas Murphy, dis-je finalement. Il y a beaucoup de choses qui sont remontées à la surface.

- Et tu penses Bellamy incapable de te comprendre ?

- Non ! m'exclamai-je.

- La vérité c'est que tu as été jalouse d'Echo. Et pour tout te dire, je te comprends. Je me doutais même qu'un jour il y aurait une difficulté de ce genre entre vous.

- Comment ça ? demandai-je inquiète.

- Il n'y a pas que toi qui a des problèmes Clarke. Echo et Bellamy ont toujours été proches. Notre bande a toujours été soudée. Mais je me doutais que tu ne serais pas capable de le comprendre.

- C'est toujours un plaisir de discuter avec toi Murphy, dis-je vexée.

- Ok écoute, dit-il plus doucement. T'es une princesse avec tous les avantages et les inconvénients que ça impliquent. T'as la chance d'avoir évolué dans un univers privilégié avec des parents qui t'aiment, de l'argent et une éducation facile d'accès. Cela peut avoir un côté agaçant pour nous autres. Et même lors de la mort de ton père, tout le monde est venu autour de toi. Parce que lorsque ça arrive à quelqu'un de populaire comme toi, c'est subitement beaucoup plus touchant aux yeux de la plèbe. Mais Clarke… Tu n'es pas au centre du monde. Le monde ne tourne pas autour de toi…

- Je le sais ça ! coupai-je aux bords des larmes.

- Et pourtant tu ne sais pas qu'on a tous vécu des choses aussi difficiles si ce n'est pire que toi. J'suis ici et suivis par un psy parce que depuis môme j'ai enchaîné les conneries et que le juge a décidé que je devais être suivis. Les conneries en question étaient des vols à la pharmacie pour ma mère malade. Raven a eu une mère qui enchaînait les séjours en maison de détox parce que c'est une toxico, Nathan a fait plusieurs tentatives de suicide depuis ses douze ans et on n'a jamais vraiment su pourquoi. Et puis Echo… Echo aussi a perdu ses parents. Assassinés froidement quand elle avait dix ans. Maintenant elle vit chez ses grands parents.

- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ? demandai-je la gorge serrée.

- Pour que tu te rappelles que tu n'es pas la seule à souffrir. Pour te dire aussi que finalement tu ferais mieux de ne pas nous rejeter. Enfin t'es pas obligée d'être mon amie, pour tout te dire je n'en ai pas grand chose à faire, ajouta-t-il nonchalamment. Mais t'as pas à te couper du monde parce que tu souffres. Surtout quand les gens te font du bien. C'est Bellamy qui m'a appris ça d'ailleurs.

La porte de la psychologue s'ouvrit et Murphy entama un mouvement vers cette dernière.

- C'est l'heure de ma séance, dit-il inutilement. A bientôt Clarke.

Je restai clouée au sol pendant une bonne trentaine de secondes. Les mots de Murphy tournait dans ma tête encore et encore. Et désormais, une honte vicieuse se faufilait au creux de mon estomac. Qu'avais-je donc fait ? J'avais rejeté les personnes qui tenaient à moi car je n'arrivais plus à contrôler mes émotions. Les pensées se bousculèrent dans ma tête et j'en arrivai à la conclusion suivante : après les vacances en Europe, j'y verrais plus clair. Prendre le temps état certainement la meilleure chose à faire.