NDA : Bonsoir tout le monde ! L'attente n'a pas été top longue j'espère ! :)
Voici mon nouveau chapitre (que je tente de poster depuis 3jours mais le site fait des siennes) ! C'est drôle, on arrive à une période dans l'histoire qui est pratiquement la même que celle que nous vivons ! Je parle ici de période temporelle pas de confinement car comme vous avez pu le voir lors du dernier chapitre, nous sommes ici quatre mois plus tard !
Bref bref, bonne lecture à tout le monde !
Réponse au guest :
Ryusei : Merci merci pour ton commentaire ! Toujours au rendez-vous à ce que je vois ! :) J'avoue que j'avais peur de perdre des lecteurs avec les chapitres qui s'étirent un peu en longueur. Mais j'en ai besoin pour mon histoire. Clarke n'a pas encore terminé d'être dans des bourbiers, j'aime bien haha ! Enfin j'dis ça, mais on touche bientôt la fin. Bonne lecture !
Chapitre 19
Le quatrième jeudi du mois de novembre, les américains fêtent Thanksgiving. On fait un grand repas avec les gens que nous aimons et c'est aussi le moment pour pardonner aux uns et aux autres.
Dans mon université, la semaine était banalisée et c'est donc avec anxiété et appréhension que je préparais ma valise. Dans ma colocation, la plupart de mes camarades étaient déjà rentrés chez eux dès le vendredis soir. La grande maison à deux pas du bâtiment principal de l'université des arts était donc bien vide et la solitude ainsi que les nombreux messages de ma mère avaient eu raison de mon départ.
Depuis mon arrivée à l'IUP, j'avais concentré toute mon énergie sur mes études. J'excellais partout et les professeurs m'adoraient. Je m'étais fondue dans la masse des élèves et les seules fois où je me rendais à l'extérieur c'était pour me rendre à des expositions ou autres vernissages. En peu de temps, j'avais déjà un portefeuille de contacts bien fourni. Finalement, j'étais redevenue la Clarke d'il y a presque un an. Solitaire, travailleuse mais désespérément seule. A la différence que cette fois-ci, j'en avais conscience.
Depuis notre éclat à l'aéroport Raven ne m'avait plus parlé. Elle avait ignoré mes appels et l'université était tellement grande que lorsque je l'apercevais, elle avait déjà disparu avant que je puisse la rejoindre. Cette situation me rendait triste mais n'avais-je pas fait subir la même chose à Bellamy ? Après tout, elle avait besoin de prendre ses distances avec moi et ce fut après un gros travail sur moi que je lâchai prise pour lui laisser son espace. J'ai longtemps pensé naïvement qu'elle reviendrait, qu'elle était mon amie mais plusieurs semaines plus tard, son absence me fit comprendre que je l'avais peut-être perdu à jamais. Fort heureusement, il y avait Gaïa, Maya et Wells avec qui je restais en contact par téléphone. Gaïa m'avait même rendu visite le temps d'un weekend salvateur et elle m'avait rappelée à quel point mes amis me manquaient.
Et puis dans tout ça, il y avait Bellamy. Seuls les réseaux sociaux me permettaient de savoir ce qu'il faisait. Il avait trouvé un petit appartement avec Octavia à mi-chemin entre son université et le lycée. J'essayais de l'appeler en vain et au fur et à mesure que le temps avançait, je plongeais dans une honte inexplicable jusqu'au jour où je renonçai.
C'était un lundi d'octobre après un cours d'histoire de l'art antique. Le professeur nous avait donné un devoir à rendre avant la fin du semestre. Tandis que je notais les attendus sur mon ordinateur portable, je jetai un coup d'œil sur Instagram. Bellamy avait posté une photo de lui et toute la bande - Echo comprise - un sourire jusqu'aux oreilles. C'est fou comme une simple photo peut être décisive dans vos choix de vie. Mon cœur avait pris une embardé lorsque je compris qu'il était heureux et j'étais malheureuse. La faute à qui ? Uniquement à moi-même. J'avais provoqué tout cela et il fallait que ça s'arrête. Il fallait définitivement que je passe à autre chose. J'en avais marre d'avoir mal. En un rien de temps, les réseaux sociaux disparurent de mon téléphone. A partir de cet instant, il n'y avait plus que les cours dans ma tête.
Après cela, les semaines sont passées à une vitesse vertigineuse. Je me retrouvai alors le vendredi soir, au téléphone avec ma mère qui me suppliait pour la troisième fois de revenir pour la semaine de pause.
- Je ne sais pas maman, j'ai beaucoup de devoirs et d'examens à préparer. Ici, j'ai tous les outils pour travailler et peindre.
- Mais je t'en achète moi des outils. Même Wells sera là ! Il sera tellement déçu de ne pas te voir. Tu nous manques tellement.
Je ne savais pas réellement qui était ce "nous" dont ma mère parlait mais trop fatiguée pour me battre, je soupirai avant d'accepter.
Je fermai ma valise d'un geste sec et serrai fort les poings afin que mon angoisse quitte mon corps au plus vite. Après tout, je n'ai aucune raison de croiser Bellamy, pensai-je pour me convaincre. Parce que c'était bien ce qui me faisait le plus peur. J'avais peur de le croiser, peur de ce que j'allais ressentir et peur de ce qu'il allait ressentir.
Je traînai ma valise difficilement jusqu'à la borne des taxis lorsque je vis une silhouette brune de dos. Je m'approchai lentement, incertaine de l'identité de la personne mais cette dernière se retourna et nos regards se croisèrent au moment où j'arrivai à son niveau.
- Salut Raven, dis-je gentiment.
- Salut.
- Alors… Est-ce que tu rentres à Pittsburgh pour Thanksgiving ?
- C'est ça. Toi aussi ?
- Oui.
Un silence malaisant s'installa. Le froid me fit frissonner et je m'inquiétai du temps d'attente pour avoir un véhicule. Un peu hésitante, je proposai doucement qu'on partage le taxi ensemble.
- Ok, répondit-elle après un instant de réflexion.
Le taxi arriva peu de temps après et on chargea nos bagages tout aussi silencieusement. Je ne savais par où commencer. J'avais l'impression qu'une sorte de paix s'était installée entre nous, que Raven avait passé l'éponge. Cela n'empêchait aucunement la distance qui s'était installée. J'avais l'impression qu'on était de retour quelques années en arrière avec Finn.
Est-ce que ma relation avec Bellamy était tout aussi fragile ? Si je le croisais, est-ce que ça allait être aussi froid ? Une boule dans mon ventre s'installa vicieusement à cette pensée. Je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas qu'on ait une entente cordiale. Plutôt le silence qu'une entente cordiale.
- Bon et bien, à la prochaine. J'ai vu que tu avais disparu des réseaux, me dit Raven en sortant de la voiture une fois arrivées devant chez elle.
- Effectivement, j'avais… Besoin de distance.
- La distance commence à être un peu longue maintenant tu ne crois pas ?
- C'est toi qui ne voulait plus me parler, répondis-je piquée.
- Je ne parlais pas de moi.
Raven m'adressa un dernier regard pénétrant avant de fermer la porte et de s'en aller. Décidément pour les départs dramatiques, elle savait y faire.
Ma mère me sauta dans les bras à peine le pied posé dans l'entrée. Wells se tenait derrière elle et un grand sourire se dessina sur nos visages. Joyeuse et ravie de retrouver le cocon de ma maison, on s'installa tous près de la cheminée. Ma mère me fourgua immédiatement une bonne tasse de chocolat chaud dans les mains. J'avais l'impression d'avoir de nouveau huit ans et ce n'était pas du tout désagréable.
- Gaïa et Indra ne devraient plus trop tarder, on est tellement heureux de voir ! Alors raconte nous tout.
- Je travaille énormément, les cours sont passionnants, dis-je enthousiaste avant de prendre une gorgée de mon breuvage qui me réchauffa les entrailles. Les professeurs sont sympas et je pense bien que je vais aller jusqu'au Master si ça continue.
- Excellent ! En tout cas, j'espère que tu vas profiter pour te détendre un peu cette semaine. C'est à peine si j'avais le temps de parler à ma fille au téléphone !
- Oh ne t'inquiète pas c'était pareil pour moi, se plaignit Wells.
- Quel menteur ! On se parlait une fois par semaine au minimum en visio ! Et puis je te signale que tu n'étais jamais disponible le samedi soir parce que monsieur faisait la fête.
- Ah c'était donc ça, lança Thelonious dans un sourire amusé.
- Toi t'es morte, me chuchota Wells avec espièglerie.
J'étais de nouveau à la maison et c'était bon. J'engloutis mon chocolat avant de me lover contre mon meilleur ami. Je ne regrettai pas un instant d'avoir fait mes valises pour rentrer. Même mieux, il y avait eu un début de quelque chose entre Raven et moi.
- Bon alors ?
- Je ne sais pas…
- Mais décide toi ! Si on part c'est dans dix minutes, après il sera trop tard !
- Oh mais tu m'agaces Wells !
- Je te dis qu'elle sera contente de te voir et fière de te montrer qu'elle a trouvé un travail.
- Mais ce n'est pas d'Octavia que je m'inquiète, mentis-je à moitié.
- T'es aussi chez toi à Pittsburgh. Tu ne vas pas t'empêcher de vivre pour cette histoire avec Bellamy. C'est du passé maintenant non ?
A ses mots, ma gorge se serra brutalement. Non, ce n'était pas du passé. Mais comment le dire quand mon comportement indiquait le contraire ?
- Clarke, me dit Wells en s'asseyant sur mon lit dans lequel j'étais affalée. Il ne nous reste que quelques jours et après on retourne à l'université. Tu as déjà refusé plusieurs fois. Jasper et Monty seront heureux de te voir aussi. Et je sais que toi aussi.
- Bon… D'accord. Mais je prends ma voiture et toi la tienne comme ça si je veux rentrer avant, je suis libre de le faire !
- Ok, lâcha-t-il dans un rire victorieux.
- J'ai un mauvais pressentiment, dis-je en me levant de mon lit pour me préparer.
Le Diner où travaillait Octavia était atypique. En plus de servir les plats américains comme n'importe quel Diner, il proposait une ambiance clubbing à partir de 21h. Apparemment, Monty et Jasper s'y plaisaient beaucoup et depuis que Wells étaient rentrés, les trois compères passaient leur temps à cet endroit. On s'installa à une table quand Octavia débarqua avec son petit tablier et sa casquette aux couleurs roses et bleus comme la décoration de la salle.
- Hey Clarke, ça fait longtemps ! Mais ce n'est pas un reproche, se précipita-t-elle à dire alors que mon estomac se contractait nerveusement, je suis heureuse de te revoir enfin parmi nous. Je ne me mêlerais jamais des histoires de mon frère.
- Tu ne m'en veux pas ?
- Au début un peu car Bellamy allait vraiment mal mais je me suis dit que tu avais besoin de temps pour toi également. Et puis Bellamy a continué de vivre, je veux dire par là qu'il ne s'est pas laissé sombrer bien au contraire. Tu sais qu'on a notre propre appartement maintenant !
- Oui j'ai vu ça, c'est super pour vous. Et tu travailles ici tous les jours ?
- Non seulement cette semaine car ce sont les vacances ! Sinon je travaille ici tous les weekends. C'est difficile mais je gagne beaucoup d'expérience.
Il y avait quelque chose en Octavia qui avait changé. Elle semblait plus épanouie et plus mature. Elle avait pris plusieurs centimètres et avaient laissé ses joues enfantines pour un visage plus fin désormais. Cela me réconforta et je lui adressai ma commande au même moment où Jasper et Monty entrèrent dans la salle. Ils sautèrent à mon cou et Octavia s'éclipsa. Rien n'avait changé entre nous tous et au fur et à mesure que la soirée avançait, que les lumières et la musique rendaient à la pièce une ambiance boite de nuit, le stress et la culpabilité laissèrent place à la détente.
- Alors, tu vois que ça allait être bien ! me dit Wells alors que j'essuyais mes larmes d'un fou-rire que m'avait provoqué Jasper en faisant l'idiot.
- T'avais raison. J'avais un mauvais pressentiment mais ça devait juste être l'angoisse de revoir tout le monde après tout ce temps.
J'avais à peine terminé ma phrase que je vis Bellamy entrer dans la pièce. Il avait son gros blouson de moto, les cheveux décoiffés et une carrure qui me paraissait encore plus large que d'habitude. L'entraînement pour devenir pompier semblait avoir porté ses fruits. Bellamy ne me vit pas immédiatement et je profitai pour m'extraire de table afin d'aller au bar pour payer, un nœud dans l'estomac. Avec un peu de chance, je pourrai partir sans le voir. J'allais à peine régler la note quand Jasper m'interpella à travers la pièce :
- Clarke ! T'as oublié ton téléphone !
Je risquai un regard vers Bellamy. Il me fixait, comme figé dans son mouvement. On resta ainsi à s'observer avec l'impression que cela durait de longues minutes. Ma bouche se fit sèche et les battements de mon cœur se mirent à vrombir dans mes oreilles.
- Attends, tu ne vas pas partir maintenant ! me lança Monty qui ne semblait pas avoir compris ce qui se jouait. Il y a toujours le moment où on danse !
Mon regard se détacha brusquement de Bellamy alors que Monty me tirait par le poignet sur la piste de danse. Mais j'avais besoin de m'asseoir. Mes jambes flageolaient et il me fallait de l'air. J'adressai un sourire crispé à mon ami avant de sortir par la porte de secours. J'inspirai une immense goulée d'air glacée et toussai plusieurs fois avant de reprendre mon souffle et mon calme.
Ca y est, j'ai vu Bellamy, ce n'était pas si terrible, me répétai-je en boucle. Il ne restait plus qu'à envoyer un message à Wells pour qu'il me donne mes affaires et je pourrais partir. Je fis le nécessaire et attendis patiemment en me frottant les bras énergiquement. Trente secondes plus tard, le bruit de la porte retentit et je tombai nez à nez avec Bellamy qui tenait dans ses mains mon manteau et le reste de mes affaires.
- Tu vas attraper la mort à rester sous ce froid, me dit-il d'une voix plate.
J'attrapai silencieusement mon manteau et mes affaires en le remerciant du bout des lèvres. Cette mince proximité avec Bellamy était déjà entrain de faire ressortir toutes mes émotions et une tension électrique s'installa immédiatement.
- Pourquoi Wells ne m'a pas donné mes affaires lui-même ?
- Parce qu'il veut qu'on se parle.
- Je ne sais pas par où commencer, avouai-je.
- C'est bien l'université ?
- Oui. Toi ?
- C'est cool. Je bosse beaucoup, j'ai cru comprendre que toi aussi.
- En effet, j'avais besoin d'oublier tout ça.
- Je connais la chanson, t'inquiète pas pour moi.
- Cela ne veut pas dire que tu ne me manques pas Bellamy.
Cette fois-ci, je plongeai mes yeux dans les siens. Je ne voulais pas qu'il croit que je n'en avais rien à faire. Ses yeux à lui étaient humides, le regard dur et l'abcès entre nous semblait être sur le point d'être crevé. J'avais peur mais alors qu'il y avait quelques instants je voulais fuir, cette fois j'étais prête à tout affronter.
- J'ai rien compris à toute cette histoire, me lâcha-t-il finalement, je croyais qu'on était bien tous les deux qu'on aurait pu… J'sais pas vivre un truc tu vois ?
- Mais moi aussi…
- Alors pourquoi as-tu tout balayé d'un revers de main ? Pour une histoire stupide ! Et au fond de toi tu sais que c'est idiot, tu n'es pas bête Clarke.
- J'avais toutes les émotions qui se mélangeaient.
- Je l'avais compris mais après tout ce temps j'avais imaginé qu'on aurait pu avancer. Je t'ai laissé tout le temps qu'il fallait.
- Je ne sais pas quoi te dire, dis-je en fondant en larmes malgré moi. Ces émotions… C'était beaucoup trop fort. J'ai été terriblement jalouse d'Echo, j'ai cru que j'allais te perdre alors j'ai préféré faire le travail à ta place (Bellamy lâcha un rire amer). Et puis après j'ai eu honte, de ce comportement, de mes émotions. Je ne savais plus quoi te dire, je ne savais plus par où commencer…
- Alors tu as fuis ?
- Non… Je… J'étais, bégayai-je l'angoisse me submergeant.
- Tu m'as laissé, me lança Bellamy d'une voix froide, tu as laissé chacun d'entre nous.
- Bellamy…
- Ça suffit ! claqua-t-il abruptement avant de se retourner comme pour reprendre contenance.
Mes jambes fléchirent sous l'émotion et fort heureusement une caisse rattrapa ma chute. Je restai assise sur cette dernière, ne cherchant plus à contenir mes larmes qui coulaient sans s'arrêter. Je croyais Bellamy s'en était allé mais je sentis ses mains sur les miennes. Ses yeux à lui aussi étaient plein de larmes. Je n'arrivai pas à savoir ce qu'il pouvait penser. Il y avait une sorte de colère ravagée par la tristesse. Je tentai un sourire et caressant sa main de mon pouce. Bon sang ce qu'il avait pu me manquer.
- Je sais qu'on peut régler ça. J'en ai envie…
- Je suis désolé Clarke, me dit-il avant de se relever et de partir.
- Non, soufflai-je.
Mais il était déjà loin. Je restai clouée au sol, ne sachant plus quoi faire si ce n'est de tenter de contrôler mes sanglots douloureux.
