NDA : Hé bien le bonjour ! J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue. Voici le chapitre 20. Bonne lecture à tout le monde.
Merci à Donia (désolée pour le choc, tout finira par aller ! Enfin je crois :p) et Ruysei (c'est un risque que j'ai pris, je ne veux pas que tout se fasse trop rapidement. Puis faut qu'ils apprennent de leurs erreurs et qu'ils apprennent à se connaître eux-mêmes bref qu'ils grandissent. Franchement tu peux écrire 1500 mots pour un commentaire je serais toujours ravie de lire, c'est un vrai régal) pour leur commentaire.
Chapitre 20
Suite à la catastrophe de Thanksgiving, j'ai voué corps et âme dans mes cours. Ainsi, ma vie ne s'est résumée pendant plusieurs semaines qu'à manger, me laver, aller en cours et réviser pour les examens. Je n'avais même plus le temps (ni l'envie) de me rendre aux soirées artistiques qu'habituellement j'affectionais. La seule chose qui me faisait oublier mes soucis était de me concentrer sur mes devoirs, mes révisions et mes dessins. Surtout mes dessins. Je n'avais jamais été aussi créative de toute ma vie.
Malgré tout, il m'arrivait de repenser à cette soirée et cette discussion pour le moins houleuse entre Bellamy et moi. En rentrant chez moi ce soir-là, j'avais pleuré toute la nuit entre deux rêves désagréables. Ma mère n'avait pas su quoi faire. Je voyais bien qu'elle cherchait à comprendre mais je ne voulais pas en parler car cela aurait rendu la situation encore plus réelle.
Et puis la vie avait suivi son cours. Comme pour la mort de mon père, comme pour mon départ à l'université sans Raven, comme pour le silence entre Bellamy et moi, comme pour tout. La vie suit son cours, c'est inévitable. Je ne le savais que trop bien désormais. Et l'approche des examens ne me laissaient aucun répit pour trop réfléchir. Cela m'arrangeait. Il y avait cependant une chose sur laquelle j'avais corrigé le tir : mes relations amicales. Plus question de faire la morte. Cela ne m'avait apporté que des problèmes.
Ainsi, bien que je n'avais jamais réellement perdu le contact avec lui, Wells me racontait ses sorties avec ses nouveaux amis, ses relations amoureuses qui ne tenaient jamais bien longtemps et ses cours qui le passionnaient. Il vivait clairement le rêve étudiant. Parfois j'enviais Wells mais je n'arrivais pas à vivre la vie d'étudiant qu'on m'avait trop souvent vanter. Comme disait ma psychologue, c'était sans doute trop tôt...
Aussi, j'ai repris facilement contact avec Raven qui était dans la même université que moi mais plutôt que d'aller faire la fête tous les weekends, nous avions trouvé un compromis plutôt sympathique. C'est comme ça que tous les mardis, on se retrouvait à la bibliothèque pour travailler. J'avais fait un point d'honneur à tenir mes engagements avec Raven de cette manière. On ne pouvait manifestement pas encore se retrouver pour faire des soirées comme au bon vieux temps mais travailler ensemble à la bibliothèque et prendre un café entre deux devoirs étaient le parfait équilibre pour que notre relation puisse rebondir. Et puis, mes rendez-vous amicaux à la bibliothèque me rappelaient indéniablement Maya avec qui j'avais lié une très belle amitié au temps du lycée. Avec elle aussi, je gardais contact. Elle s'établissait bien dans son nouveau lycée et voyait régulièrement Jasper le temps d'un weekend. Une fois par semaine, on se faisait une conférence en visio avec Jasper, Monty, Wells, Maya et Gaïa. Parfois Octavia se joignait à nous lorsqu'elle avait le temps. Elle expliquait régulièrement que Bellamy ne pouvait pas être de la partie car il travaillait beaucoup. Un jour, j'eus même le droit à une visite virtuelle de l'appartement dans lequel la jeune fille vivait avec son frère.
- Ce n'est pas le grand luxe mais c'est chez nous ! m'avait-elle dit alors que nous attendions que nos amis se connectent.
- Je vois d'ici que c'est absolument chaleureux, dis-je sincèrement. Je suis désolée de ne pas avoir été là pour vous aider à l'époque.
- Oh tu sais, on n'est pas des bébés qu'il faut sauver, me répondit Octavia en levant les épaules. Certes, tu as aidé Bellamy plusieurs fois à se mettre un coup de pied au fion mais tu n'as pas à te sentir coupable pour ça, ajouta-t-elle en montrant de sa main libre l'appartement. Et j'ai envie de te dire, heureusement qu'il a été capable de nous dégoter un appartement sans ton aide.
Je restais un instant bouche-bée par les arguments d'Octavia qui tenaient la route avant de reprendre la parole d'une petite voix :
- Tu dis que je n'ai pas à m'en vouloir pour ça, sous entendu avoir été présente pour vous aider pour l'appartement mais selon toi il y a bien des choses sur lesquelles je dois me sentir coupable ?
- Le problème Clarke c'est que tu ne sais pas trier tes émotions et tes actes. Tu mets tout dans le même panier, me déclara Octavia d'une voix sage. Oh ! Les autres arrivent !
Et avant que nous puissions terminer cette conversation, Jasper se pointait à l'écran dans un déguisement de dinosaure gonflable qui provoqua l'hilarité d'Octavia. Plus tard, quand tout le monde fut présent, on discuta des vacances de noël. Tout le monde avait différents projets mais seule Octavia restait inhabituellement silencieuse.
- Et toi O', vous allez quelque part avec ton frère ? demanda Gaïa.
- Tu sais Noël n'a jamais été qu'un jour férié pour nous depuis plusieurs années. Alors non, on ne fait rien de particulier. Et puis je travaille le soir du réveillon et Bellamy sera aussi sûrement d'astreinte.
- Je vous invite le vingt-cinq avec plaisir, déclara Wells.
Je sentis mes joues chauffer car nous étions également invités ma mère et moi chez les Jaha pour le repas de Noël. Avant que la panique ne me saisisse, je me confortai dans l'idée que Bellamy n'accepterait jamais. Puis une autre émotion plus vicieuse s'insinua en moi : finalement, ça n'aurait pas été si mal de le voir. Juste pour savoir s'il va bien, ce qu'il devient et discuter des heures comme on en avait l'habitude, pensais-je pour moi-même.
Trois jours plus tard, ma mère m'apprenait sans surprise que les Jaha nous avaient invité pour Noël comme toutes les autres années. Elle ajouta aussi qu'il y avait d'autres invités, Bellamy et Octavia. A cette annonce, je ne cherchai pas à savoir si j'étais heureuse ou angoissée. Les cours et les examens me prenaient 90% de mon temps et de ma tête. Je n'avais même plus le temps d'analyser mes sentiments et ce n'était finalement pas plus mal. La majorité des examens se déroulaient la semaine avant les vacances de Noël. J'avais cependant à rendre un très gros dossier de création libre après les vacances. J'étais tellement absorbée par mes révisions que j'avais à peine remarqué que la neige avait commencé à recouvrir les rues du campus.
Lorsque les épreuves commencèrent, j'étais au bord de la crise de nerfs. Je voulais à tout prix réussir et mon investissement me poussa presque à devenir une ermite. J'avais envoyé un message d'excuse à mes amis pour leur préciser que les examens commençaient. Ils étaient heureusement dans des situations similaires et personne ne sembla m'en tenir rigueur. Une chose qui me soulagea au milieu de toutes mes angoisses. Et lorsque enfin le surveillant annonça la fin de mon tout dernier examen, tout le monde soupira de soulagement. Je me détendis immédiatement, la tension dans mes épaules s'échappa et un grand sourire s'afficha sur mon visage. J'étais particulièrement satisfaite des devoirs que j'avais pu rendre lors de cette dernière semaine.
Je me rendis à mon appartement en courant. Je n'avais qu'une hâte, faire ma valise que je n'avais pas commencé et prendre mon taxi pour rentrer à Pittsburgh. Tout en balançant différentes tenues dans ma valise, je composai le numéro de Raven qui répondit à la troisième sonnerie.
- Salut l'artiste ! Dis-donc, j'ai vu tes dessins exposés dans la galerie des arts de l'université et t'es vraiment douée.
- Merci, dis-je concentrée pour plier correctement une chemise. Comment se sont passés tes examens ?
- Je pense que j'ai tout validé, je suis confiante.
- Je vois ça.
- Oh tu ne vas pas me dire que tu as raté ! lança-t-elle un brin exaspérée.
- Je pense que j'ai validé, dis-je prudemment, j'étais satisfaite de moi en sortant mais plus j'y réfléchis, plus je me dis que j'aurais dû ajouter d'autres éléments dans certaines de mes rédactions.
- De toute manière c'est fait ! Il ne faut jamais reparler d'un examen une fois qu'il est terminé.
- Tu as raison, Bellamy me le disait toujours, laissai-je échapper sans réfléchir.
- Ah oui, répondit Raven pour combler le silence gêné qui s'était installé.
- Hum, bon sinon je voulais savoir quand est-ce que tu comptais partir à Pittsburgh ?
- Oh... Euh.. Hé bien...Je reste quelques jours ici avant d'aller à Pittsburgh pour les fêtes.
Cette fois, c'était Raven qui semblait mal à l'aise.
- Tout va bien ? m'assurai-je.
- Oui oui c'est juste que… Oh bon bah voilà j'ai rencontré un gars dans ma promotion et c'est l'occasion de faire plus ample connaissance.
- Quoi ? lâchai-je carrément surprise. Mais c'est génial ! Il s'appelle comment ?
- Non non, je ne veux pas m'emballer donc tu le sauras plus tard ! s'amusa Raven.
- Très bien, répondis-je dans un sourire, je suis heureuse pour toi et j'espère que ça marchera tous les deux.
- On verra… En tout cas je pense beaucoup à lui, tout me le rappelle. Enfin, tu dois en savoir quelque chose…
- Comment ça ?
- Bah tu sais, penser toujours à quelqu'un au point de parler de lui pour aucune raison. "Bellamy me le disait toujours", imita-t-elle à travers son téléphone.
- Quoi ? répondis-je piquée au vif. Non mais ça n'a rien à voir.
- Il va falloir arrêter de te mentir à toi-même Clarke et ranger ta fierté, me lança Raven toujours aussi amusée par la discussion, allez je te laisse ! A l'année prochaine !
Je balançai mon téléphone sur mon lit en soupirant. Etais-je à ce point grillée ? Peu importe, qu'est-ce que cela pouvait bien changer dans ma vie de toute manière ? Bellamy ne me parlait plus.
A peine avais-je posé mes bagages que je me retrouvais déjà embarquée par ma mère au centre commercial. Elle n'avait a priori pas dans l'idée que je pouvais en avoir plein les pattes et qu'après des jours d'examens et trois heures de route, je puisse avoir envie de dormir. Elle était cependant tellement surexcitée que je fis semblant d'être aussi enthousiaste qu'elle. On se dirigeait vers la boutique de parfum lorsqu'on tomba nez à nez avec Octavia qui sortait d'un magasin de vêtements, les bras chargés de différents paquets.
- Oh salut Clarke ! lança-t-elle joyeusement.
- Octavia ! dis-je réellement heureuse de la voir. Maman c'est Octavia qui va passer le réveillon avec…
- Mais enfin chérie, je sais qui est Octavia tout de même ! Elle était présente à ton anniversaire. Ton frère est-il là ?
Octavia expliqua alors que son frère se trouvait à l'autre bout du centre commercial car il cherchait un jolie collier pour la mère de Wells. J'étais soulagée que ma mère ait pensé à demander où se trouvait Bellamy et je l'étais encore plus de savoir qu'il était assez loin de moi pour ne pas qu'on se croise. Non pas que je ne voulais pas le voir car je souhaitais recroiser son regard rien qu'une fois mais j'avais peur que sa colère soit encore là. Pire encore qu'il ne cache pas sa colère devant ma mère. Bellamy n'est pas immature ni méchant, pensais-je fortement. Il ne fallut pas attendre le jour de Noël pour confirmer mes pensées. Bellamy arrivait droit devant nous. Alors qu'il arrivait à notre hauteur, Octavia ne cessait de faire des aller-retours avec son regard entre Bellamy et moi.
- Bonjour Madame Griffin, dit-il dans un grand sourire en serrant la main de ma mère, salut Clarke.
- Hey, dis-je la bouche sèche.
Ma mère entama la discussion avec la fratrie Blake pendant que mon cerveau tentait de redémarrer. J'avais imaginé une centaine de fois nos retrouvailles mais jamais je n'avais pensé qu'on aurait pu se retrouver de cette manière. Bellamy affichait un grand sourire, des yeux rieurs et parlait avec posément avec ma mère. J'étais quant à moi totalement muette, ne sachant plus quoi dire hormis regarder son visage. C'était ridicule ! Je me détestais de réagir ainsi.
- On allait vers la boutique de parfum, vous allez où vous ?
- On va faire un bout de chemin avec vous, notre prochain arrêt est celui de décoration de maison, expliqua Octavia en lançant la marche. Je veux décorer ma chambre !
- Elle a l'air très épanouie, dis-je finalement à l'attention de Bellamy alors que ma mère et Octavia étaient devant nous en pleine discussion.
- Elle l'est, me répondit-il en observant sa sœur dans un sourire.
- Et toi ? Ça va ? tentai-je timidement.
- Je vais bien.
Ma mère et Octavia entrèrent dans la boutique sans même un regard pour nous et Bellamy s'arrêta devant le magasin avant de me faire face. J'observai ses grands yeux noirs, son visage en apparence dur mais si doux dès qu'un sourire y faisait surface. Je n'avais plus rien à perdre. Je le savais. Et puis tout venait si naturellement avec lui...
- Je suis contente de vous voir si apaisés, dis-je sincèrement, et je suis contente que vous soyez de la partie pour Noël chez les Jaha.
Le visage de Bellamy changea. Il sembla un instant déstabilisé. Puis il m'adressa un sourire qui ressemblait presque à une grimace et fit volte-face. Ma mère sortit de la boutique presque immédiatement et on réalisa nos achats dans un silence paisible uniquement perturbé par les chants de Noël qui résonnaient dans le centre commercial. Finalement, c'était loin d'être si terrible. Raven avait raison, il fallait que je range ma fierté.
