Bonjour tout le monde ! Vous ne rêvez pas, je suis déjà de retour. Plus sérieusement, j'ai l'impression que je reprends un rythme plus soutenu dans mon écriture, j'ai eu un peu plus de temps ces derniers jours donc pourvu que ça continue.
Merci à Guest Bellarke pour son commentaire (ta demande a été entendue, pas trop d'attente ! Pour le reste à savoir si tu as deviné un peu la suite, je te laisse dévorer ce chapitre), Ryusei (j'ai aussi apprécié ajouter Emori, il y a certains personnages que j'avais délibérément mis de côté car il y en a beaucoup afin de les ajouter un peu plus tard voire jamais mais Emori et John c'est quand même quelque chose, je voulais ce petit clin d'œil !) et Dina (haha tu m'as faire rire ! Pour toujours je ne sais pas même si ça serait beau !).
Bonne lecture !
Chapitre 23
Le lendemain matin de cette journée pour le moins intense, j'entendis Bellamy se lever pour partir au travail. Au bout d'une demi-heure à essayer de me rendormir, j'ouvris les yeux et entrepris de me préparer à mon tour pour ma journée. Le jour n'était pas encore levé lorsque je sortis de la douche et je descendis lentement les marches pour ne réveiller personne. Mine de rien, cela faisait du bien d'avoir du monde à la maison.
Depuis le début de ma vie étudiante, je prenais le temps de cuisiner de bonnes choses. Lorsque ma mère descendit, elle ne cacha pas sa surprise. Des fruits, pancakes, gaufres, œufs brouillés et bacon étaient disposés sur la table à manger.
- Mais quel réveil tu m'offres ! Bellamy a-t-il eu l'occasion de voir et goûter ce festin ?
- Malheureusement non, il est parti tôt. Mais Octavia pourra se régaler !
- Tu as raison, ça va lui faire du bien au moral sans aucun doute. Viens là que je te prenne dans mes bras, je suis tellement fière de toi.
Je laissai ma mère réaliser son étreinte avant de me dégager tandis qu'Octavia arrivait à son tour.
- Oh bonjour Octavia, installe-toi donc !
- Petit déjeuner de bienvenue, lançai-je en lui servant une assiette de pancake, sirop d'érable ou miel ?
- Miel merci, répondit Octavia. Vous faites ça tous les matins ?
- On va être honnêtes avec toi et la réponse est non, répondit ma mère dans un sourire. Mais sache que Clarke n'est pas novice en la matière. Le jour de la fête des mères, elle me préparait ce genre de petit déjeuner avec son père.
Une vague de souvenirs que je pensais avoir oubliés surgirent tout à coup. Jusqu'à mes douze ans, je me levais le matin, je réveillais mon père puis on préparait un festin de ce genre pour ma mère. Quand l'adolescence est arrivée, cette tradition s'est éteinte pour laisser place à un restaurant en famille. Les larmes me montèrent aux yeux.
- Oh ma chérie, excuse-moi.
- Non non c'est bon, ce sont des bons souvenirs, répondis-je sincèrement en reniflant. As-tu eu des nouvelles de Thelonious concernant les appartements ?
- Il est à peine huit heures du matin, j'en saurais plus dans la journée ne t'inquiète pas. En revanche, vous devez à tout prix récupérer vos affaires.
- Comment faire ? Le propriétaire a tout bouclé et on ne peut plus accéder à notre appartement, demanda Octavia dépitée.
Elle qui avait grandi si vite semblait soudainement redevenir une petite fille. Elle avait des cernes, une ride d'angoisse lui barraient le front et elle se tordait les mains nerveusement.
- Thelonious s'en occupe également. Tout sera rentré en ordre ce soir et vous aurez un appartement très vite.
- Le Community College sera presque à une heure de route pour Bellamy.
- C'est mieux que rien, me répondit Octavia en haussant les épaules.
Je croquai dans une pomme en guise de réponse. Octavia avait raison. On passa la matinée à faire du rangement et vers midi ma mère reçut un appel de Thelonious qui annonçait que les affaires de Bellamy et Octavia avaient été récupérées. Wells viendrait nous les déposer dans le courant de l'après-midi.
- Comment est-ce qu'ils ont fait ?
- Aucune idée, répondis-je à Octavia. Est-ce que tu veux ce livre où je le donne ?
- Fais voir, me dit-elle en observant le bouquin sous toutes les coutures, je prends ! Je pense faire de la littérature avancée l'an prochain.
- Qu'est-ce que tu voudrais faire après le lycée ?
- Je ne sais pas encore. L'université me tente mais j'aime tellement les arts martiaux. Et toi, que penses-tu de tes cours ?
- C'est passionnant mais vous me manquez, avouai-je. Je vais profiter d'être avec vous pendant ces deux dernières semaines avant de reprendre le chemin de l'université.
- J'espère qu'on trouvera un logement avant que tu ne partes.
- Ne t'inquiète pas pour ça, dis-je confiante, et ce bouquin tu le veux ou pas ?
- Jules Vernes ! s'exclama la brune en m'arrachant le livre des mains, carrément !
On prit rapidement nos habitudes tous les quatre à la maison. Wells nous rendait régulièrement visite pour nous rapporter les avancées de la recherche de logement pour Octavia et Bellamy. Le matin, je préparais un petit déjeuner et je laissais les restes dans un tupperware pour le lendemain afin que Bellamy parte avec quelque chose dans l'estomac. Ensuite, nous allions nous balader avec Octavia tandis que ma mère travaillait à l'hôpital. L'après-midi était consacré à la révision de nos cours et au tri de mes affaires. Octavia avait aussi repris son travail de serveuse et s'y rendait le midi et en fin d'après-midi jusqu'à 19h.
Il y avait de la vie à la maison, c'était plaisant. Petite ombre au tableau, je n'avais finalement que très peu de moment avec Bellamy qui partait tôt et rentrait au moment du dîner. Il allait généralement se coucher très vite. Je ne lui disais rien mais on était toutes inquiètes de le voir si épuisé. Bellamy, têtue comme une mule, ne voulait rien entendre et répétait qu'il devait travailler et avait besoin d'argent.
- Ton logement coûtera beaucoup moins cher, tu devrais lever le pied, prévint une énième fois ma mère à table.
- Je vous remercie madame Griffin mais j'ai d'autres charges à payer, je dois absolument travailler tant que je le peux, expliqua Bellamy en jouant avec sa purée.
- Tu vas finir par t'épuiser, ajouta Octavia.
- S'il te plait O', supplia Bellamy en se pinçant l'arrête du nez.
Je fis un geste de la tête à Octavia qui voulait dire "stop" car je sentais une pression monter chez le garçon qui semblait à peine tenir debout.
- Je vais me coucher, excusez-moi, lança-t-il en posant sa serviette.
- Il est totalement sur les nerfs, dis-je une fois Bellamy à l'étage. Maman, tu ne pourrais pas lui faire un arrêt de travail ?
- J'y ai déjà pensé mais il ne veut pas.
Je soupirai et pris congé également pour monter dans ma chambre et continuer le tri dans mes affaires. J'avais un tas de bibelots et souvenirs de voyage qui prenaient la poussière et que ma mère m'avait ordonné de trier. C'est difficile de se séparer de ce genre d'objets. Il y avait mes poupées russes, une boîte à musique, des boules à neige (collection commencée dix ans plus tôt et très vite abandonnée). Il fallait bien s'y mettre, on avait prévu de refaire ma chambre au prochain spring break. Je pris dans les mains ce carnet de croquis que mon père m'avait offert quelques années plus tôt. J'ouvris le cahier et à la première page, l'écriture familière de mon père s'affichait.
"Pour Clarke, de la part de papa. En espérant que tu réaliseras tes plus beaux dessins."
Ma gorge se serra à l'idée de devoir jeter ce cahier. Il fallait être honnête, je n'avais pas vraiment réalisé mes plus beaux dessins… J'étais encore jeune, je passais plus mon temps à m'amuser qu'à dessiner réellement. Il n'y avait clairement rien à sauver dans ce cahier et surtout, j'en avais des tas comme celui-ci. Mais pas avec l'inscription de mon père. Je devais cependant faire du tri à tout prix. Surtout, j'étais prête à m'en séparer. Les souvenirs étaient ailleurs. Une larme coula sur ma joue suivie d'une autre et encore une autre. Je décidai alors d'aller me coucher. J'acceptai mes larmes et ma tristesse car je savais que ça allait me soulager. Le stress des derniers jours n'y était pas non plus étranger. La psychologue m'avait dit qu'il fallait accepter ses émotions négatives et ne pas essayer de les contrôler. Beaucoup trop de choses étaient injustes : la mort de mon père, l'accident de voiture provoqué par ma mère, la mise à la rue de Bellamy et Octavia, Bellamy qui travaillait comme un dingue au point de ne pas pouvoir souffler un instant.
J'étouffais mes sanglots dans mon oreiller quand la porte de ma chambre s'ouvrit. Je reconnus l'odeur familière du shampoing de Bellamy. Je me redressai et aperçus la silhouette du brun dans la pénombre éclairée par la pleine lune.
- Clarke, chuchota-t-il.
Tout le monde semblait dormir dans la maison. Je pleurais apparemment depuis plus longtemps que je ne le pensais. Il s'approcha doucement et voyant que je ne bougeais pas, il s'installa à côté de moi pour me prendre dans ses bras. Je me blottis près de lui avant de me dégager pour laisser une place à mes côtés. Un ange passa. Il comprit et se glissa sous les draps. On s'allongea l'un contre l'autre. Ma tête sur son torse. Il n'y avait rien à dire. On avait juste besoin de la présence réconfortante de l'autre à cet instant.
Bellamy partit tôt le lendemain matin. J'étais entre le réveil et le sommeil lorsque je le sentis rabattre la couverture sur mes épaules. Au petit-déjeuner, personne ne semblait avoir remarqué que Bellamy avait passé la nuit avec moi. Un sourire idiot s'affichait sur mon visage dès que mes pensées s'évadaient dans notre nuit d'étreinte réconfortante. La joie de retrouver ce bien-être dans les bras de Bellamy, cette complicité silencieuse et ce respect mutuel m'enchantait. Je ne savais pas si nous pourrions recommencer notre histoire où nous l'avions arrêté mais il était certain que notre lien ne s'était pas éteint.
Dans l'après-midi, alors que je révisais mes cours d'histoire de l'art baroque en Europe, mon téléphone vibra.
Bellamy : Je vais devoir rentrer tard ce soir, je suis exceptionnellement d'astreinte jusqu'à minuit. Je reste à la caserne. Ne m'attendez pas.
Clarke : Pas de problème, on te laissera un plat dans le micro-ondes.
Bellamy : Merci. Est-ce que vous avez eu des nouvelles des Jaha pour la recherche d'appartement ?
Clarke : Non pas encore, ça ne devrait plus tarder ne t'inquiète pas.
Bellamy : C'est toujours un plaisir d'être chez toi… Mais je ne veux pas être abusif de la situation.
Clarke : Tu n'abuses de rien. Au contraire, j'aimerais que tu sois là plus souvent !
Bellamy : Oh oui j'ai bien vu ça ce matin, je n'arrivais pas à me dépêtrer de tes bras…
Je retins de justesse un gloussement de dinde avant de réfléchir à la conduite à tenir face à ce flirt inopiné. Je tentai le tout pour le tout :
Clarke : Je n'avais jamais aussi bien dormi. Reviens quand tu veux.
La réponse de Bellamy se fit un peu tarder. Je l'imaginais chercher ses mots, son regard dans le vide. Puis finalement la réponse :
Bellamy : Alors à cette nuit.
Cette fois-ci, un rire idiot s'échappa de mes lèvres sans que je ne puisse le contrôler.
Ce n'était pas une blague. J'entendis vers une heure du matin la porte d'entrée se refermer et les pas lourds de Bellamy monter l'étage pour aller directement dans la salle de bain. Je tentai de rester éveillée pour être certaine qu'il aille manger quelque chose mais la fatigue prit le dessus et je fus réveillée uniquement au moment où la porte de ma chambre s'ouvrit.
- Tu n'as rien mangé, dis-je la voix pâteuse.
- Je peux venir ?
- Ne change pas de sujet Bellamy, il faut que tu manges.
- Demain matin, je suis trop épuisée pour avaler quoique ce soit.
A peine avait-il terminé sa phrase qu'il posait la tête sur l'oreiller sans que je ne puisse répliquer. Quelques minutes plus tard, sa respiration lourde m'indiquait qu'il avait déjà sombré dans les bras de Morphée. Je me collai un peu plus à lui et sa main glissa contre ma taille avant que nos jambes s'entremêlent.
Ce petit manège dura au point de devenir une routine. Bellamy qui part tôt, moi qui travaille sur les cours toute la journée, Bellamy qui rentre tard le soir et qui se glisse dans mon lit, moi qui râle car il n'a encore rien mangé, lui qui s'endort, nous deux qui nous enlaçons pour une nuit apaisante.
Mais le soir du 31 janvier ne se déroula pas comme prévu. La plupart de nos amis étaient déjà rentrés dans leur résidence universitaire. Ceux qui étaient encore au lycée n'étaient pas disponibles. Nous avions alors décidé de faire quelque chose de simple à la maison. Bellamy rentrait exceptionnellement plus tôt. Une bonne chose quand on voyait ses cernes et son air bougon. Une bonne soirée devant la cheminée et un bon plat au calme allait le revigorer.
Octavia et Bellamy arrivèrent de leur travail respectif presque en même temps, sur les coups de 17h. Ma mère allait chez Marcus Kane, le meilleur ami de mon père. Il avait convié les Jaha et d'autres amis. Bellamy était monté silencieusement à l'étage pour se préparer tandis qu'Octavia m'aidait à élaborer le dîner.
- Peut-être que ma mère en remettra une couche concernant votre appartement auprès de Thelonious.
- J'en suis même sûre, me répondit Octavia, vu son caractère de battante. Tu tiens beaucoup d'elle aussi.
- Je ne sais pas si je suis une battante.
- En tout cas, t'es persévérante ça c'est sûr ! me dit-elle en agitant la cuillère en bois devant mon visage.
- Qu'est-ce qu'il fait ton frère ? Il commence à être long.
- Oh ne t'inquiète pas pour lui. D'ailleurs, en parlant de mon frère, ça fait longtemps qu'il vient dormir dans ta chambre ?
Mon visage vira au cramoisie. Je pensais qu'on avait été discrets.
- Il vient juste pour dormir, on ne fait rien d'autre, bredouillai-je en me concentrant sur mes petits fours.
- Eurk, je ne demandais pas tant de détails ! s'esclaffa Octavia. Non je voulais juste savoir si vous vous étiez remis ensemble enfin si on peut considérer que vous avez déjà réellement été ensemble d'ailleurs. En tout cas, est-ce que t'es ma belle sœur ou vous êtes encore dans une relation bizarre ?
- Et bien…
Ma réponse se perdit dans un bruit sourd venu de l'étage. Un simple échange de regard et on grimpa quatre à quatre les escaliers. J'hésitai une fraction de seconde avant d'entrer dans la salle de bain. Si Bellamy était tout nu ? Mon esprit imaginatif fut coupé par les coups sourds d'Octavia sur la porte.
- Bellamy ça va ?
Sans réponse, la jeune fille ouvrit la porte d'un coup d'épaule. J'aurais pu m'étonner de sa force incroyable si Bellamy n'avait pas été effondré au sol, essayant vainement de se relever. Octavia poussa un cri de frayeur et sortit immédiatement de la pièce en disant qu'elle appelait les secours. Mon cœur s'emballait à une vitesse vertigineuse mais je réussi à garder mon calme pour me mettre à genou et poser la tête de Bellamy dessus.
- Calme toi, ça va aller.
- Je suis calme, répondit-il doucement.
Je laissai échapper un petit rire. C'est vrai qu'il était parfaitement calme voire un peu mou. Une serviette autour de la taille en guise de vêtement, je pus me rendre compte à quel point il avait maigri.
- Tu as trop tiré sur la corde, lui dis-je d'un air de reproche. Maintenant tu as tout gagné, va falloir que tu te reposes.
- Pas besoin d'entendre ça, répliqua-t-il bougon.
- Je le dis quand même.
- Au moins tu peux admirer mon corps splendide, railla-t-il. Je savais que tu en rêvais depuis longtemps.
Il essaya de se relever mais je l'en empêchai.
- Je vais mieux. J'ai juste eu la tête qui tournait puis j'ai vu blanc et je me suis retrouvé par terre. Mais ça va mieux.
- Tais-toi. On attend le secours. Ta tête a peut-être cogné fort.
- Mais non… Regarde, je me sens déjà mieux, me répondit-il en m'offrant son plus beau sourire malgré ses cernes autour des yeux.
Octavia revint à cet instant, annonçant qu'elle avait appelé ma mère qui était le plus proche. Bellamy ajouta que c'était une bonne idée, qu'ils n'avaient certainement pas les moyen de payer les frais d'une ambulance et d'un séjour et examen à l'hôpital. Elle arriva dans les minutes qui suivirent, accompagnée de Marcus Kane.
- Et bien je vais finalement te le faire cet arrêt de travail ! lança-t-elle tandis qu'elle s'occupait de Bellamy qui ne cessait de vouloir se relever. 8 de tension ! A force de tirer sur la corde, voilà ce qui arrive. Puis tu ne manges jamais le soir, tu crois que ça va t'aider ?
- C'est bon madame Griffin, votre fille a déjà fait sa morale.
Je pinçai mes lèvres pour ne pas éclater de rire malgré la situation tragique. Au moins, il serait en repos une semaine histoire de reprendre du poil de la bête. Marcus aida Bellamy à se relever même si le garçon répétait qu'il pouvait le faire.
- Puis-je m'habiller tranquillement ? demanda-t-il un sourcil relevé alors que tout le monde attendait devant la porte de la salle de bain.
On s'éparpilla, ferma la porte et attendit derrière.
- Je vous fais confiance pour faire une soirée au calme ce soir.
- Ne t'inquiète pas maman, vous pouvez y aller. Merci beaucoup.
L'évènement "jour de l'an" avait eu son petit effet et Bellamy accepta de prendre quelques jours de repos dès le lendemain. Octavia s'en alla travailler l'après-midi et je crus que Bellamy allait littéralement s'effondrer de voir sa sœur travailler et pas lui.
- C'est une grande fille. Tu t'es souvent occupé d'elle. Maintenant occupe toi de toi. Qu'est-ce que tu dirais d'une sortie au cinéma ? Ça va te changer les idées et te permettre de couper avec tout ça, dis-je en agitant les mains.
- Est-ce un rendez-vous ? demanda-t-il l'œil soudain rieur.
- Seulement si tu le veux.
- Alors j'accepte.
Le cinéma proposait une rediffusion du film Independance Day. Un bon film d'action pour rompre avec la réalité. J'achetai le plus gros pot de pop-corn et un pot de glace Ben&Jerry à partager. Tous les ingrédients d'une après-midi parfaite. Sa main se glissa délicatement dans la mienne au milieu du film. La gêne que je pouvais ressentir il y a quelques mois était aujourd'hui devenue une évidence. On sortit du cinéma comme des amoureux mais aussi comme les meilleurs amis de toujours.
- Non mais c'est vrai, ce sont toujours les américains, sauveurs du monde !
- Clarke, toujours dans la critique de notre société. Remarque, si des extraterrestres débarquent demain, tu seras bien contente que les forces américaines viennent te sauver ! Je me vois déjà courir pour sauver ta vie...
- Tu rêves ! Déjà reprends du poids et on verra, répondis-je d'un air taquin.
- Avec ce que tu m'as fait manger au cinéma je crois que je vais reprendre les kilos plus vite que la vitesse de la lumière.
- T'as encore de la place pour une boisson ? demandai-je en montrant du menton un salon de thé.
On discuta presque deux heures dans ce salon. De tout et de rien, comme si on n'avait jamais eu une période de silence. Nos mains s'entrelaçaient sur la table, nos regards étaient plus que équivoques et j'avais hâte qu'on retourne à la maison. On alla chercher Octavia au travail. L'humeur était joyeuse et on peut dire qu'à cet instant, tout le monde était heureux.
Ce soir-là, j'attendis dans le couloir que Bellamy sorte de la salle de bain. Tout le monde était déjà dans sa chambre. Je voulais trouver une raison à ce qu'il vienne. Ce n'était pas comme d'habitude lorsqu'il se faufilait dans mon lit quand tout le monde dormait. Il fallait une raison officielle. Lorsque le brun sortit de la salle de bain, je l'informai que j'avais quelque chose à lui montrer dans ma chambre.
- C'est pour Octavia.
Il ne chercha pas plus loin et il me suivit.
- J'ai réalisé cette toile pour son anniversaire. C'est quelques jours après mon départ pour l'université mais est-ce que tu pourras lui donner .
- C'est magnifique, souffla-t-il.
J'avais dessiné au crayon Octavia entouré de son frère et ses amis. J'y passais tous mes après-midi pour élaborer le dessin.
- Est-ce que je dois rajouter des choses ?
- Non surtout pas c'est parfait comme ça, me répondit-il les yeux toujours rivés sur le dessin.
- Je me disais que ça aurait pu servir lorsque vous aurez votre nouveau logement. J'ai beaucoup appris grâce à mes cours, tu vois ici j'utilise une technique de…
Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase que Bellamy m'avait pris dans ses bras pour déposer un baiser passionné. Surprise un court instant, mon corps répondit positivement instantanément. Je lui rendis son baiser avec encore plus de fougue, humant son odeur réconfortante et me blottissant près de lui. Un désir brûlant consumait mes entrailles et c'est à peine si je pouvais encore tenir debout. Les mains de Bellamy parcoururent mon corps avec cette impression qu'il était partout. Le souffle court, sans réellement réfléchir, je l'attirai vers le lit. Il m'installa sur lui, de sorte à ce que je sois à califourchon. Je m'attaquai à son cou, bouillonnante d'envie tandis que ses mains s'étaient glissées sous mon tee-shirt pour caresser mon dos, ma taille, mes hanches…
- ON A UN APPARTEMENT ! beugla Octavia en entrant sans frapper. Oh ! ajouta-t-elle surprise en comprenant qu'elle n'arrivait pas à un moment opportun.
J'avais crié de surprise puis m'étais jetée à terre. On ne pouvait pas faire plus coupable. Je jetai un coup d'œil à Bellamy puis à Octavia sans déterminer qui des deux était le plus rouge. Je me relevai avec le peu de dignité qui me restait.
- Comment ça ? dis-je l'air de rien et surtout pour briser le silence malaisant qui commençait à s'installer.
- Hum, Thelonious vient de m'appeler, expliqua Octavia en reprenant aussi contenance, il a essayé de te joindre Bellamy mais ton téléphone sonnait dans le vide. Maintenant je comprends pourquoi, ajouta Octavia un sourire narquois aux lèvres.
- Bon ! C'est une excellente nouvelle ! coupa Bellamy en se redressant.
- On a l'appartement dès demain alors profitez bien, ricana la jeune sœur avant de sortir.
Une fois la porte fermée, on resta quelques secondes les bras ballants, sans trop savoir quoi faire. Puis je me jetai dans les bras de Bellamy et lui embrassai la joue.
- Je suis heureuse pour toi ! Vous allez pouvoir vous loger tranquillement.
- Je suis soulagée, avoua-t-il.
- Tu devrais aller dormir et commencer à préparer tes bagages.
- Ouais, répondit-il en se frottant la nuque. Hum écoute Clarke pour ce qui vient de se passer…
- Dis rien.
- Si justement ! C'était sérieux. Je veux dire, je ne m'attendais pas à ce que ça monte aussi vite, ajouta-t-il dans un grimace malicieuse, mais je le voulais vraiment et j'aimerai que.. Enfin tu vois ? Et toi qu'est-ce que t'en penses ?
- Je pense que tu es vraiment trop mignon. Et je le voulais aussi.
- Mais peut-être qu'on devrait attendre d'être un peu seul tous les deux.
- Oui, affirmai-je malgré le feu qui brûlait le bas de mon ventre. Et puis c'est bien de faire les choses correctement.
- Compte sur moi, promit-il avant de partir.
Alors alors ? Est-ce que vous détestez Octavia actuellement ou pas ? Plus sérieusement, qu'en avez-vous pensé ? Je vous ai servi du Bellarke à foison cette fois-ci !
A très vite, c'est promis !
