Nouvelle fic, pour une nouvelle vie~ !
Soyez en joie, car cette fiction est achevée sur mon Word. Oui cher lecteur, tu lis bien ! Elle est déjà entièrement écrite. Donc pas de Hiatus tout pourrav comme j'en ai l'habitude ! Cette fois Tiobalt se décide à écrire tout avant de poster et c'est mieux !

Comme la fic tient en un seul fichier word que je vais diviser en chapitres ici, je ne saurais dire combien il y en aura. Je pronostique 8, 10 à tout casser.

Sinon1 : je connais aussi bien la moto, qu'un témoin de Jéhova l'hôpital. Mais la moto est au centre juste pour l'ambiance. Donc on s'en fiche.

Sinon2 : mes persos parlent comme des charretiers : des putains, des merdes, des... Des choses qu'aujourd'hui on sort facilement dans la vie, non ? J'ai voulu faire en sorte que leurs dialogues fassent jeun's (yo les kids !)

Sinon3 : Cette fic je l'ai écrite pour m'amuser, pour le fun, rien de sérieux~, comme d'hab. En joie.


LE GARÇON A LA MOTO
CHAPITRE 01

Il faisait nuit. Il devait même être près d'une heure du matin. Hermione marchait sur une route de campagne, regrettant d'avoir décidé sur un coup de tête ou d'alcool de rentrer à pied chez elle. Elle était à la soirée d'une amie, quelque part dans un trou perdu. Elle ne connaissait pas l'endroit, mais savait qu'en avançant tout droit elle finirait par arriver en ville. Cependant, elle avait déjà trouvé le chemin long en voiture, alors à pied... Elle soupira et croisa les bras, tout en avançant à grandes enjambées. Elle n'allait pas être à la maison avant le petit matin.

Hermione prit le parti de regarder un peu les champs sur sa gauche et sa droite. Tout était calme, sans être glauque. Pas très loin, il y avait un bois. Elle devrait le longer. Ça ne l'enchantait pas, bien qu'elle relativise : personne n'aurait l'idée d'attendre qu'une victime s'y pointe à pieds.

Plus elle s'approchait du bois et plus Hermione se tranquillisa. Les arbres étaient beaucoup plus épars qu'elle ne l'avait cru. Continuant son chemin, l'oreille aux aguets tout de même, elle ralentit brusquement le pas. À quelques mètres, il y avait un garçon arrêté. Il était appuyé contre une moto de petit calibre aux phares allumés et fumait une cigarette en fixant quelque chose.
Mon Dieu, pensa-t-elle, lui voulait-il du mal ? Elle se rappela d'ailleurs avoir été dépassée par une moto à un moment. C'était ce type, non ? Et il l'attendait.

Son cœur battait plus vite, ses pas étaient plus lents. Elle baissa légèrement les yeux et rentra la tête dans ses épaules, espérant passer en toute discrétion. Une curiosité malsaine la poussa cependant à relever un peu les yeux pour voir son visage lorsqu'elle passa devant lui. Il la regardait, cigarette en suspens entre ses doigts. C'était un beau garçon aux cheveux blonds ébouriffés du casque qu'il avait retiré et au regard clair. Il entrouvrit la bouche, pencha à peine la tête sur le côté :
« Salut, dit-il dans un souffle.
- Bonsoir, répondit Hermione. »
Ça aurait pu s'arrêter là. Hermione serait passée et on en parlait plus. Mais elle s'arrêta, à quelques pas. Le garçon l'avait interpellé :
« Tu es un fantôme ?
- Quoi ?
- Je te demande si tu es un fantôme, répéta-t-il. »
Sa voix était basse, un filet qui coulait hors de ses lèvres, comme si sa gorge était trop serrée pour lui permettre de parler à voix haute.
Hermione se tourna vers lui et lui dit :
« Non. En tout cas, tu en as plus l'allure, toi.
- Ah. Pourtant j'ai cru (il ignora sa légère pique). Je t'ai dépassé en moto tout à l'heure, j'ai cru que je rêvais… Et je te revois ici. Je pensais... »
Il ne termina pas sa phrase et détourna les yeux dans le lointain, tirant sur sa cigarette. Hermione revint sur ses pas.
« Je rentre chez moi, expliqua Hermione. J'étais à une fête et j'ai décidé de rentrer à pied…
- Tu habites au milieu des champs ?
- Pas vraiment. J'habite en ville. »
Le garçon pencha légèrement la tête sur le côté. Hermione le regarda attentivement. Encore une fois, elle le trouva beau. Sa manière d'être appuyé contre sa moto, relevée d'une pose étudiée. Il portait un jean, avec un pull rentré nonchalamment dedans et une veste un peu trop grande, rouge et blanche avec dessus brodé un logo en forme de griffon doré. Ce garçon devait attirer les regards, sans aucun doute.
« La ville est loin. À pied, tu en as pour la nuit, dit-il en portant son regard sur la route.
- Je m'en suis rendu compte un peu tard… J'avais trop bu et maintenant que je dégrise, ben… Je m'en rends compte. »
En se confiant, Hermione s'ébouriffa légèrement les cheveux d'une main.
« Tu sens l'alcool, c'est vrai. »
Le garçon se redressa. Il jeta sa cigarette et l'écrasa du pied.
« Je te ramène en moto, si tu veux, proposa-t-il.
- Non, répliqua aussitôt Hermione. »
Le garçon d'abord étonné, lui sourit et dit :
« Je vais juste te ramener, je ne te ferai rien.
- C'est pas ça. La moto ça me fait peur. Mais merci quand même. »
Ni l'un ni l'autre n'ajouta quelque chose. Le garçon avait détourné la tête vers le bois. Hermione embarrassée de ce silence, se racla la gorge et fit mine de s'étirer.
« Allé, je vais y aller, j'ai encore du chemin. Bonne soirée. »

Elle reprit sa route, s'en voulant un peu d'avoir refusé. Ils auraient été plus vite en deux roues et puis, il avait quelque chose ce garçon, quelque chose de séduisant. Mais bon, elle avait trop peur d'avoir un accident.
« Attends, l'appela-t-il. »
Hermione se retourna vers lui, encore. Il avait retiré la béquille de sa moto et la saisissant par le guidon, il la fit rouler comme un vélo.
« Tu fais quoi ? demanda-t-elle.
- Je vais t'accompagner à pied.
- Mais ta moto, c'est lourd, non ?
- Ça ira.
- Bon… Comme tu veux. »
Le garçon lui sourit. Sa moto ne semblait pas être si lourde que ça en le voyant la pousser. Il regardait droit devant lui, sans dire un mot, Hermione marchant à ses côtés. Elle l'observa en catimini un moment, puis parla :
« Je m'appelle Hermione au fait. Et toi ?
- Moi ? Drago Malefoy. »
Il la regarda, semblant guetter une réaction. Hermione n'en eut pas vraiment. Alors il sourit, mais ne dit rien.
« Pourquoi tu t'étais arrêté là ?
- Hum… Pour réfléchir. Et j'avais envie de fumer.
- Ah… Et tu fais souvent des balades en moto en plein milieu de la nuit et de la campagne ?
- Ces derniers temps, oui. »
Il continuait de parler avec cette voix étrange et basse. Hermione pour bien l'entendre, penchait la tête vers lui.

Après quoi, ils firent de nouveau silence. Ce garçon, Drago, semblait perdu dans ses pensées. Il fixait le sol, tout en tenant fermement le guidon de sa moto. Hermione réfléchissait à comment entamer de nouveau la conversation avec lui, sans avoir l'air trop ennuyeuse. Il n'avait pas l'air bien bavard ou plutôt, elle avait dû le rencontrer alors qu'il était en proie à de profondes réflexions.

Et, alors qu'elle se creusait la tête pour savoir si parler cours ou travail était vraiment de bon aloi en cette soirée, c'est Drago lui-même, qui se mit à parler :
« Comme on a une longue route devant nous, est-ce que je peux te raconter une histoire ?
- Une histoire ? Tu veux dire… Un conte ?
- Non, non, rit-il. Une vraie histoire, mon histoire…
- Ton histoire… ? Tu es sûr ? »
Hermione, étonnée, n'en menait pas large. Il n'avait pourtant pas l'air d'un garçon à vouloir se confier. Et en même temps, elle mourrait d'envie d'en savoir plus sur lui. Ce Drago Malefoy dégageait quelque chose de tendre, une sorte de douce mélancolie, de celle qui donnait à sa voix des accents si bas.
« Oui. Je me dis qu'on s'est peut-être croisés pour ça, ce soir.
- Alors pourquoi pas. »
Hermione osa une main sur son bras et lui sourit gentiment. Elle le connaissait à peine et pourtant, elle eut l'impression qu'elle serait la personne la plus proche de lui depuis un bon moment…
« Merci. »
Drago regarda vers le ciel, puis baissa lentement les yeux sur elle :
« C'est une histoire à propos d'un garçon. Il s'appelle Harry Potter. Tu as déjà entendu son nom ?
- Pas vraiment. Je devrais ?
- Oui et non… J'imagine qu'on ne regarde pas tous la télévision.
- C'est vrai, s'excusa-t-elle presque. On a pas la télévision chez nous.
- Alors c'est très bien. Je vais pouvoir tout te raconter depuis le début… »
Et Drago se mit à parler et ce faisant, il remonta à plusieurs mois, peut-être un an…

. . .

Drago lui raconta qu'il était pilote de moto. Numéro un dans sa catégorie. En parallèle; il menait des études dans lesquelles il excellait. Ses parents étaient fiers, le public aimait sa jolie gueule d'ange, bien que dans le milieu on dénigre pas mal son arrogance. Drago avait confiance en lui, il s'estimait beaucoup, sans pour autant se reposer sur ses lauriers. Il travaillait d'arrache-pied que ça soit aussi bien dans les entraînements que dans les cours.

Il visait une sorte de fantasme de la perfection, s'en rendait compte maintenant qu'il en parlait à Hermione. À l'époque, disait-il, cela l'isolait de toute réelle amitié avec les autres. Hormis l'équipe des techniciens avec lesquels il parlait régulièrement de ses performances, Drago n'était pas bien bavard à l'époque – Hermione le rassura en lui disant qu'il n'avait toujours pas l'air très bavard.
Il ne souriait pas beaucoup non plus – cela étonna plus Hermione. On disait même qu'il avait toujours les sourcils froncés comme un vieux dragon hargneux ou un serpent. D'ailleurs, le logo de son écurie était un serpent.
On parlait sur son dos. Des gars de l'équipe disaient que c'était un puceau frustré. Drago ne se mêlait pas à ça, mais c'est vrai, avoua-t-il à Hermione, il n'avait jamais eu de copain ou copine bien qu'il ait vingt ans. Il s'en occuperait plus tard, pensait-il. Pour l'instant, il n'avait pas le temps. Tout ça, c'était ses sacrifices pour être le numéro un et il l'acceptait sans amertume devant l'étalage de trophées et médailles qu'il avait et qu'il regardait chaque soir.

Dans les magasines spécialisés, on voyait souvent sa tête. En plus, grâce à sa jolie frimousse et son maintient assez élégant, il apparaissait même dans des magasines plus people. Sa mère, amoureuse de la beauté de son fils, l'avait poussé à poser pour des vêtements de luxes et autres accessoires masculins. Elle gérait sa carrière comme un manager de mannequin. Son père gérait presque tout le reste de sa vie et lui… Il gérait sa moto. Il soupira en y pensant et dit d'un air rêveur :
« J'avais vingt ans à peine et le succès m'était plus naturel que l'idée même de respirer… J'adorais ça… Et puis, il est arrivé. »

Sorti de nulle part, un nouveau motard d'une petite écurie l'avait battu à une course d'entraînement. Drago n'y avait pas cru. Revenu au local, il était descendu de sa moto et avait retiré son casque les mains légèrement tremblantes. Ses joues étaient en feu. Il regarda comme un diable le garçon qui plus loin tenait son casque sous son bras. Il riait alors qu'on le félicitait. Il était aussi solaire dans son éclat de rire que Drago était glacial dans son regard et sa voix, lorsqu'il demanda à son technicien qui était ce type :
« C'est qui ?
- Lui, c'est Harry Potter.
- Jamais entendu parler. Il vient d'où ?
- D'une petite ville, je crois. Apparemment, il était la star là-bas. Il s'est fait repérer et une écurie l'a fait monter jusqu'ici.
- Quelle blague, fit Drago de mauvaise foi.
- Mais il t'a battu.
- Un coup de chance. Il a poppé sans rien dire sur le circuit.
- C'est vrai… Bah, tu te rattraperas, Drago. »
Le technicien posa une main sur l'épaule et doucement essaya de le calmer. Il lui parlait avec des pincettes, connaissant son caractère. Drago lui fourra férocement son casque dans les mains et retira ses gants. Ses doigts continuaient de trembler sous sa colère grandissante. Il croisa le regard d'Harry Potter à ce moment. Il avait de grands yeux rayonnants de joie. Drago prit ça pour de la moquerie envers lui. Il se sentit davantage humilié quand il lui fit un coucou de la main. Drago se détourna aussi sec et s'éloigna à grands pas du local.
« Hé, tu vas où, l'appela le technicien.
- Aux vestiaires, je rentre chez moi.
- Mais eh, on n'a pas parlé de ta performance encore, on doit voir les states et…
- Et rien, j'm'en fou, je rentre. »
Il claqua la porte du local derrière lui. Sa crise n'avait échappé à personne. Harry Potter ne riait plus. Pire, il voulut aller voir Drago aux vestiaires. Il fut retenu à temps.
« Où tu vas ?
- Je voudrais lui parler.
- T'es fou, rit un technicien. C'est à toi qu'il en veut. Tu vas te faire flinguer. »
Harry avait l'air penaud. Blaise, le technicien en chef et le plus proche de Drago sans pour autant oser se dire son ami, siffla un coup. Ils se tournèrent tous vers lui. Il avait un air de cow-boy avec ses grosses chaussures noires :
« Joue la fine Harry Potter, dit-il. Tu as peut-être gagné un entraînement, ça ne veut pas dire que tu as gagné la course. »
Il avait au moins autant d'arrogance que son motard. Il prit le casque de Drago des mains de l'autre technicien et frotta le logo du serpent avec son coude :
« Tu vois, ça, c'est notre écurie. Un petit gars comme toi se fera bouffer par notre serpent. »
En grande pompe, il s'en alla à son tour. Harry Potter resta coi devant tant d'animosité. Les techniciens de son écurie étaient déjà en train de médire de Blaise et Drago. C'était ça, l'attitude Serpentard. Harry Potter venait malgré lui d'en faire les frais.

. . .

Drago arrêta sa moto. Hermione s'arrêta également.
« Tu ne veux pas que je t'aide à la pousser ?
- Non. Tiens-la juste un instant par contre. »
Il parlait avec douceur et Hermione trouva étrange que dans ce qu'il lui raconte, il se décrive comme un garçon arrogant et glacial. Avait-il à ce point changé ? Elle tint fermement le guidon et constata que c'était un engin très lourd. Drago sortit ses cigarettes et s'en alluma une. Il lui tendit son paquet.
« Je ne fume pas, s'excusa Hermione.
- Ah, très bien. Mon histoire ne t'ennuie pas ?
- Du tout. Mais… Je me demande… Tout ce que tu dis, c'est vrai ? »
Il se fendit en un léger sourire, penchant la tête sur le côté. Adorable, vint à l'esprit d'Hermione.
« Pourquoi ? demanda-t-il.
- Tu sembles tellement… Autre. Tu exagères un peu tes traits, non ?
- Pas vraiment. J'étais vraiment comme ça. Je le suis encore.
- Pas ce soir alors ?
- Pas ce soir, affirma Drago. »
Il rangea son paquet et reprit le guidon. Par instant, il tirait sur sa cigarette et soufflait vers le ciel. Toutes ses mimiques, devina Hermione en le regardant, étaient le fruit d'un long travail. Être mannequin avait dû l'aider à se donner cette allure.

Devant eux, le bois continuait à s'étendre. Drago ne reprit pas de suite la parole. Il semblait réfléchir sur quoi enchaîner. Hermione était suspendue à ses lèvres. Avait-elle encore trop d'alcool dans le sang ? Sans doute. En tout cas, elle trouva la soirée vraiment belle avec lui. Plus belle que chez ses amis, à boire du mauvais vin.
« Depuis ce premier entraînement, je n'ai pas cessé de le croiser. Au départ, je pensais que c'était du hasard. Mais très vite Blaise m'a dit qu'il l'avait vu prendre en photo mon planning d'entraînements… J'étais tellement énervé... »

. . .

Cela faisait trois semaines depuis sa défaite. Drago n'en avait rien dit à personne, surtout pas à son père qui lui aurait aussitôt posé un ultimatum l'air de dire, si tu n'es pas premier, tu arrêtes la moto. Rapidement, Drago évoqua à Hermione un bout de sa relation avec son père. Ce dernier n'avait accepté la moto que sur son insistance et le laxisme de sa mère. Il le laissait faire tant qu'il restait excellent là-dedans et en cours. Au moindre écart c'était fini. Son père souhaitait ardemment qu'il se rate en moto, qu'il finisse dans les derniers. Il avait au fond de lui peur que son fils ait un accident. Et Drago lui, se croyait immortel sur un deux roues.

Enfin, reprit-il. Depuis trois semaines, il croisait souvent Harry Potter. Partout. À chaque détour de couloir, sur chaque circuit. Drago en était chèvre et parano depuis que Blaise avait vendu la mèche au sujet des photos.
Ce dernier lui avait proposé d'aller gentiment le défoncer dans un coin de parking. Drago avait hésité, il l'avouait et Hermione choquée qu'il accepte qu'on inflige un tel traitement à quelqu'un, fit de grands yeux. Ce à quoi, Drago haussa les épaules. À la guerre comme à la guerre.
Mais de toute manière, il avait dit non à Blaise :
« On va tout de suite savoir que ça vient des Serpentards.
- Par comme si je voulais forcément m'en cacher, fit Blaise.
- Je sais, mais on va se taper une sale réputation… Et tu imagines… Ils vont penser qu'on lui défonce sa race par jalousie. Je ne veux pas me sentir encore plus humilié. »
Drago triturait ses gants de moto, le visage légèrement baissé. Il n'y avait qu'à Blaise qu'il osait montrer la crainte et la gifle psychologique qu'il s'était prise en perdant.
« C'était qu'un entraînement. En plus, tu ne l'avais jamais vu. Ça faisait longtemps que tu ne faisais plus d'effort sur le circuit pour finir premier. Si tu avais su qu'il était nouveau et un peu star de son bled, tu aurais mis les bouchées doubles.
- Je ne sais pas Blaise, j'espère…
- Hé, on se reprend mon gars... »
Blaise lui releva le visage des deux mains. Ils se regardèrent tous les deux dans les yeux. C'était un petit truc qu'ils se permettaient dans le privé, que Drago permettait à Blaise seulement. Il ne se laissait pas si facilement toucher et cerner. Pourtant, il n'oserait toujours pas dire que Blaise était son ami. Ils ne se voyaient même pas hors du local.
« On se programme un solo sur le circuit, tu y vas comme un guerrier, avec tes meilleurs virages comme si tu étais face à ce petit con. Ensuite on décrypte tout ça et on évalue la suite, ok ?
- Ouai, ok Blaise... »
Drago lui sourit légèrement. Bien sûr, la porte s'ouvrit à ce moment et vu son regard, Harry Potter venait de totalement mésinterpréter leur attitude.
Le revoir encore une fois, fit virer Drago au rouge. Rouge de gêne, d'énervement. Il s'écarta de Blaise :
« Toujours à me coller au cul, toi ! Tu ne peux pas aller foutre ton nez ailleurs !
- Hé, du calme, je ne voulais pas vous gêner, bafouilla Harry.
- Ah ouai, ah ouai ? Tu crois quoi là, tu crois avoir vu quoi surtout ?
- Vous faites ce que vous voulez les gars, je vous juge pas, continua Harry. »
Drago aurait eu une hache, qu'il l'aurait découpé en morceaux. N'ayant rien, il s'apprêtait à lui tomber dessus à mains nues. Blaise le rattrapa in extremis.
« Drago tu sors et tu te prépares pour le solo. Tu refuses le parking, alors tu ne fais pas ça, ici. »
Drago les regarda tous les deux et sortit comme une bombe prête à exploser. Harry le laissa passer, se collant contre la porte. Blaise croisa les bras et jaugea Harry avec son air supérieur. Il reprenait une dose d'arrogance quand il n'était pas avec Drago.
« Te méprends pas Potter. Si Drago et moi on baisait ensemble, on n'aurait aucune gêne à le faire devant toi.
- J'ai rien dit, j'ai rien vu, fit Harry en secouant vivement la tête.
- Tu fais bien. Mais lâche-le maintenant. Je sais que tu le stalkes. Je t'ai vu prendre son emploi du temps en photo.
- Ce n'était pas avec de mauvaises intentions.
- Tu lui veux quoi ? »
Harry avait soupiré et s'était détaché de la porte. Il se passa une main dans la nuque. Il semblait bourré de gentillesse et d'honnêteté, là où Drago n'était que tension et froideur. Il dit :
« Je veux simplement lui parler…
- Pour lui dire quoi ?
- J'sais pas, je voudrais être son ami. »
Blaise éclata de rire devant cet élan de naïveté.
« Même moi, je ne suis pas son ami, alors toi… Fou lui la paix, Potter. Ça vaut mieux pour tout le monde.
- Non, non. Ça fait trop longtemps que je rêve de le rencontrer, je ne reculerai pas devant ça. »
Et Harry était sérieux. Et Blaise se foutu profondément de lui.

Le jour même, Drago dépassa ses scores en course solo. Retirant son casque vert et argent, il écumait presque, les joues en feu.
« C'était génial, Drago, le félicita Blaise.
- Vraiment ?
- Excellent, assis-toi, bois de l'eau, tu as l'air mort.
- Non ça va, t'inquiètes. Combien de pourcentage par tour ? La vitesse ? Les virages… il reprit son souffle. Les virages j'les maîtrise chaud ou pas ?
- Ouai, chaud. T'es chaud Drago. »
Drago se laissa tomber sur un banc et ouvrit une bouteille d'eau. Il irait jusqu'au mur du son s'il le fallait. Tout, pour que jamais être rattrapé par quiconque. Et Potter dont il croisa encore une fois le regard. Potter qui enfilait son casque d'or.
« Il fait quoi ce fils de pute ? demanda-t-il à Blaise.
- Il va faire un solo.
- Il me défie, alors ?
- Il te rattrapera pas. Tu es trop loin, t'en fais pas. »
Drago n'avait rien dit. Il descendit la fermeture de sa combinaison, avec l'impression d'étouffer. Il faisait chaud ce jour-là. Le bitume avait raclé les protections à ses genoux. L'odeur du goudron lui tournait la tête. Et il ne pouvait détacher les yeux de la flamme rouge et or qui prenait place sur le circuit. Il avait peur qu'Harry le rattrape en solo. Il avait peur du défi en même temps que cela l'excitait. Il acceptait qu'il le colle aux talons, tant qu'il ne le battait pas. Ce garçon sorti de nulle part ne devait pas le battre. Jamais.
Il se leva et alla se poster au niveau des écrans des techniciens, afin de voir les states en direct. Il croisa fort les bras, retenant son souffle presque. Harry démarra. Il y allait moins rageusement que Drago. Son premier virage fut fluide. Il accéléra. Il devint une flammèche. Les states s'emballaient. Autre virage, il raclait presque le sol, sans peur de la roue qui flancherait. Il remonta. Il était en fusion avec sa moto. Nouveau virage, plus serré. Il montrait à Drago ses capacités. Drago se mordit les lèvres. Ce petit con était vraiment bon et ce petit con copiait sa manière de prendre les virages. Il ne fut pas le seul à remarquer ce détail.
Blaise l'avait rejoint devant les écrans. Il eut un petit rire et donna un léger coup du pied sur le sol. Un technicien lui lança un regard.
« C'est un copycat de la moto, dit-il moqueur. Pas très sport tout ça.
- Il se cherche, dit un des techniciens Gryffondor. Il sait en plus que Drago le regarde. Vous aurez beau le critiquer, Harry est vraiment bon. Il pourrait devenir meilleur que Drago… Après tout, il l'a déjà battu à une course. »
Les Gryffondors rirent. Drago ne répondit pas, mais ses doigts se serrèrent sur ses bras. Il ne quitta pas l'écran de contrôle jusqu'au retour de Harry. Là, il se décala d'un pas. Il devinait les scores excellents. Heureusement, ils restaient inférieurs aux siens. Mais pas assez aux yeux de Drago.
Son animosité passait un nouveau stade à présent. Quand il regarda Harry retirer son casque, le visage éclatant de joie et de sueur, il sut qu'il ne s'en débarrasserait pas facilement.
Tout en le regardant dans les yeux, Harry lança :
« Alors, ces scores ?
- Ils sont géniaux. Tu t'améliores à chaque course !
- Ah oui ? Super ! »
Il vint vers eux et en souriant à Drago, reprit la parole :
« C'est que j'ai un bon défi, qui me pousse à me dépasser, toujours plus… Encore plus… Eh Drago, continua-t-il. Fais une course avec moi.
- Non. »
Il l'avait refusé sèchement, s'apprêtait à s'en aller.
« T'as peur, argua Harry.
- Je peux savoir de quoi j'aurais peur ?
- De moi. De perdre… Si tu veux, je te laisse une avance. »
Une nouvelle bombe s'amorça à ces quelques paroles. Les techniciens éclatèrent encore de rire. Osèrent imiter une poule qui caquette.
Drago en racontant cet épisode à Hermione avait le visage de quelqu'un qui n'a toujours pas digéré l'affront. Il lâcha un profond soupir :
« Ce jour-là, tu sais, j'ai faillis bousiller ma carrière.
- Tu as fait quoi ? dit Hermione.
- J'ai bondi sur lui. Je l'ai fracassé. On s'est battu en plein milieu du local. On a été séparés par le directeur du circuit et son associé : monsieur Dumbledore et Severus Rogue. »

Ni les Gryffondors, ni les Serpentards ne parvenaient à les séparer. Drago avait fait tomber Harry, le tapait comme s'il voulait le mettre K.O. et sans doute le souhaitait-il. Harry se défendait bien, lui tira le bras, lui donna un crochet du droit. Ils roulèrent au milieu du local : deux chats en plein frite.
Un technicien Gryffondor était parti chercher le directeur. Lorsque les deux hommes arrivèrent, il y eut un gros silence, sauf de la part des deux bagarreurs. Drago insultait Harry de mille façons :
« Espèce de petit fils de pute ! Je vais te niquer, je vais te défoncer ! Ose, OSE redire c'que tu m'as dit !
- J'le redis ! J'te battrai, t'as peur, t'en pisses dans ton froc Malefoy ! »
Alors Dumbledore tapa dans ses mains et prit sa grosse voix :
« Harry Potter, Drago Malefoy, vous cessez ça de suite. »
Il y eut un moment de latence. Blaise osa s'aventurer sur les deux garçons, tira Drago par le col de sa combinaison, quitte à l'étouffer au passage.
« Vous vous séparez ou je vous mets tous les deux dehors ! »
Drago fut traîné en arrière. Il avait la bouche en sang. Harry des griffures sur les avant-bras, sur le visage aussi.
« Expliquez-nous ce qu'il se passe ici, demanda Severus d'un air agacé.
- Rien, tempéra aussitôt Blaise. Une petite dissonance de genre.
- Une petite dissonance, Blaise ? Je n'ai pas l'impression. Harry, Drago, vous venez tous les deux dans mon bureau, on va s'expliquer clairement et calmement, je vous prie, reprit Dumbledore.
- J'ai pas envie, écuma Drago. »
Il repoussa sèchement Blaise et se leva. Il passa la paume de sa main sur sa bouche, étala le sang encore plus. Tout le monde le regardait. Un indien au milieu de la ville, dit-il à Hermione. Puis il ajouta :
« Je suis sûr que j'étais plus bandant que n'importe qui à ce moment-là. Harry Potter ne me quittait pas des yeux. C'était de la haine et d'autres sentiments mêlés. »
Disant cela, Drago s'arrêta encore sur la route et se reprit une cigarette. Il mit un temps à l'allumer, marquant une pose, en tapotant sa cigarette sur son paquet.
« Peut-être que tu as l'impression que je suis prétentieux… Je le suis un peu, beaucoup même. Mais ce visage en sang que j'avais, les griffures sur les joues de Potter… On en a reparlé lui et moi, beaucoup plus tard. C'est un peu le moment qui a fait tout basculer.
- Hum, tu veux dire par là qu'Harry et toi… »
Hermione chercha ses mots, tout en tenant le guidon de la moto.
« Fin, vous êtes tombé amoureux ?
- Amoureux ? répéta Drago avant de secouer la tête. Non, on s'est détestés encore plus à ce moment-là. Mais d'une haine… Une sorte de haine nécessaire. Où chacun avait besoin de voir la gueule de l'autre pour s'assurer qu'il lui ferait mordre la poussière. Avec les poings comme avec la moto. »
Il alluma sa cigarette, étudiant sa pose. Dans la flamme du briquet, son regard brillait.
« Une haine qui te fait progresser. Tu connais ce sentiment ?
- Non, fit Hermione. Je ne suis pas passionnelle, sans doute…
- Passionnel, hum… C'est un terme qui convient bien. C'est un terme qui allait bien à notre situation. Blaise s'est inquiété de ça, pour moi, pour le statut de l'écurie. Il avait raison. »


Prochain chapitre le samedi 1er août au soir... (Ou dimanche vers très tôt le matin, genre 1h00 du mat quoi)