Oznela : Drago pourrait effectivement être un esprit, un fantôme ou autre, mais... Je te laisse le soin de lire ce chapitre :D...
Max132 : Hon, hon, je te laisse la surprise de lire comment s'est déroulé le sabotage de la moto, en dire trop maintenant serait gâcher les choses, sans doute~
Cicidy : oh, merci pour ton gentil commentaire, c'est parfait si tu trouves l'histoire moins lourde à lire qu'écrit plus classiquement, c'est ce que je voulais :D !


LE GARCON A LA MOTO
CHAPITRE 07

Hermione eut du mal à dormir. Sa tête était pleine de lui, de son histoire. Il pesait comme une ombre sur elle. Cette soirée lui apparaissait de plus en plus improbable, entre rêve et réalité. Allongée dans son lit, l'estomac en vrac à la manière d'un bateau secoué par une tempête, elle se demandait comment un tel garçon pouvait exister. Déjà, elle se rendait compte que les contours de son visage qu'elle avait cru précisément définir au cours de leur balade, devenaient plus flou et impossible. Peut-être qu'il était vraiment un fantôme. Est-ce que si elle disait trois fois son nom, il réapparaîtrait comme la Bloody Mary ?
« Drago Malefoy, Drago Malefoy, Drago Malefoy, murmura-t-elle. »

Hermione attendit, l'oreille aux aguets. Mais il n'y eut rien. Alors elle psalmodia son nom dans sa tête, jusqu'à ce qu'il perdre toutes les nuances d'une rencontre vraiment passée.
« Ah mon Dieu… J'ai vraiment fait n'importe quoi ce soir. »
Elle se tourna et retourna dans son lit, finissant par s'endormir la tête dans son coussin.

Aucun réveil ne vint troubler son sommeil et cependant elle émergea vers dix heures du matin. Son esprit était toujours aussi encombré de Malefoy, de Potter et de moto. Tant et si bien qu'elle rumina tout le long du petit-déjeuner qu'elle se préparait, la soirée de la veille. N'y tenant plus, elle se traîna à son ordinateur avec son café et le reste et tapa sur Google son nom, en le murmurant en même temps.
« Drago Malefoy, révèle-moi tous tes secrets, souffla-t-elle à la manière d'une sorcière qui prépare un sort. »

Elle s'étonna du nombre d'articles en rapport avec l'actualité. Les liens avaient tous rapport avec le drame du Fresh Mode. Pour se laisser un peu de suspens, elle préféra d'abord aller sur la page d'images et se laissa subjuguer par ses photos de mode. Ses airs sophistiqués, la moue arrogante et les habits de tous les styles… Cela contrastait avec la douceur de sa voix et son regard de lune. Par contre, pensa-t-elle, que ça soit ici ou en vrai, sur son visage on devinait l'assurance de sa beauté. Un vrai petit con, pensa-t-elle en reniflant, amusée.

Hermione revint finalement à l'actualité et ouvrit simultanément plusieurs articles. Elle tomba pour la première fois sur l'image d'Harry Potter. Le trouva beau et charmant, lui trouva ce fameux air solaire comme disait Drago.
Puis elle ouvrit un autre article et son cœur rata un battement. En gras était marqué :

-
« DISPARITION DU JEUNE CHAMPION DE MOTO,
DRAGO MALEFOY,
SUSPECT PRINCIPAL DANS L'AFFAIRE DU FRESH MODE. »

L'entourage du suspect reconnaît avoir déjà assisté à des scènes de jalousies et de violences de ce dernier envers d'autres motards dont Harry Potter qui fréquentait comme lui, le Local, célèbre centre d'entraînement sur circuit, de la ville.

Interrogée par nos équipes, l'équipe technique du Local a refusé en grande partie de répondre à nos questions. Cependant, nous avons récolté un témoignage que voici :

Question : Vous connaissiez bien Drago Malefoy ?
Témoin : Oui, plutôt. C'était un gros nom de l'écurie Serpentard. Il venait souvent au Local.
Q. : Le suspect était-il proche de Harry Potter ?
T. : Il y avait des rumeurs comme quoi ils sortaient ensemble. De ce que j'en sais, je les ai surtout vu se disputer. Drago était connu comme assez sanguin au Local. Depuis que Potter était arrivé, il faisait davantage de crises encore. Surtout depuis qu'il s'était fait battre à quelques entraînements par Potter.
Q. : Le pensez-vous capable de saboter la moto de Harry Potter ?
T. : Tout est possible avec lui… Il était assoiffé de victoire et de perfection. Harry Potter n'était qu'un grain de sable dans le rouage bien huilé de sa vie.

Hermione n'en revint pas de ce qu'elle lisait. Alors comme ça, c'était lui. Lui qui avait manqué de tuer Harry Potter. C'était pour ça qu'il était sur la route en pleine nuit. Il était en pleine fuite.
Elle serra une main sur son cœur. Il lui avait paru si beau, si tendre. Était-il en réalité un atroce sociopathe assoiffé de victoire ? Quel plaisir affreux avait-il dû avoir à lui raconter dans le détail son histoire, de ses querelles au drame.
« Merde quoi. Il ne rigolait donc pas… Quand il se disait fou, murmura-t-elle. »
Malgré toute l'horreur qu'il lui inspira, Hermione fut avide d'articles à son sujet, au sujet de Harry Potter aussi. Elle ne décrocha à aucun moment de son écran, fouillant tout l'internet, se passant et repassant les photos de mode de Drago. En une journée, elle connaissait tout de lui, de sa famille mais aussi d'Harry Potter. Elle avait littéralement stalké leurs vies de A à Z, passant sur leur Facebook, Twitter, Instagram et même Snapchat.
À la fin de la journée, elle en était à se demander si rendre visiter à Harry Potter à l'hôpital était une bonne idée. Si elle gardait la logique de sa soirée avec Drago, il lui avait fait fait cette requête dans un simple plaisir malsain. Hermione n'avait pas trop envie d'être prise au milieu d'une sale histoire comme ça. Et puis, le pauvre Harry, pensa-t-elle, s'il entendait parler de Drago, il en serait malade comme un chien. Déjà que son état n'était pas mirobolant.

Ne sachant pas quoi faire, elle décida de façon assez pragmatique de mettre tout ça de côté. Ce n'était pas un lendemain de cuite qu'elle pourrait être efficace. Mieux valait attendre un ou deux jours, pour se recentrer. Mais tout de même... La beauté de Drago, l'étrangeté de leur rencontre, l'euphorie des articles qu'elle faisait défiler sur internet… Tout ça n'allait pas tarder à tourner en une obsession aussi malsaine que Drago l'était ou semblait l'être.

. . .

Hermione se força à attendre donc. Un, deux, plusieurs jours. Affalée dans son lit, elle tenait au-dessus de sa tête son calendrier.

Au samedi 25 mai elle avait marqué Fresh Mode.
Au mercredi 27 mai : disparition Malefoy.
Au vendredi 5 juin : Rencontre avec Malefoy.
Maintenant, on était jeudi 11 juin et elle n'était toujours pas allée à l'hôpital. Elle avait passé tout son temps à faire tourner cette histoire dans sa tête. En ce beau matin du 11 juin, elle se disait qu'il fallait y aller. Il fallait qu'elle rencontre Potter, au moins pour lui dire qu'il était vivant le 5 juin, au moins pour lui dire qu'elle pouvait témoigner. Pour parler aussi. Cela la démangeait. Sur ces entrefaites, elle partit à l'hôpital sur les coups de quatorze heures.

Elle passa le grand jardin de l'hôpital, le ventre noué. Ce n'était pas facile d'assumer une telle rencontre et elle espérait pouvoir l'approcher et ne pas se faire envoyer bouler par la dame de l'accueil.
Mais, avant même d'entrer dans l'hôpital, elle les vit : Blaise Zabini et Harry Potter. Elle avait vu les photos, elle les reconnaissait par les descriptions de Drago et c'était ça… Ce grand métis à cigarette. Ses lourdes godasses noires. Sa veste en cuir, son allure entre cow-boy et mauvais garçon des années quatre-vingt. Ça, puis Harry Potter sur une chaise roulante, plâtré à la jambe et au bras, le cou enfermé dans une minerve, qui fumait en essayant d'avoir l'air discret, parce qu'il n'avait sans doute pas le droit.
C'est inespéré, pensa-t-elle. Intimidée au possible, le rouge aux joues, elle alla les voir :
« Bonjour... »
Les deux garçons la regardèrent avec méfiance. Sans doute la prirent-ils pour une journaliste. Hermione serra l'anse de son sac et dit :
« Vous êtes bien Blaise Zabini et Harry Potter ?
- Ça dépend, c'est pour quoi, hein ? demanda Blaise sans s'embarrasser de politesse.
- Je voudrais vous parler. »
Sa voix était un souffle. Blaise ne la mettait pas en confiance. Elle préféra regarder Harry, qui avait l'air d'être plus doux. D'ailleurs, il lui sourit :
« Blaise, tu lui fais peur.
- Tant mieux. C'est sans doute un paparazzi. J'en ai ma claque, d'eux.
- Non ! Non, je n'en suis pas une, se défendit-elle.
- Alors qui es-tu ? fit gentiment Harry.
- Je m'appelle Hermione Granger et…
- Connais pas, la coupa Blaise.
- J'ai rencontré Drago Malefoy. »
Aussitôt, elle vit le vif intérêt dans leurs yeux. Blaise qui se tournait d'un bloc, Harry qui se redressait :
« Tu l'as vu ? Quand, où ? Où est-il, s'enquit Harry avec beaucoup trop d'empressement.
- Dans la nuit du vendredi cinq, au samedi six Juin… Sur une route de campagne. On s'est rencontrés…
- Quoi… ? Sur une route de campagne ?
- Oui, euh... Il était arrêté sur le bord de la route. Il fumait une cigarette et moi je rentrais d'une soirée... Voilà, oui voilà, on s'est rencontrés comme ça... C'est un peu improbable, c'est vrai.
- Mais ça lui ressemble, dit Harry prêt à croire à tout, vu son regard.
- Vu le contexte oui, murmura Blaise.
- En tout cas, reprit Hermione, je n'invente rien. »
Harry se passa une main sur le visage.
« Mais le cinq ou le six… Ça fait presque une semaine, dit-il tristement.
- Oui… C'est que je n'ai pas osé venir avant.
- Et, et pourquoi tu viens maintenant ? fit Blaise troublé également.
- C'est lui, Drago, il m'a demandé de venir. Il m'a fait promettre de venir voir Harry et de lui parler.
- De quoi, de quoi voulait-il que tu parles ? Dis-moi ! »
Harry semblait désespérer. Hermione ne s'y attendait pas.
« Je ne sais pas, il a dit que je trouverai bien… Je ne sais pas, s'excusa-t-elle.
- Et lui, de quoi a-t-il parlé ? Que s'est-il passé sur cette route ? »
Blaise tentait de l'interroger plus calmement. Mais elle devinait son angoisse, la main qui tenait la cigarette, tremblait.
« Il m'a raconté votre histoire. Depuis ta rencontre Harry, jusqu'au Fresh Mode.
- Il t'a tout dit, vraiment tout ? s'enquit Harry.
- Oui.
- Et il allait bien ? Est-ce qu'il allait bien ?
- Il avait l'air triste et ailleurs, fit-elle en s'asseyant près de Harry. On a fait un bout de chemin à pied, le temps qu'il parle, ensuite il m'a ramené en moto. Il m'a montré ses bleus au bras… Il en avait sur le côté droit apparemment. Mais il n'avait pas l'air si mal… Juste triste… Tellement loin de tout aussi. »
Harry en l'écoutant se mit à pleurer. Blaise s'assit à la droite de Hermione.
« Tu aurais la patience de tout nous raconter, depuis le début ? fit Blaise.
- Je pense oui. »
Elle pensa également que Drago avait ça en tête quand il lui avait demandé de venir à l'hôpital. Ce qu'elle n'arrivait pas à comprendre par contre et ce qui la mettait mal à l'aise c'était leurs réactions. Elle pensait trouver un Potter en colère d'entendre parler de Drago, pas effondré. Pareil pour Blaise.

Hermione inspira profondément, baissa les yeux sur son sac posé sur ses genoux. Elle tenta d'imiter la pose qu'avait Drago quand il s'était mis à tout lui raconter. Mais elle n'avait pas sa délicatesse. Elle roula des épaules et releva les yeux sur les jardins ensoleillés de l'hôpital.
« Ah... Par quoi commencer. Hum... Nous étions sur cette route de campagne et voulait me ramener en moto. Comme j'avais peur de la moto, il a dit qu'il marcherait à mes côtés. On était au milieu de la cambrousse, la route serait très longue - j'étais un peu bête d'ailleurs d'être partie de chez mes amis, remarqua-t-elle. M'enfin, grâce à ça, lui et moi on s'est mis à marcher et puis il a proposé de me raconter son histoire. Il avait sans doute besoin de se confier... Hummmmm, comment a-t-il commencé exactement. Ah. Ah oui ! Il m'a dit qu'il était un champion de moto... »
Et cette drôle d'histoire qu'elle tenait de Drago, elle la conta à son tour à Harry et Blaise. Une tradition orale était née !

Concentrée sur son récit, Hermione fixait ses doigts sur l'anse de son sac. Elle entendait du coin de l'oreille Harry qui retenait quelques sanglots ou Blaise qui s'allumait une cigarette. Les deux garçons étaient au bord d'un précipice affectif. Hermione ne comprenait toujours pas.
Ils la faisaient sursauter à certains moment du récit, où ils se mettaient à rire. Ils lui coupaient alors la parole, détaillant avec une certaine nostalgie l'attitude de l'un ou de l'autre, une phrase prononcée et qui était restée.
À d'autres moments, elle les plongeait dans une tristesse profonde qui s'exprimait en un lourd silence. Et il y avait aussi les moments où elle se raclait la gorge en rougissant lorsqu'elle évoquait des choses plus intimes. Elle se sentait obliger de dire tout ce que lui avait dit Drago, pour au moins respecter son récit.
Parfois encore, elle faisait des apartés pour décrire l'air de Drago qui lui avait raconté tout ça :
« Il avait cette mimique de pencher la tête sur le côté, à peine, avec sa cigarette. Il parlait, puis s'arrêtait et regardait en l'air. Vraiment, je le trouvais très beau, très conscient de lui. Et puis, il avait cette veste, ta veste Harry, je crois.
- Avec un logo de griffon ?
- Oui, c'est ça.
- Je lui ai donné le jour du Fresh Mode... »

Hermione parla et parla encore. Elle s'autorisa une pause à un moment et Blaise alla acheter des cafés pour eux trois, dans un Coffee Shop à proximité. Harry regardait le sol, avec un air terrible.
« Ça va aller, Harry ?
- Oui… Oui, t'en fais pas, merci. »
Harry regarda longuement Hermione et soupira avant de lui sourire :
« Il te disait que j'allais t'apprécier, c'est ça ?
- Oui, c'est ce qu'il a dit.
- Drago me connaît tellement bien… Je pense effectivement que tu es le genre de personne avec qui je m'entends... »
Hermione lui fit un sourire penaud. Elle aussi pensait qu'ils s'entendraient bien. Mais ce n'était pas tant de l'intuition que les journées à le stalker sur internet qui lui faisait penser ça. Elle se cache bien de le lui dire cependant et reprit son histoire quand Blaise revint avec leurs boissons.

Lorsqu'elle arriva à l'histoire du Fresh Mode, Harry se crispa. Blaise fumait en silence.
« Il m'a dit qu'il n'y avait pas encore de coupable de désigné ou du moins qu'on avait encore arrêté personne. Alors je… lui ai demandé s'il savait qui avait provoqué l'accident. Il m'a dit que oui, il savait…
- Il a donné un nom ? demanda Harry.
- Non, pas du tout… En fait, ça n'avait pas l'air de le préoccuper tant que ça. Par contre, ce qui semblait l'obnubiler c'est qu'il n'avait pas pu voir sur les vidéos qui entre lui ou toi était le premier, avant que ta roue ne se décroche.
- C'est tout lui ça, rigola doucement Harry. Il a dit quoi ensuite ?
- Il m'a dit qu'avec le drame du Fresh Mode, la moto et le reste c'étaient terminés… Après on a fait le chemin en moto. Et puis… Il m'a demandé de venir te voir… Et... »
Elle se tritura les mains.
« Pour être franche, cette nuit-là j'ai été... Euhm, comment dire. Subjuguée ? Oui, voilà. Il avait une aura étonnante autour de lui. De celle qui signe la fin. C'était inquiétant, je m'inquiétais. Alors quand on est arrivé devant chez moi, je lui ai demandé ce qu'il comptait faire et si j'allais avec un peu de chance pouvoir le revoir…Voire même s'il comptait te revoir, Harry… Et... »
Hermione sentit sa gorge se serrer. Elle avait beau se dire qu'il était un monstre d'avoir voulu tuer son amoureux, elle était profondément triste qu'il puisse lui arriver quelque chose.
« Avec ce qu'il m'a dit... Ah... Ah je pense qu'il est parti... »
Par partir elle voulait dire mourir, mais n'osa pas le dire clairement aux deux garçons. Harry secoua la tête, lentement. Blaise fit les cent pas.
« Je te l'avais dit Harry.
- Il ne peut pas me faire ça…
- Mais vous savez, il a dit qu'il était invincible sur sa moto et avec ton blouson, lâcha juste Hermione pour ne pas trop enfoncer le couteau dans la plaie.
- Ce ne sont que des mots ! râla Blaise.
- Mais ce sont ses mots, murmura Harry. »

Ils restèrent tous les trois silencieux d'abord, puis l'un après l'autre se mirent à lancer des suppositions. Est-ce que Drago était mort ou était-il juste parti sur les routes ? Si Harry souhaitait croire mordicus qu'il chevauchait sa moto à l'heure qu'il est, avec un peu plus de pragmatisme, Blaise et Hermione pensèrent qu'il mangeait les pissenlits par la racine.

Avec tout ça, arriva très vite dix-neuf heures. La cloche de l'église résonnait comme un drame. Harry devait regagner sa chambre. Il se sentait douloureux à être resté aussi longtemps dehors. Hermione elle-même avait mal au dos. Elle se rendait compte qu'elle avait été tendue du début à la fin.
Avant de se séparer totalement, les deux garçons donnèrent leurs numéros à Hermione et Harry lui demandait de bien vouloir revenir le voir à l'hôpital aussi souvent que possible.
« Je ne te force en rien bien sûr. J'ai... J'ai juste envie de t'entendre encore parler de lui et je me dis que s'il a pensé que toi et moi on s'entendrait, alors ce n'est pas une mauvaise idée que de se revoir. Je veux croire que Drago avait du nez pour flairer les bonnes ententes, même si de prime abord on ne pourrait pas attendre ce genre de talent chez un garçon comme lui...
- Harry, dit-elle gentiment. Je reviendrai ne t'inquiète pas. Pour cette raison ou une autre, je reviendrai te voir. »

. . .

Hermione vint de nombreuses fois rendre visite à Harry. Ils parlèrent beaucoup de Drago. Le sujet était sans fin. Et plus Hermione en parlait ou en entendait parler et plus elle avait l'impression de le connaître depuis des années. Elle l'avait dans la peau au point de recréer dans son esprit chacune des scènes que Harry ou Drago lui-même avaient évoqué.
Sans que la source des histoires de Drago ne soit tarie pour autant, ils se mirent peu à peu à parler d'autres choses, d'eux en fait. Harry lui révéla ne pas avoir été élevé par ses parents. Il lui parla de son rapport d'abord dilettante avec la moto et de l'obsession qu'était devenue la sienne en voyant pour la première fois une interview de Drago à la télévision :
« J'étais tout seul à la maison pour une fois, alors j'en avais profité pour mettre une chaîne sur la moto. D'habitude je n'avais pas trop le droit, ça n'intéressait personne à part moi. Bref, je suis tombé au milieu d'une interview sur lui. Il était jeune, seize ans je crois. Il faisait déjà de la compet'. Je me rappelle en voyant sa gueule, que j'ai tout de suite été énervé par son assurance. C'était plus que de l'assurance, il était totalement péteux, rit-il. Enfin, je lui ai vite pardonné ça. Après tout, si t'es pas fier de toi à seize ans, quand le seras-tu ?
- C'est vrai, rit Hermione.
- Au-delà de sa gueule de petit con prétentieux, j'ai surtout été fasciné par son amour de la moto. Dès qu'on lui posait une question, il se penchait en avant et parlait avec une voix toute pleine d'enthousiasme. Il disait que la moto c'était sa vie. Qu'il avait l'impression d'avoir tout accompli lorsqu'il roulait. Je trouvais ça tellement beau quand il le disait. Moi aussi je me suis mis à vouloir ça. Mais j'avais du mal à tenir la cadence. Il me fallait quelques piqûres de rappel ou plutôt quelques piqûres de Drago pour me remotiver. J'ai commencé à enregistrer ses interviews sur mon téléphone, à les écouter à tout moment et puis un jour dans mon club, un gars a ramené un magasine pour nous montrer des photos de mode de Drago en disant qu'il était bien malin de jouer sur plusieurs niveaux. Bah, c'était pas faux. J'ai piqué le magasine et le soir-même j'ai coupé les photos de lui pour les garder pour moi.
- T'es sérieux, me dis pas que tu t'es... enfin tu vois quoi, ahah ?
- Si. Tu vas peut-être me dire que ça fait vieux pervers. Mais ouai, j'ai commencé à fantasmer sur lui. En même temps tu aurais vu les photos ! Il posait torse nu pour un jean je crois, c'était... Wouah pour l'adolescent que j'étais, ahah. »
Par le détail, Harry lui raconta tout de son quotidien avant le club Gryffondor, pendant sa romance avec Drago et maintenant. Hermione se mit aussi à se confier. Ils se soutenaient l'un et l'autre, si bien qu'ils devinrent très vite, très proches, de la manière dont Drago l'avait prédit. De Blaise aussi, même si ce dernier était un peu brut de décoffrage et plus distant avec Harry, donc moins visible. Et puis, lui avait repris ses activités au Local.

Du temps passa. Harry sortit de l'hôpital. On n'avait toujours aucune nouvelle de Drago. On en aurait sans doute jamais. Chacun faisait son deuil à sa manière. Ses parents espéraient, désespéraient qu'il ait fui dans un autre pays. Harry était mitigé à ce propos. Hermione continuait de penser que lorsqu'il l'avait quitté, il était parti mourir quelque part.

Faute de preuves, la police décida de classer l'affaire de l'accident sans suite, gardant Drago Malefoy en coupable présumé à défaut d'autre chose. On supposa qu'il avait fui, plutôt que de se rendre. Et s'il s'était suicidé, on avait pas de corps.

Entre temps, Harry et Hermione s'étant suffisamment rapprochés, en début janvier de l'année suivante, de la même manière que Drago s'était mis en couple avec Harry, Hermione accepta à son tour de se mettre en couple avec Harry. Leur relation avait quelque chose de bizarre, malsain selon Blaise qui leur répétait qu'ils n'étaient liés que par un fantôme. Un fantôme de garçon à moto. Ni l'un ni l'autre ne niait que la base de leur relation avait un nom et que ce nom était Drago. Si Blaise leur crachait son dégoût, il semblait en plus de ça vouait une haine crescendo envers Harry, lui lançait de nombreuses piques lorsqu'ils se voyaient tous les trois.

Le 23 Mai de l'année après l'accident, alors qu'ils dînaient tous les trois au restaurant, pour "commémorer" l'accident du Fresh Mode, Hermione n'en pouvant plus, râla :
« Blaise bon sang, arrête d'être aussi mauvais ! Y en a marre à la fin que tu l'insultes comme ça, pour rien !
- Pour rien, fit Blaise. Je l'insulte pas pour rien et il le sait. Pas vrai que tu le sais, Potter.
- C'est bon Hermione du calme. Blaise tempère un peu, aussi.
- Non, je ne me calme pas. Réagis un peu plus, Harry, il est infect ! Il est juste ignoble avec toi. »
Harry secoua lentement la tête. Blaise tira sur sa cigarette et se mit à rire au nez et à la barbe d'Hermione.
« Je ne crois pas être le plus ignoble, hein…
- Ça veut dire quoi ça, hein, demanda Hermione.
- Ça veut dire que tu ne connais pas bien ton mec, Hermione.
- N'importe quoi, dit-elle.
- Bah demande-le-lui. Il le sait lui, pourquoi je suis comme ça. Et comme il n'a pas les couilles de l'assumer haut et fort, il ferme sa gueule devant moi.
- Blaise... »
Harry serrait ses couverts entre ses mains.
« Jouons cartes sur table, Potter, c'est bien le moment, va… C'est bien le jour.
- Blaise arrête !
- Ah, t'es au pied du mur, ça te saoule hein. Tu veux que je le dise à ta place ? Je peux, tu sais.
- Dire quoi, de quoi vous parlez ?
- J't'en prie, arrête ça Blaise, fit Harry beaucoup plus doucement d'un coup.
- Tu as peut-être été pardonné par le principal intéressé, mais pas par moi. Il faudra bien qu'un jour ça sorte, Potter. »
Hermione les regardait tour à tour, incapable de comprendre de quoi ils parlaient. Harry lâcha ses couverts, se cacha le visage dans les mains. Blaise souffla et écarta sa chaise dans un fort grincement.
« Blaise, Harry, expliquez-moi votre cirque…
- Ce n'est pas Drago qui a saboté la roue de la moto de Potter, lâcha enfin Blaise.
- Mais alors qui... fit-elle, tout en comprenant peu à peu.
- Demande à Potter. Il le sait, lui. »
Blaise se leva et poussa sèchement sa chaise contre la table. Hermione fixa Harry, qui lui ne disait rien.
« Harry, on rentre et tu m'expliques ?
- J'ai plus le choix maintenant, j'ai plus le choix... »

. . .

Ils vivaient ensemble, chez Harry. Ça s'était passé vite comme si, grâce à Drago ils se connaissaient depuis des siècles.
En vérité ils avaient même forcé l'événement. D'un accord commun et silencieux ils s'étaient mis à bâtir leur relation sur le cadavre de Drago, autant continuer en reprenant chaque détail de la relation passée entre Harry et Drago pour la faire muter entre Harry et Hermione. Et puis, Harry avait dit qu'il ne déménagerait pas de chez lui. Hermione n'avait pas résisté bien longtemps. Elle avait cette qualité - si on pouvait dire, d'être plutôt coulante.

Harry se laissa aller dans le canapé en s'allumant une cigarette. Il fumait beaucoup plus maintenant et la même marque que Drago.
Hermione fit un peu de rangement et apporta des boissons chaudes, avant de s'asseoir près de lui.
« Alors, qu'est-ce qu'il a raconté Blaise… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Harry prit une longue inspiration et secoua doucement la tête.
« C'est moi. C'est moi qui ai trafiqué la roue de ma moto.
- Tu n'es pas sérieux, Harry… Pourquoi t'as fait un truc aussi fou ?!
- Il le fallait, j'allais le perdre. Et malgré tout je l'ai perdu. »

. . .

Harry n'avait pas eu besoin d'apprendre de la bouche de Drago que ce dernier arrêterait bientôt la moto à cause de ses parents. Il n'avait qu'à comparer les states. Il savait que si lui ou un autre remportait le Fresh Mode, Drago descendait second. Il voyait aussi son visage s'assombrir du deuil en cours.
Il ne pouvait cependant par faire exprès de perdre, Drago l'aurait détesté de tout son cœur. Il avait fallu trouver autre chose. Il pensait essayer de tomber malade exprès au moment de la course. Mais Drago aurait su. Et se mettre hors course n'assurerait pas la victoire de Drago pour autant. Alors il restait l'idée de saboter sa moto.
C'était simple, la veille du Fresh Mode il avait bidouillé les vis de sa moto. Des gestes discrets, mais efficaces. Harry avant d'être pilote, avait été un bon technicien, mais peu de gens le savaient. Ce qui avait été compliqué dans l'opération c'était d'éviter Drago, qui justement furetait dans le coin, en déprimant tout son saoule. Il ne pensait pas qu'à cause de sa présence ce soir-là, il deviendrait un des principaux suspects. En fait, Harry ne pensait à rien du tout, quand il fit ça.

Après l'accident, Drago était venu le voir à l'hôpital. Il l'avait vu pleurer à chaudes larmes d'abord, tant il était inquiet. Il l'avait aussi écouté bégayer des trucs comme quoi les organisateurs lançaient des recherches :
« Ils ne pensent pas à l'accident, Harry. Ils pensent qu'on a voulu te faire du mal exprès. T'imagines ! T'imagines putain. Je tuerai celui qui a voulu te faire ça ! »
Harry, horrifié en l'entendant, avait au maximum tenté de le rassurer. Mais que pouvait-il faire, tout plâtré dans son lit ?
Le lendemain après-midi, lundi vingt-cinq, la police l'interrogeait. Juste avant, au matin, Drago était venu le voir.
« Je crois qu'on me soupçonne, avait-il dit. Mais ce n'est pas moi. Tu me crois hein, quand je te dis que ce n'est pas moi. Jamais je ne pourrais te faire ça… Tu me crois hein ?
- Bien sûr que je te crois Drago. »
Ce n'était pas difficile, puisqu'il savait qui était le coupable… Et Drago le couvrait de baisers, de tendresse. Il aurait trafiqué mille motos, pour avoir encore de ses baisers.

Mardi vingt-six, Drago était revenu, mais il semblait différent, malade à en crever. Il s'assit au bord du lit.
« Harry, j'ai cogité toute la nuit.
- Sur quoi ?
- Sur l'accident, le sabotage. Je crois que j'ai compris. Ça m'est revenu d'un coup.
- Dis-moi ?
- La veille du Fresh Mode, je suis venu au Local, j'avais besoin de sentir l'odeur du goudron, ce genre de trucs, tu me comprends là-dessus, n'est-ce pas ?
- Oui, je connais tes petites mimiques de fou, rit-il.
- Te fou pas de moi, dit-il dans une moue. Au Local j'étais censé être seul. Mais j'ai bien remarqué de la lumière près des circuits. Sur le coup je n'y ai pas fait attention, je pensais qu'un technicien avait oublié quelque chose. Tout de même, comme je traînais moi-même près des circuits, j'ai vu que quelqu'un allait vers les motos. Une personne qui portait un blouson avec votre logo.
- Ah bon ? fit-il, l'air de rien.
- Oui, Harry… Oui. »
Drago portait justement la veste qu'il lui avait donnée le jour du Fresh Mode. Il la retira et lui montra le dessous d'une manche. On y voyait des traces d'huile.
« Jure-moi que ce n'est pas toi qui trafiquais ta moto. Jure-moi que ce qu'il y a sur ta veste, ce n'est pas de l'huile pour dévisser la roue avant. »
Harry avait dégluti et Drago lui avait balancé sa veste au visage, avant de faire les cent pas, se passant les mains dans les cheveux.
« Alors c'était toi ! C'était toi ! Mon Dieu, Harry, mon Dieu !
- Drago calme-toi, calme-toi, je peux t'expliquer !
- Expliquer quoi, que tu as saboté ta moto exprès ?! Je sais pourquoi t'as fait ça, je n'ai pas besoin que tu me le dises ! Mais t'es sérieux ! Tu crois que… Que ma victoire avec ta mort sur la conscience c'est ce que je voulais ?!
- Je ne comptais pas mourir, je ne comptais pas, je…
- Et quoi ?! Regarde-toi, dans ce lit !
- Je voulais que tu gagnes, que tu restes premier, qu'on aille ensemble en Bulgarie ! »
Drago se tourna vers lui. Il était tout pâle, tout mal.
« Potter réveille-toi, jamais ça aurait marché, jamais !
- Je voulais vraiment te rendre heureux ! Quand tu gagnes les courses, t'es tellement… Tellement heureux, je voulais te voir ivre de bonheur !
- Harry, le coupa Drago. La police croit que c'est moi qui ai fait ça ! La police est persuadée que j'ai trafiqué ta moto, pour t'empêcher de gagner !
- Je vais me dénoncer !
- Ils te croiront pas ! J'ai étudié la question ! Putain, Potter ! Potter… »
Il vint jusqu'au lit et appuya ses mains dessus, se penchant sur lui.
« J'ai mille raisons de faire ce que tu as fait, quand toi t'en a qu'une : celle de m'aimer. Tu comprends… Tu comprends, ce que t'as fait ! Tu as tout gâché… Tout ! »
Drago tomba à genoux devant son lit et croisa ses bras, dans lesquels il pleura.
« Je voulais tellement pas ça, Drago, tellement… Je ne sais pas quoi faire…
- C'est fini, tout est fini… Tu as précipité ma chute… C'est foutu.
- Non, non, je vais arranger tout, si je me dénonce…
- Et quoi, si ce n'est pas moi, c'est toi en prison ? Ça ne vaut rien… J'ai plus que toi, et sans toi, j'aurai quoi. Potter, pourquoi t'as fait ça... »
Harry s'en était morfondu. Drago était malade de tristesse. Il resta toute la journée avec lui, allant parfois vomir, comme à chaque fois que ses émotions débordaient. Il quitta la chambre vers dix-huit heures. Ils n'avaient alors trouvé aucune solution.

« Je le revis le lendemain, pour la dernière fois, dit-il à Hermione. On était mercredi vint-sept Mai, jour… où il a disparu. Il est passé très tôt, il était quatre heures du matin. Je m'en souviendrai toute ma vie. Il est entré discrètement dans ma chambre, m'a réveillé de quelques baisers. Il était incroyablement beau, je me souviens de tout les détails ; un ange qui me tombait dessus. »

Drago portait son pull loose, son jean et la veste de Harry. Il le réveilla et lui chuchota de ne pas faire de bruit.
« Les visites sont interdites, mais il fallait que je te vois une dernière fois.
- Comment ça, une dernière fois ? s'inquiéta Harry.
- J'ai reçu une lettre, la police veut me voir vers neuf heures au poste. Je te l'ai dit pour eux, je suis coupable.
- Drago, je t'ai dit que je me dénoncerai. On a le temps. »
Drago secoua la tête. Il était tout penché sur lui, ses lèvres touchant presque les siennes. Il sentait le gel douche, le parfum. Rien qu'à ça, Harry devinait son état de nervosité. Drago était toujours plus soigné lorsqu'il se sentait au bord du gouffre.
« Je vais partir, Harry. C'est fini tout ça. De toute manière plus rien ne tient. Mes parents avaient décidé que j'arrêterais la moto. Mais tu comprends toi, la moto c'est ma vie, je ne peux pas…
- Mais tu vas partir où ? Et moi, tu me laisses ?
- Je ne sais pas encore, mais je pars. Tant que je suis sur ma moto… Et toi… Harry, tu es dans un sale état et c'est ma faute. Je suis coupable de ta bêtise, au moins un peu, au moins totalement.
- Mais non, mais non, arrête... »
Drago lui intima de se taire. Il l'embrassa à plusieurs reprises, déjà en manque de sa présence. Puis il lui montra une enveloppe.
« Tu donneras ça à la police…
- C'est quoi ?
- Mes aveux.
- Mais pour avouer quoi, ce n'est pas toi, merde, Drago !
- Ça ne sert à rien de te faire tomber avec moi. Ils auront un coupable… Un coupable envolé.
- J't'en supplie, ne me laisse pas. »
Harry pleurait. Drago revint lui donner plein de baisers. Enfin il se redressa.
« On va se revoir, Drago ? Dis qu'on se reverra…
- Je ne sais pas. Je ne pense pas.
- Mais où tu vas aller, où ! Où tu peux aller…
- Je n'en sais rien. »

Harry pleurait en rapportant tout ça à Hermione.
« Il n'a rien voulu me dire. Il est parti, comme ça, comme une poussière qui disparaît. Je n'ai pas voulu y croire. Mais il a bien fallu se rendre à l'évidence. Deux jours après, personne ne savait où il était passé… Et c'est à ce moment que Blaise, comme Drago a compris que c'était moi qui avais trafiqué la moto…
« Blaise l'a deviné facilement. Depuis le départ, il savait que Drago n'aurait jamais pu faire ça. Non qu'il le croyait trop bon pour commettre ça, c'est juste que Drago n'était pas doué pour bidouiller les bécanes. Jamais il ne traînait dans les pattes des techniciens. Il n'avait pas de curiosité à ce sujet. Lui ce qu'il aimait, c'était rouler, pas savoir comment faire rouler sa moto… Et puis, il s'est rappelé que moi, parfois j'aidais les techniciens justement. Il s'est rappelé que je savais manipuler tous les outils. Il est venu me voir à l'hôpital. Il ne m'a pas accusé tout de go, mais j'étais tellement désespéré du départ de Drago que moi, je lui ai tout avoué. J'ai tout lâché… Blaise me déteste pour ça. Si Drago Malefoy est mort… C'est ce qu'on pense tous maintenant, hein… Si c'est le cas, il m'a clairement dit que c'était de ma faute. Il a raison Hermione… Il a putain de raison. »
Hermione ne dit rien. Elle se leva et alla chercher une bouteille de vin. Il leur faudrait au moins ça.

Ils passèrent la soirée à boire. Leurs langues se délièrent. Elle lui dit qu'elle ne partirait pas. Elle lui dit qu'elle ne pouvait pas le juger sur ça et que de toute manière ça ne servait plus à rien.
« Et tu sais Harry… Drago n'avait pas l'air de t'en vouloir pour ça. Il avait plutôt l'air triste que votre histoire s'arrête.
- Je sais, je sais... »
Il était plus calme, ses larmes s'étaient taries.
« J'aimerais tellement savoir ce qu'il est devenu. J'aimerais me dire qu'il est en vie.
- Peut-être qu'il est quelque part sur sa moto, avec ce blouson rouge et or, fit Hermione doucement.
- Quelque part sur une route de campagne, la nuit… Toujours la nuit, oui. Et qu'il roule…
- Qu'il fume, ajouta-t-elle en riant. Avec ses gestes affectés, avec son regard de lune qui est déjà mille bornes éloignées de tous les autres.
- Ah, souffla Harry. J'espère que là où il est, il est au moins ivre de bonheur. »
Ils se perdirent dans un long silence, fixant le mur en face d'eux.
Ce qu'était devenu Drago ? C'était un mystère, une zone d'ombre qui les poursuivraient jusqu'à ce que comme saint Thomas, ils aient la preuve concrète de sa mort, de sa vie, de quelque chose.


Normalement ce chapitre aurait dû être le dernier, agrémenté d'un possible One-shot.

MAIS... Mais, une suite a poppé dans ma caboche. Donc, ce n'est pas la fin !

Prenez la suite comme une Saison 2~
Les premiers chapitres de la "nouvelle saison" (tatata) sont plus classiques dans l'abattement des faits, mais eh !

Est-ce que Drago est mort? Est-ce qu'il vadrouille dans la cambrousse ou au Mexique, we'll see next time !