MY DEAR... Quel étonnement, ce chapitre qui arrive dix siècles après la guerre !
Merci pour vos commentaires au passage.
J'ai eu d'autres priorités, un peu de lassitude c'est vrai et pire, j'ai mon ordinateur qui est décédé, avec le fichier du chapitre 11 que j'avais commencé. Donc, blasée, j'ai mis d'autant plus de côté. Maissss, I'm back.


LE GARÇON A LA MOTO
- Saison 02 -
CHAPITRE 11

Les insultes de Drago pour Hermione résonnaient encore étrangement. Tout ça tenait du rôle de composition et, tandis qu'il marchait de nouveau plus en avant, avec à sa droite des buissons encore bien taillés, elle se demanda s'il ne faisait pas exprès de se donner des airs de méchant. Juste pour ne pas porter le poids de la victime, juste pour laver la conscience des autres… Ou alors, c'était simplement un salaud fini. Mais que connaissait-elle réellement du Drago de maintenant ? Cinq années étaient passées, il avait bien dû changer. On changeait tous... à vingt ans il était encore un adolescent, cinq ans plus tard, c'était un fantôme dans un monde de grands. Et en plus, elle n'avait pour référence qu'une rencontre, que des bouts de relation de la part de Harry. Un froid immense lui noua les entrailles. Elle se rendait bien compte, qu'elle n'avait aucune légitimité à agir comme elle le faisait. Et pourtant...
« Tu sais, dit-il. Théodore Nott m'a énormément aidé, mais de là à dire que ce type est un cadeau… C'est plutôt l'inverse… Je pensais pas pouvoir tomber plus bas après l'épisode de la mine. J'veux dire, j'avais déjà subi l'humiliation de jouer les clochards. J'avais compris ce que puer voulait vraiment dire. Mais il y a toujours pire. Mais même en me le répétant maintenant, même en l'ayant vécu, je ne comprends pas bien comment j'ai pu tomber si bas.
- J'ai du mal à te suivre, Drago…
- Ce que je veux dire, reprit-il en s'arrêtant sur le chemin. C'est qu'il y a un gap affolant pour moi, entre mon habitude des extrêmes sur ma moto et mon manque de courage face aux extrêmes de la vie.
- C'est-à-dire ? Qu'est-ce qui t'es arrivé chez Théodore Nott ? »
Drago mordilla le filtre de sa cigarette et retira de sa bouche de petits morceaux de tabac. Hermione vint à sa hauteur et retint un long soupir. Il l'insultait, l'humiliait dans son couple et la seconde d'après il redevenait le feu follet tout fragile. Cette attitude instable c'était trop pour le coeur d'ange d'Hermione. Elle n'arriverait pas à le détester totalement. Elle ne pourrait pas en vouloir à ce garçon toutes les saloperies qu'il lui dirait.

C'est bien beau, pensa-t-elle en accordant un tendre sourire à Drago, que d'avoir une auréole de charité chrétienne en ce moment. Enfin charité. Elle se voilait bien la face. En vérité, elle écoutait Drago et encaissait tout de lui, parce qu'il lui plaisait. Et encore, elle avait au moins la lucidité de se dire qu'une partie de son charme venait de ce qu'en avait dit Harry. Ses sentiments à elle n'étaient-ils qu'une extension de ceux de son copain ? Dieu qu'elle se sentait cruche. Heureusement que Drago, trop concentré sur lui-même, ne prêtait pas attention à la manière dont elle le fixait.
« Avant de revoir Potter et toi et Blaise, je ne m'étais pas vraiment rendu compte que cinq années étaient passées...
- Cinq années oui, depuis le Fresh Mode, ajouta Hermione.
- C'est dingue... Je suis resté si longtemps chez Théo. C'est irréel, tellement irréel...
- Combien de temps ?
- Quatre ans presque. Ouai c'est ça... Presque quatre années. »
La seule chose que pensa Hermione à cet instant, c'est qu'il avait vécu plus de temps avec ce Théodore qu'avec Harry. Cela, espéra-t-elle (si tenté qu'il en ait parlé à Harry) devait attiser la haine de ce dernier. Et elle souhaita très fort que Harry soit jaloux. Qu'il comprenne ce que c'était de ne pas avoir l'exclusivité.
« Et ? reprit-elle. Tu as fait quoi ?
- Beaucoup, rien... Assez pour être un peu plus mort que vif. »
Fier de l'effet de ses paroles, il lui lança un sourire et se ralluma une cigarette. Comme il aimait se raconter. Comme il aimait dresser de sa vie, le portrait d'un personnage de roman...

. . .

Le temps est une matière abstraite, d'autant plus que bloqué chez Théodore à cause de la peur d'être attrapé par la police, Drago n'avait rien qui le tienne au compte des jours qui filent. Bien sûr, il voyait le décompte des jours sur le calendrier, l'automne qui prenait la place de l'été, mais ça restait extérieur à lui.
Coincé chez Théodore donc, Drago devenait dépendant de lui, de sa présence. C'était la seule personne qui le reliait avec l'extérieur. Quand il sortait, Drago ressentait un profond ennui et il lui arrivait de passer la journée au lit, à ne rien faire, à ne même pas prendre la peine de manger. Lorsqu'il revenait, il accourait presque à lui et il s'en dégoûtait. Qu'était-il devenu ? Le chien chien de la demeure ? Il jouait d'autant plus de cynisme avec Théodore, pour diminuer son besoin de sa présence.
Théodore lui, s'accoutumait plutôt bien à tout ça. Il aimait le retrouver le soir, il aimait qu'ils dorment tous les deux ensemble. Car, expliqua Drago à Hermione, il ne fallait pas trop se voiler la face. Théodore et lui vivaient comme un couple. Aux yeux de Théo' ils devaient en être un. Quant aux yeux de Drago...
« Crois le ou non, dit-il à Hermione, mais moi je ne pensais qu'à la moto ou plutôt au fait que je ne puisse pas en faire. Je pensais aussi au Fresh Mode... J'arrêtais pas d'aller sur Youtube pour repasser les vidéos à ce propos. J'arrive pas à me retirer de la tête ce championnat. Ça me rendait dingue. Encore maintenant, je crève d'envie de pouvoir revenir en arrière ou... Ou de reparticiper au Fresh Mode, voir si je gagnerai. »
Il jeta sèchement sa cigarette au sol et dans un instant d'abandon pur, Drago se prit le visage entre ses mains. Hermione l'observa de tout son saoule et remarqua ses bagues d'argent aux doigts. Elle se rappela de celles que Harry conservait, se croyant discret à ce propos (i lui avait dit avoir tout jeté). Que n'aurait-elle pas donné, pour faire comme Harry, qui lui racontait la manière dont il les retirait des doigts de Drago. Hermione se passa la langue sur les lèvres. Drago était pris dans sa nostalgie du Fresh Mode et elle ne pensait qu'à ce que ça faisait, de coucher avec un garçon comme lui.
« Rien que pour ça, reprit-il, j'ai de la haine envers Potter. Putain de gâcheur de vie...
- Je comprends Drago, murmura-t-elle.
- Non tu ne comprends rien. Toi tu n'es qu'une outsider là-dedans ! T'es arrivée après le spectacle pour ramasser les confettis tombés. Eh, tu crois quoi, qu'il va t'aimer maintenant ? Comme moi il m'aura adoré ? Tu n'as que du vent dans les mains.
- Mais moi au moins, je suis à ses côtés. Je suis réelle... Nous partons demain, Drago... Toi tu n'auras plus personne, encore une fois. »
Elle lui sourit et Drago l'observa avec une certaine surprise. Son assurance et la violence de ses mots, remuèrent l'estomac de Drago. Ah, se rappela-t-il en posant une main sur son ventre. Il n'arriverait jamais à gérer ses émotions, jamais, jamais. Il avait à la fois envie de vomir, de rire et de pleurer. Lui qui se donnait des airs de nonchalance, n'avait de ça, que de la face. Rien d'autre.
« J'aurai au moins la satisfaction de savoir que dans sa tête il n'y a que moi.
- Tu l'aimes alors, tu l'aimes ?
- Non. Je le déteste.
- Qu'il se souvienne de toi Drago, fera plus de mal à moi qu'à lui... Cela te fera mal aussi. Pourquoi... Non, comment en cinq ans, tu n'as pas réussi à passer à autre chose ?
- Tu ne comprends donc pas ? Pour moi le temps s'est arrêté il y a cinq ans ! Les quatre années chez Théodore, ça a été quatre années de perdues ! J'ai été entre parenthèses putain... J'ai pas existé !
- Tu aurais pu partir de chez lui.
- Si facile à dire...
- Tu as bien réussi à échapper à la police, en étant blessé, comment t'as pu te laisser enfermer comme ça, hein ? Ce n'est pas de la faute de Harry, ni de la mienne, ni de personne d'ailleurs si tu t'es retrouvé comme ça. Tu aurais pu le dénoncer, tu aurais pu tout arrêter à la fin du Fresh Mode, si tu le détestais tant, comme tu le dis.
- Rien n'est si simple ! Arrête !
- Drago tu as fait tes choix...
- J'avais pas de choix, protesta-t-il. J'avais pas de fric, de moyen de locomotion, même pas une identité que je pourrais sereinement porter. J'avais que Théodore et il n'avait pas envie de me voir partir.
- Il a voulu te protéger, de ta propre folie, pensa Hermione à voix haute.
- Il a surtout joué au prince. C'était pratique pour lui, d'avoir un minet à demeure.
- Il t'a forcé à... le faire ?
- Mais ça va pas ? »
Drago roula des yeux, excédé qu'elle puisse croire une telle chose. Cela dit, Théodore avait tout de même abusé de leur relation. Combien de fois, avait-il voulu partir sans le pouvoir... Théo' l'avait culpabilisé, lui avait fait peur aussi... Il l'avait cajolé, pour mieux le garder pour lui. Quatre années, pensa Drago, quatre années passées chez lui, à se faire endormir par ses belles paroles.
« Théodore n'était pas un saint, mais pas un violeur non plus, reprit-il. Après, est-ce moins pire ? J'ai vécu malgré moi à ses crochets. Jusqu'au moindre de ses cadeaux était un poison... »

. . .

Il avait harcelé jusqu'à la lie son cher Théodore de lui fournir une moto. Ce dernier avait beau lui dire qu'il ne pouvait pas, que c'était de la folie, parce que lui-meme n'en faisait pas, parce que ça paraîtrait étrange qu'il en ait une de ce fait, Drago n'en démordait pas.
À défaut de passer sa rage à coups de poings sur Théodore, un soir de janvier, il mit littéralement le bordel dans le salon.
« Quelle soirée, expliqua-il à Hermione. Il était rentré plus tôt et il neigeait... Je crois qu'alors je vivais chez lui depuis presque une demi-année... Ce qui était déjà trop. Bref, on s'en fou bien. Comme je le disais, il neigeait... »
Drago aimait la neige quand il était au chaud chez ses parents, avec un chocolat dans les mains et des téléfilms mièvres en fond sonore ou sur sa moto, sur les pistes du Local. Depuis qu'il était enfermé chez Théodore, il rêvait d'aller se rouler dans la neige... D'aller rouler à moto sur le verglas quitte à s'en briser la nuque. Ah, ça serait mentir de dire qu'il ne pensait pas parfois au suicide. Mais s'il ne passait pas à l'acte c'est parce qu'il y avait toujours un grain d'espoir, caché derrière les refus de Théodore... Sauf ce soir là.
« Théodore, il neige dehors. Tu es couvert de neige d'ailleurs, accueillit Drago. »
Comme la maison de Théodore était bien chauffée, Drago portait un t-shirt et un jogging léger. Un frisson le traversa lorsque le froid que ramenait Théodore avec lui, arriva jusqu'à lui. Au même moment, montèrent à son nez les odeurs du dehors. Neige, sueur de Théo, goudron et pollution. Le cuir gelé aussi. Celui des gants qu'il retira. Et Drago en fut d'autant plus électrisé. Il lui prit ses gants et y fourra son nez, sous le regard étonné de l'autre.
« Drago, ça va pas ?
- Tes gants ont l'odeur de la moto ! Tu es monté sur une moto ?
- Non. Mais dans ma voiture, crétin. Lâche ça, tu fais vraiment louche là.
- Je m'en balance ! »
Drago enfila les gants de son ami et regarda ses mains. L'intérieur était encore tiède. Ce n'étaient pas des gants faits pour la moto, mais cette effluve et le cuir, cela lui rappelait trop de choses.
« Je veux faire de la moto, se plaignit-il.
- Ah pitié, tu vas pas me prendre la tête avec ça. Je viens à peine de rentrer du travail. »
Théodore retira manteau, écharpe et chaussures puis alla vers la cuisine, Drago sur ses talons.
« C'est de ta faute. Je ne te demande pas le ciel, merde.
- Non, pire, tu me demandes la lune et le reste de la galaxie avec. Stop maintenant. »
Il accompagna sa phrase d'un geste de la main et lança un café.
« Putain Théo ! Putain quoi. Je ne suis pas un gosse qui fait un caprice là. Je veux une moto, c'est vitale. J'en peux plus de pas sortir ! Je veux rouler. Je veux aller dans la neige.
- Rah... Drago, tu feras quoi avec une moto là ? Il fait beaucoup trop moche de toute manière.
- Et quand il fera plus beau ? J'ai regardé sur le net, tu peux m'en payer une d'occas'... Même une occasion, ça m'irait.
- Non. »
Théodore resta dos à lui et fouilla dans le frigo à la recherche de quelque chose à manger. Il n'avait pas envie d'une confrontation avec Drago La Menace. Mais ce dernier continua ses suppliques.
Les non, non et encore non de Théodore eurent le don de mener à bout Drago. Il lui balança ses gants en pleine face quand enfin il se tourna vers lui, puis alla faire les cent pas dans le salon, comme un lion en cage. Théo le regarda faire avec habitude.
Drago se mit à râler, serrant fort ses bras autour de lui.
« J'ai pas demandé à vivre comme ça ! C'est pas de ma putain de faute tout ça !
- C'est pas de la mienne non plus, tu le reconnais, au moins ?
- Et ? Je te demande juste de m'aider à me barrer et tu veux pas ! Donc si, c'est ta faute !
- Mon dieu le drama... »
Drago vit rouge. Il donna un coup de pied à la table basse. Tout ce qui était dessus : verres, tablette, livres et cendrier, se renversèrent au sol. Théodore se retint très fort d'aller le fracasser pour ça. Il inspira et ferma un instant les yeux. Drago n'arrêta pas là.
« Je veux m'en aller !
- Mais pars crétin ! Je ne verrouille pas la porte !
- Tu fais pire, enfoiré ! Tu me laisses pas la moindre chance de pouvoir partir !
- Drago, dit Théodore dans une patience infinie. Je te loge, je te nourris, je t'habille même, sans compter que je te supporte, ce qui est la chose la plus difficile ! Tu trouves pas que tu tires sur la corde à me demander du fric pour ta moto de merde ?
- Je te la rembourserai !
- Il n'y a pas que ça ! Je suis un étudiant, un stagiaire dans mon entreprise. Je suis payé au lance-pierre... Et le mannequinat, tu es bien placé pour savoir que ça fait plus de pub que ça ne paye. Tout ce qu'il y a ici de cher, c'est grâce à mon père que je l'ai. Tu imagines bien que si je décide de prendre une moto, il va m'interroger. Réveille-toi un peu ! Je ne suis pas une banque Drago.
- Tu pourrais faire un emprunt à la banque justement !
- Mais c'est pas vrai, tu n'écoutes rien... Je te paiera pas de moto. Arrête ton cirque. »
À la fois conscient qu'il exagérait à en demander autant à Théodore, mais aussi paniqué à l'idée de s'enliser de plus en plus dans cette situation, Drago finit par éclater. Les mains tremblantes, les joues en feu, il alla détruire tout ce qui traînait sur un buffet et s'en prit à la bibliothèque. Dans sa folie, il cassa même la télévision. Théodore tenta bien de l'arrêter, mais il était plutôt contre la violence. Elle lui faisait peur... Drago lui faisait peur. Il n'avait pas envie de se prendre un coup dans le nez par mégarde.
Il resta alors bêtement là, à l'observer, son café dans une main. Au bout d'un moment, Drago fondit en larmes. Et puis il s'en alla s'enfermer dans les toilettes. Théodore l'entendit vomir.
« Mon dieu, mais que vais-je faire de lui », souffla-t-il en regardant le salon complètement défiguré.

. . .

Hermione secoua vivement la tête, n'en revenant pas. Etait-il à ce point là stupide ? Elle commença même à se demander, s'il ne la lui faisait pas à l'envers en jouant les malheureux, en accusant Théodore de lui avoir fait vivre la misère. Ça devrait même être l'inverse. Ah, se rendait-il compte que Théodore avait plus souffert que lui de la situation. Merde, il était d'un égoïsme sans borne.
« Je suis resté un bon moment dans les toilettes. Je me suis retenu de casser toute la plomberie. En sortant, je ne sais pas combien de temps après, j'ai vu Théodore qui terminait de nettoyer mes dégâts. Il ne m'a absolument rien dit. Ni soupir, ni reproche, rien du tout... C'est ce que je supporte le moins chez lui. Il ne sort jamais de ses gonds.
- Drago, s'il pêtait un câble comme toi, vous auriez tôt fait de vous entretuer.
- Potter répondait à mes colères. Personne n'est jamais mort, protesta-t-il.
- Et les étranglements Drago ? Les soirées à briser la vaisselle quand il te reprochait de l'avoir mis minable à cause de tes angoisses ? Je ne parle même pas du Fresh Mode... Hé, Harry m'a raconté jusque dans le détail tout, de votre relation. Je suis au courant de vos No Limite (elle fit des guillemets avec ses doigts). N'en sois pas trop fier, ni rien... C'est incroyable ce que tu peux être, vraiment quoi... »
Elle se passa les mains dans les cheveux, sans terminer sa phrase. Drago s'alluma une cigarette et fit deux ou trois grandes enjambées, avant de se tourner vers elle, marchant à reculons. Il dit :
« Con ? C'est ça que tu veux dire ? Je t'en prie, mais je ne suis pas le seul. Je ne parle même pas d'Harry... Toi tu l'es également... »
Hermione ne lui dit rien, mais devina dans son sourire, le côté sale gosse qui revenait. Elle retint un soupir.
« Théodore t'apparaît peut-être comme un ange là. Mais il ne l'est pas. Il n'a pas la colère... Comment dirai-je ? Physique ? Enfin, il ne lève pas les poings, mais il est vicieux... Le semaine suivante, il a jeté ma carte d'identité et mon passeport, dans la cheminée... Ce petit con a détruit mon identité en un claquement de doigts. »

. . .

Drago n'en était pas revenu en voyant le plastique de sa carte d'identité fondre. Théodore remua le tout avec le tisonnier et haussa les épaules avec suffisance.
« Puisque tu me rabâches les oreilles à me dire que tu ne peux rien faire avec ton identité, à quoi bon garder ces papiers hein ?
- Tu es pas sérieux, Théo' ? Je vais te défoncer !
- Essaie donc, il te restera quoi après ? T'es aussi bien loti qu'un fugitif.
- Espèce de... De salopard, lâcha Drago éberlué.
- Je te rends juste la monnaie de ta pièce. Maintenant que t'as plus rien, vraiment plus rien, j'espère que tu vas enfin te secouer et comprendre à quel point je suis sympa à te garder ici.
- Oh merci Saint Nott... De me garde enfermer comme un lion ! Vraiment, j'admire. Je vais te niquer. »
Il s'élança sur Théodore qui, pour se protéger le menaça du tisonnier.
« Arrête de vouloir te battre à la moindre désillusion, putain !
- C'est parce que je suis à bout ! »
Drago disant cela, finit par reculer et se laisser tomber dans le canapé, en se tenant le visage dans les mains. Ces dernières tremblaient. Qu'allait-il faire ? C'était déjà une question qu'il se retournait depuis juin dernier. Il n'avait aucune réponse et avec son geste, Théodore l'avait enfoncé encore plus... Peut-être même avait-il terminé de l'enterrer.

Théodore reposa le tisonnier et vint près de lui. D'un geste lent, il passa les bras autour de lui.
« Calme-toi Drago, on finira par trouver une solution. Mais j't'en prie, ne détruis plus mon salon... Je pourrai pas te garder dix siècles si je dois assumer tes coups d'éclat à chaque fois. »

. . .

« Je crois qu'après ça je suis tombé en dépression. Enfin, je m'en rendais pas bien compte, c'est Théodore qui me l'a confirmé. Je suis resté dans un état apathique jusqu'en été... Tu te rends compte ? Un an... J'ai passé un an comme ça, totalement déconnecté. »
Il continua à marcher à reculons. Hermione croisa les bras, les yeux baissés. Elle faisait en sorte de marcher dans ses pas, à la même cadence.
« Peut-être parce qu'il s'inquiétait de retrouver un cadavre à la place du moi vivant, Théodore, en plein mois d'août m'a ramené une moto...
- Oh, quel odieux personnage, railla Hermione l'air moqueuse.
- Tss... C'était une moto volée je pense, qu'il avait payé au black à un type. Il m'a dit que je pouvais rouler avec, mais que dans le campagne. En fait, il a même préféré qu'on roule jusqu'à la campagne, que j'y fasse mes tours, comme un chiot bien éduqué... Quand j'avais terminé, je lui passais un coup de fil, il venait me récupérer en voiture et on laissait la moto cachée quelque part... Je ne me sentais pas du tout libre du coup. Je me sentais comme un prisonnier à qui on accorde un petit tour dans la cour.
- Tu es tellement égoïste Drago... Ton ami, Théodore a dû faire tellement d'efforts pour toi.
- Il aurait pu juste me filer du fric et me laisser partir, au lieu de cette mascarade !
- Il tenait à toi ! Faut te secouer pour que tu le comprennes ça ? Il devait avoir peur que tu finisses mal en te laissant partir.
- Merci Miss Granger, se moqua Drago. Je ne savais pas que tu étais fine psychologue en plus de voleuse de mec.
- Tu es d'une mauvaise foi incroyable...
- Que connais-tu de Théodore ? De moi ? De Potter... Peu de choses à part ce qu'on a bien voulu te dire.
- Je suis et vis avec Harry depuis presque cinq ans, je crois le connaître mieux que toi.
- Tu connais de lui un quotidien merdique. Il me l'a dit.
- Tu inventes. Il n'aurait jamais dit ça.
- C'est la vérité. Avec moi, tout était plus fou, plus électrisant...
- Et mortel, hein. Tu es con. »
Drago s'arrêta sur le chemin, Hermione face à lui. Ils se regardèrent longuement. Hermione détourna en premier les yeux, mal à l'aise. Elle ne comprenait rien de ce que qui animait ce garçon et elle comprit encore moins, quand, avec l'air le plus sérieux du monde, il lui proposa de coucher ensemble.
« Pardon ?
- Quoi ? C'est pas un de tes fantasmes de m'avoir ?
- Mais qu'est-ce qui te prend, d'un coup, bafouilla-t-elle. »
Il vint la saisir aux épaules, après avoir jeté sa cigarette. Rouge comme une pivoine, Hermione n'en menait pas large.
« Pourquoi tu ferais ça ? C'est contre quoi ou qui ? Tu veux attiser la haine de qui là ?
- La mienne, simplement ma propre haine. »
S'il l'embrassa, d'un geste mordant, Hermione le repoussa bien vite, le coeur battant à la chamade.
« Tu es complètement fou Malefoy !
- Et ? C'est bien pour ça qu'on m'aime, non ? Harry, Blaise, Théodore et même toi... Vous m'aimez parce que je suis insaisissable. »
Il recula avec satisfaction et Hermione saisit qu'il venait de l'embrasser juste pour se regorger l'égo. Il faisait ça, juste pour montrer à quel point il était irrésistible, à quel point, quiconque le verrait, voudrait l'enfermer et le posséder pour lui tout seul. Et il avait raison, pensa-t-elle. Elle mourrait d'envie de lui attacher les mains dans le dos, de le mettre à genoux devant elle, de le voir perdre son petit air arrogant, qu'il redevienne ce feu follet d'un chemin de campagne, qu'elle pourrait saisir tout entier.
« Tu es même fou, complètement fou...
- Et ? Ce n'est pas un défaut, au contraire... C'est ce qui vous attire tous à moi. C'est pour ça même que Théodore ne m'a pas jeter de chez lui. Je réveillais son quotidien. Je réveille celui de Potter et même le tien.
- Je comprends même pas comment tu as pu survivre jusqu'ici, en pensant comme ça, avoua Hermione.
- C'est drôle Potter m'a dit la même chose. Pourtant, je crois l'avoir déjà dit : tant que je suis sur une moto je suis invincible et depuis que Théodore m'en avait trouvé une, même si elle faisait office de permission de bourreau, je suis redevenu un immortel. »
Mais un immortel en loques, pensa-t-il en se détournant de Hermione.

La lune était haute dans le ciel. Drago fourra les mains dans ses poches, fatigué d'un coup. Il avait envie de rentrer à son hôtel pour dormir. Avant de voir Hermione il avait vu Harry, comme toujours ça avait été fatiguant. Parce qu'Harry en demandait beaucoup, parce que lui-même, avait se laisser totalement couler, comme un drogué, comme un fou, quand il était face à lui. Oh, il eut envie d'en parler à Hermione. Pour qu'elle sache ce que son tendre amoureux, faisait chaque nuit, depuis leur arrivée dans le sud...
« Je passe du coq à l'âne, mais... Je pensais qu'au-delà de ce que j'ai fait durant ces cinq années, tu m'aurais directement demandé ce que ton cher copain et moi ont fait depuis que vous êtes là. Tu n'es donc pas curieuse ?
- Si, mais j'ai peur... Je me doute bien de ce qui se passe entre vous.
- Vraiment ? Et tu ne veux pas en savoir plus, proposa-t-il un peu cruellement.
- Si.. Si je veux le savoir, tu le sais. Alors raconte. »
Drago jubilait et Hermione, levant à son tour les yeux vers la lune, pensa que de toute manière, ils partiraient bientôt et Drago ne serait qu'un souvenir.


Je ne sais pas quand viendra le prochain chapitre, mieux ne vaut pas faire d'estimation ^^' !
Mais cela sera centré sur Harry & Drago.

(Désolée s'il y a des fautes ou autre, j'ai eu des soucis de traitement de texte, ralalala)