Mais où vais-je, que fais-je avec cette histoire ?

Je ne le sais pas.

Merci pour vos retours et je suis contente que cet UA plaise à ceux qui n'aiment pas forcément les UA :p


LE GARÇON A LA MOTO
- Saison 02 -
CHAPITRE 13

La relation de Drago et Harry prenait une tournure improbable, faite de mensonges, de réajustements, de tout et de n'importe quoi.
Maintenant que Drago avait avoué à demi-mot être au courant depuis le départ des intentions de Harry concernant le sabotage de la moto, Hermione avait beaucoup de mal à comprendre où se situait la frontière de l'honnêteté et du mensonge.
Que Drago mente c'était une chose qu'elle envisageait facilement (après tout, à raconter aussi bien leur histoire, elle se doutait bien qu'il enjolivait les faits), mais que Harry lui, la lui fasse à l'envers… ça n'avait pas de sens. Et puis, s'il savait pour le Fresh Mode, que s'était-il vraiment passé entre eux à l'hôpital ? Que s'étaient-ils racontés ?
De même, elle repensa à toutes ces fois où, quand Harry faisait étalage de sa relation avec Drago, certains faits ne collaient pas avec ce que lui avait dit ce dernier. L'un mentait, l'autre pas… Ou alors ils mentaient tous les deux.
Pourquoi diable se prenait-elle la tête là-dessus de toute manière ? Ça ne devrait pas la prendre autant aux tripes… Oui, mais il y avait Drago et son regard de lune et sa voix basse. Lui qui reprenait la parole pour lui parler de Théodore et de ses quatre années…

. . .

La moto que lui avait acheté Théodore avait redonné un peu de pep's à Drago. Il passait son temps à rouler, au grand damne de son ami qui passait de ce fait son temps à aller lui payer de l'essence.
Drago aurait bien voulu qu'il lui donne l'argent directement, qu'il puisse partir fissa, mais Théodore refusait. Il disait que c'était trop dangereux.
« Ma vie est dangereuse quoi qu'il arrive, ça de plus ou de moins, Théo, sérieusement quoi.
- Ici tu es un peu en sécurité. Tu veux que je te rappelle dans quel état tu étais, quand tu as débarqué chez moi ?
- Justement, idiot. À ce moment, je n'avais pas un euro en poche… C'est pour ça que j'avais l'air déplorable et puis… J'étais blessé et je n'avais plus de moto. Je t'ai dit que j'avais dû l'abandonner parce que je n'avais rien pour payer l'essence.
- Et tu penses que ce que je te donnerai comme argent sera suffisant pour mener la belle vie ? Tu te retrouveras sur la paille en moins de deux, bloqué comme tu l'étais quand tu es arrivé chez moi. »
Drago ne répondit rien et s'affala dans le canapé. Il n'avait pas tord Théodore. Il lui faudrait une somme astronomique pour penser s'en sortir en étant assez à l'aise et sans travail. Car il n'était pas sûr qu'en étant hors la loi, trouver un job serait chose aisée. Et il ne comptait certainement pas faire un boulot miteux. Ça, jamais. En fait, plus que ça, il lui faudrait de nouveaux papiers. Sauf que ni Drago, ni Théodore n'étaient des caïds qui flirtaient avec les mauvaises personnes. Ils ne sauraient même pas comment se procurer de faux papiers sans se faire avoir par le premier lascar venu.

Dans un soupir à fendre l'âme, Drago prit un coussin et y cacha son visage.
« Si j'avais su, je me serai jeté dans un puits de la mine, plutôt que ça.
- Tu dramatises trop la situation, relativisa Théo. Tu t'en sors plutôt bien en vérité. »
Drago lui balança son coussin au visage, l'air pas d'accord. Théodore haussa les épaules et lentement, vint s'asseoir sur lui. Il se pencha et l'embrassa doucement. Il agissait avec Drago comme s'ils étaient vraiment ensemble, comme s'il lui appartenait pour de bon et qu'il ne partirait jamais. Rien qu'en y pensant, Drago en frissonnait de terreur. L'engagement, c'était quelque chose qui lui déplaisait… Pour preuve, même en étant sorti avec Potter, il n'arrivait pas à se laisser totalement apprivoiser. Il n'aimait tout simplement pas se savoir aux mains de quelqu'un, être fragile et potentiellement déçu. On était toujours déçu par ceux qu'on aimait ou estimait trop, ajouta-t-il par ailleurs à Hermione qui ne pouvait qu'être d'accord, sa relation avec Harry le prouvant plus qu'il ne le fallait.
« Lâche-moi, Théo… »
Théodore n'insistait jamais trop quand il lui demandait de s'éloigner. Il se revendiquait libre de moeurs c'est vrai et aurait souhaité que Drago se lâche un peu plus, mais il se retenait bien de lui forcer la main à ce sujet. C'était au moins une qualité chez lui. Les non et les non sous-entendus, il comprenait.
« Plus sérieusement, Théodore… Je m'inquiète vraiment pour l'avenir. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ? Tu te rends compte que je ne peux pas rester à vie chez toi.
- Et pourquoi pas, rétorqua Théodore avec sérieux.
- Tu rigoles ou quoi ? Moi je ne le supporterai pas.
- Et que veux-tu faire alors ?
- Je n'en sais rien et c'est bien ça le problème…
- Et… Tu as pensé à dénoncer Potter ? D'après ce que tu m'as raconté, tu aurais le soutient de ton ami Zabini… Et prouver que tu n'y es pour rien, ne sera pas si difficile, j'imagine.
- Non, non, on ne me croira pas. Pire, on me demandera pourquoi je me suis enfuis si je dis bien la vérité. J'ai beaucoup réfléchis à la situation, ne crois pas hein… Et je sais pas comment m'en échapper, sans perdre ma liberté, ma moto… Ils me foutront au moins un peu en prison et je pourrais plus rouler… En fait, il suffira juste que je revois mon père, pour qu'il me lapide. »
Théodore ne répondit rien, mais le regarda d'un air dubitatif. Il pensait sans s'en cacher que Drago exagérait beaucoup les choses. Si seulement il était capable d'un peu de recul. Mais, seuls ceux qui ne connaissaient pas son père, avaient l'audace de croire ça.
« Car, dit-il à Hermione. S'il y a bien quelqu'un qui me fichait la trouille en ce bas monde, c'est mon père. Ce qui est drôle - façon de parler, c'est que ni Théodore ni Potter ne m'ont pris au sérieux par rapport à ça. Ils ont toujours pensé bêtement que parce que je suis majeur, ma vie et mon futur m'appartiennent… Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai du tout quand on porte mon nom. Il n'y a que Blaise qui le prenait pleinement en compte. Ça a toujours été le seul à ne pas m'en demander trop par rapport ça. C'est pour ça aussi que Dumbledore gardait sous silence beaucoup de mes frasques.
- J'ai vu quelques trucs passer à propos de ton nom, avoua Hermione. Mais ça n'a jamais été plus loin que des rumeurs.
- Oh et quel genre de rumeur ?
- De celle qui dit que tu es d'une famille assez noble et très riche. »
Noble, ce simple mot, arracha un sourire fier à Drago.
« C'est vrai. On est de la noblesse anglaise. L'équivalent de la française à particule, en mieux… Mes parents vivent plus simplement que certains de mes cousins, mais mon père… Ah, mon père. »
Il fit un geste de la main et se tut, se plongeant un long moment dans ses pensées.
Drago avait pour son père un mélange complexe de sentiments. Il l'aimait fort, tout autant qu'il le détestait. Tient, ça sonnait comme avec sa relation avec Potter ça. Mon Dieu, pensa-t-il, c'était vraiment malsain d'aller comparer le père et l'ex.
« Il y a cinq ans, dit Hermione, tu m'as parlé de ton père et de son caractère autoritaire.
- Bon sang, mais tu as retenu la moindre de mes paroles ou quoi ? Écris ma bio' tant que tu y es, râla Drago. Mais oui, oui, autoritaire c'est carrément un euphémisme pour dire qu'il était un dictateur à la maison.
- Hum… S'il était si méchant, pourquoi ne pas en avoir parler à quelqu'un ? Ce n'était pas réellement de la méchanceté. En soi, il a toujours voulu le mieux pour moi. Mais le mieux chez lui c'est une forme d'excellence quasi divine… Je pouvais me démener en cours, en moto, en tout ce qu'on voulait, ça ne lui suffisait pas. Et puis, la moto… C'est quelque chose qu'il n'aimait pas. Il était content que je prenne du galon là-dedans, mais il avait peur… Peur de l'accident. Un vieux réflexe de papa, sans doute.
- Drago… N'importe qui aurait peur pour toi. Tu as l'air tête brûlée sur une moto.
- Pas comme si je disais ce genre de choses à mon père.
- C'est normal pour un père de s'inquiéter, dit-elle dans un haussement d'épaules.
- Oui, peut-être, mais je n'avais pas envie de le revoir pour qu'il me l'interdise à vie. Ça ou mourir, c'est pareil. »
Encore dans ses exagérations se dit Hermione, tout en s'avouant qu'elle l'imaginait bien capable du pire si on lui retirait pour toujours son deux roues.
« Et, cassa Hermione. Comment ça s'est terminé avec Théodore ? Ce pauvre garçon que tu accuses de tout.
- Ce n'est pas vraiment terminé. Je le vois encore, dit-il avec une sorte de gêne, et cependant… Cependant, on se voit beaucoup moins, c'est vrai. »

. . .

C'était bien beau de penser qu'il était méchant avec Théodore, mais encore une fois, Drago rappela à Hermione qu'il était enfermé chez ce dernier. Il ne verrouillait pas les portes, mais tout ce que « possédait » Drago n'était qu'un prêt à long terme ce que Théodore ne manquait pas de lui rappeler lorsqu'ils se disputaient.
De façon plutôt vicieuse, il répondait constamment aux coups de sang de Drago par un ton bas, calme et froid, plus terrifiant que n'importe quelle bagarre du Local.
C'était comme ça, toujours comme ça…
Au bout d'un an, de deux ans, de trois, quatre ans encore, dans le même salon, deux télévisions cassées plus tard, une table basse troquée et le canapé toujours bien occupé par les fesses d'un Drago coincé à demeure. Toujours les mêmes disputes, les mêmes rengaines.

Théodore debout devant lui, les bras croisés, le fixa de son air le plus impassible. Drago avait les joues en feu, les yeux brillants de ses larmes qu'il était incapable de retenir bien longtemps.
« Je te dénoncerai aux flics et tu seras enfermé à vie. Je peux le faire, tu sais que j'en ai tous les droits.
- Bah vas-y Théo', vas-y ! Je m'en fou ! Mais je te préviens : je te pêterai la gueule avant !
- Tu crois que tu y arriveras ! Ça fait quasi quatre ans et jamais encore tu as pu me taper. Et tout ça, parce que tu as peur. Rends-toi à l'évidence, Drago Malefoy. Tu n'as plus personne sauf moi. Tu as beau ronger ton frein sur ton idiot de Harry Potter, la vérité c'est que lui, il a dû reprendre sa petite vie. D'ailleurs, ah… »
Théodore fit un geste de la main et Drago renifla fort, se passant le coude sur le nez.
Il était à bout de cette situation. Les virées en moto ne l'apaisaient plus comme au premier jour. Il avait beau accélérer, aller aussi vite que le compteur de la bécane le lui permettait, ça n'était jamais suffisant et ses démons le rattrapaient.
« D'ailleurs quoi ? fit Drago avec hargne.
- J'ai fait quelques recherches sur lui, avoua Théodore.
- Tu n'as pas le droit ! Je t'avais dit que tu n'avais pas le droit ! »
De colère, Drago se leva du canapé, le saisissant aux avant-bras. Lui-même n'avait jamais osé taper sur Google le nom de Potter. Il ne voulait rien savoir. Il avait peur que lui aille mieux. Il avait aussi peur d'apprendre peut-être son décès, qui sait.
« Je suis plus libre que toi de faire ce que bon me semble. Tu veux savoir ce qu'il est devenu, hein ?
- Non, hurla d'un coup Drago, se mettant les mains sur les oreilles. Je ne veux rien savoir ! Fou moi la paix ! Je t'interdis de me parler de lui, je ne veux rien savoir ! »
Il se laissa retomber sur le canapé et cette fois-ci pleura tout son saoul, noyé dans ses sanglots. Il se prit la tête entre les mains.

Cela faisait plus de trois ans que sa vie stagnait. Il avait des pics de dépressions assez terribles et là justement il en vivait un. Il mangeait moins, était à fleur de peau tout le temps. Si au moins Théodore acceptait la castagne, plutôt que ça…
« Drago, écoute… Drago mon ange, écoute…
- Je ne suis pas ton ange ! Je te le répéterai combien de fois encore ?! On est pas ensemble, je ne suis pas à toi d'une quelconque manière ! Et tu ne me parles pas de Potter, scanda-t-il sur la fin.
- Tu te voiles la face… Reste dans ta morve et tes larmes, tu m'emmerdes. »
Il était peut-être blessé de ce que lui disait Drago. Ce dernier s'en fichait bien. Il se considérait comme plus malheureux que n'importe qui d'autre.
Théodore l'abandonna dans le salon et sorti en claquant la porte. Il ne revint que le lendemain matin, l'odeur d'alcool et de sueur sur les vêtements… Et Drago se maudissait, parce que pendant quelques heures, dans le noir et le silence de la nuit, dans la solitude des draps qu'il partageait avec Théodore, jour après jour, il avait osé se dire qu'il avait peut-être tord et que peut-être, la vie avec Théo pouvait lui convenir. Que peut-être, il l'aimait.

« Et je me dégoûte. Je me dégoûte, parce que parfois, c'est encore quelque chose qui me vient en tête, murmura Drago à Hermione.
- Alors pourquoi tu me reprends Harry, dit-elle sans une once de pitié pour lui. »
Drago ne lui dit rien et sorti une cigarette. La même marque que Blaise. Il l'avait copié. Et Potter avait copié la marque de Drago. Il ne se sortirait jamais d'eux, hein ?
Pensant cela, l'ombre d'un sourire se glissa sur ses lèvres. Il alluma finalement sa cigarette et tira un long trait qui lui apparu comme une brève libération.
« Théodore avait besoin de vacances. Quelques jours à découcher, c'était pas suffisant. Je suppose d'ailleurs qu'il s'est tapé un garçon ce soir-là, pour se prouver qu'il pouvait vivre hors de moi. Je suppose aussi qu'il réfléchissait autant que moi à la situation et se rendait peu à peu compte que ça deviendrait invivable à terme. Alors, un peu follement, il m'a proposé de partir avec lui deux semaines dans le sud de la France, pour qu'on souffle. Il ne m'a pas lâché ça sur un coup de tête. Il avait au préalable regardé sur internet s'il y avait prétexte ou non à me demander mes papiers. Il se trouve que non. Quand tu payes plein pot ton billet de train, on ne te demande pas de sortir ta carte d'identité à tout bout de champ. En fait, quand tu demandes pas grand chose à personne, on te laisse même plutôt tranquille… Et au bout de presque quatre ans de dépression, je devais moins ressembler au Malefoy des photos et de la moto.
- Pourtant moi, je te reconnaîtrai partout… »
Drago roula simplement des yeux et avança plus vivement sur le chemin de campagne. Hermione avait le don de l'énerver. C'était viscérale. Peut-être parce qu'elle était avec Harry Potter, peut-être aussi parce que son espèce de fascination pour lui, mêlée à un relent guimauve le faisait grincer au plus haut point. Elle n'avait aucun self-estime, pensa-t-il.
Et lui aimait trop palabrer sur sa vie pour l'abandonner sur le chemin. Aussi, reprit-il :
« Je ne sais plus trop quand, entre juin et août ou bien septembre… Pour être franc, depuis l'enfermement avec Théodore, le temps a pris une dimension totalement abstraite à mes yeux, si bien que j'ai du mal à définir les mois, les jours, parfois les heures… Mais je m'y habitue. On s'habitue à tout… Enfin. Tout ça pour dire qu'en été, avec Théodore nous avons pris le train pour aller dans le sud. En fait, nous sommes venus dans cette ville-ci. Aucun hasard là-dedans. Théodore était encore mannequin à ses heures perdues et comme tout le monde, il connaissait cette ville. C'est le fief de quelques micro événements… ça le rassurait de ne pas partir à l'aveugle. Moi ça m'angoissait de savoir qu'il était possible qu'on croise une ou deux connaissances de mon époque sur les shoots de Gucci et Lagerfeld.
- Et ? On t'a reconnu ?
- Je suis Drago Malefoy… Bien sûr qu'on m'a reconnu. »

. . .

Théodore et lui étaient descendus à l'hôtel du Panama. Un peu de luxe pour un Théodore dont le père avait donné carte blanche dans les dépenses estivales.
Drago avait été heureux de se jeter dans le grand lit de l'hôtel, heureux de voir par le balcon une ville et une plage autre. Il respira à pleins poumons le relent d'air iodé. Il était joyeux comme un condamné à mort devant son dernier et meilleur repas.
« Tu veux qu'on fasse un tour, proposa Théodore.
- Tu penses que c'est très safe ?
- Bien sûr, on est des anonymes ici. »
Il ne croyait qu'à demi à l'assurance de Théodore. Il prit davantage appui sur la balustrade et regarda en contre-bas. Leur balcon donnait sur l'entrée de l'hôtel. Il devinait les silhouettes minces et sophistiquées de mannequins. Cela l'inquiéta légèrement mais il n'en dit rien. Théodore ne les aurait tout de même pas fait venir pile au moment de festivités du monde de la mode, n'est-ce pas ?
« Bon, fit Drago en se tournant. Tu me laisses le temps d'une douche et on descend.
- Très bien. »

Drago se camoufla derrière de grosses lunettes de soleil qui traînaient dans les cadeaux que Théodore recevait à la fin de certains shoot de mode.
Il enfila un pantalon en toile légère blanche et un t-shirt du même acabit. Avec Théodore aussi élégant que lui à ses côtés, ils se fondaient plutôt bien dans le décor luxueux du Panama et de ses résidents.
« Tu crois que tu pourras me louer une moto ? demanda Drago au détour d'une rue et du vrombissement reconnaissable d'un deux roues justement.
- Je pensais au moins que tu arrêterais de m'emmerder avec ça une fois en vacances.
- Jamais, rit Drago. Allé, Théo' loue m'en une.
- On verra selon les prix et le reste.
- Que t'es chiant, que t'es… radin.
- Rappelle-moi qui te paye l'hôtel, les habits et le verre qu'on va prendre ?
- Ton père, railla Drago. »
Comme c'était vrai dans le fond, Théodore n'eut même pas le coeur à répliquer, mais il souffla un coup.

Ils se posèrent à une terrasse quelconque et Drago observa la foule, un sourire illuminant son visage. Théodore ne détachait pas les yeux de lui, rassuré de le voir aller bien. Il ne l'avouerait que plus tard, mais il avait fini par craindre de rentrer un jour à la maison et d'y trouver le cadavre de Drago. Ces vacances étaient donc aussi bien une manière pour lui de souffler que de redonner un peu de vie à son ami.
« Il fait vraiment bon, soupira-t-il d'aise.
- C'est vrai, acquiesça Théodore. Que voudras-tu faire après ?
- Je ne sais pas trop. Flâner dans les rues ou aller sur la plage peut-être. Tu me prêtes ton téléphone deux secondes ?
- Hum, bien sûr, tiens. »
Drago s'en saisit et tout en sirotant son verre, il se mit à chercher les locations de moto de la ville. Oh, il n'abandonnerait pas son idée. Et puis, il se voyait déjà rouler le long de la grève. Le vent dans les cheveux, la claque de l'air salé sur ses lèvres et la vitesse d'une moto, c'était ce qu'il voulait maintenant, toujours, à jamais.

Cette incapacité à se retirer la moto de la tête le faisait plus souffrir qu'autre chose, il en était conscient. Mais il n'arrivait pas à faire autrement. C'était sa « came », son mode de vie. Il aurait été capable de tout abandonner pour ça. Il l'avait déjà fait, avec Potter et le reste. Sa famille passait au second plan, Théodore également s'il était amené à choisir et justement…

Il rendit son téléphone à Théodore dans un sourire. Ce dernier retint un long soupir, en voyant la page d'un loueur de deux roues.
« On verra, dit-il simplement.
- Tu me le refuseras pas. Et puis, ça sera l'occasion pour toi de monter avec moi.
- Ça, jamais, fit Théodore en secouant la tête.
- Et pourquoi ?
- Tu vas nous faire avoir un accident.
- Tu es peureux. On aura pas d'accident. Je n'en ai jamais eu… Je sais conduire au cas où tu l'aurais oublié.
- Je ne sais pas Drago. Je n'ai pas confiance. Imagine tu es surpris par quelque chose sur la route…
- Chose qui peut aussi m'arriver en tant que piéton. Bon, bon, arrêtons là.
- Vraiment… »
Avec bonne humeur, Drago se pencha sur la table et appuya ses coudes de part et d'autre de son verre, le visage appuyé dans ses mains.
« Qu'est-ce que tu as ?
- J'en sais trop rien. Je suis content… Content d'être là. C'est comme des vacances pour moi aussi. »
C'était assez rare pour le noter et Drago expliqua à Hermione qu'il s'était senti pour quelques jours dans un état de sérénité absolu. Les années pourraient passer qu'il n'oublierait pas ces jours de bien être pur. Il ne pensait à rien sinon à s'amuser, à rouler - car Théodore finit par la lui louer cette moto !
« Et puis, ajouta-t-il, Théodore était plus heureux, plus détaché de moi également. Il arrivait à ne pas être trop collant. On a passé de folles soirées à vider le mini bar de la chambre d'hôtel. Et… C'est à cause de ça, qu'on a fini par me reconnaître… à cause de nos idioties de garçons saouls. »

. . .

Ils avaient bu comme deux trous, autant le dire. Ils étaient noyés de Gin et de Vodka comme deux pré-ados. Alors, Drago voulut sortir de la chambre, se balader. Il parlait de moto en bafouillant. Théodore, hilare le prit par le bras et lui dit qu'il était hors de question qu'il monte dans un deux roues dans son état. Si Drago avait heureusement capitulé, il persista à sortir.

Le pas chancelant, ils allèrent dans le couloir. Ils croisèrent trois jolies filles toutes autant saoules qu'eux, qui cherchaient à rejoindre le toit du Panama. Il y avait une soirée là-haut. Elles pensèrent, au vu de l'état des deux garçons qu'ils y étaient aussi. Ils ne démentirent pas et montèrent avec elles.
Théodore comme Drago se fondaient dans la masse des jeunes gens fêtards du toit du Panama. Ils se saisirent d'une coupe et bavardèrent avec le groupe des jeunes filles qu'ils avaient rencontré. Ce soir-là, ils s'amusèrent follement, passant d'un groupe à l'autre. Théodore batifola avec un garçon, avant d'être saisi au coude par un autre, qui s'exclama dans un sourire qu'il était sûr que c'était lui.
« Je ne savais pas, ajouta-t-il, que tu serais là. Ça fait un moment qu'on ne te voit que sur les shoots.
- C'est du hasard, rigola Théodore. Je suis là pour les vacances, avec Drago !
- Drago ?
- Mais oui, Drago, de chez Gucci. »
Et Théodore ne se rendait pas compte de sa boulette à insister là-dessus. Drago lui donna un coup dans l'épaule et le regarda avec un air effrayé, le visage pâle.
« Mais la ferme Théo', la ferme ! »
Il était saoule, mais pas au point d'oublier que son identité ne devait pas être découverte.
Théodore pâlit également, en comprenant son erreur. Il se reprit dit à l'autre garçon, d'oublier ce qu'il venait de raconter. Mais Drago était déjà reconnu.
« Ah, mais non, mais non. Maintenant que je vois ta tête, je me souviens. Drago ! Drago au nom… Tu as un nom marrant ! J'ai oublié. J'ai trop bu, rit-il. Ça fait longtemps qu'on ne t'a pas vu, tu deviens quoi ? »
Heureusement, il n'avait pas l'air au courant du scandale du Fresh Mode. Drago secoua simplement la tête et tira Théodore à sa suite, l'air de dire que ça suffisait les idioties.
Mais ni l'un ni l'autre n'avaient particulièrement envie de redescendre à la chambre. Ils se promirent à voix basse d'être plus discrets.
« Appelle-moi autrement.
- Et comment, alors ?
- Je n'en sais rien moi. Tu trouveras bien.
- Mon ange, s'exclama Théodore hilare. Angelo !
- Va te faire foutre. »
Drago le poussa en arrière, vers le buffet et s'en alla plus loin, agacé. Il s'alluma une cigarette. On vint lui parler à de nombreuses reprises. Son nom revenait dans la bouche de certains, ce qui lui fit trembler les doigts. Il était reconnu par ses pairs, bien qu'il se mette à démentir, sortant le premier autre nom qu'il avait en tête. Et malheureusement c'était Angelo.
« J'ai cru, confia-t-il à Hermione, bien m'en sortir, en faisant croire aux gens que je m'appelais Angelo. Je ne me suis plus trop inquiété. J'ai quitté tard la soirée. Et puis je ne sais plus trop comment ça s'est passé exactement, mais à l'accueil du Panama, on m'a dit qu'il y avait un mot pour moi. Il était de la part de Jedusor. Quand j'ai vu ça, j'ai tout de suite su que les vacances étaient terminées.

. . .

Il en parla à Théodore qui ne sut trop quoi dire. Il relativisa d'abord, lui disant que peut-être Drago lui avait accroché le regard. Drago le coupa net dans sa supposition :
« Théodore, je connais ce type personnellement… Enfin, plutôt mes parents. C'est une de leur connaissance et pire, c'est lui qui a poussé ma mère a me faire débuter le mannequinat. Si sur ce papier il a écrit mon putain de nom complet, c'est qu'il sait. Je suis sûr qu'il sait pour le Fresh Mode, pour ma disparition, pour tout… Il va me détruire. Il va me dénoncer aux flics et c'est terminé pour moi… »
Il se prit le visage entre les mains, en faisant les cent pas dans la chambre. Il ne voyait pas comment ça pourrait se finir autrement que lui dans une cellule.
Angoissé et déboussolé, il alla dans la chambre et ouvrit la penderie pour en sortir ses affaires. Théodore le rejoignit et le retint par le bras.
« Mais qu'est-ce que tu fais ?
- Je prépare mes affaires ! Faut que je me casse d'ici.
- Et tu iras où ? Tu vas vite être bloqué. Calme-toi et réfléchissons. »
Il le tira jusqu'au lit où ils s'assirent pour débattre de la marche à suivre. Les pensées de Drago allaient dans tous les sens. Il changeait mille fois de plan, pour au final ne toujours pas savoir quoi faire. Théodore passa un bras autour de ses épaules pour le calmer. Il l'attira tout contre lui.
« Je pense que tu dois aller le voir… Mieux vaut crever l'abcès. Si tu pars et que tu le laisses avec cette information, qui sait ce qu'il ne dira pas.
- Mais ce mec est terrifiant, Théodore ! Même mon père n'est pas serein quand il le rencontre.
- Ouai, ouai je sais… »

. . .

Drago s'arrêta net dans son récit et donna un coup de pied dans une canette oubliée en bord de chemin. Sa rencontre avec Jedusor avait tout changé. Un revirement à 180 degré qu'il n'avait pas prévu. En fait, ça remontait au-delà de tout ça. Depuis Potter il avait perdu le fil de son futur. Un échange de regards, son sourire à la descente de sa moto et ça avait renversé le mince équilibre qui était le sien. Et il n'arrivait pas à regretter. Il en voulait à Harry, mais il n'arrivait pas à foncièrement haïr ce qu'avait était cette année avant le Fresh Mode.

Alors, il comprit. Un peu bêtement, très soudainement surtout, qu'il ne pourrait pas vraiment se passer du grain de sable qu'était Potter. Comme la moto, il était sa « came », son adrénaline en plus.
Il lança un regard à Hermione, en fut presque désolé… Non, n'en fut pas du tout désolé. C'était de l'hypocrisie de vouloir se faire croire ça. Il lui sourit. Son plus beau sourire aux yeux de lune.
« Je crois que j'aime trop Harry pour te le laisser en fait. Je crois qu'il ne repartira pas avec toi. »
Et Hermione le regarda dans les yeux, les lèvres pincées. Elle serra fort le téléphone qui vibrait dans sa main. Ron lui avait envoyé un nouveau message : « j'ai tout envoyé. J'ai déjà des réponses. Ça prend comme une traînée de poudre. Dès demain ça va pêter :). »
« Drago, tu ne sais pas de quoi demain sera fait.
- Je sais juste de quoi Harry et moi on sera fait. Et il y aura de la moto et juste lui et moi. »
Son assurance fit mal au coeur de Hermione. Et elle s'en voulait déjà de ce qu'elle avait fait. Elle se retint de toutes ses forces de lui dire de partir, de courir et rouler aussi loin qu'il le pouvait.
Il fallait au contraire qu'elle le retienne suffisamment longtemps…
« Et de quoi, reprit-elle difficilement, de quoi a été faite ta dernière année depuis Jedusor… De quoi as-tu vécu ?
- Je ne comprends pas Granger. Pourquoi tu t'emmerdes tellement à me poser ces questions, alors que je le vois à des kilomètres à la ronde que ça ne te fait pas du bien de savoir ?
- Parce que contrairement à toi, je n'essaie pas de fuir mes problèmes. Tu fais malgré toi parti de tout ce qui me pose du soucis. Alors je t'écoute… Et peut-être qu'à la fin je me sentirai mieux. Enfin, je le confirme d'avance : je me sentirai mieux.
- Tu es bizarre, fit Drago d'un air suspicieux.
- Et quoi ? Tu dis ça parce que tu me connais pas.
- Et contrairement à toi, je n'ai pas la curiosité d'en apprendre davantage hein.
- Raconte-moi juste ta dernière année. Ça et puis ce que tu fou avec mon copain depuis deux semaines.
- Enfin tu sors les griffes, préféra-t-il rire.
- Drago Malefoy ! »
Et sa voix, douloureuse et énervée calma brièvement le rire de Drago. Mais il reparti aussitôt, se tenant les côtés. Il secoua légèrement la main devant lui et puis comme un enfant trop excité, comme un sale gosse même, il vint tourner autour d'elle et posa finalement un coude sur son épaule, se penchant tout près. Hermione senti l'effluve de la cigarette mêlée à son parfum cher, mêlé à quelque chose de Harry… Ou alors c'était Harry qui finissait par prendre l'odeur de Malefoy à force d'être dans ses pattes.
« Tout doux, miss Granger, je vais te raconter.
- T'es complètement fou »
Lui dit Hermione d'une petite voix. Elle avait grand mal à garder un minimum de constance alors qu'il était si près.
« Arrête avec cette rengaine. Tu le sais que je le suis, tout le monde le sais. Mais en fait pourquoi vous me pensez tous fou ? Parce que j'ai le courage de ne faire que ce que je veux, c'est ça ?
- T'es pas courageux, contredit-elle doucement.
- Passionné alors. Obsédé, mordu, camé de moto. Et Jedusor le savait. Je te l'ai dit tout à l'heure : ce type, je le connais depuis longtemps. Ma mère était proche de lui en fait. Elle adorait lui raconter ma vie. Elle a toujours été très bavarde aux diners et Jedusor c'est un homme qui n'oublie rien. »

. . .

Sur les conseils de Théodore, il avait pris son courage à deux mains et avait appelé le numéro que Jedusor lui avait laissé à l'accueil du Panama. Ce n'est pas lui qui répondit, mais une jeune femme qui se trouvait être sa secrétaire. Elle semblait au courant de son appel, du moins ne parut pas étonnée, lorsqu'il lui dit que Jedusor et lui devaient se voir. Elle lui proposa un rendez-vous directement à l'hôtel de ce dernier, le soir même, à vingt heures. Drago accepta aussitôt, la boule au ventre.

Plus luxueux que le Panama encore, l'hôtel où était descendu Jedusor étalait une décoration un brin rococo. Drago n'avait cependant pas la tête à badiner à ce propos. Il se rendit directement à l'accueil et on l'accompagna à la suite du Voldemort. Ce dernier n'était pas seul quand Drago se fit introduire dans le salon. Il reconnut quelques pointures de la mode, qui s'éclipsèrent aussitôt.

Drago était pâle et nauséeux. Il s'assit sur le canapé qu'il lui désigna d'une main. Ils n'avaient échangé aucune paroles encore et Drago attendait droit comme un i, que le jugement s'abatte.
« Drago Malefoy, salua enfin Jedusor. Voilà un nom que je ne pensais pas capable de ressortir de… sous terre, dit-il en faisant des guillemets avec ses doigts. »
Drago ne sut quoi lui répondre, mais un léger vertige d'angoisse, le prit. Il était à deux doigts de criser.
« La dernière fois que j'ai vu tes parents, continua-t-il d'une voix traînante. Ils me semblaient effondrés à cause d'une certaine affaire. Non ? »
Il le regarda dans les yeux, attendant une réponse de sa part. Drago ne put que hocher la tête.
« Je suis un homme plutôt pragmatique, qui ne croit pas aux fantômes. Alors, peut-être sauras-tu m'expliquer ce que le fils que Narcissa Malefoy, disparu et présumé mort après une affaire de sabotage, fait ici, plein de vie, à flâner dans les soirées ? »
Il le savait. Jedusor savait tout et aller le détruire. Drago se prit le visage dans les mains, sans un mot. Il secoua longuement la tête. Que pouvait-il ajouter à ça ? Rien du tout.
« Exprime-toi avec des mots, Drago Malefoy. Tu n'es pas un animal à ce que je sache.
- Que voulez-vous que je dise, fit-il d'une voix étranglée. Vous savez tout. Vous allez m'amener aux flics hein ?
- Drago Malefoy, l'arrêta-t-il. Je ne te demande pas d'acquiescer à mes propos, ni de répondre à mes questions par d'autres. Je te demande ce que tu fiches ici. »
Et Drago lui raconta tout, d'une voix cassée et basse, qui agaçait Jedusor qui le reprenait sèchement. Il lui dit pour le Fresh Mode, pour ses quatre années chez Théodore, pour sa présence dans le sud. Il avoua à la manière d'un criminel devant le juge. Heureusement, il était parvenu à retenir ses larmes. Il était mort d'angoisse, mais pas larmoyant !

Cette rencontre avec Jedusor le laissa mitigé, car il ne parla pas de le dénoncer à la police. En fait, il ne lui dit pas grand chose, si ce n'est qu'il n'avait pas le temps ce soir, de rester plus longtemps à bavarder avec lui. Il le laissa dans un suspens mortifiant, lui demandant de revenir le voir le lendemain, vers seize heures.
En rentrant au Panama, Drago était vidé et ne sut pas trop quoi dire à Théodore qui le questionna sur cette rencontre, à part un « il veut me revoir et je sais pas ce qui va se passer. Mais ça va se passer ». Il prit ensuite la moto louée et ne rentra que très tard à l'hôtel.

Jedusor le mena en bateau plusieurs jours. Peut-être parce qu'il réfléchissait à quoi faire avec Drago.
« Depuis le début, il tramait quelque chose. Au moment de le rencontrer, moi j'étais à des mille de comprendre qu'il ne me foutrait pas la paix. Je croyais qu'il hésitait juste à me dénoncer aux flics. Mais pas du tout. Il n'a jamais eu ça en tête. C'est un type plutôt égoïste et me savoir dans la merde, c'était juste une ouverture pour lui… Il pouvait utiliser ses connaissances sur moi, à ses propres fins.
- Blaise nous a expliqué à Harry et moi, qu'il est un homme assez dangereux et influent. Comment… Tu as pu être si naïf ?
- L'angoisse. Simplement l'angoisse. Je ne réfléchissais pas correctement et Théodore n'aidait pas. Pire, ce traitre s'est mis à prendre ses distances à la fin des vacances. Les derniers jours dans le sud, il m'a dit qu'il ne voulait pas que je parle trop de lui à Jedusor, ni que moi je lui parle de Jedusor. En fait, il n'avait pas envie d'être mis en danger. Le petit fils de pute… »

Drago ne digérait pas le coup de Théodore. Ce dernier devenait de plus en plus laconique en sa présence et il comprit bien, qu'il finirait pas lui dire qu'il ne le voulait plus chez lui. La venue de Jedusor, avait sonné le glas de son cloître monacal chez Nott.
« Théodore, lâche ton tel, faut qu'on parle. »
Drago arracha même son téléphone de ses mains. Il s'assit à ses côtés dans le canapé et posa sa main sur son épaule. Si Théodore faisait mine de rien, sa nonchalance était purement feinte.
« Je t'écoute, Drago ?
- Dans deux jours on se casse d'ici. Normalement. Mais je veux savoir ce qu'il va se passer quand on sera chez toi ? Est-ce que tu vas me foutre dehors ?
- Drago…
- Sois honnête. Je vois bien que tu es en train de salement me lâcher depuis Jedusor. Alors dis-moi tout de suite, si tu comptes ou pas me mettre à la rue ?
- Je ne sais pas, dit Théodore doucement. C'est pas contre toi, Drago. Mais Jedusor est trop influent. Si l'affaire remonte aux oreilles de mon père, je risquerai gros. Autant moi que le reste de ma famille d'ailleurs.
- Mais il ne va rien te faire, râla-t-il. Il en a contre ma pomme !
- Ce n'est pas un Saint, le coupa-t-il. Il a déjà détruit la vie de beaucoup de gens, simplement parce qu'ils étaient là où lui était. Je ne veux pas tout perdre à cause… à cause de toi.
- Tu as choisi de m'accueillir, tu as choisi de venir ici et maintenant c'est de ma faute ?! Tu te fou de moi, Théo ?
- J'en peux plus de toi, d'accord ? T'es tellement égoïste ! Tu penses qu'à ton malheur, mais tu crois que je les vis bien ces quatre années avec toi ? Tous les efforts que j'ai fait pour toi… Je n'ai rien eu en retour, mis à part ta dépression. J'ai cru en arrivant ici, que tout irait mieux, mais non. Non, tu restes le même, avec ton nombrilisme infernal, avec ta moto de merde ! Putain Drago… Parfois je me dis que tu ferais mieux d'aller t'écraser sur une route avec ta foutue bécane.
- La moto me rend immortel. Dommage pour toi. »
Il se leva du canapé et attrapa les clés de la moto qui traînaient sur la table basse.
« Même là t'en reviens encore à ta petite existence. Mais vas-y, Drago, prends la moto. Crash toi avec. Quoi que tu crois, tu es loin d'être immortel et un jour, tu te prendras le karma en pleine face, si ce n'est pas le bitume.
- Va te faire foutre, Théodore !
- Ouai, ouai, t'es bon qu'à m'insulter. »
Théodore ne le prenait pas au sérieux. Théodore en avait surtout marre de lui. La rage grimpa dans le ventre de Drago. Pour la première fois, il se jeta sur lui, pour le frapper.

Ils se battirent dans le canapé, puis au sol. La violence de Drago fut telle, qu'il manqua de totalement le défigurer. Lorsqu'il se calma, Théo était en larmes et en sang. Il lui hurla de déguerpir d'ici. Lui hurla qu'il ne voulait plus jamais le revoir et Drago partit.

Il dévala les escaliers de l'hôtel comme un fou, le t-shirt plein de sang, tremblant de la tête aux pieds et croisa quelques personnes, mais au Panama on savait se montrer discret.
Il eut du mal à mettre les clés sur la moto et tout autant à serrer le guidon et la démarrer. Même respirer profondément pour se calmer ne servait à rien. La rage vrillait ses tympans, le rendant presque sourd. Ses poings sur le guidon ne l'aidèrent qu'à mieux démarrer en trombe.
Il roula longtemps, faisant des tours et des tours de la ville pour mieux s'en éloigner et aller vers une falaise.
Là-haut, il s'arrêta et descendit allant d'un pas rapide vers le bord où il regarda l'eau en contre bas, les vagues qui frappaient bruyamment la roche. Il s'alluma une cigarette sortie de son paquet froissé et du bout du pied, frotta la roche et les quelques mousses qui se délitaient pour retomber bien plus bas.
Il pouvait se jeter de là et mourir, tout simplement. Et même grimper sur sa moto et faire le grand saut avec. Mais il n'y arrivait pas. Quelque chose le retenait à la vie, retournait son ventre et le reste de ses tripes. Mais quoi… ? Sa rage ? Ses angoisses ? La peur de mourir ? Ou alors la malédiction de cette moto qui le rendait immortel comme il le disait si bien.
« Et maintenant, qu'est-ce que je vais faire… »
Maintenant qu'il ne pouvait plus retourner à l'hôtel, qu'il avait les phalanges en sang et le regard d'un fou. À présent qu'il perdait une seconde fois tout ce qu'il avait, qu'est-ce qu'il allait faire ?
L'évidence lui vint très vite : Drago irait voir Jedusor et lui demanderait l'asile. Il se mettrait un peu plus dans la merde, pour continuer à rouler.

Drago se mit dos à la mer et regarda la moto de location qui l'attendait. Il eut un sourire mitigé pour elle.
« Tout ça pour ça… J'ai détruit et continuerai à détruire ma vie et les autres, juste pour ça. C'est tellement fou. C'est tellement, moi. »
Il l'avait pensé ce jour-là et le pensait encore. Aussi, cette phrase, il l'a dit mot pour mot à Hermione. Elle eut un léger frisson en se disant qu'il serait capable de lui faire la même chose qu'à Théodore. Peut-être devait-elle demander à Ron de venir la chercher.


Ah bah nan, pas de Potter dans ce chapitre ^^" . . .
Je me laisse un peu aller à blablater je sais. Mais bon. Y avait déjà pas de plan réel dans cette story, pourquoi faire mine de le croire encore AHAHAH ?

See you next time.