Chapitre 2 : L'Influence de l'Oncle Vernon
Si tu l'oses : 414 jeune fille
La jeune fille de six ans ne retourna pas à l'école avant la semaine suivante, une fois que toute trace des coups de son oncle aie disparu de son corps frêle. Mélanie en rageait intérieurement mais n'en dit plus rien. Viendrait bien un moment où elle pourrait attirer l'attention des adultes. Elle avait peaufiné un nouveau plan. Cela la mettait mal à l'aise de le mettre en application car cela allait aller contre tous ses principes – et en plus, faire plaisir aux Dursley – mais il y avait des chances que cela éveille la curiosité de son institutrice, Mme Sophie, qui avait bien remarqué son intelligence hors du commun pour une enfant de six ans.
Elle allait faire l'idiote. Rien que l'idée lui donnait envie de vomir mais elle aurait des chances de se faire remarquer ainsi. Elle se leva donc, armée de sa détermination, se forgea un masque impassible et attendit sagement que sa tante lui ouvre la porte pour qu'elle puisse faire le petit déjeuner.
Elle n'eut bien sûr pas droit de manger quelque chose et dut faire la vaisselle et la ranger avant de pouvoir partir pour l'école. A pied naturellement. Et elle y alla à son aise. Pourquoi devrait-elle courir ? Elle n'apprenait quand même rien en cours. Cela ne ferait, au contraire, qu'attirer l'attention sur elle et les adultes se poseront des questions sur pourquoi Dudley Dursley arrivait à l'heure et elle pas.
Tout était bon pour attirer le regard des autorités sur les Dursley qui, sous leurs airs de bonne famille, cachaient leur comportement ignoble face à leur nièce. Comment réagiraient-ils une fois que la police serait dans le coup ? Mélanie doutait que Vernon Dursley ait le bras aussi long qu'il le prétendait. Ce serait trop facile... Et puis, personne ne pouvait être au-dessus des lois !
Elle arriva avec dix minutes de retard en classe et s'excusa poliment auprès de Mme Sophie. Elle alla s'asseoir au fond de la classe pour royalement ignorer le cours et se plonger dans ses pensées alors qu'elle regardait les nuages passer doucement par la fenêtre. Elle se fit une petite liste mentale des choses qu'elle devrait faire dans le cas où, comme elle commençait vraiment à y songer, elle resterait dans cette réalité.
D'abord, elle devait s'arranger pour quitter les Dursley. Ensuite, si elle était bien une sorcière – et elle en était presque sûre – elle irait à Poudlard. Elle n'irait pas à Gryffondor. Cette maison ne conviendrait pas à son esprit. Elle était bien plus une Serdaigle dans l'âme. Ou peut-être Serpentard. Mais Serdaigle lui conviendrait mieux. Ensuite, si tout se passait comme dans l'histoire, elle prendrait soin à ne pas faire les mêmes erreurs qu'Harry Potter dans le canon et d'aller trouver les adultes au lieu de foncer tête baissée à travers le danger.
Et elle sauverait aussi ses personnages favoris si cela était possible. Elle sauverait Cédric, Sirius, Remus, Tonks, Fred, mais surtout, le premier homme qui lui vint à l'esprit, c'était bien ce ténébreux et froid professeur de potions, Severus Snape, qui dans le canon, s'était donné comme mission de sauver et protéger Harry au détriment de sa propre vie. Par amour pour Lily Evans. Cet homme malheureux méritait clairement d'être sauvé et de vivre heureux. Elle ferait tout pour le sauver, si tant est qu'elle soit encore dans cette réalité d'ici là...
« Harriet, tu es avec nous ? » fit soudain la voix douce de l'institutrice.
« Hmm... euh... Oui, Madame ? » fit la jeune fille alors qu'elle redescendait sur terre.
Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge au-dessus du tableau. 09h47. Décidément, tout ce temps s'était déjà écoulé ? Elle ne l'avait pas vu passer, plongée dans ses pensées comme elle l'était.
« Je te demandais comment tu écrivais 'oiseau', » répéta Mme Sophie avec un sourire.
En retenant une grimace, Mélanie mit son plan en action.
« O. I. S. O, » répondit-elle directement.
« Tu es sûre ? » demanda l'institutrice.
« Oui. »
« Non, c'est O. I. S. E. A. U. »
« Oh ! » feigna la jeune fille. « Oups. »
Elle supporta les moqueries de son cousin qui l'insultait d'idiote mais elle s'en fichait totalement. Elle l'avait fait exprès après tout. Elle devrait juste tenir le coup à faire cela pendant deux ou trois semaines, le temps que cela se remarque.
xXxXxXx
Mélanie se dirigea vers le porte-manteau pour prendre sa veste et aller dans la cour de récréation quand soudain Mme Sophie l'appela.
« Harriet, est-ce que tu peux rester quelques minutes, s'il te plait ? »
La jeune femme de vingt-cinq coincée dans un corps nettement plus jeune qu'elle retint un sourire. Enfin ... Cela avait pris plus de temps que prévu, environ un mois et demi, mais l'institutrice avait fini par faire le premier pas. Il était temps de mettre en action la suite du plan. Elle afficha son air le plus innocent alors qu'elle s'approchait du bureau.
« Oui, Madame ? »
« Dis-moi, combien font 21+7 ? »
« 28, » répondit l'enfant du tac au tac.
« On va corriger cela tout de suite alors. »
« Non ! » cria l'enfant à dessein.
Mme Sophie fut surprise par son éclat.
« Pourquoi ? » demanda-t-elle.
« Parce que je n'ai pas le droit d'être meilleure que Dudley. »
« Quoi ? Comment cela ? »
« Si j'ai des meilleurs points que Dudley, je vais me faire punir. »
« C'est pour cela que tu ne fais plus tes devoirs et que tu te trompes volontairement ? »
« Oui. Entre des bons points et pas de punition, je préfère ne pas avoir de punition, » avoua la jeune fille en baissant la tête.
Mélanie jeta un regard par en dessous, faussement timide et honteux, et fut contente de voir le regard soucieux de la femme devant elle. Elle était sûre qu'il y avait sûrement des rapports sur elle et sur Dudley. Beaucoup d'enfants et de parents se plaignaient des agissements de Dudley, tandis que les Dursley le considéraient comme un petit ange et rejetaient toujours la faute sur elle, le monstre, l'anormale petite Harriet. Elle espérait que cela allait changer.
« Merci, Harriet. Va jouer avec les autres maintenant. »
« Oui, Madame. »
Mélanie sortit de la classe et un léger sourire effleura ses lèvres alors qu'une première étape dans son plan venait d'être franchie. Les Dursley allaient avoir des problèmes où elle n'était plus une Schietekat ! Mais en fait, l'était-elle encore maintenant qu'elle vivait ici ? Son ancienne vie lui manquait terriblement.
xXxXxXx
Vernon et Pétunia Dursley étaient dans la cuisine devant une lettre de convocation. Elle provenait du service de protection de l'enfance.
« Je vais tuer cette gosse ! » siffla l'homme.
« Cela n'arrangerait pas nos affaires, Vernon, » rétorqua Pétunia.
« Je vais contacter Billy, il va me régler cela rapidement. »
En effet, Billy Malkins travaillait dans un service haut placé à l'état et il était un bon ami de Vernon Dursley. Enfin, par bon ami s'entendait que l'horrible moldu soudoyait l'homme pour qu'il efface tous les petits obstacles qui pouvaient se trouver sur son chemin. Contraventions, plaintes, ... Tout y passait. Mais quand on était un vilain bougre comme Vernon Dursley, qu'on possédait une entreprise de façade qui servait en réalité de couverture pour des activités illégales dans le domaine de la drogue, tout était bon pour se sauver la mise.
« La personne qui a déposé la plainte, comment elle s'appelle déjà ? » fit l'homme en regardant le papier. « Cette Mme Beck, elle va perdre son emploi en un rien de temps. Je vais m'en arranger. Quant à cette sale gamine, elle aura la correction qu'elle mérite et pas de nourriture pendant au moins une semaine ! »
Ainsi, quand la jeune Harriet rentra de l'école, elle fut reçue avec des coups et ne retourna pas à l'école de la semaine, ni la semaine suivante. Vernon Dursley avait fait faire un certificat qu'il avait fait déposer à l'école. Ainsi son absence était couverte et personne ne poserait de questions. Comme à chaque fois qu'il se défoulait sur la gosse. Puis, vint les vacances de Noël que la jeune fille passa pour la première fois cloîtrée dans un placard. Ce fut horrible pour elle.
Mais ce qui l'horrifia encore plus, c'était, alors qu'elle retournait à l'école, de voir que Mme Sophie n'était plus là. Elle était remplacée par un certain Mr Watson. C'était à ce moment-là qu'elle comprit ce qui s'était passé alors qu'elle demandait quand est-ce que l'institutrice reviendrait. L'oncle Vernon avait en effet le bras long. Il avait fait virer l'institutrice et avait étouffé l'affaire. Elle rageait. Elle allait devoir trouver une autre solution. Mais difficile, du moins dans le monde moldu, du haut de ses six ans officiels, de pouvoir faire quelque chose. Et elle devait attendre d'avoir une preuve qu'elle était bien une sorcière avant de tenter de se rendre dans le monde magique. Au moins, elle savait où c'était dans la théorie ...
Elle se mit alors à réfléchir à la partie de la vie d'Harry Potter qui n'était pas, hélas, très développée dans les livres de la saga, à savoir la période pré-Poudlard. Dans quelles circonstances le jeune sorcier avait-il eu des accidents magiques ? Jusqu'à présent, elle n'en avait fait aucun. Elle ne savait même pas quand est-ce qu'il avait fait son premier. Elle n'était même pas certaine que c'était inscrit dans le canon. Elle se souvenait juste vaguement d'une histoire de cheveux mal coupés, ce qu'elle ne risquait pas d'avoir puisqu'elle était une fille, et de la fameuse chasse au Harry qui avait fini par un transplanage sur le toit de la petite école. Mais quand est-ce que cela arrivait ? Ca, elle n'en avait aucune idée.
xXxXxXx
Mélanie sortit dans Privet Drive. Elle avait fini les corvées et, pour ne pas retourner dans le placard, elle préférait s'éclipser de la maison pour se balader et être un peu tranquille. Elle se dirigea alors vers le parc où elle passait parfois du temps assise sur la balançoire. Elle cherchait toujours un moyen de se libérer de cet enfer. C'était bien la seule chose qui occupait son esprit. Échafauder plan sur plan. Cela maintenait en quelque sorte son esprit en forme. Ce qui lui manquait par contre, c'était sa grande collection de livres. Cela aurait le mérite de l'occuper dans son placard.
Elle se mit à fredonner des airs tantôt de Stromae, tantôt d'Orelsan, tantôt d'un autre chanteur qui n'avait pas encore commencé à chanter. Elle se fichait complètement que quelqu'un puisse l'entendre. Qui ferait attention à elle de toute façon ? Son oncle et sa tante avaient fait en sorte que tous la considèrent comme une attardée mentale ou une délinquante. Enfin... Elle chantait quelques airs qui lui venaient à l'esprit tout en jouant distraitement avec la terre avec ses chaussures trouées. Elle n'avait que cela à faire alors qu'elle gagnait un petit moment de paix dans sa vie infernale.
Un vent froid passa à travers ses vieux vêtements bien trop larges pour elle mais elle n'y prêta pas plus attention que cela. Elle commençait à en avoir l'habitude. Elle ne rentrerait qu'une fois que ses mains seraient vraiment rouges. Pas avant. Elle n'était pas encore au stade où le froid serait dangereux pour elle. Elle frissonnait juste un peu. Sans plus.
Soudain, elle arrêta ce qu'elle était en train de faire quand elle entendit son cousin crier des ordres à sa bande d'amis.
« Balancer lui des trucs, des cailloux, n'importe quoi, » ricanait-il.
Mélanie fronça les sourcils tandis qu'elle se retournait pour savoir quelle était la pauvre victime de cette bande de voyous. La bande à Big D avait pris pour cible un oiseau blanc. Non, ce n'était pas un oiseau. C'était une chouette ! Une belle chouette blanche, comme Hedwige !
Elle vit rouge alors qu'ils martyrisaient ainsi ce pauvre animal et elle descendit de la balançoire pour partir à leur rencontre. Elle les provoqua, les distrayant ainsi suffisamment longtemps pour que le volatile puisse s'enfuir.
« T'as la trouille, Dudley ? » demanda-t-elle. « Pour toujours t'attaquer en bande à plus faible que toi et t'en prendre à des animaux sans défense, c'est que tu as un complexe à compenser ! »
Le jeune garçon de six ans n'avait pas compris ce que sa cousine lui avait dit mais il avait bien compris par contre qu'elle le provoquait et se moquait de lui. Et il n'aimait pas cela.
« Tu vas voir, le monstre ! » s'écria-t-il avec colère. « Tous sur elle ! »
Mélanie courut le plus vite qu'elle put pour leur échapper mais elle finit par se prendre les pieds dans ses bas de pantalon bien trop grands et larges pour son petit corps. Elle s'étala de tout son long en sifflant de douleur. Elle devina plus qu'elle ne vit qu'elle s'était écorchée le genou. Elle n'eut toutefois pas l'occasion de s'en soucier davantage car son cousin et sa bande l'avaient déjà rattrapée. Ils ricanaient alors qu'ils l'encerclaient avec un petit air victorieux et, surtout, mauvais sur le visage. Elle allait déguster...
Dès le premier coup, elle se mit en boule sur le sol, se repliant le plus possible sur elle-même pour protéger son visage et son torse, et par conséquent ses organes internes. Mais malgré toutes ces précautions, elle reçut un violent coup à l'arrière de la tête et en fut sérieusement sonnée.
« Laissez cette pauvre fille tranquille ! » hurla une voix de femme au loin.
La bande à Dudley s'enfuit en courant, laissant ainsi Mélanie aux mains de l'inconnue, sa sauveuse. La jeune fille la remercia alors en pensée. Il y avait tellement peu de personnes qui se préoccupaient d'elle... Merci, les Dursley... Elle sentit qu'on la soulevait et la retournait. Elle croisa le regard noir d'une belle femme dont elle n'arrivait pas à deviner l'âge. Belle, cheveux noirs et deux yeux onyx. Elle gémit alors qu'elle sentit une main douce passer à l'arrière de sa tête mais elle ne put quitter ces yeux qui semblaient la sonder. Elle lui fit une demande silencieuse. Un appel à l'aide. Mélanie pria que la femme lui vienne en aide et la libère de son enfer.
« Ne t'en fais pas, petite, » l'entendit-elle dire. « Plus jamais tu n'auras à retourner là-bas. »
La jeune fille sentit cette sensation étrange dont elle avait lu la description des centaines et des centaines de fois. L'impression de passer dans un tube et d'étouffer pendant quelques secondes avant d'être à nouveau libre de respirer à plein poumon. Un transplanage. La femme était une sorcière. Mélanie perdit connaissance dans les bras de sa bienfaitrice.
