Heyy !
Voici une petite fic qui est déjà postée sur mon Wattpad mais que j'aime beaucoup.
Le duo Barbie/Pauline est un de mes préférés, bien qu'il ne soit pas exploité dans la série. Mais bon...
Vous risquerez très très fort de revoir d'autres histoires sur ce duo tant je les aime ! ;)
Bonne lecture


- Ça sera sans moi cette fois.

Sur ces mots, Barbie quitte le trio, qui ne comprend pas son attitude. Rebecca le regarde, son exaspération évidente cache une certaine inquiétude. Pauline, bien qu'elle ne connaisse pas grand-chose de lui, s'inquiète. Et Julia… Julia sent que quelque chose ne va pas chez son homme. Pourtant, elle sait qu'il ne lui dira rien, alors elle prend ce dont elle a besoin pour aider la scientifique et commence à s'éloigner, l'inquiétude affichée sur son visage. L'artiste, quant à elle, change d'avis au dernier moment.

- Je reviens, commencez sans moi, déclare-t-elle avant de partir sans laisser le temps aux autres de réagir.

La femme de Jim ne sait pas où est partit l'ancien militaire, mais il n'a pas pu aller loin. Cela se confirme puisqu'elle le retrouve assis devant le lycée, tout seul. Il est dos à elle, ne la remarquant donc pas. Pauline s'avance doucement et tapote légèrement son épaule pour signaler sa présence sans lui faire peur. Barbie lève un œil vers la blonde mais ne dit rien.

- Je peux m'asseoir, demande doucement la peintre.

D'un simple geste de la main, l'ancien militaire l'autorise à s'installer, ce qu'elle fait. Il s'apprête à lui demander la raison de sa présence, mais la femme de Jim est plus rapide.

- Tout va bien ?

- Je vais bien, répond-t-il un peu plus sèchement qu'il l'aurait souhaité.

Pauline n'en tient pas rigueur et réfléchit pendant quelques secondes à la meilleure manière de formuler ses pensées. Barbie la regarde, attendant qu'elle parle, ce qu'elle ne tarde pas à faire.

- Vous savez, je suis désolée de ce qu'a fait Big Jim.

- Ce n'est pas votre faute Pauline, commence l'ancien militaire, son ton un peu moins sec, c'est Big Jim. Il est comme ça depuis le premier jour. Son ressentiment s'entend à nouveau très clairement. Mais de là à menacer des enfants ? Pour être vu comme le héros ? Sérieusement ? Il est allé trop loin cette fois ! En plus, à cause de lui on est prisonniers ici.

La haine et la colère brûlent tout son être. Barbie ne supporte plus le conseiller municipal. Cet homme est prêt à tout pour réussir, pour obtenir ce qu'il désire. Absolument tout. Il n'a aucune limite, aucune morale, aucune valeur. Big Jim Rennie est un homme froid, manipulateur, calculateur et violent. C'est un meurtrier qui veut toujours être le héros, le sauveur. Comment des gens un minimum sensés ont pu voter un jour pour lui ? Barbie est incapable de comprendre. A ses yeux, il est impensable que des gens sensés aient voté pour un homme aussi avide de pouvoir. En plus, son avidité de pouvoir est encore plus exacerbée depuis la tombée du dôme ! Jim profite de sa position d'unique élu au sein de cette ville, et les gens l'écoutent ! Ils ont confiance en cet homme, alors qu'il tue ceux qui se mettent en travers de son chemin. Lester Coggins. Boomer Platt. Agatha et Maxine Seagrave. Otto Aguilar. Dodee Weaver. Tous s'étaient mis contre lui à un moment ou un autre. Tous sont morts parce qu'ils étaient devenus ennemis de Big Jim Rennie.

Repenser à tout ça augmente encore la colère de Barbie, se rappelant que les jeunes, Carolyn, Julia et lui sont aussi ennemis du conseiller municipal. Joe et Norrie le sont pour avoir gardé beaucoup de secrets autour du dôme. Pour la première fois, Big Jim n'avait pas le contrôle sur quelque chose. Il n'a tellement pas apprécié qu'il a pointé une arme sur eux ! Il a menacé de les tuer s'ils ne balançaient pas l'œuf. Quant à Carolyn, elle n'est pas directement une ennemie, mais elle est du côté des élus, donc le conseiller ne l'apprécie pas, bien qu'elle les ait défendu, lui et Rebecca.

Julia et Barbie, pour leur part, sont ceux qui se sont le plus opposé à Big Jim Rennie et ses magouilles. En public. En privé. Peu importe, tant qu'ils ont une occasion, les amoureux montrent leurs désaccords. Certains écoutent Barbie et Julia, et s'ils écoutent un côté, ils n'écoutent plus l'autre. Toutes ces raisons, et sans doute d'autres encore, ont fait du couple une cible de choix pour Jim et ses partisans.

Le regard compatissant de Pauline fait revenir doucement l'ancien militaire à la réalité. Sa haine envers le mari de son interlocutrice le brûle toujours, mais elle n'a rien fait, alors il essaie de se calmer. Dans un geste lent, afin de lui laisser le temps de se reculer, la sœur de Sam approche sa main de son épaule. Il la laisse faire et le contact le calme. Certes, elle n'est pas Julia. Personne ne sera jamais Julia, mais sa présence est étrangement réconfortante. Une fois sa main retirée, la blonde prend la parole.

- Je ne pensais pas non plus qu'il irait jusque-là, pour être honnête. Pauline soupire et poursuit. Quand je suis revenue, j'avais deux buts. Le premier était de retrouver mon fils et m'excuser. Le deuxième était de réparer les erreurs que j'ai fait il y a vingt-cinq ans. J'ai menti à Big Jim pour essayer de l'éloigner de moi, mais même lui mentir ça a raté.

- Malheureusement, je ne suis pas étonné de son comportement. Il a fait croire à toute la ville que j'avais tué trois personnes. Il leur a dit que j'avais essayé de le tuer lui et que j'avais tiré sur Julia, Barbie commence à expliquer, tentant de rester neutre. Tirer sur Julia ? Alors que je donnerais tout pour elle ? J'ai sacrifié ma liberté et ma vie pour la sauver, et lui il ose faire croire à ces pauvres gens que j'ai essayé de la tuer ?

Dans les yeux de l'ancien militaire, la femme du conseiller décèle tant de choses. La rage et la haine que lui inspirent son époux et ses actions. L'amour, la tendresse et l'admiration qu'il éprouve pour la rousse. Le besoin de protéger ces adolescents, les gens de cette ville en général. Pauline profite du fait qu'il ait mentionné Julia pour tenter de calmer un peu la rage de Barbie.

- Vous l'aimez vraiment, pas vrai ?

- Julia ? Bien-sûr que je l'aime, s'exclame le trentenaire comme si la question était stupide.

Et… au fond c'est le cas, la question est réellement stupide. Tout le monde sait que la relation entre les deux est sincère et indestructible. Leur histoire n'est pas la plus facile, ni celle dont on pourrait rêver, mais les amoureux surmontent tout ce qui se met au travers de leur amour. L'ancien militaire reprend très vite sa tirade improvisée.

- C'est une femme brillante, qui n'a pas peur de se sacrifier pour ce qui en vaut la peine. Elle est courageuse et loyale, assurant toujours les arrières des gens qui lui sont chers. Elle est forte et indépendante. C'est une bonne leadeuse et elle a toujours des bonnes idées quand il faut. Julia est probablement la personne la plus curieuse et obstinée que j'ai rencontré dans toute ma vie. Elle n'abandonne jamais, et se laisse presque toujours guider par son instinct. C'est une femme qui croit encore en la bonté de l'Homme. Elle voit le positif en chaque individu, même chez les pires d'entre eux.

Barbie s'arrête quelques instants et ses yeux ont désormais perdu toute trace de rage. Il ne reste qu'un amour pur et une grande admiration. Ses yeux brillent. Son regard, son sourire et ses paroles ne laissent aucune place au doute, entre, il est réellement amoureux. Pauline l'écoute attentivement, un large sourire dessiné sur son visage.

- Julia, c'est la personne qui me donne chaque jour envie d'être meilleur, reprend l'ancien militaire. Avant elle, je n'étais pas du tout le même homme. J'ai fait l'armée, puis j'ai enchaîné les petits boulots, alors que tous les autres reprenaient une vie aussi normale que possible. J'ai fait du travail dans le bâtiment, dans la restauration, et puis…

Barbie s'interrompt et soupire. Il ne sait pas si c'est une bonne idée de tout raconter. Après tout, il ne connait pas réellement l'artiste. Pourtant, quelque chose lui crie de faire confiance à cette femme. Il ne sait pas pourquoi, mais le trentenaire a le sentiment profond qu'il peut faire confiance à Pauline, qu'il peut tout lui dire, tout lui raconter. Alors, il soupire une nouvelle fois, et décide de se fier à son instinct. Après tout, s'il y a bien une chose que sa relation avec Julia lui a appris, c'est que l'instinct a souvent raison.

- Un jour, je trainais dans un bar et j'ai fais la rencontre d'une jeune femme. Blonde, sexy, sûre d'elle. A cette époque, je couchais avec beaucoup de femmes différentes. Et celle-ci allait en faire partie. Du moins, je le pensais. Elle s'appelait Maxine, et on a effectivement passé la nuit ensemble. Sauf qu'on s'est revus, plusieurs fois. Barbie prend une profonde inspiration avant de s'enfoncer dans ses confessions. Au bout d'un moment, elle m'a demandé de travailler pour elle, et je suis devenu bookmaker.

Sans jugement, Pauline écoute le discours de son interlocuteur. Elle reste malgré tout en retrait, presque comme une psychologue. Elle ne veut pas le brusquer, alors elle le laisse parler de ce dont il a envie. Il a l'air de lui faire confiance, et cela lui fait plaisir. L'artiste posera des questions plus tard. Pour le moment, c'est à Barbie de se livrer, et la femme de Jim comprend, grâce à son attitude, sa manière de raconter les choses, et le peu qu'elle connait de sa personnalité, que c'est inhabituel pour lui.

- Pour résumer, je devais m'assurer que les joueurs paient ce qu'ils devaient. La plupart du temps, je me contentais de me pointer chez eux pour leur faire un peu peur, mais il y des gens chez qui il fallait plus que ça. Et c'est d'ailleurs à cause de ça que je me suis retrouvé coincé ici.

- Comment ça, ose l'artiste, qui était effacée jusque-là.

Pendant un long moment, le trentenaire hésite. Il sent qu'il peut faire confiance à la blonde, mais à quel point ? En effet, il y a une énorme différence entre parler d'une personne que l'on déteste et d'un crime que l'on a commis. Les seules personnes encore vivantes qui sont au courant de cette histoire sont Julia et Big Jim, et visiblement il n'a rien dit à sa femme. Que va-t-elle penser de lui, après avoir entendu toute l'histoire ? Il n'en sait rien, mais quelque chose le pousse toujours plus à la confidence. Pauline a quelque chose de spécial, quelque chose qui pousse à la confidence. C'est étrange, et Barbie ne comprend pas, mais tant pis, il se lance, priant que cela ne se retourne pas contre lui !

- Quelques heures avant la tombée du dôme, je devais aller voir quelqu'un, commence doucement l'ancien bookmaker après avoir regardé autour de lui, s'assurant que personne ne pouvait entendre ce qui allait suivre. Ce quelqu'un… il s'est avéré que c'était le mari de Julia.

Pauline ne comprend pas ce que vient faire le mari de Julia dans la conversation, surtout qu'elle ne savait même pas qu'elle était mariée. Il y a sans doute une explication, et la blonde est sûre qu'elle l'aura, au moment venu.

- Je ne la connaissais pas. Je ne l'avais même jamais vue en photo. Quand je voyais Peter, son mari, c'était toujours lorsqu'elle travaillait, ou à la Cabane, un endroit dont Julia ignorait l'existence à ce moment. Ce jour-là, il m'avait envoyé un message, signalant qu'il fallait aller à la Cabane parce que Julia était là. Quand je suis arrivé, il était déjà là, à m'attendre. Il n'avait pas l'argent, alors je lui ai laissé un jour. Puis, j'allais partir, mais il en a décidé autrement en sortant une arme. L'homme prend une profonde inspiration. Je l'ai désarmé, sorti mon arme et nous nous sommes battus. Un coup a été accidentellement tiré, sauf que ce tir l'a tué. Je l'ai enterré, puis j'ai essayé de quitter la ville, mais la route m'a été barrée par des vaches. Des vaches, répète Barbie en s'exclamant. En évitant ces foutues vaches, j'ai crevé un pneu, et, comme par hasard, j'en avais pas de rechange, alors j'étais bloqué ici, à Chester's Mill. Puis, le dôme est tombé, et maintenant je suis là.

L'hésitation et la crainte de lui en parler était tout à fait légitime, Pauline s'en rend maintenant compte. Mais cette preuve de confiance la touche beaucoup, bien qu'elle essaie de ne rien montrer. Barbie craint sa réaction, elle peut le sentir malgré son apparence calme.

- Vous ne vouliez pas le tuer d'après ce que j'entends, c'était un tragique accident. Malheureusement cela arrive. Comme le soir où Mélanie est morte la première fois. Parler d'un drame personnel permettra sans doute de montrer la réciprocité de la confiance, se dit la blonde en parlant. Ce soir-là, notre groupe s'était rassemblé. Il y avait Mélanie et moi, ainsi que nos petits-copains respectifs : Sam et Lyle. Nous étions tous ensemble quand nous avons vu une météorite. L'impact s'était fait tout près de la maison dans laquelle vivait Mélanie, alors nous y sommes allés. Une fois sur place, on a posé chacun notre main sur la météorite, et elle s'est ouverte, révélant un œuf.

Comme l'a fait la mère de Junior plus tôt, l'ancien militaire écoute avec la plus grande des attentions le récit de Pauline. Il en connaissait déjà les grandes lignes, Mélanie lui ayant raconté lorsqu'ils étaient au cratère. Cette fois-ci, il entend la soirée du point de vue de la blonde, et peut-être que cela lui permettra d'apprendre quelque chose de nouveau.

- Personne n'a compris ce qu'il se passait. Comment avions-nous réussi à ouvrir une météorite avec un simple contact ? Pourquoi ça s'était ouvert ? Pourquoi il y avait un œuf à l'intérieur ? Nous nous posions des millions de questions. Puis tout s'est accéléré. L'œuf s'est mis à crier, et j'étais tellement affectée par ce cri que je ne pouvais rien faire. C'était comme si c'la venait de l'intérieur de ma tête. Les autres l'entendaient aussi, évidemment, mais j'avais l'impression que ce n'était pas aussi fort. Sam, Lyle et moi nous sommes éloignés de cette météorite, et surtout de cet œuf. Mélanie, elle, s'en est approchée, presque comme si elle y était attirée. Nous lui avons tous crié de ne pas s'approcher, de ne surtout pas toucher l'œuf. Sam, Lyle et moi voulions à tout prix partir loin et essayer d'oublier ce que nous venions de voir. Mais Mélanie a attrapé l'œuf tout doucement. Et il s'est arrêté de crier, mais les garçons ont paniqué. Ils lui ont hurlé encore et encore de lâcher cet objet et de partir.

Pauline s'arrête quelques secondes. D'abord pour laisser au trentenaire le temps de tout enregistrer. Puis, pour souffler, et se préparer mentalement à revivre le drame de cette nuit-là. Mélanie et elle en ont rapidement parlé, quand elles se sont revues après le tremblement de terre, mais là, c'est la première fois que la femme de Jim fait le choix d'en parler à une personne extérieure. Après une profonde inspiration, l'artiste reprend son récit, sous les oreilles attentives de Barbie.

- Moi, je n'ai rien fait… Je regrette, chaque jour qui passe, de n'avoir rien fait. Mais à ce moment-là, j'avais peur, j'étais terrifiée pour être tout à fait honnête. Lors de cet aveu, Pauline baisse les yeux, comme si elle avait honte de ce qu'elle ressentait ce soir-là. Le bruit, même si je ne leur ai jamais dit, je l'entendais toujours. Moins fort, mais je l'entendais toujours, et ça me faisait peur. En plus, les garçons hurlaient, encore. Et encore. Ce qui n'arrangeait pas mon cas. Alors quand ils se sont approchés de Mélanie, je n'ai rien fait, je n'ai pas essayé de les arrêter, rien. J'étais en retrait, une main sur la tête tellement j'avais mal. Sam et Lyle ont remonté Mélanie, tout en essayant de lui faire lâcher l'œuf, en vain. Mélanie le tenait avec une telle force que Sam l'a poussée en essayant de lui arracher l'œuf des mains. Elle est tombée, et sa tête a frappé la météorite ouverte. On ne pouvait rien faire du tout. Enfin… je ne sais pas parce qu'on n'a pas essayé.

Une larme perle sur le visage de la blonde, mais elle l'essuie immédiatement. Parler de la mort de sa meilleure amie fait ressurgir toute la culpabilité et toutes ces émotions qui l'ont empêchée de vivre correctement ces vingt-cinq dernières années. Pourtant, elle veut rester forte, alors elle prend quelques secondes pour respirer et se calmer. Barbie la regarde. Il comprend. Et Pauline retrouve la force dont elle a besoin pour terminer.

- Les garçons se sont mis à se hurler dessus, mais je n'écoutais pas. J'avais entendu la chute de Mélanie, alors j'ai levé la tête, et mon monde s'est effondré. Mon frère venait de tuer ma meilleure amie, sa petite amie. Et nous ne pouvions rien faire. Ils ont paniqué et sont partis chercher de quoi l'enterrer. Moi, je paniquais tellement que je n'ai pas pu bouger, alors je suis restée là, en les attendant. Puis ils l'ont enterrée. Je ne comprenais toujours pas cette soirée, mais je savais que ma vie ne serait plus jamais pareille.

Le récit de sa soirée est terminé, et les deux restent silencieux pendant quelques minutes. Barbie comprend enfin l'entièreté des événements, et les deux ont pu enfin se libérer de leur terrible secret. Aucun jugement, aucune haine, seulement deux personnes à la vie difficile qui se parlent et se réconfortent comme ils peuvent. Pendant ce silence, quelques regards sont échangés. Tous les deux ont besoin de quelques minutes, alors ils restent là, appréciant simplement la compagnie de l'autre. Plusieurs minutes sont passées, et Barbie se lance le premier.

- Je vous remercie de m'avoir fait confiance. Quant à l'accident, je pense que vous n'auriez pas pu faire quoi que ce soit. Vous étiez jeunes, effrayés, et c'était, là aussi, un tragique accident. Comme vous l'avez dit, ça arrive, et on ne peut pas toujours faire quelque chose. Bien-sûr, ça ne change pas le fait que cela soit tragique, mais c'est important pour nous, je pense, de se rappeler que nous ne l'avions pas voulu. Je n'ai pas voulu tuer Peter, Sam n'a pas voulu tuer Mélanie.

- Vous avez raison, vous ne vouliez pas, ni vous, ni Sam. Tout comme je n'ai jamais voulu la laisser dans ce trou, sans que personne d'autre que nous ne sache où elle est.

- Mélanie a eu une chance unique, grâce au dôme, grâce à l'œuf. Peut-être que les choses étaient supposées se passer de cette façon ? Peut-être que nos vies sont tracées, et que, quoi qu'on fasse, nous sommes destinés à vivre certaines choses, vous ne pensez pas, émet Barbie.

- Comme vous et Julia, répond instantanément Pauline.

- Julia et moi, Joe et Norrie, tout ce qu'il s'est passé. Vous aviez prédit pas mal de choses, de ce que j'ai pu voir et entendre.

- Effectivement, et tout a commencé après la mort de Mélanie.

- Vous voyez, c'était supposé se passer comme ça, sans aucun doute, réplique Barbie, le cœur un peu plus léger.

- Sans doute, mais pourquoi, dans ce cas, j'ai dû passer autant d'années avec Big Jim, plaisante la blonde.

Malgré son ton léger, son interlocuteur sait que sa question est sérieuse. Il le sent, alors il pose sa haine quelques instants et il essaie de lui répondre comme il peut.

- Ça, malheureusement, je ne sais pas. Je me demande déjà comment vous avez fait pour sortir avec lui, sans vous offenser, alors rester autant de temps avec ? Je ne sais pas du tout. Et je n'ai aucune idée de pourquoi vous auriez été destinée à rester avec lui, pour être honnête, répond l'ancien militaire sur un ton concordant avec celui de son interlocutrice.

- Peut-être que tout n'était pas écrit, conclut l'artiste avec un sourire.

Après tout, il est probable que toute leur vie n'ait pas été écrite. Certes, il y a des évidences, comme la rencontre Barbie et Julia, Joe et Norrie, le fait que chacun se soit retrouvé coincé ici pour une raison précise. Il n'empêche que rester autant d'années aux côtés de Big Jim n'a pas été la meilleure chose qu'il soit arrivé à Pauline. Elle l'a aimé, à une époque, mais cet amour n'a pas duré aussi longtemps que leur couple. Encore une fois, le silence s'installe entre les deux adultes. Personne n'est sorti du lycée, ou entré d'ailleurs, et la blonde commence à se demander s'ils sont sortis il y a longtemps ou pas. La notion du temps est complètement floue lorsque l'on discute de choses aussi personnelles, comme ils sont en train de le faire.

Malgré tout, aucun d'eux ne semble avoir envie de rentrer. Retourner à la réalité, à tous leurs problèmes, ils n'en ont pas envie. Alors ils restent là encore quelques minutes. Juste un instant supplémentaire pour se couper du monde et oublier que leur vie est chaotique depuis deux semaines, ou plus, Barbie ne sait plus très bien. Au bout d'un moment de tranquillité, de calme, la femme du conseiller finit par se lever.

- Je vais aller rejoindre Julia et Rebecca, elles vont finir par s'inquiéter sinon. Merci de m'avoir écoutée, et surtout, merci de m'avoir fait confiance.

- Merci à vous, ça m'a fait beaucoup de bien de vous parler, et surtout de pouvoir parler d'autre chose que Big Jim. J'étais vraiment énervé. Maintenant ça va mieux, alors merci beaucoup. Je tenais quand même à m'excuser. Vous avez été piégée ici alors que vous étiez dehors à la base. J'espère juste qu'on trouvera une nouvelle sortie.

Barbie se lève, et les deux s'échangent un sourire. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, cette femme qu'il ne connait presque pas a réussi à le calmer. Maintenant, l'ancien militaire a envie de voir sa chérie, afin de la rassurer. Il sait qu'elle s'est inquiétée en voyant ses réactions. Et il veut lui dire que maintenant ça va. Même s'il déteste toujours autant Big Jim Rennie. Les deux se dirigent au même endroit, et Barbie se dit qu'il va finalement aider les femmes.

Le duo rentre dans le lycée, et trouve assez vite Julia et Rebecca, qui ont l'air pas mal occupées. Ils s'approchent et Pauline parle la première.

- Désolée si j'ai été longue. Vous avez toujours besoin d'aide ?

- C'est pas de refus, répond Rebecca, tu veux nous aider aussi Barbie, demande la professeure de science.

- Si vous avez besoin oui, je veux bien, répond ledit avec beaucoup plus de calme que tout à l'heure.

'Parfait' répond Rebecca en leur donnant à tous les deux des couvertures. Julia sourit en voyant son homme plus calme, plus serein. Chacun se rend dans une pièce différente pour s'assurer que tous les habitants vont bien et qu'ils n'ont besoin de rien. Après avoir aidé la ville, s'être assuré que tout le monde avait tout ce qu'il lui fallait, Barbie lance un regard à Julia et s'éloigne, attendant qu'elle le rejoigne.

- Tu voulais me parler, demande-t-elle simplement en arrivant à sa hauteur.

- Oui, commence doucement l'ancien militaire. Je suis désolé pour tout à l'heure, je ne voulais pas t'inquiéter, mais j'étais vraiment énervé.

- J'ai vu ça, rétorque la journaliste. Mais si ça va mieux, je suis contente.

- J'ai parlé un peu avec Pauline, ça m'a fait du bien.

- J'en suis contente, sincèrement, affirme Julia dans un sourire.

Barbie prend Julia par la taille et la ramène à lui avant de poser ses lèvres sur les siennes. Pour le moment, ils vont bien, tous les deux, et il veut en profiter. D'un regard, le trentenaire assure à la journaliste que tout est bon. Plus tard, ils parleront. Barbie en est certain. S'ouvrir à Pauline lui a fait du bien, mais il n'a pas tout dit. Et la seule autre personne à qui l'homme a envie de se confier est la rousse qui partage sa vie.