Chapitre 5 : Gringott's

Si tu l'oses : 1 Glacier

Mélanie eut les yeux qui pétillèrent alors qu'elle voyait de ses yeux cette rue sorcière qu'elle ne connaissait que par ses lectures. Elle regarda tout ! Mais elle resta attentive à suivre Eileen Prince qui avançait rapidement. La jeune fille se dit qu'elle aurait plus d'une fois l'occasion de visiter la rue marchande. Mais elle avait déjà un avant-goût. Elle reconnut beaucoup d'échoppes, comme la ménagerie magique, Fleury et Bott's, la vitrine d'Ollivander, le glacier Florian Fortarôme, ...

Un édifice s'élevait entre les boutiques, dans un style qu'elle connaissait bien puisqu'elle se spécialisait dedans dans son ancienne vie, du classique, avec un fronton à l'antique, comme s'il s'agissait d'un temple. Gringott's, la banque des sorciers. Elle observa quelques secondes le Gobelin qui gardait l'entrée avant de passer les portes de bronze. Elle sourit en reconnaissant la mise en garde sur les portes en argent avant d'entrer dans le grand hall de la banque.

Elle vit deux longs comptoirs derrière lesquels des dizaines de Gobelins travaillaient avec sérieux et acharnement. Il y avait des piles de parchemins et de livrets de comptes. La bibliothécaire se dirigea vers un Gobelin qui n'avait pas encore de client et elle attendit patiemment cinq minutes en silence. Mélanie releva un sourcil à cela mais ne dit rien. Ce n'était pas parce qu'elle connaissait beaucoup de choses sur le monde d'Harry Potter qu'elle savait tout. Au contraire, elle était consciente qu'elle avait beaucoup de lacunes, J. K. Rowling ne pouvait tout simplement pas tout intégrer dans son récit sans le rendre indigeste.

« C'est pour ? » finit par demander le Gobelin, satisfait de l'attente de la sorcière qui montrait ainsi un tant soit peu de respect envers leur espèce.

« J'ai reçu une missive de Maître Gnarlak durant la nuit. Je suis attendue, » répondit la sorcière.

« Suivez-moi, je vais vous conduire jusqu'à son bureau. »

Eileen et Mélanie suivirent le Gobelin dans les dédales de couloirs et de galeries, s'enfonçant peu à peu dans les profondeurs de la banque.

« Puis-je poser une question ? » demanda l'enfant à la bibliothécaire.

« Oui ? »

« Pourquoi avoir attendu aussi longtemps devant le Gobelin ? Pas que cela me dérange, mais il doit bien avoir une raison. »

Eileen sourit à la curiosité de la jeune fille... Ou femme… peu importe.

« C'est une marque de respect, » répondit-elle. « En attendant qu'il ait fini son travail de l'instant, ou en tout cas qu'il ait terminé son raisonnement de pensée par rapport à son travail, il est plus disposé à être ouvert et respectueux envers son client. Si on l'interrompt dans son travail, le Gobelin peut au contraire être très désagréable et on peut finalement ne pas avoir ce que l'on désire. La plupart des sorciers ne savent pas cela et exigent d'être servi dès l'instant où ils arrivent. »

« C'est stupide, ils y perdent en intérêt ! »

« Ils ne le comprennent pas, » soupira Eileen. « Pour beaucoup de sorciers, les Gobelins, comme beaucoup d'autres créatures magiques qui sont capables de penser, sont considérés comme des créatures inférieures et par conséquent, doivent obéir aux sorciers. »

« Pourtant c'est intelligent un Gobelin, parfois même plus qu'un être humain ! »

« C'est vrai qu'il arrive à l'espèce humaine d'être stupide. »

« Einstein disait qu'il était sûr de deux choses : la stupidité humaine et l'infinité de l'univers. Et encore, il n'avait pas la certitude absolue pour ce qui concernait l'univers. »

Un ricanement s'échappa de la gorge du Gobelin devant eux, signe qu'il écoutait la conversation.

« Vous avez une fille fort intelligente, Lady Prince, » commenta-t-il.

« Je ne suis pas sa ... On n'est pas apparentés, » répondit Mélanie en rougissant sous le compliment.

« Techniquement, si, » répliqua Eileen. « Les Prince sont reliés aux Potter mais cela remonte à très longtemps. Je ne sais plus quand. Il y a plusieurs siècles au moins. »

« Pour cette idéologie de la préservation du Sang ? » demanda la jeune fille. « Mais c'est stupide, cela peut mener à la consanguinité et aux malformations, sans parler des cas de stérilité ! »

« Exact, mais les vieilles habitudes et les traditions ont la vie dure. »

Le Gobelin les laissa dans une petite salle d'attente richement décorée, montrant ainsi le côté ostentatoire des Gobelins, sans pour autant être inutile. Il y avait beaucoup de marbre de différentes couleurs. Du blanc, du noir et du vert. Pour le reste, il y avait beaucoup de dorure. Mélanie observait cela avec un petit oeil habitué et juste pour le plaisir, elle se mit à revoir son vocabulaire architectural puisque de tels mots n'étaient même plus passer par son esprit depuis qu'elle avait vécu recluse dans cette petite banlieue moldue entourée d'enfants et de personnes ignares et égoïstes.

« Lady Prince, Miss Potter, » fit une voix rocailleuse derrière elles. « Navré de vous avoir fait attendre. »

La jeune fille se retourna pour fixer le Gobelin tandis que la bibliothécaire répondait.

« Il n'y a pas de souci, Maître Gnarlak. Notre petit arrangement, combien de temps ai-je pour trouver une solution alternative ? »

« Autant de temps que vous estimez avoir besoin, Lady Prince. »

« Quel est l'arrangement ? » demanda Mélanie. « Je n'aime pas particulièrement que l'on parle de moi sans mon avis. »

« Maître Gnarlak s'est proposé pour te garder pendant mes heures de travail. »

« Oh ... »

La jeune fille avisa le Gobelin en face d'elle pendant quelques secondes. Il avait des oreilles pointues, le teint brun-beige, la peau parcheminée, des dents pointues et des yeux luisants d'intelligence et de malice. Mais malgré son apparence peu avenante, elle l'apprécia tout de suite.

« Enchantée, » dit-elle avec un petit sourire.

« Enchanté également, Miss Potter, » répondit le Gobelin avant de se tourner vers la bibliothécaire pour parler de certains détails.

Ensuite, cette dernière sortit les deux livres de sa poche et leur rendit leur taille normale avant de les tendre à l'enfant en lui souhaitant une bonne lecture avant de partir. Portant ses ouvrages à bout de bras, la jeune fille attendit un mot ou un mouvement du Gobelin pour savoir quoi faire ou où aller. Elle le suivit dans un dédale de galeries jusqu'à un somptueux bureau.

« Si jamais vous avez besoin de quelque chose, Miss Potter, veuillez me le faire savoir, je tâcherais de répondre au mieux à vos besoins. »

« Je n'aurais besoin que d'une bouteille d'eau et éventuellement quelque chose à grignoter durant la journée. Et sinon savoir où sont les toilettes, » répondit-elle en posant les ouvrages sur le siège.

C'est qu'ils étaient lourds...

Le Gobelin lui fournit alors de l'eau ainsi qu'une boîte de biscuits et lui indiqua la salle d'eau. Mélanie l'avait remercié poliment et s'était installée en tailleur sur le sol, dans un coin de la pièce non loin du feu et s'était plongée immédiatement dans l'Histoire de Poudlard avec curiosité.

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Gnarlak était penché sur un livre de comptes quand, par acquis de conscience, il leva les yeux et s'assura que tout allait bien pour la jeune fille qu'il gardait. Il la trouva endormie à une distance respectable du feu, le livre ouvert à la page où elle s'était arrêtée un peu plus loin, lui aussi à une bonne distance du feu.

Il avait été étonné de voir une si jeune enfant être aussi calme et surtout si intelligente. Il avait échangé quelques mots avec elle et elle répondait non seulement avec politesse mais aussi avec cette touche de raffiné dans le vocabulaire qu'on ne retrouvait jamais chez les gens avant un certain âge. Une jeune fille bien précoce…

Et elle ne s'était pas plainte une seule fois de s'ennuyer, elle n'avait fait que lire de sa journée ou bien se dégourdir sagement les jambes quand elle avait ce qu'elle appelait des 'fourmis'. Sûrement la sensation de membres qui s'endormaient en restant trop longtemps immobiles. Pas une seule fois elle l'avait dérangé dans son travail. Il aurait presque pu l'oublier tellement elle était sage et silencieuse. Seules les pages qui se tournaient et de temps en temps ses éternuements ou ses bâillement dans la dernière heure avaient montrés qu'il y avait une présence autre que la sienne dans son bureau.

Gnarlak se leva et alla chercher une simple couverture et la déposa sur les épaules de la jeune Harriet Potter. Cette dernière eut une légère réaction dans son sommeil mais ne se réveilla pas. Il observa ensuite si elle manquait pas de quelque chose, tant en eau qu'en biscuits. Il lui restait encore un quart de bouteille et elle ne semblait avoir mangé que quelques biscuits et il en restait encore pas mal. Satisfait, il retourna à son travail tout en jetant de temps en temps un regard bienveillant sur elle.

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Eileen Prince revint le soir après son travail chercher la jeune fille à la banque et elle la retrouva endormie devant le feu. Le spectacle était attendrissant. Elle avait un peu tiqué en voyant les livres à terre mais en les observant de plus près, elle avait vu qu'elle y avait pris grand soin.

« Comment cela s'est passé ? » demanda-t-elle doucement au Gobelin pour ne pas la réveiller tout de suite.

« Très bien, » répondit ce dernier. « C'est une jeune fille bien calme, trop pour son âge. »

« Oui, cela j'ai déjà pu le remarquer lors du court laps de temps que j'ai eu ce matin à lui parler. Et j'ai compris pourquoi. »

« Je m'attendais à devoir m'occuper temporairement d'une enfant bourrée d'énergie et active, » fit Gnarlak. « Me retardant ainsi momentanément dans mon travail, mais si elle est d'un tel calme tout le temps, je pourrais vous proposer de rendre cette garde la journée de façon permanente. Du moins, si cela vous convient ? »

« J'en discuterai avec elle, » répondit la sorcière. « Je n'ai personnellement rien contre cette idée. Je sais qu'elle sera en sécurité ici. »

Elle se dirigea vers l'enfant et ramassa les livres, veillant à mettre un marque page là où la petite semblait s'être arrêtée et les rangea dans sa poche. Puis, elle la réveilla avec douceur en glissant une main douce sur son visage. Elle la vit papillonner quelques instants avant de voir ses yeux se focaliser sur elle.

« Il est temps de rentrer, » fit Eileen avec un sourire.

« Déjà ? »

« Le temps passe vite quand on dort. »

« Pour une fois que je peux dormir sans avoir peur, » répliqua la jeune fille en se frottant les yeux pour en chasser la fatigue.

Elle aida Harriet à se relever et lui posa une cape chaude sur les épaules. Elles souhaitèrent une bonne fin de journée au Gobelin et elles retournèrent dehors sur le Chemin de Traverse. Il y avait encore beaucoup de monde et Mélanie ne s'y sentit pas si à l'aise. Eileen le remarqua.

« Qu'y a-t-il ? »

« Je n'aime pas la foule, » avoua la jeune fille, dans un murmure.

« Tu ne veux pas faire un tour ? »

« Pas s'il y a autant de monde. »

« Très bien. Rentrons. »

Elle lui tendit le bras et la jeune fille le prit en toute confiance pour transplaner et retourner dans la petite maison à la campagne. Eileen l'invita à aller prendre une douche pendant qu'elle préparait le repas. La petite semblait épuisée. Même si elle prétendait être une adulte, elle avait les besoins d'une enfant. Et là, dans la sécurité et la confiance de gens qu'elle connaissait pourtant à peine, elle se laissait aller et récupérait de toutes ces heures de sommeil manquées. Et de ce qu'elle avait vu dans son esprit, elle devait vraiment en avoir besoin.

La jeune fille redescendit, silencieuse, mais clairement épuisée. Elle tenait péniblement réveillée. La sorcière lui servit de la soupe et du pain. Cela serait le plus léger pour son estomac juste avant de se coucher. Si elle peut, elle lui parlerait le lendemain juste avant de l'emmener à nouveau à Gringott's.

Elle veilla quelques instants sur son sommeil avant d'aller elle-même se coucher et récupérer de ces deux longues journées. Au moins, maintenant, elle n'aurait plus à voler jusque Privet Drive pour veiller sur les lieux à sa recherche. Il lui suffirait maintenant de regarder dans la chambre à côté.