RàR :

Adenoide : Ce n'est pas la première fic où je mentionne la survie d'Eileen Prince. J'ai deux OS où elle est présente dans mon recueil d'OS de Noël. La recette secrète de Severus Snape et Action ou Vérité. J'ai écrit ces deux textes un peu près au même moment que le début de cette fic, suite à un atelier d'écriture sur les théories farfelues autour du fandom Harry Potter. Et j'avoue aimer certaines théories que j'ai repris l'une ou l'autre fois. Et Eileen croit Harriet car certaines choses que la petite a dites se trouvent être réelles. Et elle est bien trop développée, intelligente et sage pour être une enfant de six ans. Quant aux Weasley, eh bien … tu le sauras en temps voulu. Je ne vais pas tout dire dès le début non plus, ce ne serait pas drôle.


Chapitre 8 : La Répartition

Si tu l'oses : 938. Mot de passe

Quand le train s'arrêta, tous les élèves sortirent. Harriet put ainsi découvrir pour la première fois la gare de Pré-au-Lard. Elle n'était encore jamais venue aussi près de l'école. C'était son rêve depuis toujours, celui d'une Moldue mordue de sa fiction préférée qui devenait enfin réalité. Elle avait rongé son frein durant toutes ces années pour enfin voir de ses propres yeux le château millénaire. Elle savait déjà d'avance en regardant le ciel étoilé qu'elle ne serait pas déçue du spectacle.

Elle marcha la tête droite vers Hagrid, ou du moins elle pensait que l'homme – pardon le géant – devait être Hagrid. Il avait une voix bourrue et un accent de la campagne qui s'entendait de loin. Tous les premières années le suivirent et Harriet fit la route en barque sur le lac en compagnie de Malfoy, Parkinson et Greengrass. Le blond avait été gentleman avec elles et les avaient aidées à monter et à s'installer.

La vue du château. Inoubliable ! Comme elle le pensait. Aucun nuage à l'horizon pour cacher les rayons de lune, les étoiles brillaient de mille feux, pas de vent trop fort ou trop froid. Toutes les conditions étaient réunies pour immortaliser cet instant. Dans la nuit, le château se dressait sur son roc, les fenêtres éclairées. On pouvait même apercevoir son reflet sur la surface du lac. Elle ne lâcha cette vision que lorsqu'ils arrivèrent dans une petite crique.

Ils commencèrent leur ascension du parc, suivant encore et toujours la lanterne d'Hagrid. Ce dernier les déposa à l'entrée du château où ils furent tous récupérés par une femme vêtue de vert et aux lunettes carrées portant le nom de McGonagall. Elle semblait être quelqu'un de sévère, mais Harriet avait appris depuis très longtemps de ne pas juger quelqu'un sur son apparence.

La vieille sorcière les rassembla tous dans un hall.

« Bienvenue à Poudlard, » dit-elle avec un léger sourire. « Le banquet de début d'année va bientôt commencer mais avant que vous vous joignez aux autres, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Tout au long de votre scolarité, votre maison sera pour vous comme une seconde famille. Chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison. Par contre, toute infraction au règlement lui en fera perdre. A la fin de l'année, la maison qui aura obtenu le plus de points gagnera la Coupe des Quatre Maisons. Veuillez patienter ici encore quelques instants, s'il vous plait. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de la cérémonie pour soigner votre tenue. »

C'était exactement comme dans le livre. Ou presque. Certains détails se faisaient flous avec le temps pour Harriet. Elle ne gardait que les idées principales en tête. Qu'est-ce qu'elle donnerait pour avoir à nouveau ces ouvrages entre les mains …? Songea-t-elle alors que les autres discutaient sur la manière dont ils allaient être répartis dans les différentes maisons.

Le professeur McGonagall revint rapidement les chercher et ils entrèrent dans la Grande Salle de Poudlard. Le plafond était ensorcelé et laissait voir un ciel aussi clair et étoilé qu'à l'extérieur. Harriet sourit à cette vue. Son regard courut sur les quatre tables alignées et sur les élèves qui y étaient attablés, puis sur celle des professeurs. Elle reconnut tout de suite sa mère dont les yeux pétillaient derrière son masque impassible.

Le Choixpeau magique se mit à chanter une chanson mais la jeune Prince n'y fit pas vraiment attention, trop obnubilée par la présence de Severus Snape, son demi-frère de vingt ans son aîné, qui ignorait tout de leur lien de parenté, et du professeur Quirell juste à côté. A la vue de ce dernier, elle avait directement élevé ses barrières qu'elle avait construites autour de son esprit avec l'aide d'Eileen. Elle serra les poings de colère alors qu'elle savait la vérité sur l'identité de cet homme et de son hôte, colère qui s'accentua quand son regard se posa sur le professeur Dumbledore. Elle compta mentalement jusque vingt pour se détendre tout en respirant profondément.

Son oncle et son cousin (dans sa vie précédente) lui manquaient terriblement dans ces moments-là. Ils étaient toujours capables de la décrisper si rapidement avec leur humour et leur répartie. Elle se reprit quand le professeur McGonagall commença l'appel et que, progressivement, les premières années passaient sous le Choixpeau.

« Potter-Prince, Harriet. »

Le silence se fit plus lourd et curieux dans la salle avant que des murmures surpris commencent à l'envahir. La jeune fille pouvait les entendre. Potter-Prince ? Elle retint un sourire alors qu'elle s'avançait. Elle croisa le regard sombre de son frère l'espace de quelques secondes et crut y déceler de la surprise. Elle n'en était pas certaine. L'homme portait toujours un masque froid. Mais si ses yeux étaient aussi expressifs que ceux de sa mère alors ...

Elle s'assit sur le trépied et, rapidement, sa vue fut cachée par le Choixpeau.

« Harriet Potter-Prince. Oh quel étrange phénomène ! » fit la voix de l'artefact dans sa tête. « Voilà qui sera intéressant, Miss Schietekat. »

« Je ne porte plus ce nom depuis bien longtemps, » répondit-elle par la pensée. « Mais pourriez-vous garder cela pour vous ? Je ne veux pas que le directeur s'immisce dans mes affaires. »

« Soit. Alors ... où vais-je te mettre ? »

« Pas à Gryffondor ! »

« Pas à Gryffondor ? Tu es sûre ? » demanda le Choixpeau. « Tu possèdes bon nombre de leurs qualités, je le vois dans ta tête. »

« Si vous parlez de qualités, je suis aussi compatible avec les autres maisons ..., » soupira Harriet.

« Certes. Alors, Serpentard serait te mettre dans une position délicate... Il vaudrait mieux ... SERDAIGLE ! »

La jeune Prince sourit alors qu'elle rejoignait la table bleu et argent. Elle s'installa à côté d'une jeune fille aux longs cheveux noirs d'origine indienne du nom de Padma Patil. Elle lui sourit avant de jeter un oeil à la table des professeurs. Sa mère lui fit un sourire discret mais ce qui valut tout l'or de Gringott's, c'était de voir Dumbledore contrarié pendant l'espace de quelques secondes.

'Si tu pensais que j'allais finir à Gryffondor et devenir ta marionnette, vieux citronné, tu peux toujours courir ! Je t'appréciais déjà pas beaucoup avant mais après les examens de Gringott's, j'ai fini par te détester ! Toi et les Weasley !'

Elle mangea avec appétit tout en faisant connaissance avec ses camarades. Elle apprécia directement Padma Patil et quelque chose lui disait qu'elle apprécierait aussi sa jumelle, Parvati. La jeune fille était intelligente et avait un sens de l'humour assez proche de celui de son oncle. Cela lui manquait. Elle l'adora tout de suite justement pour cela.

Quand les élèves quittèrent la Grande Salle, ils suivirent chacun les préfets de leur maison. Les Serdaigle suivirent Robert Hilliard. C'était un jeune garçon aux cheveux bruns coupés courts, des lunettes carrées et qui semblait subir les frais d'une forte éruption d'acné. Il les conduisit au travers de couloirs et d'escaliers jusqu'à une porte avec un heurtoir en forme de tête d'aigle. La tour de Serdaigle. Le heurtoir était enchanté.

« Laissez-moi vous expliquer comment cela fonctionne ici, » dit le préfet avec un sourire. « Nous n'avons pas de mot de passe pour rentrer dans la salle commune comme pour les autres maisons. Tout ce qu'il vous suffira de faire, c'est de frapper trois petits coups à ce heurtoir et de répondre à l'énigme qui vous sera posée. »

« Et si nous ne connaissons pas la réponse ? » demanda Padma Patil.

« Alors vous patientez jusqu'à ce qu'un autre Serdaigle vienne pour rentrer ou sortir et réponde à l'énigme. Vous aurez ainsi appris quelque chose. »

Le préfet toqua trois fois au heurtoir et la tête d'aigle s'anima.

« Au matin, je marche à quatre pattes, à midi, je marche à deux pattes et le soir, je marche à trois pattes. Nommez-moi ? » demanda le heurtoir enchanté.

« Quelqu'un a une idée ? » fit Robert avec un petit sourire en remontant ses lunettes sur son nez.

Harriet leva la main. C'était l'énigme que la Sphinge avait posée à Oedipe. C'était bateau comme question.

« Oui, Potter ? »

« Vous êtes l'homme. »

L'aigle inclina la tête et la porte s'ouvrit.

Toutes les premières années entrèrent dans la salle commune de Serdaigle qui était décorée dans des nuances de bleu et de bronze. Elle était divisée en trois parties, chacune divisée par une estrade et des rambardes. Le petit hall où l'on pouvait retrouver le tableau d'affichage et les accès menant aux dortoirs des garçons et des filles. Le deuxième espace était les communs où l'on pouvait s'asseoir dans les différents fauteuils et canapés devant les deux cheminées ou à des tables pour discuter et se détendre. Le troisième et dernier espace était la partie la plus studieuse. On y trouvait les tables de travail ainsi que bon nombre de bibliothèques avec des cahiers de notes et des ouvrages que les élèves de Serdaigle avaient laissés avec le temps.

Les fenêtres de la salle commune donnaient une vue imprenable sur le domaine de Poudlard. De là-haut, on pouvait voir le lac, la Forêt Interdite, le terrain de Quidditch et le jardin botanique avec les serres.

« Mes félicitations, Potter, » sourit Robert en fermant la marche. Il fixa ensuite tous les nouveaux avec un sourire chaleureux. « Certains élèves de première année redoutent de répondre aux questions de l'aigle, mais ne vous inquiétez pas : les Serdaigles apprennent vite et bien et, avec le temps, vous prendrez plaisir à résoudre les énigmes que la porte vous posera. Certaines d'entre elles, d'ailleurs, sont particulièrement ardues et il n'est pas rare de trouver une vingtaine d'élèves regroupés devant la porte à réfléchir tous ensemble pour trouver la solution. C'est une très bonne occasion de rencontrer des Serdaigles des autres années et de bénéficier de leur savoir. » Il eut ensuite un petit sourire gêné. « En revanche, c'est plus embêtant quand vous devez aller récupérer quelque chose d'important tel qu'un manuel juste avant le cours ou sa robe de Quidditch juste avant un match. Je vous conseille donc fortement de vérifier trois fois votre sac chaque fois que vous quittez la tour de Serdaigle. »

Il laissa les jeunes Serdaigles assimiler l'information avant de continuer.

« L'autre atout des Serdaigles, c'est que nous sommes des gens très originaux, voire excentriques, aux dires de certains. Mais il est vrai que les personnes ordinaires ont du mal à suivre les génies ! Contrairement aux élèves de certaines maisons dont je tairais le nom, ici, nous estimons avoir le droit de porter ce qui nous plaît, de penser comme bon nous semble et de dire ce que nous pensons. Les gens différents ne nous impressionnent pas. Au contraire, nous savons les apprécier à leur juste valeur. »

Le préfet marchait devant eux, souriant et chaleureux sans jamais cesser de parler, mais tous buvaient ses paroles.

« Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, venez me voir moi, ou Pénélope quand vous la verrez. Elle se présentera à vous demain, elle est allée se reposer à l'infirmerie. Et si jamais un problème vous tracasse vous pouvez toujours aller voir le professeur Flitwick. Sa porte est toujours ouverte et il est très à l'écoute. Pour tout ce qui est des informations importantes, tout sera affiché ici sur le tableau. Tout le monde doit être dans la salle commune pour 21h30 au plus tard. Et je ne peux que vous conseillez de ne pas aller dormir trop tard le soir. Je sais que lorsque l'on fait une recherche, on veut avoir la réponse quitte à en faire une ou plusieurs nuits blanches mais ce n'est pas toujours la meilleure chose à faire. Bien au contraire. »

Il rit quelques instants avant de continuer. Harriet sourit à cette constatation aussi. Elle se souvenait des quelques nuits blanches qu'elle avait elle-même faite pendant ses études dans son ancienne vie.

« Le dortoirs des filles sont à droite et ceux des garçons sont à gauche. Toutes vos affaires ont déjà été montées. Je vous souhaite encore la bienvenue à Serdaigle. »

Harriet monta et découvrit que ce que le préfet appelait dortoirs étaient en réalité des chambres individuelles avec un salon commun ainsi que des douches par année.

'Me voilà de retour en kot,' pensa-t-elle avec nostalgie (NdA : kot = appartement étudiant). 'Dommage qu'il n'y a pas une cuisine pour les petites fringales nocturnes ...'

Sa chambre comportait un lit à baldaquin aux draps bleu azur et aux oreillers couleur de bronze. Il y avait une commode et une garde-robe ainsi qu'une grande bibliothèque dans un coin où elle pourrait ranger ses ouvrages personnels. Elle commença à s'installer quand une élève de Serdaigle vint l'avertir que le professeur Dumbledore souhaitait la voir.

'Oh non, pas déjà !'

Elle descendit les escaliers et demanda au préfet Hilliard le chemin jusqu'au bureau du directeur. Celui-ci la conduisit à travers le dédale de couloirs jusqu'à la gargouille menant au bureau du directeur. Cette dernière s'écarta pour la laisser passer et elle entra très rapidement dans le bureau circulaire de Dumbledore.

Étrangement, elle l'avait imaginé exactement comme ça. Des gadgets étranges un peu partout, donnant l'impression d'un désordre sur les tables. Des tableaux suspendus partout, représentant les directeurs et directrices de Poudlard depuis sa fondation. Le bureau aux pieds en forme de pattes de griffon. Mais ce qui attira immédiatement son regard c'était le familier du directeur. Elle n'avait jamais vu de phénix de sa vie mais il était magnifique. Puis, elle porta son regard sur le directeur de Poudlard.

« Harriet, bonsoir, » dit Dumbledore avec son allure de papy gâteau. « Je voulais te voir pour te demander ce que tu pensais de ton placement. »

La jeune Prince releva un sourcil.

« Je viens à peine d'être répartie, professeur. Je pense m'être fait une amie mais c'est tout. Ce n'est pas en l'espace de ... » Elle regarda sa montre. « ... deux heures qu'on peut se faire une idée. Mais pour ce que j'ai pu en lire dans l'histoire de Poudlard, je pense que Serdaigle me convient très bien. J'adore passer des heures le nez plongé dans les livres et j'aime apprendre. »

« Je vois. Je pense toutefois que tu aurais plus ta place à Gryffondor. C'était la maison de tes parents, tu sais. Généralement, les enfants suivent les traces de leurs parents. »

« Je ne veux pas professeur, » répondit calmement Harriet. « Je suis peut-être la fille de James et Lily Potter et ils étaient certes à Gryffondor, mais je ne les ai jamais connus. Je ne leur ressemble en rien si ce n'est peut-être physiquement. J'ai été élevée par la famille Prince qui m'a sauvée des Dursley et de leurs mauvais traitements. J'ai été répartie à Serdaigle alors que ma mère adoptive est une Serpentard. Je suis navrée mais il est hors de question que j'aille à Gryffondor ! »

« Très bien, » fit Dumbledore, visiblement déçu. « Mais si tu as l'impression durant l'année que tu ne te sens pas à ta place, viens m'en parler. »

« Naturellement, professeur, » répondit-elle avec un léger sourire alors qu'à l'intérieur elle bouillonnait. « Puis-je retourner dans ma salle commune ? Il est tard et je n'ai pas encore fini de déballer mes affaires. »

« Oui, bien sûr, » sourit le vieil homme. « Bonne fin de soirée, Harriet. »

« Au revoir, professeur. »

Le préfet l'attendait dehors pour la raccompagner jusqu'à la salle commune. Elle répondit à la nouvelle énigme. Qu'est-ce qui se lève sans un bruit ?

« Le jour. »

Elle était rapidement retournée dans sa chambre et s'était enfermée. Elle s'assit calmement sur son lit et s'empara de son oreiller pour hurler dedans et ainsi déverser sa rage à l'insu de tous. Dumbledore avait essayé de la reprendre dans ses filets. Il n'avait même pas paru étonné d'apprendre qu'elle avait subi de mauvais traitements de la part des Dursley. Comme s'il le savait... Il n'avait rien demandé sur sa famille d'adoption mais elle s'en fichait royalement. Plus jamais elle ne retournerait dans ses petits papiers ! Elle n'était pas un jouet qu'on pouvait manipuler à sa guise ! Elle était un être humain ! Elle avait des droits !

Une fois qu'elle se sentit mieux, toute sa rage déversée dans ce malheureux oreiller, elle se redressa et déballa rapidement le minimum pour prendre une douche et se préparer pour la nuit. Elle terminerait de s'installer le lendemain soir après les cours. Ce n'est pas comme si les professeurs allaient les surcharger de travail dès le premier jour de cours ...