Chapitre 9 : Le Maître des Potions
Si tu l'oses : 144 Se mettre au travail
Harriet se leva de bonne heure le lundi matin. Elle sauta littéralement du lit, l'excitation clairement visible dans son regard. Elle partit se prendre une bonne douche et se prépara pour son premier jour de cours. Quand elle sortit de la salle de bain, elle remarqua qu'elle avait encore un peu – beaucoup – de temps avant de pouvoir descendre déjeuner avec les autres, elle décida donc de commencer à défaire sa valise. Elle commença par l'essentiel, à savoir son bureau et ses habits.
Elle ne réussit pas à ranger la totalité de ces derniers et terminerait sans doute au soir avec sa bibliothèque qui lui prendrait certainement une grande partie de la soirée. Elle avait beaucoup de livres. Toute sa bibliothèque en fait. Eileen avait agrandi sa malle expressément pour elle quand elle l'avait vue en intense réflexion devant sa bibliothèque à la maison. La jeune fille ne savait pas lesquels choisir et elle avait légèrement sursauté en les voyant tous s'envoler vers sa malle, rentrant tous dedans, et sa mère avec un léger sourire sur le visage. Harriet l'avait remerciée en venant lui faire un câlin.
Avisant l'heure, elle rangea tous ses manuels dans son sac extensible pour ne pas risquer d'être bloquée devant le heurtoir magique juste avant le début de journée. Ce n'est pas parce qu'elle avait pu répondre deux fois de suite qu'elle avait réponse à tout ! Elle prit soin également d'ajouter à son sac plumes, encre et parchemins avant de descendre dans la salle commune. Là, le préfète Pénélope Dauclair se présenta et les conduisit vers la Grande Salle pour le petit-déjeuner.
Là, elle s'installa à coté de Padma qui, malheureusement, n'était pas du matin. Elle la laissa se réveiller à son aise et se prit un solide petit déjeuner. Vers sept heures et demie, le professeur Flitwick vint distribuer leurs emplois du temps. Il ne semblait pas de très bonne humeur. La jeune Prince fronça les sourcils et observa les autres professeurs. Tous semblaient tirer une tête comme s'ils avaient avalé du citron concentré. Alors Severus Snape n'en parlons pas ! Le seul à être satisfait était Dumbledore. Qu'est-ce qu'il avait encore fait, ce vieux gâteux accro au citron ?
Harriet échangea un regard avec la bibliothécaire et releva imperceptiblement un sourcil avant de se plonger dans son emploi du temps.
EMPLOI DU TEMPS SERDAIGLE – PREMIERE ANNEE
LUNDI
8-10h : Potions – avec Gryffondor
10-12h : Métamorphoses – avec Gryffondor
12-13h : temps de midi
13-15h : Botanique – avec Poufsouffle
15-17h : PAUSE
17-18h : Histoire de la Magie – avec Serpentard
18-19h : dîner
MARDI
8-10h : Sortilèges – avec Poufsouffle
10-12h : Potions – avec Serpentard
12-13h : temps de midi
13-15h : Métamorphoses – avec Serpentard
15-17h : Défense Contre les Forces du Mal – avec Gryffondor
17-18h : PAUSE
18-19h : dîner
MERCREDI
8-10h : PAUSE
10-12h : Défense Contre les Forces du Mal – avec Serpentard
12-13h : temps de midi
13-15h : Botanique – avec Gryffondor
15-17h : PAUSE
17-18h : Histoire de la Magie – avec Gryffondor
18-19h : dîner
20-21h : Astronomie – avec Gryffondor
JEUDI
8-10h : Potions – avec Serpentard
10-12h : Métamorphoses – avec Serpentard
12-13h : temps de midi
13-15h : Botanique – avec Poufsouffle
15-17h : Défense Contre les Forces du Mal – avec Gryffondor
17-18h : Histoire de la Magie – avec Gryffondor
18-19h : dîner
VENDREDI
8-10h : Défense Contre les Forces du Mal – avec Gryffondor
10-12h : PAUSE
12-13h : temps de midi
13-15h : Potions – avec Gryffondor
15-17h : Sortilèges – avec Gryffondor
17-18h : PAUSE
18-19h : dîner
Harriet ne savait pas pourquoi mais quelque chose lui disait qu'il y avait bien trop de Gryffondor et de Serpentard dans son horaire. Comme si les Poufsouffle étaient inexistants ... Etait-ce normal ? Elle en doutait. Et comme par hasard, elle serait plus en compagnie des Gryffondors que des Serpentards. Si cela n'était pas une coïncidence ... Elle mettrait sa main à couper que Dumbledore essayait de contrôler sa vie et la pousser vers les rouges-et-ors et favoriser une amitié avec Weasley. Cela n'était pas près d'arriver !
Elle soupira et retourna son emploi du temps, juste derrière il y avait un plan du château pour se diriger vers les différentes classes. Elle regarda sa montre. Il lui restait quinze minutes avant de devoir être devant la classe de son frère et – horreur ! – c'était un cours avec les Gryffondors. En fait, elle avait toute sa matinée avec les lions !
'Et merde ...'
Elle s'empara d'une pomme dans le cas où elle voudrait casser la croûte entre deux cours et se leva pour déjà tenter de trouver son chemin dans l'immense château. Direction les cachots. Mais ils sont où ?
Elle avait toujours eu un bon sens de l'orientation dans sa vie passée, et elle savait qu'elle l'avait toujours après toutes ces années à aller à Gringott's. Elle ne s'était que rarement perdue dans les galeries de la banque et quand c'était le cas, les Gobelins la ramenaient auprès de Gnarlak avec plaisir.
Elle soupira en se dirigeant vers la droite. Normalement, selon le plan, il devait y avoir un couloir puis un autre, une cour, un autre couloir et enfin un escalier devrait apparaître sur sa gauche pour s'enfoncer dans les cachots. Elle s'y dirigea en priant pour qu'elle ne se trompe pas. Heureusement, elle ne devait pas passer par les Grands Escaliers. Ces derniers n'en faisaient qu'à leur tête !
Alors qu'elle était sur le chemin, elle vit passer à côté d'elle son frère ainé. Il avait une démarche rapide. Elle regarda son plan puis l'homme avant d'hausser les épaules et de ranger son plan dans son sac. Pourquoi se casser la tête à suivre le plan quand il suffit de suivre le professeur ? Elle trotta rapidement pour ne pas le perdre et le suivit en silence.
Le Serpentard sembla se rendre compte de sa présence et pinça les lèvres. Toutefois il ne dit rien non plus. Harriet savait déjà plus ou moins ce que l'homme avait en tête. Eileen lui avait confirmé la vie infernale que Severus avait eue à Poudlard auprès de Potter et ses amis et les erreurs qu'il avait faites après la disparition de sa mère. Notamment faire la plus grande idiotie de sa vie en insultant Lily Evans.
Severus devait certainement la détester elle, Harriet, pour tout ce qu'elle représentait. Alors, la jeune Prince ne tenta aucune approche. Cela ne servirait à rien pour le moment. D'un autre côté, elle avait un plan en tête.
Comment savoir qui était vraiment Tom Jedusor ? Comment l'aborder sans se faire grillée et, par conséquent, tuée ? Elle savait juste que le mage noir se cachait dans le turban de Quirrell.
Arrivés devant la classe, elle osa prendre la parole.
« Professeur, puis-je entrer m'installer ou dois-je attendre ici ? » fit-elle, le regard impassible.
L'homme la regarda un instant, le visage tout aussi fermé que le sien, avant d'hocher la tête et de la laisser entrer. La jeune fille s'installa naturellement au premier rang. Elle sortit immédiatement tout son nécessaire à potions et le rangea minutieusement sur sa paillasse, le tout avec une extrême précision comme Eileen lui avait souvent montré.
« Si ton plan de travail est rangé, si tes ingrédients sont prêts et dans le bon ordre, il ne te reste plus qu'à préparer la potion à ton aise sans avoir peur de manquer quelque chose, » disait-elle quand elle lui apprenait l'art des potions.
Puis, satisfaite, elle resta songeuse quelques instants sur son plan, ignorant superbement son professeur qui lui jetait de temps à autre des regards haineux alors qu'il préparait sa classe et, notamment, le tableau avec la potion du jour.
« Si vous n'avez rien à faire, vous pouvez lire le premier chapitre concernant ... »
« La potion contre les furoncles, » termina Harriet avec un léger sourire alors qu'elle plongeait son regard dans les orbes noires du Serpentard. « Je l'ai déjà lu. »
« C'est ce que nous verrons dans ce cas, » fit l'homme en rejoignant son bureau.
Si cela n'était pas une promesse qu'elle allait être questionnée, la jeune fille ne savait pas ce que c'était. Mais en réalité, elle ne s'en tracassait pas, elle était une Serdaigle dans l'âme avec un ascendant Serpentard, elle attendrait le moment propice pour montrer ce qu'elle vaut. Ce n'était comme si elle n'avait pas travaillé le programme de potions des trois premières années avec sa mère ... C'est pourquoi elle faisait fi du ton désagréable que son frère employait à son égard.
Rapidement, les élèves entrèrent dans la classe et s'installèrent. Au moment où une brune de Gryffondor voulut s'asseoir à côté d'Harriet, elle fut bousculée par Ronald Weasley.
« Bonjour, Harriet ! » dit-il joyeusement en s'installant. « Dis, je peux t'appeler Harriet ? »
La jeune Prince regarda le rouquin avec choc et dégoût avant de se lever et faire le tour de sa paillasse pour aider la malheureuse qui se trouvait à terre. Il s'agissait d'Hermione Granger. Elle lui tendit la main avec l'ombre d'un sourire.
« Tu pourrais t'excuser, Weasley ! » siffla-t-elle ensuite.
« Pourquoi ? »
« Tu as bousculé Granger pour te mettre à côté de moi ! »
« Même pas vrai ! »
« Alors elle a décidé d'elle-même de faire un câlin au sol ? » fit Harriet en relevant un sourcil purement Princier.
« Si elle aime faire ça, c'est pas ma faute ! » rétorqua le garçon en croisant les bras sur sa poitrine.
« Silence ! » fit la voix de Severus Snape derrière Harriet.
La jeune Prince lança un regard noir au Gryffondor et, voyant Hermione s'installer à l'autre paillasse au premier rang, seule, elle décida de déplacer rapidement toutes ses affaires d'un sort de lévitation parfaitement maîtrisé sous les yeux ébahis du rouquin. Elle s'installa au côté de la brune, redressa les quelques objets qui n'avaient pas atterris comme elle le souhaitait et fixa ensuite le professeur qui attendait les bras croisés, le regard noir. Si un regard pouvait tuer, elle serait déjà en enfer, mais Weasley aussi et de cela Harriet en était satisfaite.
Ce dernier était rouge de colère de voir qu'il était seul au premier rang alors qu'il voulait être au côté de la Survivante et s'en faire une amie.
'Cours toujours et bois de l'eau claire !' pensa Harriet en jetant un regard noir au rouquin avant de se mettre à l'ignorer.
Le Maître des Potions fit l'appel, s'arrêtant quelques secondes devant le nom d'Harriet, laissant un commentaire désobligeant – Notre nouvelle célébrité – avant de se lever dans un geste théâtral, trop du point de vue de la jeune Prince, et de regarder sa classe avec froideur. Il se mit alors à parler, présentant son cours, d'une voix basse, tel un murmure, pourtant audible partout dans sa classe silencieuse.
« Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l'art rigoureux de la préparation des potions. Je ne m'attends donc pas à ce que vous compreniez grand-chose à la beauté d'un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d'un liquide qui s'insinue dans les veines d'un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon. »
Un silence suivit son discours.
« Mr Weasley, » fit soudain le professeur en faisant claquer sa voix.
« Oui ? »
« Qu'est-ce que j'obtiens que j'ajoute de la racine d'Asphodèle à une infusion d'Armoise ? »
Le roux pâlit alors que ses sourcils disparaissaient dans sa chevelure. Il haussa les épaules en secouant la tête, incapable de donner une réponse. Harriet pendant ce temps avait retenu d'un geste vif le bras de sa voisine.
« Laisse-le se faire humilier, » murmura-t-elle à Hermione.
Cette dernière regarda Weasley quelques secondes avant d'hocher la tête et de garder son bras baissé.
« Vous ne savez pas, » dit Snape. « Essayons encore. Où iriez-vous si je vous demandais de me chercher un bézoard. »
« Je ne sais pas, Monsieur. »
« La différence entre le Napel et le Tue-loup ? »
« Je ne sais pas, Monsieur. »
Le Gryffondor rougissait de colère alors que le professeur l'avait pris pour cible.
« Navrant... Miss Potter ? »
« Professeur ? » fit cette dernière d'une voix neutre.
« Les réponses. »
« L'Asphodèle et l'Armoise sont deux plantes très intéressantes qui, ensemble, entrent dans la composition de la Goutte du Mort-Vivant. C'est un somnifère très puissant. Son antidote est la potion Wiggenweld. J'irais personnellement chercher le bézoard chez un apothicaire mais on peut retrouver cette pierre dans l'estomac d'une chèvre. C'est un antidote à beaucoup de poisons rudimentaires. Quant au Napel et au Tue-Loup, il s'agit de la même plante, connue aussi sous le nom d'Aconite. Elle entre dans la composition de la potion Tue-Loup, découverte par Damoclès Belby. Elle rend les loups-garous inoffensifs. »
Le Maître des Potions regarda la jeune fille pendant quelques secondes avant d'accorder trente points à Serdaigle pour ses réponses complètes.
« Vous n'êtes pas aussi irrécupérable que votre père à ce que je vois, » dit-il ensuite. « Voyons si vous avez hérité du talent de votre mère... Commencez par la potion contre les furoncles, les ingrédients sont au tableau et les instructions page douze de votre manuel. »
Harriet se leva immédiatement pour aller récupérer les ingrédients pour la potion qu'elle connaissait bien et se mit au travail. Elle ne prit pas la peine d'ouvrir son manuel et commença à broyer les crochets de serpent jusqu'à en obtenir une poudre très fine. Elle crut pendant un moment recevoir une remarque désobligeante de la part de son frère mais ce dernier ne dit rien en passant à côté d'elle. Que pourrait-il dire ? Elle faisait tout correctement. Pour ne pas dire parfaitement ...
Environ cinquante minutes plus tard, elle versait le contenu de son chaudron dans quelques flacons. Elle était d'une couleur pourpre comme il le fallait. Les autres étaient encore à l'étape où il fallait laisser le chaudron bouillonner sur le feu. Elle se mit à prendre note du devoir que le Maître des Potions demandait. Quarante centimètres sur la potion qu'ils venaient de brasser, un résumé détaillé des ingrédients nécessaires et leurs effets, ainsi que les effets secondaires dans le cas où la potion serait mal préparée.
Soudain un chaudron explosa au fond de la classe, faisant sursauter tout le monde. Harriet en cassa sa plume sur son parchemin. Elle se retourna pour découvrir Neville Londubat au sol, gémissant alors que chaque parcelle de sa peau qui avait été exposée à la potion commençait à se couvrir de furoncles.
« Miss Potter ! » claqua la voix de Snape alors qu'il s'avançait vers le fond de la classe pour nettoyer le désastre. « Pourquoi ne pas avoir aidé Mr Londubat ? »
« Comment aurais-je pu deviner qu'il faisait une erreur alors que je me trouve devant Londubat, penchée sur ma paillasse ? Je ne suis pas responsable s'il ne sait pas lire correctement le manuel ! La consigne est de retirer le chaudron du feu avant d'y ajouter les épines de porc-épic. Vu le résultat explosif, il a dû oublier ce détail ! Je ne suis pas maître de ses mouvements, Londubat en est le seul responsable ! Maintenant si cela pose un problème, qu'il prenne ceci, » proposa-t-elle en tendant un flacon de sa propre potion. « Cela le soulagera. »
L'homme vérifia le contenu du flacon, la couleur, la texture, les lèvres pincées avant de finalement le donner la potion au Gryffondor, non sans jeter un regard noir à Harriet. Neville Londubat retrouva rapidement une peau claire et indemne. Il remercia la jeune Prince dans un murmure.
A la fin du cours, elle hésita pendant quelques secondes à aller parler au Maître des Potions mais en croisant son regard noir, elle fit volte-face et sortit de la classe. Elle laisserait sa mère s'en charger. L'homme était bien trop haineux envers elle pour qu'une quelconque approche pacifique soit possible. De toute façon, elle devait aller en cours de métamorphose.
