Chapitre 11 : Discussions

Si tu l'oses : 677 rictus

Une chouette des neiges se posa sur le bureau, dans un appartement de Poudlard avant de prendre l'apparence d'Irma Pince. Elle revenait de la Grande Salle. Elle était intriguée par ce que sa fille venait de lui remettre. C'était sa bourse en peau de Moke. Elle en ressortit quelques ouvrages moldus et une lettre d'Harriet.

Maman,

Quand je suis allée dans la Salle-Sur-Demande, je n'ai pas vraiment fait attention à ce que je demandais et mon coeur m'a ramené dans l'ancien appartement de mon père, tel qu'il était quand je vivais encore chez lui. J'y ai retrouvé toutes mes affaires ! Ma bibliothèque, mes vêtements, tout ! J'ai juste repris mes livres.

Voici sept ouvrages qui pourraient grandement t'intéresser. Cela reste une fiction mais au moins tu comprendras mieux mon point de vue sur certaines choses. D'ailleurs, à ce propos, pour expliquer à Hermione comment je savais, je lui ai avoué une partie de la vérité. Elle voudrait les lire aussi. Tu crois que ce serait prudent de la laisser faire ? Je suis assez mitigée sur la question personnellement.

Sinon, je pense que je vais avoir des ennuis avec Severus. Il ne m'a pas crue, hier soir.

Je te souhaite une bonne lecture.

Bisous,

Harriet.

La sorcière brûla la lettre et se tourna vers les ouvrages. Harry Potter et la Chambre des Secrets. Harry Potter et les Reliques de la Mort. Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé. Elle observa les dates de publication qui n'étaient pas encore passées. Ces ouvrages n'apparaîtraient pas sur le marché avant quelques années. Elle les remit dans l'ordre et commença la lecture du premier. Harry Potter à l'école des sorciers.

xXxXxXx

Harriet s'apprêtait à suivre Drago et les autres pour le repas de midi quand elle entendit la voix de son frère juste derrière elle.

« Miss Potter, un instant. »

Elle se mordit la lèvre et fit un léger sourire à son ami Serpentard.

« C'est bon, allez-y sans moi. »

« Tu es sûre ? On peut t'attendre. »

« Non, c'est bon. Allez-y. Je vous rejoindrai plus tard. »

Le blond observa quelques instants le professeur de potions, le regard neutre avant d'hocher la tête et de sortir. Harriet se retourna et fixa son frère, silencieuse. Elle ne parlerait pas la première.

« Pourriez-vous me dire ce que vous faisiez le soir d'Halloween ? »

« J'étais dans une salle du sixième étage à réconforter Hermione parce que Weasley l'avait encore mise dans tous ses états, professeur. »

« Ne. Me. Mentez. Surtout. Pas ! » fit le Maître des Potions de sa voix basse, grave, menaçante. « Je sais très bien que vous étiez au courant pour le troll. Vous jouez très mal la comédie. »

« C'est vrai que face à un maître en la matière, je fais bien pâle figure, monsieur, » rétorqua-t-elle simplement avec un rictus sur les lèvres. « Oui, en effet, j'étais au courant pour le troll. Mais je ne mentais pas pour Hermione. Je la réconfortais bien dans une salle du sixième étage. »

Elle vit l'homme se tendre à sa remarque, le regard dur.

« Et comment saviez-vous pour le troll ? Vous deviez être dans le coup ! Vous êtes tellement comme ... ! »

« Si vous dites que je suis comme James Potter, professeur, » siffla-t-elle, le regard flamboyant, en colère. « Je ne réponds plus de rien ! Je ne suis pas cet homme ! Je ne suis même pas comme Lily Potter ! Je n'ai rien à voir avec ces deux personnes si ce n'est un lien du sang ! Je n'ai pas eu l'occasion de les connaitre ! Je vous interdis de me comparer à eux ! Pas même ma mère ! Je suis une Prince ! »

Elle croisa les bras et se ferma complètement, le port droit et noble, le nez retroussé et les sourcils légèrement froncés, mais pour le reste, elle semblait impassible. On pouvait toutefois sentir qu'elle fulminait.

« Quel est votre lien avec cette famille ? »

« Cela ne vous regarde pas. »

« Oh que si, cela me regarde, jeune fille. »

« Non. Je ne suis pas dans l'obligation de vous obéir. Vous n'êtes pas le Lord régnant. » Elle le vit serrer les poings. « Oui, je sais qui vous êtes, Severus Tobias Snape. Vous êtes le fils d'Eileen. Ma mère m'a parlé de vous. Vous et vos erreurs. Je ne vous ai pas jugé pour autant ! Je vous prierai alors de ne pas me juger sur les bêtises et les erreurs des autres ! » Elle renifla dédaigneusement. « Pour en revenir au troll, oui je savais. Tout comme je sais qu'il n'était qu'une diversion pour quelque chose de bien plus important ! Quelle chance que vous n'êtes pas totalement inutile et que vous avez empêché quelqu'un d'entrer et de passer le chien. »

Le visage de Snape passa de la colère à la surprise avant de retourner à la colère.

« Je ne me laisserais pas insulter de la sorte ! »

« Moi de même, monsieur ! Vous appartenez peut-être à ma famille, vous êtes peut-être mon aîné en plus d'être mon professeur, mais cela ne vous donne pas tous les droits à mon égard. Je n'ai rien fait de mal. Si ce n'est peut-être à l'instant avec cette conversation. Je sais déjà ce que je vais recevoir pour m'être montrée aussi insolente. Vous m'avez cherchée aussi. Maintenant, vous m'excuserez mais je ne peux pas suivre les cours le ventre vide. Un esprit a besoin de carburant pour rester actif et à son plein potentiel. Si vous voulez trouver le coupable, ne cherchez pas parmi les élèves mais bien parmi Ses servants ! »

« Ses servants ? De qui parlez vous? »

« La réponse se trouve sur votre bras gauche, professeur. J'attendrais votre hibou pour savoir si je suis en retenue ou non. Bonne journée. »

Harriet sortit furibonde. Elle marcha quelques mètres avant de s'immobiliser et de respirer profondément et de compter mentalement jusqu'à dix. Une fois calmée, elle se dirigea vers la Grande Salle. Elle s'installa à côté de Drago à la table de Serpentard et commença à se servir, ignorant le regard désapprobateur de Dumbledore et celui haineux de Weasley.

« Qu'est-ce qu'il voulait ? » demanda le blond.

« Rien de bien méchant. Il pense que je suis dans le coup pour le troll parce que je n'étais pas dans la Grande Salle au moment de l'incident. Il pense que je suis aussi sale garce que mon père. »

« Voilà un bien vilain mot dans une bouche d'ordinaire si raffinée. »

« Tu n'as pas la moindre idée de ce qui peut sortir de ma bouche, Drago, » rit la sorcière.

« Et qu'est-ce qu'il a dit ? Il a sûrement du te faire les yeux noirs et son regard de serpent. »

« Oh oui ! Mais je ne me suis pas laissé faire. »

« Comment t'as réussi à lui rabattre son clapet, Miss Impossible ! »

« Eh ! Pas ça ! Je déteste ce surnom ! »

« Pourtant, il te va très bien. »

Harriet soupira.

« Je lui ai juste rappelé que je n'ai pas été élevée par mes parents puisqu'ils sont morts avant même que je puisse garder un souvenir d'eux. Par conséquent, je peux difficilement leur ressembler. Je suis une Prince aussi et avant tout ! »

« Il a certainement du te hurler dessus et te mettre en retenue jusqu'aux vacances d'hiver. »

« Pour les retenues, je ne sais pas. Peut-être. Mais non, il ne m'a pas crié dessus. De toute façon, il n'a pas intérêt ! Je n'ai rien fait de mal à part réconforter Hermione à Halloween. Je n'ai rien à me reprocher. Sauf peut-être avoir été un peu insolente avec lui. Il m'a fait légèrement sortir de mes gonds. »

« Je me demande ce qu'il se passera quand tu sortiras totalement de tes gonds, » fit pensivement le serpentard.

Harriet sourit et se rapprocha de lui, mystérieuse.

« Crois-moi, vaut mieux pas que tu saches. »

Elle rit doucement et termina son repas. Ils allèrent ensuite tous ensemble à leur cours de métamorphoses en parlant du devoir du jour.

xXxXxXx

La jeune Serdaigle discutait avec Padma et Hermione, qui s'était réfugiée chez les aigles, sur le sortilège de lévitation et toutes les choses que l'on pouvait faire avec, même des blagues, quand un corbeau noir vint lui apporter une lettre. Elle ne l'ouvrit pas et porta immédiatement son regard sur la table des professeurs, plus précisément le directeur de la maison Serpentard. Elle releva un sourcil en croisant son regard sombre avant de donner quelques noix au volatile et de lire la lettre.

Miss Potter,

Vos retenues commencent dès ce soir. Je vous attends dans mon bureau à 20 h.

Severus Snape.

Harriet soupira. C'était prévisible. Tellement prévisible. Elle regarda à nouveau le Maître des Potions et fit un hochement vif et sec de la tête. Elle jeta un regard à la bibliothécaire et fit une petite moue coupable. Sa mère retint soupir en levant légèrement les yeux au ciel.

« Pourquoi il te met en retenue ? » demanda Hermione qui avait lu le parchemin par-dessus son épaule, curieuse.

« Parce que j'ai été insolente sans doute, » répondit-elle en haussant les épaules tout en rangeant soigneusement le parchemin dans son sac.

« Toi ? Insolente ? »

« Quand on me cherche, on me trouve, Hermione. Je pensais que tu le savais. »

« Oui mais ... Je n'aurais jamais pensé que tu appliquerais ce credo avec un prof. »

« Je l'applique avec tout le monde. »

« On dit chez les Gryffondors que les retenues de Snape sont les pires. Même Rusard c'est mieux que lui. »

« Crois-moi, Hermione, rien que cet homme pourra me demander de faire ne pourra me surprendre. »

Elle lui jeta un regard lourd de sens. La Gryffondor fronça les sourcils avant de les relever quelques secondes plus tard, les faisant disparaître sous sa franche. Harriet lui fit un petit sourire.

« Bon, sinon, on va en bibli juste après ? Parce que j'ai un rencard avec un prof ce soir ! »

Ses deux amies firent la grimace.

« Ben quoi ? C'est un rendez-vous. »

« Ouais mais c'est le genre de choses qu'on dit quand on est amoureux, » commenta Patil.

« Moi je dis cela tout le temps et avec tout le monde. Et puis, tu es mal placée pour dire ça avec ton sens de l'humour particulier ! »

Elles rirent un moment avant de se lever avec leurs affaires.

« Sinon, tu aimes Snape ? » demanda Patil avec une grimace contenue.

« Snape lui-même ? Non. Et puis, cela irait contre toute convenance. Mais quelqu'un comme Snape, plus jeune, moins froid et moins rancunier. Oui, pourquoi pas. Et vous ? Vous sortiriez avec quel type d'hommes ? »

« On te parlait de Snape et de son cours, » soupirèrent les deux autres.

« Oh ... Ben j'adore les potions, c'est un secret pour personne. »

« Les potions, ça sert à rien, » fit une voix derrière elles.

Les trois filles se retournèrent, le visage fermé.

« Eh bien, Weasley, » répliqua Harriet calmement, un petit sourire suffisant sur les lèvres. « Je suis sûre que la prochaine fois que tu seras malade, tu pourras guérir seul sans les potions du professeur Snape. Je devrais en toucher d'ailleurs deux mots avec l'infirmière..., » termina-t-elle l'air de rien en partant.

Elle rit avec ses amies et partit dans le couloir en leur compagnie, plantant le roux à cet endroit.

« Et sinon, c'est quoi votre genre de mecs ? » répéta Harriet, curieuse. « Vous me l'avez toujours pas dit. »

« Pas Snape en tout cas ! » firent les deux autres.

« Mais je suis pas amoureuse de Snape ! » s'indigna la jeune Prince. « Il est trop vieux ! »

Elle avait dit cela suffisamment haut pour que ça arrive jusqu'aux oreilles des professeurs. Par conséquent, toute la Grande Salle avait entendu. Plus aucun bruit ne se fit entendre. Le choc était complet. Snape lui-même était en train de s'étouffer avec sa cuillère de purée. Sauf que les trois jeunes filles étaient déjà parties sans se rendre compte de l'état général dans lequel elles avaient laissé Poudlard.

« Pour une fois que vous vous faites apprécier par un élève d'une autre maison, Severus, » commenta Minerva avec un sourire.

« Mais je viens de la mettre en retenue, » répliqua le Maître des Potions, perdu.

Il toussa quelque peu pour faire passer sa purée qu'il avait avalée de travers avant de poursuivre.

« Je ne comprends absolument pas cette Potter. »

« Elle est loin d'être comme ses parents, » confirma la directrice des Gryffondors. « Totalement différente. »

Eileen, sous l'apparence de la bibliothécaire, se retenait à grand mal de rire. Sa fille avait réussi une prouesse : surprendre son fils aîné. Cela n'était vraiment pas chose aisée. Le comble, c'était qu'Harriet ne devait probablement pas le savoir, trop absorbée par sa discussion avec ses amies.

Un peu plus loin, Dumbledore voyait cela d'un mauvais œil. Si Harriet Potter appréciait Severus Snape, une grande partie de ses plans tombait à l'eau. Déjà qu'elle refusait d'être amie avec Ron et ne semblait pas vouloir s'intéresser à ce qu'il y avait au troisième étage.

En arrivant au cachot ce soir-là, la Serdaigle sentit comme un malaise alors qu'elle nettoyait ses chaudrons. Elle sentait les regards lourds de son frère sur sa nuque par intermittence. Elle frottait fort et avec énergie le métal sous l'eau chaude, s'occupant des chaudrons les plus propres en attendant que les plus dégueulasses trempent un peu. Toutefois aucun mot ne fut échangé durant la retenue. Elle se demandait bien pourquoi... Son frère avait été plutôt bavard et curieux lors de leur dernier tête à tête.

Elle comprit pourquoi en retournant dans la salle commune. Padma la prit dans un coin et lui rapporta les derniers ragots. Apparemment toute la Grande Salle avait entendu leur conversation sur son style de mec. Pas étonnant que le silence était lourd dans les cachots !