Chapitre 12 : Réveillon de Noël

Si tu l'oses : 195 pois chiche

Défi Pour tous les goûts : prompt 1G - Décision

Harriet, Hermione et Padma passèrent énormément de temps ensemble après cela mais les deux premières gardèrent leur discussion dans la Salle-Sur-Demande secrète à la dernière. C'était bien trop important. Eileen avait accepté qu'Hermione lise les livres à la condition qu'elle fasse un serment de sorcier de n'en parler à personne sauf si elles en décidaient autrement.

La jeune Prince devait être prudente. Souvent, le professeur Snape essayait d'entrer dans son esprit quand elle était concentrée sur autre chose afin d'avoir des informations. A d'autres moments, il lui demandait de rester et l'interrogeait. Elle devait faire attention afin de garder certains éléments secrets. D'un autre côté, son frère, avec son comportement, lui était totalement antipathique. Ce n'était pas en étant traitée comme une vulgaire gamine, en voyou, qu'elle allait cracher le morceau. Tout ce que Snape avait pu faire pour la mettre à l'épreuve, si on pouvait appeler cela une épreuve, c'était de la mettre en retenue pour son insolence car elle avait pour le reste un comportement exemplaire.

Et il ne pouvait pas lui retirer des points en cours non plus, elle avait toujours les réponses justes et ses potions valaient au pire un Effort Exceptionnel. Et encore, c'était rare que des simples potions soient en dessous de son Optimal.

Le reste du temps, quand ils se croisaient, ils se fusillaient du regard sans même échanger un mot. Harriet avait pris la décision d'attendre qu'Eileen révèle d'abord la vérité à ce cornichon avant de faire le moindre effort. Tant qu'elle restait dans les limites de la civilité en tant qu'élève, cela lui convenait très bien. Elle avait de toute façon des plans pour lui mais ce ne serait pas avant plusieurs années ... Elle avait le temps de voir venir.

Autre problème à l'horizon : Ronald Weasley. Il essayait continuellement de l'emmener au troisième étage. Cela en était désespérant. Mais elle devait avouer qu'il commençait à utiliser le pois chiche qui lui servait de cerveau, il cherchait toujours à le faire mais par des moyens détournés. Elle avait compris la première fois qu'il avait essayé et lui avait fait faux bond au dernier moment. Elle savait parfaitement que son frère la surveillait étroitement et elle ne voulait pas se faire prendre même si en soi, elle n'y serait pour rien.

Le jour de départ des vacances, la Serdaigle accompagna ses amis jusqu'à l'entrée de Poudlard pour leur souhaiter un bon voyage de retour et de bonnes fêtes. Hélas pour elle, Eileen ne pouvait pas quitter son poste à la bibliothèque malgré les vacances. Par conséquent, Harriet ne pouvait pas rentrer. Il fallait que quelqu'un la 'surveille'. Elle serait donc la seule Serdaigle de première année à Poudlard. Parmi ses plus proches amis, aucun n'était resté. Drago, Padma, Hermione, ils étaient tous repartis pour les fêtes.

Ce qu'elle trouvait toutefois étrange, c'est qu'il y avait un peu plus d'une semaine, Ron Weasley disait qu'il rentrerait chez lui pour les fêtes mais elle avait appris le matin même par les jumeaux que finalement aucun d'eux ne rentrait... Leurs parents partaient en Roumanie rendre visite à Charlie Weasley. Ainsi donc, Harriet devrait supporter Weasley ... Oh joie !

Elle s'installa tranquillement à la table des Serdaigles pour le repas de midi avec un bon livre pour se détendre. Elle allait relire l'entièreté de la saga Narnia ! Cela faisait longtemps ! Elle fit léviter son précieux livre de retour grâce à la Salle-Sur-Demande – si elle avait su, elle aurait été le racheter plus tôt, l'histoire datait des années 50' – et commença sa plaisante lecture tout en mangeant.

« Harriet, » fit la voix de Weasley.

Elle retint un soupir en lâchant son livre des yeux pour voir le Gryffondor avec une tache de sauce brune sur le coin de sa bouche. Elle avait renoncé à lui rappeler qu'il l'appelle par son nom de famille. Ce gosse n'en faisait qu'à sa tête.

« Tu veux quoi, Weasley ? » demanda-t-elle froidement.

« Tu veux jouer aux échecs ? »

« Je lis. »

« Tu fais quand même pas tes devoirs ?! » s'exclama-t-il, horrifié.

Elle releva un sourcil.

« Pour ta gouverne, Weasley, j'ai déjà fini le devoir de potions, de métamorphoses et de botanique. J'ai une bonne ébauche pour DCFM et j'ai déjà les ouvrages nécessaires pour astronomie. Là, je lis pour me détendre ! »

« Depuis quand les livres, ça détend ? »

« Depuis que les romans et les nouvelles existent, triple andouille, » soupira la jeune fille en levant les yeux au ciel. « Cela fait des siècles que ce genre de choses existe ! »

« Cela doit être d'un ennui ... »

« Quand on n'a pas d'imagination comme toi, certes, mais moi, j'ai la tête comme un véritable ouragan. Des images, j'en ai partout et sur tout ! Et là, en ce moment, je serais ravie de pouvoir retourner aux aventures de Digory et Polly et les voir réveiller Jadis si cela ne te dérange pas. »

Elle reporta son regard sur son roman et ne porta plus aucune attention au rouquin. Ce dernier partit en disant haut et fort qu'il ne comprenait pas les filles et leur amour des bouquins. Mais quel macho, franchement ! Comme s'il n'y avait que les femmes pour lire des ouvrages intéressants ?! Tout le monde pouvait lire et aimer cette activité indépendamment de leur sexe ! Et puis, le genre d'un être humain c'est quoi ? Un homme pouvait très bien se sentir femme et inversement, une femme se sentir homme ! Weasley était vraiment un abruti !

Quand elle eut fini son repas, une heure plus tard, le Gryffondor revint à la charge.

« Non, Weasley, je ne veux pas venir jouer avec toi, » dit-elle dans un soupir mais suffisamment haut pour que même les professeurs puissent l'entendre. « Je ne veux pas venir voir un truc intéressant, je ne veux pas passer du temps avec toi tout simplement. Tout ce que je veux, là maintenant, c'est lire mon livre ! Alors fous-moi la paix et va te trouver un autre camarade pour aller jouer ! »

Elle fit demi-tour et quitta la Grande Salle pour la bibliothèque. Là, elle y serait tranquille. Le rouquin n'y venait pour ainsi dire jamais. Ou alors quand il était désespéré. Dans ces cas-là, il harcelait sa mère pour savoir quel bouquin contiendrait les réponses pour ses devoirs. Hermione lui avait raconté plusieurs fois qu'il essayait de lui prendre ses devoirs pour les copier alors elle rangeait soigneusement dans son dortoir où les garçons ne pouvaient pas entrer.

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Harriet descendit les escaliers rapidement le soir du réveillon de Noël. Elle arriva pour une fois bonne dernière ... et légèrement en retard.

« Oh ... Harriet, ma chère, » fit Dumbledore. « Nous commencions à nous inquiéter. »

« Pardonnez mon retard, j'étais tellement absorbée par ma lecture que je n'ai pas vu l'heure passer. »

Elle observa la table où élèves et professeurs étaient rassemblés et ne vit plus qu'une seule place de libre ... à côté de son frère et en face de sa mère. Malheureusement, c'était aussi à coté de Ronald Weasley. Elle s'installa calmement et commença à se servir de la fameuse dinde de Noël et du jus de citrouille.

« Et que lisez-vous d'intéressant, Harriet ? » demanda le directeur.

« Actuellement, je suis au troisième tome des Chroniques de Narnia de C. S. Lewis. »

« Cela m'a l'air intéressant. Qu'est-ce que cela raconte ? »

« Narnia est un pays enchanté où vivent toute une série de créatures qui ont le don de la parole et cela raconte leurs aventures. Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique. L'Odyssée du passeur d'aurore. Le cheval et son écuyer. Il y a de la magie, de la chevalerie et un esprit de famille aussi avec les frères et soeurs Pevensie. Ce sont de simples enfants de Londres qui passent à travers un portail pour arriver à Narnia et ils ont une quête à faire pour vaincre la sorcière et devenir rois et reines de Cair Paravel avant de revenir des années plus tard à Londres dans leurs corps d'enfants. Le temps passe différemment là-bas. En un claquement de doigt ici, cinquante ans ou même plusieurs siècles peuvent s'écouler. Cela dépend si Narnia a besoin de ses rois et reines d'antan ou pas. »

« Irma, avez-vous ces chroniques dans votre bibliothèque ? » demanda alors Dumbledore très intéressé.

« Non, je suis navrée, Albus, » répondit cette dernière en croisant les yeux de sa fille. « Cela ne me dit rien. »

« C'est une saga moldue. C'est peut-être pour cela ... Je vous fournirai les références plus tard, professeur, si vous le souhaitez. »

Le directeur la remercia et le repas continua calmement. Harriet discutait de sujets diverses poliment avec la bibliothécaire et la Serdaigle de cinquième année, installée à la gauche de cette dernière.

Soudain, elle entendit son voisin de droite, Weasley, parler avec son frère d'un potentiel amour avec Snape, du moins en ce qui la concernait. Elle manqua de s'étouffer avec sa bouchée. Merlin ! Cela la poursuivrait toute sa vie ! Elle reposa ses couverts et s'empara de sa serviette alors qu'elle toussait soit pour recracher ou pour faire passer ce qui était entré littéralement dans le mauvais trou. Elle en devint rouge. Quand elle fut de nouveau capable de respirer, elle se tourna vers le rouquin, son regard vert sombre flamboyant.

« Weasley, » dit-elle, glaciale, afin de capter son attention. « Si tu ne veux pas connaître le rapport entre ta tête et ton assiette, je te suggère de bien vouloir changer de sujet ! J'ai déjà été claire ! Je n'aime pas le professeur Snape ! »

« Ce n'est pas ce qui se dit dans les couloirs ... »

« Je me rappelle pourtant parfaitement avoir dit que je n'étais pas amoureuse de cet homme parce que, je cite, il est trop vieux ! Par la barbe de Merlin, il a trente-et-un ans ! J'en ai onze ! Réfléchis avant de dire des âneries et de les répéter à qui veut les entendre ! Trouver un jour quelqu'un qui a son intelligence pourquoi pas. Mais le professeur Snape lui-même, sûrement pas ! J'espère avoir été claire une fois pour toute ! »

Elle s'empara de sa fourchette avec colère et pourtant beaucoup d'élégance et piqua dans sa dinde pour s'en couper un morceau.

« C'est dans des moments pareils que j'ai envie de jouer à Minecraft et de chasser du zombard, » maugréa-t-elle pour elle-même.

« Mr Weasley, » ajouta le Maître des Potions de sa voix doucereuse et pourtant si glaciale. « Si je vous entends encore une seule fois dire une chose pareille, je vous promets trois mois de retenues dans mon bureau. »

Le Gryffondor pâlit à l'idée et garda le silence pendant une bonne vingtaine de minutes. Quel soulagement pour Harriet, elle remercia son frère d'un hochement de tête avant de continuer à discuter avec sa mère et la Serdaigle.

Vers la fin du repas, le professeur Dumbledore sortit quelques pétards festifs et en donna un au professeur Snape. Ce dernier l'alluma avec un soupir résigné. Toutefois, en croisant le regard de la bibliothécaire, la jeune Prince sut que ce n'était qu'un masque. Severus aimait au contraire faire cela et chaque année, il repartait dans son bureau avec l'un ou l'autre objet provenant de ces pétards justement.

Harriet récupéra une bonne série de chocogrenouilles ainsi qu'une écharpe bien chaude de couleur verte, de quoi souligner ses yeux. Juste parfait. Même si Weasley jugeait la couleur trop serpentarde. La belle affaire ... Elle était une serpentarde dans l'âme aussi. Tant mieux ! Elle posa ensuite son regard sur une boule à neige étrange. De toute évidence magique. A l'intérieur, on pouvait voir le château de Poudlard, ainsi que son blason et sa devise sur le socle. Elle la prit dans ses mains sans remarquer le regard noir de son frère et la secoua. Sous la neige, elle put voir une magnifique chouette blanche voler autour du minuscule édifice, une chouette qu'elle reconnut tout de suite. Une harfang des neiges ... Elle leva ensuite son regard vers sa mère et lui posa une question silencieuse. Cette dernière jeta un regard à son fils sans perdre son masque neutre. Harriet le regarda à son tour. Severus ne la lâchait pas des yeux, les lèvres pincées. Elle s'excusa discrètement pour ne pas attirer l'attention et rendit la boule au Maître des Potions qui la rangea immédiatement dans ses robes noires.

Elle remonta le soir-même, après avoir glissé un joyeux Noël à sa mère en sortant et remonta dans sa chambre pour continuer à lire. Elle voulait au moins terminer le troisième tome Chronique de Narnia avant de se coucher.