Chapitre 13 : Cadeaux et Provocation

Si tu l'oses : 651 hier

Défi Pour tous les goûts : prompt 1E - cadeaux

Le matin de Noël, Harriet se leva vers dix heures de très bonne humeur. Comme chaque matin de Noël. Son humeur s'intensifia et un sourire fleurit sur ses lèvres en voyant les cadeaux au pied de son lit. Elle s'y précipita. Elle y trouva sans surprise des cadeaux de ses amis et de sa mère : Hermione lui avait offert un livre sur la mythologie amérindienne – culture dont elle connaissait si peu et dont elle manquait cruellement d'ouvrages –, Padma lui avait envoyé des chocogrenouilles, tout comme Neville, Drago un livre sur les sortilèges et enchantements pour bien paraître en société – que sa mère le lui avait conseillé – et un paquet non signé mais très léger.

Cela la fit tiquer. Elle était prête à mettre sa main à couper qu'elle savait ce que c'était. Mais c'était impossible ... Tous les biens Potter avaient été ramenés à la voûte Potter et cette dernière avait été refermée par Eileen quand elle l'avait adoptée. Ne pouvant rester dans le doute indéfiniment, la jeune Snape ouvrit le paquet et vit se déverser sur le sol à ses pieds un tissu aux reflets argentés qui donnait l'impression d'être de l'eau entre ses doigts. La cape d'invisibilité des Potter. Bien entendu, elle était accompagnée d'un mot non signé à l'écriture fine et penchée.

Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage.

Joyeux Noël.

Si ça, ce n'était pas une invitation à enfreindre le règlement, elle ne savait pas ce que c'était. Elle devrait en discuter rapidement avec sa mère. Si ce vieux fou de Dumbledore, car ce mot venait incontestablement de lui, avait pu garder sa cape d'invisibilité durant toutes ces années, qu'est-ce qu'il avait pu garder d'autres ?

Elle prit ses affaires pour prendre une bonne douche bien chaude et s'empara d'une plume et d'un morceau de parchemin.

Rejoins-moi dans la salle où j'ai emmené Hermione à Halloween.

Bisous.

H.

Elle le rangea dans sa poche et descendit prendre son petit-déjeuner dans la Grande-Salle. Comme prévu, sa mère vint lui rendre visite sous sa forme animagus et lui déposa un petit mot lui souhaitant un joyeux Noël. Elle lui flatta les plumes en souriant et lui remis son morceau de parchemin ainsi qu'un morceau de lard. La chouette hulula doucement et s'envola. Elle mangea tranquillement son petit-déjeuner en lisant le Prince Caspian, remballant une fois encore Ronald Weasley qui voulait de nouveau jouer aux échecs. Elle allait finir par lui foutre une claque en pleine figure pour lui faire comprendre qu'elle le laisse tranquille ! Cela devenait presque du harcèlement !

Elle se leva et se dirigea ensuite au sixième étage et passa trois fois devant le mur en demandant un endroit confortable pour discuter. Elle sentit une caresse sur son épaule en entrant dans la pièce. Elle sourit. Elle referma la porte derrière elle et se retourna pour voir Irma Pince, ou comme elle la connaissait depuis longtemps, Eileen Prince.

« Bonjour, Maman. Joyeux Noël. »

« Bonjour, Harriet. Joyeux Noël à toi aussi. »

La bibliothécaire observa l'endroit de son oeil noir. La jeune Prince avait inconsciemment redemandé son appartement familial de sa vie antérieure. Elle y était très à l'aise. Eileen s'approcha de la cheminée et vit les photos de famille.

« Est-ce que c'est ... ? »

« Ma famille, oui. Mon père et ma soeur. »

« Et pas ta mère ? »

« Mes parents étaient déjà séparés quand mon père a emménagé ici. »

La plus âgée s'installa dans le fauteuil brun en cuir et agita sa baguette pour invoquer un service à thé.

« De quoi veux-tu me parler ? » demanda Eileen en leur servant deux tasses fumantes.

« Je crois qu'il faudrait demander à Gnarlak de vérifier toutes mes possessions en tant que Potter mais aussi éventuellement mes autres héritages familiaux. »

Sa mère releva un sourcil. Pour toute explication, Harriet sortit de sa sacoche sa cape d'invisibilité et le mot qu'elle avait présumé de Dumbledore. Elle en reçut d'ailleurs confirmation.

« Est-ce que c'est possible que les artefacts plus anciens que la famille Potter ne soient pas retournés dans les voûtes ? » demanda-t-elle ensuite.

Eileen réfléchit un instant.

« Tu penses à quelle famille ? »

« Les Peverell. Les Potter sont les descendants du troisième frère. »

« C'est ... possible. Je vais me renseigner. »

« Tu es d'accord que c'est clairement une invitation à faire une bêtise ? »

« Oui mais dans quel but ? » fit pensivement la plus âgée. « Il n'oserait quand même pas te suggérer de t'occuper de protéger la pierre philosophale quand même ? »

« C'est possible. Enfin ... Harry Potter fonce clairement tête baissée sous la trappe dans le livre alors ... »

Eileen soupira en se grattant légèrement la tempe.

« Je vais y réfléchir, » dit-elle finalement. « Soyons prudentes, surtout toi. »

« D'accord. Sinon, c'était quoi, ce regard assassin que Severus m'a fait, hier soir ? »

Sa mère pouffa et reposa sa tasse avant de la renverser.

« Oui, j'ai du faire appel à tout mon self contrôle pour ne pas perdre mon masque de froideur, » rit-elle. « En fait, Severus est chionosphérophile ... »

« A tes souhaits. »

« Il fait la collection des boules à neige. Sorcières et moldues. »

« Oh. J'ai appris un mot. »

« ... et chaque année, il récupère une boule des pétards de Dumbledore. Il a eu peur que tu la casses sans doute. »

« Moi, casser quelque chose ? Je veux bien que mon surnom a été pendant très longtemps Miss Eléphant, mais quand même ! Je suis devenue bien plus délicate en devenant Harriet Potter. »

La jeune fille but une gorgée de thé pour cacher sa tête boudeuse et vexée.

« Tu comptes le lui dire, je me trompe ? » demanda-t-elle au bout d'un moment, regarda sa mère par-dessus le rebord de sa tasse.

« Oui. Ce serait beaucoup plus simple si on le mettait dans la confidence, surtout maintenant avec Dumbledore qui t'envoie cette cape qu'il ne devrait même pas avoir. Mais je ne sais pas du tout comment il va prendre la chose. Et il est un protecteur de ... »

« ... la pierre, oui, je sais. Mais c'est un sale petit cornichon rancunier de trente-et-un ans ! »

« S'il n'était pas aussi aveuglé par sa haine de James Potter, vous vous entendriez à merveille, » soupira la mère.

« C'est lui qui a commencé. Je te l'avais dit avant même que je ne rentre à Poudlard. »

« Oui. Affligeant de rabattre sa haine sur une petite fille de onze ans. C'est même ... lâche. »

« Heureusement pour lui, je ne suis pas une simple fillette de onze ans. C'est moins humiliant ... »

La jeune Prince se mit à réfléchir.

« Tu voudrais le lui dire quand ? » demanda-t-elle.

« Le plus tôt serait le mieux. »

« J'ai peut-être le moyen d'attirer son attention. » Eileen releva un sourcil. « Cela fait un moment qu'il me surveille pour me punir dès que j'aurais le malheur de faire une bêtise ou une infraction au règlement. »

« Et tu voudrais faire quoi ? »

Harriet fit un petit sourire en coin alors que ses yeux étincelaient de malice.

« Le provoquer, bien sûr. »

« Voilà qui sera ... explosif, » commenta la mère dans un soupir. « Enfin ... Il explosera de colère de toute façon. »

xXxXxXx

Harriet réfléchissait au meilleur plan pour provoquer son frère aîné tout en ayant le temps de rejoindre la Salle-Sur-Demande où Eileen les attendrait. Mais le souci était que l'homme était un sorcier accompli et un espion en plus d'être un adulte ayant vécu comme un mangemort. Ce ne serait pas facile. Vraiment pas facile.

Elle réfléchit sur ce problème deux jours durant sans trouver de solution jusqu'à croiser par hasard, lors de ses errances, Peeves, l'esprit frappeur de l'école.

« Peeves, tu pourrais m'aider, s'il te plait ? » demanda-t-elle avec un sourire.

« Ca dépend, Lady Potty. Tu as besoin de quoi ? »

« Que Snape soit suffisamment fâché contre moi pour me poursuivre à travers tout le château. »

« Pourquoi ? »

« Ca, c'est mon affaire. Tu peux m'arranger ça ? Et me prévenir à l'avance de quand tu le fais ? »

L'esprit frappeur fit un sourire qui pouvait faire peur. Harriet en eut des frissons dans le dos alors qu'elle partait. Avait-elle fait le bon choix ? De toute façon, il était trop tard pour reculer. La machine était en marche. Elle ferait bien de prévenir sa mère. Au cas où ...

xXxXxXx

A la veille de la nouvelle année, la jeune Serdaigle traversait le château pour rendre des livres à la bibliothèque. Elle fut surprise quand Peeves arriva en catastrophe vers elle avec un sac en main. Il le lâcha juste au-dessus d'elle. Ce n'était pas très lourd mais elle en resta figée quelques secondes ... jusqu'à ce qu'elle voie Snape de l'autre côté de la cage d'escalier.

« Je t'avais demandé me prévenir ! » s'exclama-t-elle à l'esprit frappeur alors qu'elle partait en direction de la Salle-Sur-Demande.

« Où serait le plaisir ? » demanda Peeves en ricanant.

« Miss Potter ! » hurla Snape, fou de rage.

Mieux ne valait pas savoir ce qu'il y avait dans le sac. La jeune Prince le jeta sur son épaule et détala à toute vitesse. Heureusement, elle n'était pas loin de la salle. Elle aurait le temps de l'ouvrir. Elle serra son médaillon ensorcelé avec sa main libre afin de prévenir sa mère que son plan marchait mais pas tout à fait comme prévu et qu'elle avait besoin d'elle ... MAINTENANT !

Elle entendait le Maître des Potions lui ordonner de s'arrêter car elle ne pourrait pas lui échapper, il l'attraperait à un moment où à un autre.

'Sans blague, Sev'. C'est le but !'

Elle arriva devant la Salle-Sur-Demande avec une bonne avance et passa trois fois devant le mur en demandant son appartement, le seul moyen pour que sa mère puisse rentrer elle aussi juste après. Elle entra à l'intérieur et posa le sac dans le canapé du salon. Ne voyant pas l'homme rentrer à sa suite, elle ressortit. Il n'était pas très loin mais il n'était pas visible. Sur le coup, elle décida d'attirer son attention et elle riait déjà même si elle allait en prendre pour son grade très rapidement.

« Eh ! Oh ! Vieux cornichon ! Par ici ! »

Elle le vit apparaître au bout du couloir, légèrement essoufflé mais surtout encore plus en colère. Il était dans une rage noire et elle sentait sa magie de là où elle se tenait. C'était étouffant. Le Maître des Potions arriva de son pas rapide, ses robes virevoltant autour de lui comme des ailes de chauve-souris. Harriet rentra rapidement à l'intérieur et s'installa dans le canapé, très légèrement mal à l'aise, et attendit que l'homme rentre et qu'il abatte sur elle sa colère.

Severus Snape entra et fondit rapidement sur la jeune Prince, lui empoigna le col. Elle fit ce qu'elle put pour maintenir son masque de neutralité mais dans le fond, elle avait peur. Son frère était effrayant. Elle en tremblait presque.

« Où sont-elles ? » siffla-t-il, glacial.

« Qu'est-ce que Peeves vous a pris ? » demanda-t-elle à son tour en regardant le sac du coin de l'oeil.

L'homme prit le sac et l'ouvrit rapidement pour inspecter l'état de ses affaires. Il retint un soupir de soulagement avant de foudroyer la Serdaigle du regard.

« Je vous colle en retenue jusqu'à la fin de l'année. »

« Tu ne feras rien du tout ! » s'exclama la bibliothécaire en fermant la porte. « C'est moi qui lui ai demandé d'attirer ton attention ! »

« Irma ? »

Sa voix était étonnée mais toujours aussi froide.

« Qu'est-ce que tout cela veut dire ? »

« Je vais faire du thé, » dit alors Harriet pour s'éloigner de l'homme. « Pendant ce temps-là, explique-lui. »

« M'expliquer quoi ? »

Irma sortit sa baguette et retira le glamour qui cachait son véritable visage.

« Ma ... Ma ... MAMAN ?! »

Severus Snape s'assit dans le canapé, choqué, alors qu'il regardait sa mère dans les yeux.