Chapitre 14 : Severus apprend la Vérité

Si tu l'oses : 158 Personnel

Irma sortit sa baguette et retira le glamour qui cachait son véritable visage.

« Ma ... Ma ... MAMAN ?! »

Severus Snape s'assit dans le canapé, choqué, alors qu'il regardait sa mère dans les yeux.

« Oui, Severus, c'est moi. Et pas un fantôme. Ce n'est ni une ruse ni une blague. »

Le Maître des Potions serra les poings un instant alors qu'Harriet revenait avec le plateau de thé et le servait. Elle avait fait du thé à la menthe. Du vrai ! Elle voyait son frère trembler du coin de l'oeil.

« L'appart est sécurisé ? » demanda-t-elle à sa mère.

« Oui, je l'ai fait en rentrant, Harriet. »

« Super ... Se... »

« Pourquoi ? » coupa Snape en fusillant sa mère du regard.

Il y avait tellement d'émotions perceptibles dans sa voix : surprise, colère, trahison, ...

« Pourquoi t'être fait passée pour morte ? Pourquoi avoir disparu ? Pourquoi ne réapparaître que maintenant ? Et par Salazar, POURQUOI AVOIR ADOPTE POTTER ?! »

Il s'était mis à crier alors qu'il posait sa dernière question en se relevant et montrait la jeune fille du doigt.

« Voilà un geste très grossier, » commenta cette dernière en prenant sa tasse de thé et s'installant confortablement sur le canapé.

« La ferme, Potter ! »

Harriet soupira en levant les yeux au ciel. Elle avait imaginé cette réplique exactement comme ça. Elle se leva alors et se dirigea vers la porte.

« Maman, je vais dans ma chambre. Apprends à l'autre cornichon les bonnes manières au passage. Il semble avoir besoin d'une piqûre de rappel. »

« Je ne te permets pas, Potter ! »

« Mais je me permets toute seule ! Tu me traites bien de cornichon et ça fait des siècles que j'ai envie de te renvoyer tes retenues et tes humiliations dans la face. Maintenant que Maman a décidé de tout te dire pour que la suite des choses se passe pour le mieux, je me rattrape. Et fais gaffe, j'ai la mémoire longue ! Dans le cadre du privé, tu vas en prendre pour ton grade, Chauve-Souris. »

« Harriet ! »avertit Eileen d'une voix dure.

« Ouais, ouais, je sais... je vous laisse, » soupira la jeune fille.« Vous avez plein de choses à vous dire. Je vais voir si je ne peux pas allumer mon ordi et taper du zombard. »

« La technologie moldue ne fonctionne pas en contact de la magie. »

« Flûte ! »

Harriet souffla et fit demi-tour pour se diriger vers les bibliothèques vitrées du salon. Les collections de son père. Elle n'en avait jamais lu que deux dans sa vie. Et maintenant qu'elle avait fini les Chroniques de Narnia, il lui faudrait trouver une nouvelle lecture de détente. Elle glissa son doigt sur les reliures modernes, bien trop pour les années 90' et choisit un Stephen King. Et pas n'importe lequel : Ça ! Elle hésita pendant un instant à prendre le deuxième tome avant de s'en emparer en haussant des épaules. Elle sorti§ de la pièce et laissa les adultes entre eux. Techniquement, elle était elle aussi adulte mais elle savait que son frère refuserait de parler de certaines choses en sa présence. Même si elle était au courant de ces choses, ce serait plus facile pour lui d'avancer et de régler le problème sans elle.

Pendant qu'elle se plongeait dans la lecture de cette histoire d'horreur, allongée sur son lit, mère et fils restaient silencieux dans le salon.

« Assieds-toi, Severus, » fit Eileen au bout d'un moment.

« Et si je refuse ? »

« Tu veux vraiment jouer au dur avec moi comme l'a fait ton père ? » rétorqua-t-elle sèchement, le regard noir.

Le Maître des Potions s'assit à contrecoeur, n'aimant absolument pas être comparé à son géniteur.

« Je vais répondre à tes questions, mais les réponses ne vont pas toutes te plaire. »

« Cela je m'en doute, si tu as adopté la môme des Potter, il est évident que cela ne me plaît pas. »

« C'est aussi la fille de Lily ! » rétorqua la mère d'une voix dure, cette fois adressée à son fils. « Tu as du culot de la traiter de la sorte après la promesse que tu as faite ! » L'homme se tendit. « Je sais bien plus de choses que tu ne peux l'imaginer, Severus. »

Elle inspira profondément pour reprendre son calme et but une gorgée de son thé. Elle remit ses idées dans l'ordre assez rapidement pour lui apporter des réponses complètes tout en restant concises.

« Je n'ai pas choisi de me faire passer pour morte, c'est ton père qui a lancé la rumeur. J'ai disparu parce qu'il avait été pour une fois beaucoup trop loin. J'ai su que si je restais chez lui une nuit de plus, je n'aurais pas survécu. Alors je me suis enfuie pour me soigner et me reconstruire. Cela a pris du temps. Beaucoup de temps. Quand j'ai voulu te récupérer, il était déjà trop tard. Tu venais de te faire marquer comme du bétail par ce monstre. Alors j'ai préféré veiller sur toi dans l'ombre pour ne pas qu'Il puisse m'utiliser pour te faire chanter. Mieux valait que je reste morte à tes yeux. Mais jamais je ne t'ai abandonné. La preuve en est qu'il y a douze ans, tu as été gravement blessé. Tu ne dois probablement pas te souvenir de comment tu es rentré chez toi. C'est moi qui t'ai ramené et ai appliqué les premiers soins pour que ta vie ne soit plus en danger. »

Elle but une nouvelle gorgée de son thé pour laisser le temps à son fils d'intégrer ces informations.

« J'aurais dû le tuer, » maugréa l'homme entre ses dents.

« La question ne se pose plus, cet ivrogne est mort, » fit platement Eileen en reposant sa tasse sur ses genoux croisés. « Pour en venir à l'adoption d'Harriet, eh bien, c'est en partie pour toi. »

« Pour moi ? »

« J'étais là le jour de l'enterrement de Lily, Severus. J'étais là au moment où tu as prononcé ton serment, cachée dans l'ombre. Quand tu l'as prononcé, j'ai fait moi aussi un serment, celui de t'aider à la protéger. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour la retrouver. Elle vivait chez sa tante à Privet Drive. »

« Pétunia devait certainement être heureuse d'avoir une fille ! »

« Oh oui ..., » ironisa la mère. « Tellement heureuse qu'elle l'a transformée en elfe de maison, la traitant même moins bien qu'un elfe de maison ! Et elle se faisait battre par-dessus le marché ! Alors oui, c'est sûr, les Dursley étaient très heureux de l'avoir sous leur toit ! »

Severus écarquilla légèrement les yeux à la mention de la violence qu'avait subie Potter quand elle n'était encore qu'une petite fille.

« Je l'ai sauvée après qu'elle soit venue à mon secours quand je me faisais agresser par quelques voyous quand elle avait six ans. »

« Comment une fillette de six ans peut-elle sauver une adulte d'une bande de voyous ? »

« Quand l'adulte se trouve être bloquée sous sa forme animagus qui se trouve être un oiseau et que le dit oiseau se fait attaquer par des enfants armés de pierres. »

« Ah ! »

« Comme je m'étais échappée, ils se sont attaqués à elle. Et elle souffrait encore de coups plus anciens. Je n'ai pas pu la laisser là. Alors je l'ai emmenée et de fil en aiguille, je l'ai adoptée. Harriet est quelqu'un de remarquable et très surprenant si tu prenais la peine de mettre ta rancoeur envers son père de côté. Elle est très loin d'être comme lui, ou même comme Lily. Elle est comme nous. Une Prince. »

« C'est une Potter ! »

« Une Prince également ! Et elle est ta soeur par le sang ! Mon sang ! »

« Tu n'as pas osé ?! » fit l'homme entre surprise et indignation.

« Oh que si, Severus. Je l'ai fait et je ne le regrette pas ! Tout au contraire, le fait de l'avoir fait m'a apporté beaucoup de réponses. Beaucoup de questions également ainsi qu'un fait fondamental : ne pas croire en Dumbledore. »

Severus eut un rictus mauvais.

« Faudrait croire au Seigneur des Ténèbres peut-être ? » siffla-t-il.

« Sincèrement, elle hésite elle-même. Elle est clairement contre la violence à l'échelle où il l'a fait et ignore beaucoup de choses sur ses idéaux pour se faire un jugement. Elle a juste un a priori parce que cet homme est un meurtrier. Mais si elle devait s'arrêter à cela, elle t'aurait jugée comme étant le dernier des connards, pour reprendre ses termes. Pourtant, elle ne le fait pas. Au contraire, elle t'admire beaucoup. Elle en est à un tel point d'hésitation qu'elle voudrait lui envoyer une lettre pour lui poser les questions. Mais d'un autre côté, cela pourrait causer beaucoup de morts alors ... elle ne fait rien. »

Le Maître des Potions était choqué. Comment cette jeune fille pouvait-elle penser ainsi ?

« Quoi ?! Elle est folle ! »

« Non. Elle est prudente et réfléchie. Et bien plus mâture que tu ne peux l'imaginer. Bien qu'il lui arrive de plus en plus d'agir comme une adolescente normale depuis qu'elle est à Poudlard avec d'autres jeunes. »

« Et pourquoi ne pas faire confiance à Dumbledore ? Il m'a sauvé d'Azkaban ! Il va me falloir une bonne raison pour trahir mon bienfaiteur ! »

« Tu veux une raison, j'en ai plusieurs pour toi. Un, c'est lui qui a décidé de mettre Harriet chez les Dursley. Deux, il est président du Magenmagot et n'a pas fait de procès à Black et l'a envoyé directement à Azkaban alors qu'il est son parrain ! Sa garde aurait dû lui revenir à la mort des Potter et il l'a écarté de son chemin. Trois. Des versements des voûtes Potter étaient faits à des personnes qu'Harriet ne connaissait même pas ! »

« Qui ? »

« En plus des Dursley, ce qui paraissait normal vu qu'elle vivait chez eux, il y avait des versements sur le compte des Weasley et sur celui de Dumbledore lui-même. Quatre. Les blocs sur son noyau magique faits par Dumbledore lui-même ! Cela aurait pu la tuer sur le long terme ! Voilà ce que je peux te dire sur base de faits vérifiables et vérifiés. »

Severus se pinça l'arête du nez en soupirant. Dans quel bordel était-il tombé ? Dans quoi s'était-il encore engagé ?

« A côté, il y a nos soupçons. » L'homme la regarda de nouveau dans les yeux. « Et c'est ce qui m'amène à te révéler toute la vérité. Ou du moins une partie. »

« Et pourquoi pas toute la vérité ? »

« Parce qu'une partie concerne le passé d'Harriet. Ce sera à elle de te raconter si elle le souhaite. »

Il grimaça mais accepta cette condition pour le moins logique d'un point de vue personnel. Il n'aimerait pas que d'autres racontent certains points de sa propre vie sans son accord. C'était extrêmement personnel.

« Si on en venait à la raison qui te pousse à tout révéler. »

« Toujours aussi direct. »

« Je n'aime pas perdre mon temps. »

« La pierre philosophale. Tu-Sais-Qui veut la voler et il semblerait que Dumbledore veuille encourager Harriet à enfreindre le règlement en lui offrant la cape d'invisibilité des Potter et en faisant en sorte que Weasley l'amène comme par un curieux hasard devant le couloir interdit. »

« Elle sait ce qu'il y a l'intérieur. Elle a donc enfreint le règlement. »

« Crois-moi sur parole quand je te dis qu'elle ne l'a pas enfreint une seule fois, Severus. Si tu veux de plus amples informations, il faudra que tu en discutes avec elle. Mais pour cela, il faudra que tu deviennes un peu plus cordial avec elle. »

« Pff. »

« C'est ta demi-soeur, Severus. Si tu veux pouvoir la protéger et lui faire confiance mais aussi qu'elle te fasse pleinement confiance, il va falloir que vous appreniez à vous connaître. Votre survie en dépend. A tous les deux ! Il va falloir que tu fasses un effort ! »

« Si elle en fait aussi. »

« C'est toi qui l'a prise en grippe dès le départ, » rétorqua la mère. « Tu ne récoltes que ce que tu sèmes. Si tu l'avais respectée dès le départ, si tu l'avais traitée comme tu traites tes Serpentards, tu n'en serais pas là. »

L'homme retint un soupir.

« Pas aujourd'hui, » dit-il en se levant. « J'ai trop à réfléchir pour ça. »

« Telle que je la connais, elle t'enverrait sûrement bouler de toute façon, » sourit Eileen. Severus releva un sourcil. « C'est souvent comme ça quand elle a un roman dans les mains. Enfin, si elle se rend compte de ta présence. Elle est de ceux qui se plongent totalement dans l'ouvrage en occultant tout le reste. Tu pourrais hurler là, maintenant, tout de suite, qu'elle ne s'en rendrait pas compte. »

Le Maître des Potions avait déjà atteint le hall et regardait dans le couloir la jeune fille dans sa chambre, allongée sur son lit, le nez dans son livre. Elle se mordillait le doigt et semblait un peu tendue par sa lecture.

« Pourquoi avoir pris le poste de bibliothécaire ? » demanda-t-il finalement.

« Parce que cela apportait le calme dont j'ai besoin et parce que c'était le seul moyen de continuer à veiller sur toi dans le cas où tu aurais besoin de moi. »

« On en reparlera quand j'aurais remis de l'ordre dans ma tête, » fit-il. « J'ai beaucoup de choses à penser. »

« Tant que tu n'en informes pas Dumbledore, tu es libre de faire ce que tu veux, Severus. Je ne veux juste pas mettre Harriet en danger. Pas plus qu'elle ne l'est déjà en ce moment. »

« Sait-elle qu'elle est en danger ? »

« Elle sait et comprend beaucoup plus de choses que tu ne le crois, Severus. Apprends à la connaître, gagne sa confiance et peut-être qu'un jour elle t'expliquera. »

Eileen prit son fils dans ses bras et le serra.

« Tu m'as manquée, mon petit garçon. »

« Le petit garçon te dépasse de deux têtes maintenant, Maman, » soupira l'homme.

« Tu resteras toujours pour moi, mon beau petit garçon. Rien ne changera jamais cela. »

Severus rendit un peu gauchement l'étreinte de sa mère avant de sortir pour rejoindre son bureau. Eileen se dirigea alors vers la chambre pour embrasser sa fille sur le haut de la tête, regarder par curiosité ce qu'elle lisait avant de repartir pour la bibliothèque.