Chapitre 23 : Entre Prince

Si tu l'oses : Adulte

Elle se mit à glousser avant de se réinstaller les joues rouges sous le regard amusé d'Eileen et celui surpris et curieux de Severus.

« C'était quoi, ça ? »

« Oh rien, » rit sa mère. « C'est Harriet qui aime reprendre certains passages et les parodier. Si tu savais combien de fois elle a refait ton discours d'introduction à ton cours quand elle était plus petite ... C'était hilarant ! Et tellement toi ! »

« Quels passages ? »

Harriet et Eileen échangèrent un regard et la plus jeune haussa les épaules.

« Il va de toute façon s'en rendre compte à un moment ou à un autre, » dit-elle simplement.

« Me rendre compte de quoi ? »

« Accio Harry Potter et la Chambre des Secrets, » fit Eileen en agitant sa baguette.

Un livre flotta à travers la pièce et tomba dans ses mains. Elle le tendit à son fils.

« La Chambre des Secrets ? » fit Severus en prenant l'ouvrage. « Secrets de quoi ? »

« Tu connais la légende de Serpentard ? » demanda Harriet.

Elle croisa le regard onyx de son frère. Il resta songeur un moment.

« Je ne me suis jamais vraiment attardé sur ces fadaises, » avoua-t-il au bout d'un moment. « Cela ne m'intéressait pas. »

« Eh bien. Au début, les quatre fondateurs dirigeaient l'école en harmonie jusqu'à ce que Serpentard veuille qu'on soit plus sélectif dans le choix des élèves admis à Poudlard. Il ne voulait plus de Nés-Moldus. Il y a eu un conflit et il est parti. Mais il y aurait une légende selon laquelle il aurait bâti une chambre dans le château et qu'il y aurait caché un monstre. Seul son authentique héritier pourrait le contrôler. »

« C'est un mythe, » dit aussitôt Severus avec un rictus sur les lèvres.

« Très franchement, Sev, » soupira la jeune fille. « Tu ne crois pas que j'ai déjà été vérifié si la chambre existait ... Je n'ai pas été à l'intérieur encore, je ne suis pas folle. Mais j'ai trouvé l'entrée. A l'endroit exact indiqué par ce livre. »

« Où ? »

« Un lavabo dans les toilettes de Mimi Geignarde. »

« Et ... à l'intérieur ? » demanda l'homme après avoir dégluti.

Les deux sorcières grimacèrent et Harriet eut un léger frisson.

« Il y aurait un basilic. C'est en partie pour ça que je n'ai pas envie de descendre vérifier. Pas si on peut juste éviter de l'ouvrir. »

« Et comment le ferait-on ? »

« En récupérant l'horcruxe de Jedusor. »

« Hor-quoi ? »

« Horcruxe, » répéta Eileen. « Magie très noire. Un morceau d'âme enfermé dans un objet pour faire court. »

« De Jedusor ? »

« Ton Maître adoré, » fit Harriet avec dégoût et ironie.

« Ce n'est pas ... »

« Je sais, je sais. Je disais ça pour te taquiner, Sev. »

« Et ne m'appelle pas comme ça ! »

« Tu préfères Sevy ? »

« Alors là encore moins ! »

« Pff ... rabat-joie ! »

« Comment connaissez-vous l'existence des horcruxes ? »

« Parce qu'Harriet en était un avant, » répondit Eileen.

« Quoi ? Tu as dit un objet ! »

« Oui mais un objet peut être animé ou inanimé, » déclara la Serdaigle en allant ouvrir la fenêtre.

Un hibou grand-duc venait d'arriver avec une enveloppe. La jeune fille s'en empara et, voyant son nom, l'ouvrit.

« Génial ! C'est Dray ! »

« Qui ? »

« Ben Drago. »

« Quel surnom ..., » soupira Severus. « Drago doit en être enchanté. »

« Ouais ben tant qu'il ne fait pas le con avec Maugrey, il n'y aura pas pire, crois-moi. »

« Maugrey ... L'auror ? » s'étonna encore le Maître des Potions. « Bon sang ! Est-ce que tu en as encore beaucoup des surprises ? »

« Tu n'as pas idée, Prince de Sang-Mêlé, » ricana Harriet. « Drago demande si je veux passer un peu de temps avec lui en ville. Il est un peu expulsé du Manoir parce que son père fait affaire. »

« Pourquoi pas, » réfléchit la mère. « Tu veux y aller ? »

« Cela me changerait les idées, » répondit Harriet en se réinstallant. « Mais cela veut dire qu'il y a un risque qu'on voit débarquer Dobby. » Severus fronça les sourcils. « De toute façon, avec l'existence des horcruxes, je m'y attendais un peu. » Elle soupira d'aise. « Au moins, il n'y a ni Dursley, ni Mason, ni gâteau, ni avertissement du ministère, ni confinement dans sa chambre avec de la bouffe qui est glissé par une chatière ! »

« Quoi ?! » s'exclama Severus.

« Tu comprendras en lisant les premiers chapitres, Sev, » rit Harriet.

Le Maître des Potions regarda l'ouvrage.

« Si Harry Potter à l'école des sorciers résume la première année, je suppose que celui-ci résume la seconde. »

« Tu supposes bien, » répondit Eileen.

« Cela veut dire qu'il y en a d'autres, n'est-ce pas ? Cinq autres ? »

« Tes calculs sont exacts, frérot. »

« Vous pourriez me les passer ? Que je lise tout en une fois. »

La Serdaigle grimaça, faisant froncer les sourcils de Severus.

« Je veux bien te passer les premiers, » commença-t-elle. « Mais j'avoue que je ne suis pas emballée à te présenter le dernier. »

« Passe-le lui, Harriet, » intervint Eileen en français. « Il est aussi têtu qu'une mule et il est du genre à avoir ce qu'il veut et ce par tous les moyens. On ne pourra jamais le lui cacher. Et puis, on va changer la fin non ? »

« Cela ne reste pas très plaisant à lire, » remarqua Harriet. « Si tu savais le nombre de fanfictions que j'ai lues juste, avec des couples plus abracadabrants les uns que les autres juste pour voir une autre chance pour lui. C'était le personnage que je détestais jusqu'à le fameux chapitre avec les souvenirs et son sacrifice. »

« Je sais, ma puce. Mais il va l'apprendre de toute façon. Mais pour que l'on puisse mieux travailler ensemble, en famille, il doit savoir. Et il pourra plus facilement s'adapter à certaines choses, certains événements, s'il en connait déjà l'existence. »

« Mesdames, je suis loin d'avoir le niveau requis en français pour pouvoir vous comprendre. »

« Quel dommage, » rit doucement Harriet.

Severus leva les yeux au ciel.

« Ne te moquer pas de moi, » tenta-t-il en français.

« Oh trop mignon, l'accent ! » s'exclama Harriet.

« Et c'est 'moque', » corrigea doucement Eileen.

Il hocha la tête en enregistrant l'information.

« Cette langue est difficile, » maugréa-t-il.

« Je suis tout à fait d'accord, » rit Harriet. « Comme beaucoup de langues romanes. Mais sois bien content qu'il n'y ait pas de déclinaisons comme en latin ou en grec. » Severus écarquilla les yeux. « Quoi ? J'ai fait des études d'art et d'archéo. J'ai pris latin-grec en option, c'est tout. »

« C'est tout ? »

« Bon d'accord, j'ai fait Histoire de l'Art et Archéologie, plus Langue et Lettres en même temps, tu es content ? » soupira-t-elle. « Je ne les ai juste jamais finies. Je faisais mon mémoire. »

« Moldu ? »

« Ouep. Cela te pose un problème ? »

« Aucun. Je suis juste surpris. »

« Pas autant que moi quand cela m'est tombé dessus, tu peux me croire. J'étais en plein cauchemar. Et c'est pire quand tu as la mentalité d'un adulte et que tu sais qu'en tant qu'enfant, personne ne va prendre tes paroles en considération parce que justement tu ressembles à un enfant. Merlin, merci qu'une belle chouette est passée par là ! » termina Harriet en venant prendre sa mère dans ses bras.

Cette dernière lui embrassa la tempe avec amour.

« Une chouette ... ? »

« Eh bien oui, » fit Eileen. « Toi, tu es un gros chat. Moi je suis un oiseau ! Et puis, je te l'ai dit à Noël ! »

« Un gros chat ? » fit Harriet. « Genre un chat chat ou un chat sauvage, en mode gros félin ? »

« Un gros félin, » répondit la mère avec sourire.

« Non, ne me dis rien, » fit la plus jeune, songeuse et excitée à la fois. « Tu es ... hmmm ... un lion ! Non, trop Gryffondor. Un tigre ! Non, je sais ! Une panthère ! Noire ! »

Severus se pinça l'arête du nez. Il n'aimait pas les enfants surexcités.

« Tu triches, cela doit être dans les livres. »

« Non, » répondirent les deux sorcières à l'unisson.

« Tout ce qu'il y a dans les livres te concernant, c'est ton patronus. Une biche comme Lily Potter, » continua Harriet. « Alors ? Une panthère noire ? »

« Oui, » fit Severus.

« Tu as bien cerné ton frère, » applaudit Eileen.

« Tu plaisantes ? J'aurais dit un corbeau personnellement. Ou une chauve-souris. Mais comme tu as restreint les possibilités aux chats ... C'était presque me mettre la réponse sous le nez. »

« Si tu pouvais le dire à personne, » dit alors le Maître des Potions. « Je ne suis pas répertorié. »

« C'est mal d'enfreindre la loi, » ricana la jeune fille. « Mais d'accord, je ne dirais rien. Mais il va falloir te trouver un nom dans le cas où je te croise sous ta forme animagus. Sauf si tu veux 'Gros Matou' ... »

« Shadow, » siffla Severus entre ses dents. « Petite peste... »

« Venant de ta part, c'est un compliment, » rétorqua Harriet avant d'éclater de rire. « Vieux cornichon ! »

« Allez, va répondre à ton ami, » invita Eileen en poussant sa fille vers sa chambre. « Ce hibou meurt d'impatience de partir avec sa réponse. »

« Ca marche. Faudra que j'aille en ville sous glamour par contre. L'attention, très peu pour moi ! »

« Et ça se prétend Potter ..., » ironisa Severus.

« Tu veux savoir ce que je suis, Sev ? » demanda Harriet. « Je suis une Schietekat dans l'âme ! Mais je dois me rabattre sur des noms qui ne me définissent pas totalement. Alors oui, je suis Potter, je suis probablement Black aussi, et Prince. Que tu le veuilles ou non, tu vas être coincé avec moi pour un bout de temps ! »

La jeune fille sortit de la pièce en sautillant, le hibou la suivant quand elle l'appela.

« Elle est si ... énergique, » soupira Severus une fois qu'elle fut partie.

« Si j'en crois ce qu'elle m'a dit, sa soeur, c'est pire. »

« Sa soeur ? »

« Coralie. Une vraie petite boule d'énergie qui a la langue bien pendue ! »

« Alors le souvenir que j'ai vu avec deux jeunes filles ... »

« C'était sa soeur et elle, » termina Eileen en hochant la tête. « Elle s'appelait Mélanie autrefois. »

« C'est étrange de dire autrefois pour quelque chose qui n'est pas encore arrivé. »

« C'est arrivé pour elle et elle en a beaucoup souffert. Tu as été témoin de la résurgence de sa douleur. »

Severus observa le livre entre ses mains.

« Où sont les autres ? » demanda-t-il au bout de quelques secondes de silence.

« Dans sa chambre avec ses autres livres. »

« Ses autres livres ? »

« Tu te souviens de l'appartement à Poudlard ? »

« Oui..., » fit l'homme en fronçant les sourcils.

« C'était celui de son père quand elle était adolescente. Elle y a retrouvé toutes ses affaires dont sa bibliothèque. Et elle était déjà riche sa bibliothèque ! Elle s'intéressait déjà à beaucoup de choses. »

« Mais ce n'est que moldu... »

« Et alors ? Ils ont une belle littérature. »

Il souffla.

« Il va me falloir du temps pour accepter tout cela. Et surtout accepter que ... qu'elle ait mon âge ! On dirait une gamine insolente ! »

« Parce que c'est une gamine insolente, » rit Eileen. « Elle peut être quelqu'un de sérieux et respectueux quand les circonstances l'exigent. Comme en cours par exemple. Mais quand on la cherche, on la trouve. Elle n'est pas du genre à se laisser faire mais elle n'est pas non plus du genre à s'engager dans un combat qu'elle sait déjà perdu d'avance. Et ses chances face à Tu-Sais-Qui sont trop minces pour qu'elle y aille toute seule comme dans cette histoire. »

Elle lui tapota le bras droit.

« Bouge pas, je vais les chercher. Elle n'aime pas trop qu'on entre dans son antre. »

« Elle est prude ? »

« Non mais elle aime garder son jardin secret. A moins d'avoir une excellente raison, je n'ai pas le droit d'entrer dans sa chambre. »

« Depuis combien de temps ? »

« Depuis presque le début. Harriet est très responsable et respecte les règles de ma maison. Je ne vois pas pourquoi je la priverais de son jardin secret. Elle ne fait jamais de bêtises ... »

La sorcière disparut dans le couloir et revint cinq minutes plus tard avec une pile de livres, tous plus gros que le précédent.

« Bonne lecture, Severus, » dit-elle en les posant sur la table.

« J'en ... ai... de la chance, » maugréa-t-il en avisant la pile.

« C'est toi qui a demandé, » rétorqua la mère en pouffant.

« Je sais... »