Chapitre 26 : Miss Teigne Pétrifiée et Message Sanglant
Si tu l'oses : 254. Araignées
Padma et Harriet sortirent du château pour prendre un peu l'air. Elles venaient de travailler longuement en bibliothèque afin de terminer leur devoir de potions. A cause d'un Gryffondor, toujours le même, Severus avait été vache. Il avait demandé trois rouleaux de parchemin sur la potion d'Enflure, ses effets secondaires, ... Même les Serdaigles avaient eu du mal à le boucler. Sérieusement trois rouleaux ! Mais elles l'avaient enfin terminé !
Elles se postèrent près de l'escalier menant au hangar à bateaux. La vue sur le lac y était magnifique. Elles ne s'en lassaient jamais. Elles se tenaient l'une contre l'autre avec un bocal hermétique fermé contenant un feu magique. C'était normalement contre le règlement mais il faisait très froid. Et le besoin de s'aérer l'esprit était trop grand après autant de potions et d'ingrédients en tête. Elles n'en pouvaient juste plus pour le moment.
Elles discutèrent de romans moldus et sorciers pour se changer les idées. Elles étaient de grands rats de bibliothèque toutes les deux, elles lisaient de tous pratiquement. Elles furent interrompues par des cris. Toujours le même idiot de service : un Gryffondor aux cheveux roux. Weasley ... Il ennuyait Luna Lovegood, utilisant ce surnom horrible. Loufoca.
« Laisse-la tranquille ! » s'exclama Harriet en approchant de la jeune blonde.
Cette dernière était en larmes. Elle la prit dans ses bras alors qu'elle fusillait le roux du regard.
« Tu n'as pas honte de t'en prendre à plus petit que toi ? A une fille en plus ! »
« Elle est débile ! Elle ne comprend pas quand je lui dis que les nargoles et les jonchuruines n'existent pas ! »
« Est-ce que c'est une raison pour l'insulter et la martyriser comme tu le fais ? Et puis, si ça tombe, ça existe et on n'a pas les yeux pour le voir. Le don de vue existe aussi mais il est très rare ! »
« Foutaise ! »
« Preuve que tu es un Gryffondor ignare ! Laisse-la tranquille ! » fit Padma en approchant à son tour. « Luna est étrange, c'est vrai mais tous les Serdaigles le sont à leur façon. Elle n'est pas débile d'ailleurs, elle fait partie des meilleurs de sa classe pour ton information ! Le débile c'est toi ! »
Elle se tourna vers la blonde et lui fit un doux sourire en lui tendant la main.
« Allez, viens, Luna. Retournons dans notre salle commune. »
Luna prit la main de Padma et la suivit silencieusement, pleurant toujours quelque peu à cause de Weasley. Harriet jeta un dernier regard méprisant à ce dernier avant de faire demi-tour pour suivre son amie et la petite blonde à consoler. Elle s'approcha d'elles en courant et passa un bras protecteur autour des épaules de la blonde.
« Ecoute pas ce véracrasse, Luna, » dit-elle en souriant. « Il ne pense qu'avec son ventre. Il n'a toujours pas digéré le fait que je refuse d'être son amie. »
« Il voudrait que tu sois sa petite amie ! » corrigea Padma avec un frisson de dégoût. « Comme si ce serait un jour possible ! Il est trop stupide et dégoûtant ! Sans parler de sa vulgarité ! »
« Oui, c'est vrai. Il crie toujours sur tous les toits qu'il sera le futur Lord Potter ? »
« Il n'a jamais arrêté, » soupira l'indienne.
Harriet grogna très peu dignement, faisant rire les deux autres filles. Le rire de Luna était comme un petit son de cloche, doux et léger.
« Eh bien, on a au moins réussi à te faire sourire, » rit Harriet en calant une mèche blonde de la jeune fille derrière son oreille.
Elles remontèrent toutes les trois les escaliers menant à la tour de Serdaigle sous le regard noir de Ronald Weasley qui bouillonnait de colère. Il n'aimait pas être humilié de la sorte par cette fille qui lui manquait de respect. Il ne comprenait pas que le respect n'était pas à sens unique et surtout que tout ne lui était pas du. Le défaut d'être un enfant chouchouté, pourri et gâté. On ne comprend pas ces choses aussi simples.
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Harriet n'était pas souvent en retenue mais là, elle avait été piégée par Weasley. Elle ne savait pas comment il avait fait. Il n'était pas très intelligent pourtant. Mais elle avait réussi en contrepartie à le faire tomber avec elle. Ils étaient tous les deux en retenues. Normalement elle aurait dû finir comme Weasley chez Lockhart mais par chance son frère était présent et elle ne s'était pas gênée pour l'insulter. Severus avait vu clair dans son jeu et s'y était prêté de bon coeur tandis que tous la regardait, choqués. Elle avait insulté le plus strict et le plus sévère des professeurs.
Finalement, elle était dans les cachots à refaire l'inventaire d'ingrédients avant de se mettre à récurer les chaudrons tandis que Weasley devait très certainement aider le célèbre Gilderoy Lockhart à répondre à ses admirateurs.
« Encore merci, » dit-elle à son frère alors qu'elle rangeait l'armoire.
« N'espère pas que je rentre si facilement dans ton jeu la prochaine fois. Ce sera avec Rusard que tu feras la retenue la prochaine fois, » avertit Severus avec un regard noir.
« Tout mieux que Lockhart. Même une balade dans la forêt interdite avec Hagrid. Surtout que cette année, les araignées vont rester dans leur nid. »
« Ah ? »
« Les araignées fuient les basilics, tu te rappelles ? »
« Ah oui, ça ... Retourne travailler. »
« Oui, chef, » sourit la Serdaigle en se dirigeant vers la pile de chaudron.
« Et sans magie. »
« J'ai jamais utilisé la magie pour faire la vaisselle, à peine le lave-vaisselle, » confia Harriet en haussant des épaules. « Rien n'est mieux qu'un peu d'huile de coude. Et puis ça brûle des calories. »
« Qu'est-ce que tu n'aimes pas faire ? » demanda Severus. « Parce que j'ai l'impression que les retenues te passent par-dessus la tête. »
« Sev ... Ce n'est qu'une retenue ... Quand bien même j'aurais un mois de retenues ... »
« Tu as un mois de retenues, » corrigea le Serpentard.
« Ce n'est que ça, des retenues. Je les ai méritées certes mais je ne vais pas en mourir. C'est juste des corvées. Plus vite c'est fait, plus vite je passerai à autre chose. Je ne vois pas l'intérêt de discuter sur ça. Je trouve ça juste barbant sans musique, c'est tout. »
Severus soupira et retourna à ses corrections. Il avait d'ores et déjà remarqué qu'elle ne faisait jamais autre chose que ce qui était demandé lors des retenues. Elle était une enfant sage. Une enfant qui avait son âge psychologiquement parlant. D'où sa maturité... Même s'il avait fini par l'accepter, il n'en revenait toujours pas.
« Au fait, j'ai fini de lire la liste de livres que tu m'as donnée. Tu pourrais m'en faire une autre s'il te plait ? » demanda-t-elle au bout d'une dizaine de minutes.
« Je verrais dans la semaine, » répondit le Maître des Potions sans lever le nez du parchemin.
Il resta penché sur les devoirs médiocres, à les barbouiller de commentaires et d'insultes comme lui seul pouvait le faire pendant un long moment dans un calme plus ou moins serein. Il sursauta quand un chaudron tomba au sol. Le bruit de métal résonna longuement contre la pierre.
«Tu ne peux pas faire attention ! » s'exclama-t-il en nettoyant la tâche d'encre qu'il venait de faire.
La jeune fille ne répondit pas. Elle était figée, le regard dans le vide, horrifié.
« Harriet ? » Severus fronça les sourcils et se leva. « Harriet ? Est-ce que ça va ? »
Elle ne répondit toujours pas alors qu'il posait une main sur son épaule. Elle tremblait légèrement mais elle revint à elle. Elle le fixa dans les yeux.
« Ca va, » dit-elle rapidement. « Je ... Bon sang ! Ils l'ont mal faite dans le film ! Ah ça me donne la chair de poule ! »
« Et dans une langue que je peux comprendre ? » demanda calmement Severus en se redressant, un peu inquiet.
« C'est juste le basilic. Je ne m'attendais tellement pas à ça. On aurait dit des sifflements et des crissements de craie sur un tableau. »
Elle réprima un frisson.
« Tu entends le basilic ? »
Elle hocha de la tête.
« Ce n'est plus qu'un murmure mais il est toujours là. Il utilise la plomberie pour monter rapidement dans les étages probablement. »
« Alors les attaques ont commencé, » soupira le Maître des Potions. « J'ai demandé à Pomona des mandragores mais elles ne seront pas matures avant plusieurs mois. »
« La première victime, c'est Miss Teigne. »
« Ce n'est pas plus mal, c'est une sale bête ! »
« Pauvre chat, » compatit Harriet.
« Pauvre chat ?! »
« Oui ! Et toi tu es un vilain chat ! Miss Teigne elle n'a rien fait ! Elle aide même Rusard à attraper les petits comiques qui font des bêtises dans le château, notamment la nuit ! »
« Tu n'es décidément pas normale. »
« Je n'ai jamais compris pourquoi personne n'aimait Miss Teigne. Bon d'accord, elle ne paie pas de mine mais c'est juste un chat. Personne n'aime Rusard sauf elle ... »
Severus soupira en se pinçant l'arête du nez.
« Et le basilic ? »
Harriet se concentra sur son ouïe.
« Je n'entends plus rien. »
« Rappelle-moi où l'attaque était supposée se faire. »
« Les toilettes de Mimi Geignarde, au deuxième étage. »
« Alors allons-y. »
« Et la retenue ? »
« Pour ce que ça te fait ... Allez viens. »
« Oui, professeur. »
Ça, c'était quelque chose que Severus appréciait beaucoup chez sa soeur. Dès qu'ils étaient hors du cadre privé, elle revenait immédiatement au 'monsieur' ou 'professeur' sans qu'il ne la rappelle à l'ordre. Il s'attendait à devoir le faire à cause des vacances mais pas une fois elle n'avait fait l'erreur.
Ils marchèrent dans les couloirs en direction du deuxième étage, à une bonne distance l'un de l'autre. Le Maître des Potions arborait son éternel masque de froideur. Harriet, elle, un masque indifférent. Il y avait un attroupement au deuxième étage. Il y avait des élèves et des professeurs qui formaient un cercle autour d'Hermione et Neville. Mr Rusard tenait justement ce dernier par le col et le secouait en hurlant au meurtre. Sa chatte était suspendue par la queue à la vue de tous alors qu'un message sanglant avait été écrit avec du sang sur le mur.
La Chambre des Secrets a été ouverte
Ennemis de l'Héritier, prenez garde.
Dumbledore arriva et demanda à tout le monde de retourner à son dortoir à l'exception des deux Gryffondors. La jeune Serdaigle ne s'inquiétait pas trop pour eux. Ils n'avaient rien à voir avec la famille Serpentard et n'étaient passé là qu'au mauvais moment.
Pourtant, dans les jours qui suivirent, une rumeur circula que Neville était l'héritier de Serpentard et qu'il voulait emmener Hermione dans la Chambre des Secrets pour la tuer parce qu'elle était une Née-Moldue. Harriet trouva toute cette histoire grotesque. Neville n'avait même pas de lien avec la famille Serpentard. Elle le plaignait. Lui qui était déjà d'un naturel timide, ils allaient détruire ce pauvre garçon de l'intérieur en le tournant vers les ténèbres.
Un jour, juste avant un cours de métamorphoses, alors que le professeur McGonagall n'était pas encore arrivée, elle entendit Weasley relancer cette rumeur une fois de trop.
« La ferme, Weasley ! » siffla-t-elle. « Neville a autant de chance que toi d'être l'héritier de Serpentard ! »
« Je suis un pur Gryffondor ! » s'offusqua le roux.
« Oui, précise-le sans cervelle ! » ajouta Harriet, rouge de colère. « N'importe qui ouvrant un livre sur les familles Sang-Purs saurait que les Londubat ne sont pas les descendants, de près ou de loin, de Salazar Serpentard ! La dernière famille connue est éteinte. Il s'agit des Gaunt. Alors maintenant, arrête de faire chier Neville ou je te jure que je m'arrange pour que tu te retrouves en retenue pendant des mois, même si je dois être punie aussi ! »
« Cela ne sera pas nécessaire, » intervint le professeur McGonagall en arrivant. « Dix points en moins pour Gryffondor, Mr Weasley. C'est la dernière fois que je vous reprends à accuser Mr Londubat ! Peut-être que deux semaines de retenue auprès de Mr Rusard vous apprendra à réfléchir ! »
Weasley jeta un regard noir à Harriet mais cette dernière s'en fichait comme de sa dernière chaussette. Elle préféra s'attarder sur Hermione et Neville. Ce dernier fit un petit sourire à la Serdaigle pour la remercier. Elle lui répondit avec un plus grand. Même si toutes les rumeurs ne cesseront pas, au moins, il y aurait des personnes qui iraient jeter un oeil sur les dits ouvrages et sauraient la vérité.
