Chapitre 27 : Premier Match de Quidditch
Si tu l'oses : 115. Quidditch
« Réveille-toi, Potter ! » s'exclama le capitaine de l'équipe de Quidditch de Serdaigle. « Tu es dans la lune. »
Il venait de lui lancer le souaffle et elle l'avait pris en pleine tête.
« Désolée. »
« Tu es peut-être remplaçante mais tu dois t'entraîner autant que les autres ... »
« ... dans le cas où l'un de mes partenaires serait incapable de jouer au match, oui, je sais, » soupira la jeune fille en passant le souaffle à sa voisine. « C'est juste ... laisse tomber, Dwight. »
« Un peu de nerf ! C'est mou tout ça ! » continua le capitaine avec énergie. « On dirait une bande de boursoufflets ! »
Harriet retint un nouveau soupir et se concentra plus sur l'entraînement. Elle allait le faire payer à Drago. Elle était remplaçante. Et pas seulement pour le poste d'attrapeur ! Il se trouvait qu'elle avait aussi un certain don pour manier une batte. Par conséquent si Chang, Davies ou Dwight manquait à l'appel, elle devait les remplacer. Elle avait été à la limite de crier au complot au point qu'elle avait refusé un poste permanent dans l'équipe. Elle avait accepté seulement en tant que remplaçante. Ainsi, elle ne jouerait pas à tous les matchs. C'était sa condition. Elle se fichait pas mal du sport en général. Faire de temps en temps un petit tour à balai ou un footing autour du lac ne comptait pas vraiment.
Ils se firent des passes avant de faire un pseudo-match, Harriet joua en tant que batteuse après avoir attrapé quelques balles de tennis. Elle frappait fort dans les cognards et souvent, elle visait juste. Dwight regrettait qu'elle refuse au minimum le poste de batteur à temps plein. La Survivante renvoyait des balles traîtresses mais il respectait son choix. Le capitaine avait très bien compris qu'elle préférait de loin les livres au sport mais qu'on lui avait un peu forcé la main pour jouer. Un peu harcelé même. Le rôle de remplaçant n'était qu'un compromis.
Elle se défoula donc sur les cognards, plus particulièrement les jours où elle devait suivre le 'cours' du professeur Lockhart. Heureusement, il se limitait à la théorie – si toutefois on pouvait appeler cela de la théorie ... –, il ne voulait pas réitérer le fiasco du premier cours. Mais ces cours étaient chiants au possible. Ce bouffon ne cessait de se faire mousser en parlant de ses 'exploits'. C'était pour Harriet un calvaire sans nom.
Elle savoura l'eau chaude après l'entraînement. Elle était délicieuse. Cela fit beaucoup de bien à ses muscles. Elle apprécia la chaleur couler sur sa tête et le long de ses cheveux. La vapeur de l'eau et l'odeur du savon dans son nez. Elle y resta longuement. Puis elle se sécha minutieusement le corps et les cheveux. Elle sortit et, sentant la morsure du vent de novembre, elle resserra sa cape autour d'elle. Elle rentra rapidement au château et remonta directement à la tour de Serdaigle afin d'y déposer son balai et sa tenue de Quidditch. Sur le chemin, elle croisa un Gryffondor. Elle se figea en voyant son immobilité. Elle approcha lentement. Le garçon était petit, cheveux blonds. Elle ne fut pas vraiment surprise de découvrir un appareil photo dans ses mains.
Harriet trembla légèrement, le souffle court. Elle n'avait pas peur toutefois. Elle n'entendait pas le basilic. Il n'était plus là. Elle déglutit avant de faire demi-tour. Elle redescendit les escaliers, lâchant ses affaires en chemin pour qu'elles ne les gênent pas dans sa course. Elle pénétra dans la Grande Salle en courant.
« Crivey ! » cria-t-elle, haletante alors que les professeurs la regardaient. « J'ai trouvé Crivey ... dans le couloir ouest au cinquième étage ! Il est ... Il est complètement pétrifié ! »
Un silence total se fit dans la salle. Dumbledore se leva ainsi que McGonagall, Snape et – soupir – Lockhart. Elle les guida vers Colin Crivey tout en expliquant comment elle l'avait trouvé. Elle récupéra ses affaires en chemin. Elle fut interrogée longuement après cela. Il n'y avait aucun témoin. Elle allait peut-être passer pour la coupable, pour l'Héritière de Serpentard mais elle s'en fichait. Elle n'avait pas encore montré ses capacités de fourchelangue mais elle n'était pas pressée de le faire. De plus, elle, elle savait déjà plus ou moins ce qu'il se passait. Se faire considérer comme l'Héritière était dans le livre. Que cela se passe un peu différemment ne la dérangeait pas plus que cela.
Elle retourna dans sa chambre et se mit dans son lit. Elle attrapa son coussin et le serra contre elle, songeuse. Un elfe de maison apparut devant elle. Il était vêtu de l'uniforme de Poudlard. Il lui tendit une lettre et deux flacons. Elle le remercia. Quand il disparut, elle ouvrit l'enveloppe.
Harriet,
Voici une potion calmante et une potion de sommeil sans rêve dans le cas où tu en aurais besoin.
Severus.
Elle eut un petit sourire mais rangea les flacons dans son tiroir. Elle ne se sentait pas au top, c'est vrai, mais elle n'était pas non plus au plus bas de l'échelle, moralement parlant. Elle se coucha, l'appétit coupé. Elle se vida l'esprit, méditant longuement pour élever ses barrières d'occlumancie, et s'endormit.
xXxXxXx
Harriet discutait avec Luna sur un numéro du Chicaneur. Le numéro du jour parlait du Ronflak cornu, une créature terrestre sortie tout droit de l'imaginaire de la famille Lovegood. Ou bien elle existait mais seules certaines personnes ayant le don pouvaient la voir.
« Potter ! »
La jeune Prince sursauta, renversant la moitié de son thé sur sa tenue. Elle grogna avant de se nettoyer d'un coup de baguette. Elle jeta un regard noir au capitaine de l'équipe de Quidditch de sa maison.
« Oui, Dwight ? » demanda-t-elle, les dents serrées par la douleur de la brûlure.
« Chang est malade. Tu la remplaces. »
Harriet soupira.
« Eh merde ... D'accord, je vais chercher mon équipement. »
« Pas la peine, je l'ai récupéré pour toi. »
« Tu as fouillé dans mes affaires ?! » demanda la plus jeune en plissant les yeux, une lueur de colère naissant dans son regard.
« Non, juste un accio. »
Elle desserra les poings pour récupérer son balai et sa tenue de Quidditch. Elle regarda sa montre.
« Très bien. Je vous retrouve dans les vestiaires dans une heure pour le match. »
« Sois pas en retard. »
« Je ne suis jamais en retard. »
Le Capitaine de l'équipe partit rejoindre sa place et laissa son joueur remplaçant à son repas. Padma se pencha par-dessus la table pour prendre la main d'Harriet.
« Tu vas y arriver. »
« Je sais, » soupira la jeune Prince. « Mais je ne voulais pas jouer. C'est Drago qui m'a piégée en en parlant au professeur Snape en face du professeur Flitwick. Fatalement, Flitwick en a parlé à Dwight qui m'a un peu harcelée pour que je fasse les essais. Et me voilà ... devant mon assiette à me préparer pour un match parce que Cho Chang est malade. C'est un complot, j'en suis sûre ! »
« Pourquoi ? » demanda Luna.
« Parce qu'on affronte les Serpentards et que Drago est leur nouvel attrapeur... »
« Et tu penses qu'il l'a rendue malade. »
« Oui, mais innocent jusqu'à preuve du contraire... »
Elle fixa le blond avec suspicion mais ce dernier discutait avec ses amis Serpentards sans la regarder. Il semblait très à l'aise. Pas vraiment l'attitude d'un coupable... Mais elle avait appris à ne jamais faire confiance aux gens, du moins pas totalement ou aveuglément. Surtout les Serpentards. Elle-même en avait le comportement par moment. Jouer la comédie était un masque qu'on portait en tout temps.
« Dans ce cas, » commença Padma avec une légère excitation, ramenant ainsi le regard vert de son amie sur elle. « Coupable ou non, tu n'as qu'à lui en mettre plein la vue ! »
« Je n'ai qu'à ... hein ... Plus facile à dire qu'à faire. Nous avons les mêmes balais et il n'est pas un mauvais attrapeur. Sans oublier qu'il y a de nombreux facteurs à prendre en compte dans la recherche et la saisie du Vif d'Or, le facteur chance n'étant pas à négliger. Ce sera serré. »
Elle piqua dans son assiette avec une légère frustration. Une demi-heure plus tard, son déjeuner terminé, elle se leva et prit le chemin du terrain de Quidditch. Beaucoup de gens s'y dirigeaient déjà pour prendre place dans les gradins. Elle se changea en silence devant ses coéquipiers. Elle n'était pas très bavarde lors des entraînements, et aujourd'hui elle n'avait pas du tout envie de parler. Elle écouta le discours d'encouragement et prit son balai avant de suivre les autres sur le terrain.
Le bruit des acclamations était surprenant. Elle n'avait jamais rien entendu de pareil. Elle n'avait jamais assisté à un match de sa vie non plus. Elle avala difficilement en regardant les gradins. Elle se vida l'esprit et enfourcha son balai pour prendre son envol. Le vent la détendit progressivement et elle rejoignit son équipe, faisant face à Drago. Ce dernier lui faisait un petit sourire, le regard empli de défi. Elle le lui rendit. Mme Bibine libéra les balles de jeu et lança le souaffle.
La partie commença avec brutalité. Les passes étaient faites, les cognards renvoyés, les buts arrêtés. Les supporters de chaque équipe criaient et scandaient les noms des joueurs lors de leurs succès et boudaient face à leurs échecs. Mais tout se faisait dans un certain respect. Les Serpentards restaient fourbes dans leur chemin de la victoire, mais ils n'agissaient pas avec autant de haine qu'avec les Gryffondors.
Après plusieurs tours de terrains et quelques zigzags entre les joueurs, Harriet repéra le Vif d'Or. Elle se mit directement en chasse. Elle était penchée en avant sur son balai, les yeux rivés sur la balle dorée. Elle ne vit le cognard arriver sur elle qu'au dernier moment. Elle fit une roulade sur son balai pour l'éviter et continua à la poursuite du Vif d'Or. Sauf qu'il avait disparu. Mais pas le cognard. Il revenait à la charge ! La jeune Serdaigle fonça au loin afin de rester au plus loin de la balle ensorcelée.
« Dès que je revois cet elfe de malheur, je le tue ! » siffla-t-elle entre ses dents serrées, alors qu'elle évitait le cognard une fois de plus.
Elle évita la balle tout en faisant le tour du terrain. Les batteurs tentèrent de le repousser pour la protéger mais il revenait sans cesse. Elle fonça droit sur le mur du stade et remonta en piquet à la dernière seconde. Elle entendit le bruit du bois qui se brise. Elle continua de voler, refoulant sa panique à l'arrière-plan. Elle revoyait le passage du film derrière ses yeux, le cognard brisant le bras d'Harry Potter. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas brisé quelque chose et elle n'était pas pressée de revivre cette douloureuse sensation.
Cette sensation, d'abord imaginaire, devint très vite réelle. Une horrible douleur dans son avant-bras. Elle n'avait pas su l'éviter une fois encore. Elle n'aurait pas pu le faire indéfiniment. Elle n'était pas entraînée pour ça. Elle voyait flou et gémissait, tentant tant bien que mal de maîtriser son balai à une main, son bras blessé contre son corps. Elle se désintéressa totalement du jeu, concentrée sur sa survie. Hélas, le cognard continuait de la pourchasser.
Elle atterrit en catastrophe sur le sol et roula plusieurs fois sur elle-même. Elle se redressa en entendant la balle lui foncer dessus et elle se déplaça sur le côté afin de l'éviter. Elle se redressa sur ses jambes, son bras toujours collé contre son corps. Elle avait des larmes qui lui brouillaient la vue alors qu'elle fuyait toujours le cognard. Ses lunettes étaient tombées à terre. Elle courrait aussi vite qu'elle pouvait vers des formes floues au loin. D'instinct, elle se dirigea vers un adulte tout vêtu de noir, au fond d'elle-même, elle sentait que c'était Severus. Elle en eut la confirmation quand elle arriva auprès de cette silhouette et qu'elle entendit sa voix grave. Il lançait un sortilège pour détruire le cognard.
Elle sentit assez rapidement l'odeur d'herbes et d'ingrédients pour potions et elle resta accrochée à la robe noire, légèrement tremblante. Le bras de son frère la protégeait et la soutenait à la fois.
« C'est fini, Miss Potter, » dit-il calmement, d'une voix neutre. « Vous ne risquez plus rien. »
Elle s'écarta un peu de lui pour reprendre un peu contenance. Malgré sa vue troublée par les larmes et l'absence de verre de contact, elle put reconnaître une légère lueur d'inquiétude dans le regard de Severus.
« Merci ... merci, professeur, » répondit-elle alors en serrant son bras douloureux contre elle.
« Cette pauvre petite a le bras blessé, » fit alors le professeur Lockhart qui s'était approché.
L'homme aux cheveux blonds sortit sa baguette.
« Ne vous approchez pas de moi ! » s'écria immédiatement Harriet.
« Allons, allons, Harriet, je vais régler cela en un rien de temps. Vous n'aurez plus rien après. »
« C'est bien ce qui me fait peur, » siffla-t-elle en reculant derrière le Maître des Potions. « Je préfère encore me faire soigner à la moldue plutôt que vous laissez faire. »
« Je vous emmène à l'infirmerie, Miss Potter, » ajouta Severus en posant une main sur son épaule. Il agita sa baguette de l'autre. « Accio Lunettes d'Harriet Potter. »
La jeune fille le remercia d'un signe de tête et ils s'en allèrent ensemble.
« Et le match ? » fit une voix derrière eux, celle du capitaine de Serdaigle, toujours perché sur son balai.
« Je suis incapable d'attraper le Vif d'Or et tenir mon balai avec un seul bras, Dwight, je suis désolée, » répliqua Harriet avec une légère grimace de douleur sur son visage.
Elle tenait toujours son bras contre son ventre et marchait lentement en compagnie de Severus. Une fois qu'ils furent seuls et à l'abri au château, Harriet se détendit légèrement.
« Ton bras, ça va ? » demanda le Maître des Potions.
« Aussi bien qu'un bras cassé peut aller bien. »
« Tu crois que c'est ... ? »
« Certaine et dès que je le vois, je le tue de mes propres mains ! »
Severus ricana.
« Je ne trouve pas ça drôle. C'est douloureux ! »
« Pas autant qu'un doloris, tu peux en être sûre. »
« Je ne veux pas savoir. »
« Et j'espère que tu ne le découvriras jamais. »
Ils se dirigèrent vers l'infirmerie et Mme Pomfresh s'occupa rapidement de son bras. Elle ressortit dix minutes plus tard, le bras complètement soigné.
« Tu as besoin de quelque chose ? » demanda Severus en jetant un coup d'oeil à sa soeur.
« Un poison particulièrement lent et douloureux ainsi que du matériel de torture ... et un alibi en béton pour le meurtre d'un elfe de maison de la famille Malfoy. »
L'homme eut un rictus et ébouriffa doucement les cheveux de sa soeur.
« Eh ! Si tu ne veux pas que je transforme ta crinière en pétard, je te conseille fortement de ne pas recommencer ! »
« Qu'est-ce que tu espères pouvoir me faire, petite peste ? J'en ai vu des choses qui te feraient frémir de frayeur. »
« Qui a dit que ce serait pour t'effrayer ? » demanda Harriet avec un sourire maraudeur. « Je peux très bien te pourrir l'existence. »
« Oh mais tu le fais déjà, jeune fille, » répliqua Severus avec un sourire narquois.
« Oui, c'est ça, moi aussi je t'aime, Sev. »
« Je te demande pardon ? » fit ce dernier, surpris.
« J'ai dit que je t'aimais. Quand je disais que j'aimais le personnage de Severus Snape, je n'ai pas menti, Sev. Je t'aime beaucoup. Tu fais beaucoup de choses, tapis dans l'ombre. Tu es le Batman du monde sorcier. L'homme qu'on prend pour un criminel alors que tu es le héros de l'histoire. »
« Je ne suis pas un héros. »
« Si t'en es un ! »
« Non ! »
« Si ! »
« Non ! »
« Si ! »
« J'abandonne ! » soupira Severus alors qu'Harriet se mettait à rire. « Petite peste ! »
« Moi aussi, je t'aime ! »
