Chapitre 28 : Club de Duel
Si tu l'oses : 266. vipère
« Harriet, regarde ce que je viens de lire, » dit Hermione en s'installant à la table des Serdaigles au déjeuner.
« C'est quoi ? » demanda la jeune fille en prenant la feuille jaune. Elle y jeta un regard. « Oh génial ... Moi qui espérait ne pas devoir perdre mon temps à ça ... C'est mauvais. »
« Pourquoi, tu es amie avec Malfoy, non ? »
« Mais pas avec Weasley. » La jeune Prince soupira et rejeta le prospectus annonçant le fameux club de duel dirigé par Lockhart. « Je sens que je vais m'ennuyer et me faire des ennemis bientôt. »
« Plus que depuis que tu as trouvé Colin ? » demanda la Gryffondor.
« Je n'ai pas touché à Colin ! »
« Je sais. C'est ... Au fait, parlant d'elle, j'ai remarqué qu'elle était de plus en plus renfermée. Et mal à l'aise en public. »
Harriet jeta un regard à la table des Gryffondors et fixa une personne en particulier.
« Elle est pâle. Tu as remarqué quelque chose d'autre ? »
« Non. Elle a toujours le nez dans un livre ou ses devoirs quand elle ne regarde pas par la fenêtre. Je la vois parfois écrire dans un carnet mais cela ne veut rien dire. Je n'ai pas de preuve pouvant dire qu'il s'agit du journal. »
« Il va falloir attendre qu'elle le jette dans les toilettes ..., » soupira alors Harriet.
« En espérant qu'elle le jette dans les toilettes. Si elle le jette, » termina la brune en se servant quelques toasts.
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Le temps était mauvais, il tirait vers le blizzard. Plus un temps à sortir. Les courants d'air dans les couloirs étaient glacés. Harriet avait rejoint ses amis devant l'estrade pour l'inauguration du club de duel. Hermione les tira, Padma, Luna et elle vers Drago.
« Malfoy, dis-nous que c'est ton parrain qui va l'envoyer à l'infirmerie, » fit la Gryffondor.
Le Serpentard fut surpris que la brune vienne directement lui parler et, surtout, lui demander ça.
« Qui t'a dit que ... »
« C'est bon, Drago, toute personne ayant un minimum d'intelligence et l'oeil pour le remarquer peut voir que Snape est ton parrain, » intervint Padma.
« Hermione, je t'ai déjà dit qu'il le fera, » sourit Harriet. « Ce bouffon mérite une humiliation dans les formes. Surtout que tout cela n'est que parodie comparé aux vrais duels. »
« Je veux juste avoir des vacances. »
« Hermione Granger qui demande des vacances, hein... Maintenant j'ai tout entendu, » ricana Drago.
« Comme ça je pourrais lire de vrais livres pour apprendre à me défendre. Ses livres sont inutiles et souvent incorrects ! Ils sont justes bon à servir de bois de chauffage. »
Tout le groupe sourit à cela avant de se tourner vers l'estrade où Lockhart venait d'apparaître dans une tenue de combat claire. Il portait une cape bleu roi.
« Est-ce que tout le monde me voit ? » demanda-t-il avec un immense sourire. « Est-ce que tout le monde m'entend ? Bien. »
Il fit volte-face pour s'adresser à toute l'assemblée.
« En raison des sombres événements de ces dernières semaines, le professeur Dumbledore m'a donné l'autorisation d'ouvrir ce petit club de duel afin de vous former et de vous entraîner au cas où vous auriez à vous défendre, comme cela m'est arrivé maintes et maintes fois. Pour plus de détails, je vous renvoie à mes livres. »
Il se débarrassa de sa cape et la jeta hors de l'estrade. Plusieurs filles se disputèrent le vêtement avant que le silence ne revienne dans la salle.
« Je vous présente mon assistant. Le professeur Snape ! »
« Oh Merlin, » fit le Drago.
« Oui, Drago, je te le confirme, » dit Harriet en jetant un regard noir à Lockhart. « Il a osé rabaisser le meilleur duelliste de l'école après les professeurs Flitwick et Dumbledore d'assistant. »
« C'est plutôt lui qui devrait être assistant ! » siffla le blond.
« Mais tu as oublié le plus important, Malfoy, » intervint ironiquement Hermione. « Gilderoy Lockhart a fait de 'grandes choses' ! »
Le blond eut un rictus moqueur et ils regardèrent la suite du show.
« Il a très sportivement accepté de m'aider pour une petite démonstration. N'ayez crainte, votre maître des potions sera toujours en état de vous faire cours quand j'en aurais fini avec lui. Faites-moi confiance, » continua Lockhart en sortant sa baguette.
« Ca pour sûr, on a confiance, » commenta Padma. « Cet homme va finir comme ingrédients à potions ! »
Les deux professeurs se saluèrent avant de se poster chacun à une extrémité de l'estrade, prêt à combattre. Enfin... prêt, Lockhart tenait sa baguette avec désinvolture. Quant à Severus, il semblait avoir mangé un citron juste avant de venir. Harriet avait de la peine pour lui. Le pauvre devait participer à cette mascarade. C'était humiliant. Ce serait plus acceptable si un étudiant l'affrontait en guise d'exemple. Cela ressemblerait plus à un cours.
« Un ... deux ... trois, » dit distinctement Lockhart.
« Expelliarmus ! » s'exclama Severus.
Le sort frappa la célébrité en pleine poitrine et il s'envola sur une vingtaine de mètres, lâchant sa baguette. Lockhart se releva avec difficulté mais plaça directement un sourire sur son visage pour montrer qu'il allait bien. Cela ne l'empêchait pas de boiter légèrement. Harriet lança un sourire discret à son frère alors que Lockhart reprenait la parole.
« C'était une excellente idée de leur montrer ça, professeur Snape. Mais sans vouloir vous offenser, j'avais tout de suite deviné ce que vous aviez en tête. Et si j'avais voulu vous en empêcher, je n'aurais eu aucun mal à le faire... »
« Oui et nous on est les descendants des fondateurs, » répliqua Hermione.
« Déconne pas, je suis la cousine à je ne sais plus quel degré de Voldy-face-de-serpent. »
« Tu déconnes, là ? »
« Non. »
Ses amis la regardèrent avec des yeux ronds.
« Je suis une descendante des Peverell, tout comme lui, » dit-elle en haussant les épaules.
« Donc, tu es une descendante de ..., » commença Hermione, hésitante.
« Non, je ne suis pas une descendante de Serpentard, mais une cousine d'un de ses descendants. Ma quadrisaïeule était Iolanthe Peverell. Et un autre membre de la famille Peverell s'est marié avec la famille Gaunt, descendante de la famille Serpentard. Voilà tout. On est des grands-cousins à je ne sais plus quel degré. »
« Cela arrive souvent dans les familles Sang-Pur, » confirma Drago, songeur. « On est tous lié à un certain degré. En particulier les vieilles familles. »
Pendant ce temps, Severus proposa à Lockhart sur un ton assez condescendant et empreint de haine de commencer à apprendre à comment neutraliser les mauvais sorts.
« Excellente suggestion, professeur Snape. Il nous faudrait deux volontaires... Hum, tiens, Potter et Weasley, par exemple ! » s'exclama Lockhart.
« Oh non, » soupira Harriet en montant sur l'estrade, du côté de son frère.
Elle échangea un bref regard avec lui avant de se concentrer sur Weasley. Elle sortit sa baguette. Le roux la fixait avec dégoût et crainte. Il croyait à la rumeur disant qu'elle était soi-disant l'héritière de Serpentard. Cela lui faisait des vacances, elle ne devait plus supporter ses avances depuis. Tant que ses amis et sa famille savaient qui elle était réellement, pour le reste elle s'en fichait. Les deux adolescents se saluèrent et se placèrent à vingt pas l'un de l'autre.
« Attention ! A trois. Jetez un sort pour désarmer votre adversaire. Seulement pour le désarmer. Nous ne voulons pas d'accident. Un... Deux... »
« Everte Estatim ! » cria Weasley.
Harriet s'envola et tomba au sol au pied de son frère. Elle siffla de douleur en se tenant le genou. Elle était mal tombée dessus. Elle lança un regard noir au Weasley et accepta volontiers la main que Severus lui tendait pour se relever. Elle se remit en position et lança un rictusempra. Le Gryffondor s'effondra au sol, incapable de s'empêcher de rire. Il ne lâcha pas sa baguette pour autant. Il eut du mal à annuler le sort.
« J'ai dit désarmer, c'est tout ! » intervint Lockhart.
Cela sembla bien trop familier aux deux Prince. Harriet serra le poing quand Weasley se releva. Elle le vit s'humidifier les lèvres. Elle pria pour qu'elle ne lance pas le sortilège qu'elle pensait qu'il allait lancer.
« Serpensortia. »
Elle se tendit. Elle ne vit non pas un serpent sortir de la baguette du rouquin mais bien une dizaine.
« Des vipères, rien que ça, » dit-elle, la voix mal assurée en reculant.
Elles fonçaient toutes sur elle. Elles crachaient. C'était un piège pour l'obliger à montrer qu'elle était fourchelangue. Pour alimenter la rumeur. Un silence lourd s'abattit sur la salle. Severus s'avança pour aider sa soeur mais Lockhart avait déjà agité sa baguette pour venir en aide à Harriet. Sauf que ce fut pire que mieux. Il fit voler les serpents en l'air et ils atterrirent tous brutalement et pas spécialement sur l'estrade. Certains réapparurent dans le public.
« Vous êtes fou, Lockhart ! » s'écria le Maître des Potions en détruisant les quelques qui étaient sur l'estrade.
Mais sa voix fut couverte par des hurlements de terreur. Et il était trop dangereux pour Severus d'intervenir, il pourrait plus blesser les élèves par inadvertance. Harriet entendit les sifflements rageurs des vipères. Elles n'avaient pas apprécié le baptême de l'air et étaient prêtes à mordre quiconque sur son chemin. Elle inspira profondément et se mit à siffler doucement mais avec autorité. Elle charma les reptiles et les invita à revenir sur l'estrade.
« Un terrarium, s'il vous plait, professeur, » demanda-t-elle poliment à son frère en croisant son regard quelques secondes.
Severus ne l'avait encore jamais entendue parler fourchelangue. Il était saisi. Il se reprit rapidement et fit ce qu'elle demandait. Elle obligea les vipères à rentrer dedans avant de le refermer. Elle se retourna ensuite vers Lockhart et Weasley. Elle s'avança directement vers ce dernier et lui donna une claque.
« Des serpents, espèce de malade ! Des vipères extrêmement venimeuses ! Si jamais un élève a été mordu, ce sera par ta faute ! T'es cinglé ! »
« C'est toi le monstre, » répliqua Weasley en se tenant la joue et la menaçant de sa baguette, tremblant légèrement. « Tu lances le monstre de Serpentard sur les Nés-Moldus ! Tu les as lancés sur nous ! »
« Tu les as créées ! Et c'est Lockhart qui les a énervées ! Encore heureux que je sois fourchelangue pour les maîtriser ! Quant au monstre de Serpentard, ce n'est pas moi ! Je n'ai rien à voir avec le taré qui veut tuer des Nés-Moldus ! Je ne suis pas pour la pureté du sang ! Je suis Sang-Mélée ! Et au cas où personne ne serait au courant, ma mère ETAIT une Née-Moldue ! Alors je suis bien mal placée pour faire quelque chose du genre ! Je trouve cela grotesque ! »
Elle repartit en boitant, quittant la salle. Tout le monde s'écarta sur son passage, apeuré. Elle se dirigea immédiatement dans la Salle-sur-Demande. Elle avait besoin d'être seule. Elle fila dans sa chambre d'adolescente de sa vie antérieure et se pelotonna dans son lit. Elle plongea sa tête dans son oreiller et se mit à hurler.
Pendant ce temps, Severus remit de l'ordre dans la Grande Salle. Ce ne fut pas très difficile d'exiger le silence. Il inspirait la peur rien que par son regard. Personne ne l'aimait ou presque. Il demanda si quelqu'un avait été mordu. C'était le cas de deux élèves. Il les fit envoyer directement à l'infirmerie et s'attarda sur un antidote pendant une vingtaine de minutes. Puis, il alla voir Minerva pour l'informer de la situation. Elle lui promit que Weasley serait sévèrement puni pour avoir mis les autres élèves en danger. Et elle s'occuperait également de Lockhart mais ce dernier était une cause perdue. Il ne restait plus qu'à savoir où était Harriet. Severus avait vu qu'elle était blessée.
