Chapitre 30 : Noël en Famille

Si tu l'oses : 130. sécurisé

Harriet rentra et se jeta dans le canapé.

« La maison enfin ! » s'exclama-t-elle avec soulagement.

« T'y habitues pas trop vite, ma chérie, » dit Eileen en sortant sa valise de sa poche. « Demain, tu es à Gringott's auprès de Gnarlak. »

« Je préfère encore être surveillée par Gnarlak qu'être à Poudlard avec tous ces regards et ces murmures ! J'en peux plus ! Et c'est pire depuis l'attaque de Sir Nicolas et Finch-Fletchley. Juste parce que c'est encore moi qui les ai trouvés. Ils n'ont même pas enregistré que je les ai découverts en compagnie d'Hermione ! C'est pourtant une Née-Moldue elle aussi ! Et ce foutu Weasley, il est débile ! J'en ai marre de l'école ! On peut envisager l'école privée ? »

« Non, cela ne va pas être possible. Cela ne se fait plus en Angleterre. Et il faut que tu te sociabilises. »

Harriet grogna pour la forme mais n'ajouta rien. Elle savait au fond d'elle-même qu'elle faisait un caprice.

« Tu es en train de me faire ta crise d'adolescence, c'est normal, » la rassura sa mère.

« Prie pour que je ne fasse pas une aussi violente que la première, » rétorqua la Serdaigle.

« C'était si moche que ça ? »

« Tu n'as pas idée, » soupira Harriet. « Je hais la puberté. »

Eileen rit doucement alors qu'elle caressait les cheveux de sa fille.

« Et si on se faisait une séance cuisine ? Cela fait longtemps qu'on ne s'est pas cuisiné quelque chose ensemble. »

« Je vote oui ! » fit la jeune fille en se levant directement.

Les deux sorcières partirent directement en cuisine.

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Harriet ferma son livre avec frustration et se prit la tête dans les mains. Elle ne remarqua pas les yeux luisants qui l'observaient depuis le bureau. Gnarlak avait accepté de la garder une fois encore. Mais la jeune fille semblait très agitée.

« Vous semblez préoccupée, Miss Potter, » dit-il en posant sa plume. « Des ennuis ? »

« Un Weasley qui fait tout pour que le monde croit qu'il sera le futur Lord Potter un jour et le lendemain, il m'accuse que je suis l'Héritière de Serpentard et que je veux tuer des Nés-Moldus. Je vis auprès d'adolescents pleins d'hormones et j'en viens à détester mon corps qui se bourre de ces satanées hormones ! » Elle soupira. « Désolée d'avoir élevé la voix. »

Le Gobelin fit un sourire, montrant ses dents pointues, amusé.

« Cela passera. »

« Dans cinq ans. Si j'ai de la chance. »

Elle regarda son livre et grimaça avant de se laisser tomber en arrière sur le sol, à même le tapis devant le feu de cheminée.

« Voulez-vous m'aider ? »

« A faire la compta ? »

« Vous n'êtes pas mauvaises en calcul. »

Elle souffla.

« D'accord. Je veux bien. Cela me changera un peu les idées. »

Gnarlak lui tendit quelques parchemins et elle commença à faire les calculs sur un autre, vierge. Le Gobelin les vérifierait plus tard mais il n'avait que rarement vu des erreurs quand elle travaillait. Elle n'était pas aussi rapide que lui mais cela l'occupait et elle se détendait généralement après quelques instants sur des nombres. Cela avait pour mérite de ramener le calme dans son bureau et lui permettre de reprendre son travail. Cela n'était pas arrivé très souvent. Harriet Potter était très calme et mature.

Il lui avait appris quelques petites astuces pour la gestion de son argent et l'économie sorcière. Elle semblait bien connaître l'économie moldue bien que plus avec les francs que la livre sterling. Elle arrivait aussi à déterminer qu'est-ce qui pouvait être une arnaque parfois, quand elle s'y attardait. Ou quand il y avait un problème dans un compte. A croire qu'elle avait eu un diplôme en comptabilité !

Eileen revint chercher sa fille en fin de journée et la retrouva sur un bureau avec une plume.

« Tu as décidé d'escroquer un Gobelin ? » demanda-t-elle amusée.

« Tu plaisantes. S'ils le remarquent, je le payerai au centuple ! Je n'oserai jamais. Le meilleur moyen de faire de bonnes affaires avec les Gobelins, c'est de s'en faire des amis. C'est bien plus profitable sur le long terme et plus sécurisé. »

Gnarlak ricana.

« Au revoir, Miss Potter. A demain. »

« Au revoir, Maître Gnarlak. »

Les deux Prince sortirent, Harriet sous glamour pour éviter d'éventuels fans ou journalistes.

« Ton frère va venir ce soir, » confia Eileen.

« Cela va faire étrange. »

« De ne plus être toutes les deux ou qu'il soit là ? »

« Les deux. »

La mère rit doucement.

« Cela va être étrange pour tous les trois, ma puce. Severus n'a pas fait de vrai réveillon heureux depuis très longtemps. »

Elles s'arrêtèrent dans un magasin de vêtements pour racheter quelques chemises et capes avant de rentrer à la maison. Harriet partit immédiatement pour la cuisine pour préparer la dinde de Noël. Elle l'avait déjà évidée et préparée et faisait mitonner les légumes quand Severus arriva.

« Tu arrives bien tôt, mon fils, » dit Eileen avec un sourire en venant l'embrasser.

« Je peux très bien revenir plus tard, » répliqua malicieusement ce dernier.

« Et qui va déboucher le champagne alors ? » demanda Harriet, avec un sourire.

« Tu es trop jeune pour le champagne. »

« Je bois du kidibull ! » rétorqua-t-elle.

« Du quoi ? »

Les sourcils de Severus étaient remontés, signe qu'il ne comprenait pas.

« Du kidibull. Une boisson pour les enfants. C'est fruité et ça fait des bulles, comme du champagne mais sans alcool. C'est moldu. »

Le Maître des Potions regarda sa mère.

« Je ne connaissais pas non plus avant qu'elle me le fasse découvrir, il y a cinq ans, » dit cette dernière.

« Je peux faire quelque chose ? » demanda ensuite Severus en voyant sa soeur occupée en cuisine.

« Tu peux mettre la table, si tu veux, » sourit sa mère. « Moi, je vais m'assurer qu'elle ne brûle rien. »

« J'ai entendu ! » fit une voix depuis la cuisine.

Eileen rit et même un rictus apparut sur le visage du Serpentard. Il mit le couvert avant de s'appuyer contre le chambranle de porte de la cuisine. Sa mère et sa soeur riaient et gloussaient ensemble. Severus ne se souvenait pas de quand il avait entendu sa mère rire ainsi quand il était jeune. Sans doute la présence de son père ... Eileen Prince semblait bien plus épanouie loin de cet ivrogne moldu. Plus heureuse. Cela faisait plaisir à voir.

Harriet finit de préparer le repas et sortit la dinde du four.

« A table ! » dit-elle joyeusement.

Elle posa le plat sur la table. Elle tendit le couteau à son frère et s'installa.

« A toi l'honneur. »

Severus prit la lame et servit les deux dames avant lui-même. Ils mangèrent en silence mais ce n'était pas angoissant. Il y avait de la musique. Pas spécialement des cantiques de Noël. Il s'agissait de tous les tubes du moment. En voyant sa soeur suivre le rythme avec un sourire, allant jusqu'à parfois murmurer quelques paroles, le Maître des Potions prit la parole.

« On écoute encore ces musiques dans le futur ? » demanda-t-il, curieux.

« Cela dépend des personnes. Mais j'aime beaucoup les vieux groupes. Mon père m'a appris à apprécier un peu tous les styles. C'est vrai que les tubes à venir me manquent beaucoup mais je n'ai pas tant de temps que cela à attendre. Ils ressortiront. Mais cela me donnera l'occasion d'en découvrir d'autres. »

Eileen rit.

« Ce n'est pas bien de trop s'intéresser au futur. »

« Oh, je t'en prie, Maman, » soupira l'homme. « Vous êtes toutes les deux très mal placées pour me faire la morale. »

« Il a raison, Maman, » intervint Harriet. « Mais moi, je suis victime de cette histoire, Sev. Ne l'oublie pas. »

« En te voyant chaque jour, c'est si facile de l'oublier. »

« Parce que je le cache bien et que je sais m'adapter. »

« Vous faites quoi généralement pour Noël ? » demanda ensuite Severus.

« Cela dépend, » répondit Eileen. « On joue aux échecs, on lit, on discute, on regarde des films. »

« Des films ? La télévision ? »

« Si Harriet n'a pas sa dose de films, elle peut être un peu insupportable. Tu as du le remarquer un peu l'année dernière. »

« Eh ! » s'indigna la concernée. « C'est même pas vrai. »

Elle croisa les bras et se mit à bouder, faisant rire Eileen.

« A propos de films, j'en ai acquis un nouveau. »

« Lequel ? » fit Harriet, curieuse et excitée.

« Face à Face. »

« Face à Face ? » répéta la jeune fille. « Face à Face ... et en français ? »

« Face à Face. Traduction littérale pour une fois. »

« Hmmm. Avec ... Christophe Lambert ? »

« Oui, » sourit Eileen.

« Génial ! »

« Que d'enthousiasme ..., » commenta Severus avec un rictus amusé.

« Cela doit bien faire quinze ans que je ne l'ai pas vu en même temps ! » répliqua Harriet. « On peut le regarder ce soir ? Ou demain ? »

Eileen échangea un regard avec son fils qui haussa des épaules.

« Bien sûr, Harriet, » répondit-elle avec un sourire. Elle fit venir la cassette à elle. « Va la mettre dans le magnétoscope pendant que je débarrasse. »

« Youpiii ! » s'exclama la Serdaigle en se précipitant dans le salon avec la cassette vidéo.

« Là, j'ai vu plus une enfant qu'une adulte ... »

« Difficile pour elle de rester une adulte en étant entourée d'enfants et d'adolescents, » répliqua Eileen en rassemblant la vaisselle sale. « Elle a été jusqu'à me demander l'école à la maison. »

« Cela ne se fait plus en Angleterre... »

« Je sais. Toute cette affaire de Chambre des Secrets lui prend la tête, je suppose. »

« Cela n'a rien d'étonnant. »

« Est-ce que tu es disponible demain ? »

« Hmmm ... oui, pourquoi ? »

« L'affaire Black. »

« Tu es toujours dessus ? » s'étonna Severus.

« Il le faut bien. Sirius Black est innocent. Dans le cas contraire, j'aurais déjà pu rouvrir le dossier d'enquête depuis longtemps. »

« C'est vrai que c'est étrange. Tu veux que j'y jette un oeil ? »

« Ce qu'il nous faudrait c'est Pettigrow. »

« Sauf que pour attraper un Maraudeur, pour bien faire, il nous faudrait un Maraudeur, » intervint Harriet en revenant dans la salle à manger.

« Tu ne devais pas regarder un film ? » demanda Severus en relevant un sourcil.

« C'est ça, fais comme si j'étais une gamine de douze ans, je ne te dirais rien. »

« Tu es une gamine de douze ans. Tu en as le comportement en tous cas. »

« Peut-être parce que j'ai dû agir comme une enfant et grandir une deuxième fois. Cela laisse des traces. Au lieu de dire des choses sans importance, viens regarder le film avec moi. Il est super ! »

« Je ne regarde pas les histoires à l'eau de rose, » prévint l'homme.

« T'inquiète, c'est un thriller. Des meurtres, du sang, des cadavres, une enquête et des échecs. Ça devrait te plaire. Allez viens. »

« C'est bon, j'arrive, Petite Peste. »

Harriet sourit tandis qu'Eileen riait doucement. La Serdaigle repartit dans le salon avec un pot de friandises.

« 'Petite peste' ? » demanda la mère, amusée.

« Elle m'appelle bien 'vieux cornichon.' »

« Tu as oublié le 'opportuniste', » ajouta la voix d'Harriet depuis le salon.

Severus leva la main en direction de la voix. Eileen rit et poussa doucement son fils vers le salon, prenant les bouteilles de cidre et de kidibull avec elle, ainsi que trois flutes. Cela allait être la première vraie soirée en famille. Quoi de mieux qu'une soirée cinéma ?