Si tu l'oses : 267. illégal
Harriet marchait rapidement vers la salle de classe où se donnerait le cours d'Arithmancie avec Drago. Elle savait qu'Hermione avait pris l'option – ainsi que toutes les autres ! – mais elle n'était pas avec elle pour le moment, elle la verrait certainement apparaître comme ça en cours dès qu'elle prendrait la parole. Elle sourit à l'idée. Padma était partie pour le cours de divination avec cette folle de Trelawney. La jeune Prince était bien contente de ne pas y aller. Pas de Weasley et pas de prophéties morbides. Que du bonheur !
Elle s'installa à une table avec le Serpentard et attendit patiemment en feuilletant son manuel, Numérologie et Grammaire. Cela lui semblait bien compliqué. Mais il lui fallait encore un cours et elle ne voulait pas perdre son temps avec un cours qui n'était même pas reconnu comme une discipline sûre. Les prédictions étaient toujours obscures et pouvaient être interprétées de bien des manières. Elle ne voulait pas entendre durant trois années entières des élucubrations d'une cinglée qui, selon Severus, était accro à sa bouteille de vin d'oeillet !
Le professeur Vector, une femme d'une bonne quarantaine d'années à la longue chevelure noire parsemée de quelques cheveux gris, entra et fit un sourire chaleureux à sa classe alors qu'elle s'installait à son bureau. Harriet sursauta en sentant une main sur son épaule et vit le sourire amusé d'Hermione ainsi qu'un pendentif avec un sablier bien en vue autour de son cou. Elle avait déjà quelques petites tâches d'encre sur ses doigts, signe qu'elle avait déjà suivi un cours.
« Alors ? » murmura-t-elle.
« J'ai rien à dire. Rien de plus que ce qui est décrit dans le livre. Sauf peut-être qu'il manquait quelqu'un pour que cela soit conforme. »
« Tu peux toujours rêver ! »
« Je sais. Je vais voir si j'y reste ou sinon, je vais l'abandonner. »
Elles se turent quand le professeur d'arithmancie commença à faire l'appel.
« Vous êtes ici parce que vous avez choisi dans vos options le cours d'Arithmancie, » dit-elle ensuite en tenant son livre de numérologie. « C'est une discipline assez difficile qui demande beaucoup de rigueur et de travail. L'arithmancie est une des très nombreuses techniques de divination. A la différence du cours de divination dispensé par le professeur Trelawney, il n'y aura ni boule de cristal, ni feuilles de thé. Que des nombres et des nombres seulement. Dans l'absolu, il s'agit de transformer le prénom et le nom des gens en une suite de chiffres pour obtenir trois nombres divinatoires : le nombre d'expression, le nombre de réalisation et le nombre intime. Mais nous approfondirons cela plus tard. »
Elle les invita à ouvrir leur manuel.
« L'arithmancie a été inventé durant l'Antiquité, au sixième siècle avant notre ère, en Grèce, par un célèbre sorcier et arithmancien, Pythagore, aussi connu dans le monde moldu pour son école philosophique, fondée en 512 avant notre ère. »
Harriet, philologue classique dans son ancienne vie, leva la main à la mention du mathématicien.
« Oui, Miss Potter ? »
« Selon Porphyre, Pythagore n'aurait rien écrit. Du moins, c'est ce que retiennent les Moldus, malgré quelques contradictions venant d'Héraclite ou quelques autres auteurs antiques. Qu'en est-il d'un point de vue sorcier ? »
La professeur sourit.
« Il a écrit l'un ou l'autre traité mais ils sont méconnus des Moldus parce que traitant de points très précis de la magie. »
Les yeux de la Serdaigle luisirent quelques secondes. Elle aurait des ouvrages à lire sur Pythagore pour compléter sa vision du philosophe. Elle échangea un regard avec Hermione qui comprit immédiatement ce qu'elle avait à l'esprit et hocha la tête. Elles iraient à la bibliothèque durant leur pause de midi.
xXxXxXx
« Quand mon père entendra que le directeur a nommé ce lourdaud professeur, » dit Drago alors qu'ils marchaient vers la lisière de la forêt.
« Drago, mon trésor, » fit alors Harriet d'une voix douce, à l'opposé de ce qu'exprimait son regard sombre.
Le blond se tendit à l'appellation. Elle ne l'appelait comme ça que quand elle n'était pas contente.
« Un conseil. Ecoute bien ce que ce 'lourdaud' dira et tu n'auras pas d'accident. Il connait bien les créatures magiques. Il s'en occupe à longueur de journée depuis des années. Même s'il est à moitié géant, tu pourrais beaucoup apprendre de lui. Ou sinon, tu peux toujours changer d'option et aller en études des Moldus... »
Elle avait dit tout cela en s'arrêtant devant un enclos. Elle avait enlevé une poussière imaginaire sur la tenue du Serpentard et remis son col de chemise en place. Il soupira et fit un sec hochement de tête. Il n'aimait pas contrarier Harriet. Plus depuis qu'elle avait donné un coup de poing à Weasley deux années auparavant devant tout le monde. Il tenait à son image.
« Tu as su lire son livre ? » demanda-t-il en lui présentant son Monstrueux Livre des Monstres qui grognait et s'agitait malgré la ceinture qui le maintenait fermé.
Elle sourit en le prenant. Elle glissa doucement un doigt le long du dos poilu de la reliure. Le livre se mit à ronronner doucement avant de s'immobiliser. Harriet défit alors la ceinture et ouvrit le manuel.
« Voilà, » rit-elle doucement en le rendant à son ami qui avait les yeux écarquillés. « J'ai pu lire son livre, oui. »
Ils se placèrent à une légère distance des barrières et attendirent dans le calme, Drago feuilletant son livre, qu'Hagrid reviennent avec, comme Harriet s'y attendait, une demi-douzaine d'hippogriffes. Le demi-géant affichait un large sourire alors qu'il tirait sur les cordes pour empêcher les créatures de partir au galop et d'effrayer les élèves. Il les attacha à un piquet de l'enclos et en garda une en main, écartant ainsi un hippogriffe à la robe bleu-grise.
« La première chose qu'il faut savoir sur les hippogriffes, » dit Hagrid à toute la classe. « C'est que ce sont des créatures très fières. Extrêmement susceptibles ! Surtout, n'insultez jamais un hippogriffe ou cela pourrait bien être la dernière chose que vous ferez ! »
Les élèves se tendirent légèrement et hochèrent la tête, du moins ceux qui écoutaient le cours. Ce qui n'était pas le cas de tout le monde et Harriet ne fut pas surprise de découvrir Ronald Weasley en train de plaisanter avec un de ses amis. Elle reporta son regard sur l'enclos quand elle entendit Hagrid frapper dans ses mains.
« Bon ! Qui veut venir dire bonjour à Buck ? » demanda-t-il joyeusement.
Personne ne s'avança mais beaucoup reculèrent prudemment. La jeune Prince, elle, ne bougea pas. Elle regardait juste l'animal. Elle se souvenait parfaitement de ce passage du livre. C'était l'un de ses préférés. Puis, avec un sourire, elle s'avança et passa entre les deux planches d'une barrière de l'enclos.
« Miss Potter, » sourit le garde-chasse en lâchant doucement la bride de l'hippogriffe. « Magnifique. » Il s'adressa ensuite à toute la classe. « On doit toujours attendre que l'hippogriffe fasse le premier geste, par politesse. Il faut s'avancer vers lui et le saluer en s'inclinant et attendre. S'il vous salue en retour, vous avez le droit de le toucher. Sinon, je vous conseille de vous éloigner assez rapidement sans pour autant le provoquer. »
La Serdaigle suivit les instructions d'Hagrid, bien qu'elle savait déjà quoi faire, et s'avança doucement vers Buck. Elle s'inclina très bas et patienta. L'hippogriffe fut légèrement agressif, agitant ses ailes vers l'avant, et Harriet recula de deux pas sans le lâcher des yeux. Une brindille craqua sous ses pas et elle s'immobilisa, mal à l'aise. Le garde-chasse l'encouragea à rester immobile, prêt à intervenir en cas de danger. Puis, Buck finit par se calmer et s'incliner à son tour.
« C'est bon, tu peux le toucher, » sourit Hagrid en applaudissant, rapidement suivi par les élèves.
Harriet s'approcha lentement, la main tendue et parcourut la moitié du chemin, laissant à la créature la décision de venir accepter la caresse ou non. Elle sentit rapidement l'aspect rugueux de son bec sous doigts, vite suivi par la douceur de son plumage. Elle sourit alors qu'elle approchait doucement son autre main et lui accordait toute son attention.
Rapidement, suite à son succès, les autres élèves entrèrent dans l'enclos et s'approchèrent des autres hippogriffes. Tout se passa relativement bien. La Serdaigle gardait toutefois Drago à l'oeil, tellement qu'elle fut surprise en remarquant que l'imbécile impoli n'était pas un Serpentard mais encore et toujours le même Gryffondor. Elle soupira mais, d'un autre côté, pria en voyant Buck se dresser menaçant devant Weasley. Elle voulait qu'il souffre plus que d'une vulgaire petite griffure au bras.
Il y eut des hurlements et un horrible cri perçant. Weasley reculait en gémissant, se tenant son bras ensanglanté contre le corps. Hagrid faisait barrage entre ce dernier et la créature en colère. Harriet soupira à ce spectacle et jeta un oeil sur des cadavres de furets accrochés en bordure d'enclos. Ne voulant pas que son professeur soit blessé lui aussi, elle les prit et attira l'attention de Buck en en agitant un en souriant. Elle le lança à l'écart et l'animal fonça dessus avec plaisir, se désintéressant totalement de Weasley. Le demi-géant la remercia d'un regard avant de se pencher sur le rouquin toujours à terre.
« Le cours est terminé ! » dit-il en le prenant dans ses bras et se dirigeant alors vers le château.
Les élèves quittèrent l'enclos.
« Non mais quel imbécile ! » soupira Hermione. « Le professeur Hagrid a dit qu'il ne fallait pas les insulter ! »
« Mais Weasmoche est stupide, » rétorqua Drago en haussant des épaules. « Ce n'est pas une première. »
« En espérant que ni Buck ni Hagrid ne subissent de tort à cause de lui, » dit alors Harriet, songeuse. « Les animaux dangereux sont exécutés. »
« On peut toujours voir en bibliothèque pour trouver des articles de lois en faveur de Buck, » fit Hermione.
« Pas besoin, » répliqua le Serpentard. « Il y en a. Mon père est avocat. Le garde-chasse a très bien expliqué que les hippogriffes sont agressifs quand ils sont insultés. De plus, j'ai vérifié dans le manuel, c'est également écrit et souligné. Weasley est en tort. Quand bien même il y aurait un procès, il ne peut pas gagner. Il a délibérément insulté Buck. C'est comme si il était allé lui-même arraché une écaille à un dragon sans avoir peur de finir rôti ! »
« L'idée est alléchante, » fit pensivement la Serdaigle. « Quel dommage qu'il n'est pas si simple de se procurer un dragon... »
« Tu plaisantes ? » s'exclama Drago. « On dit que le garde-chasse a réussi à se procurer un oeuf de dragon il y a quelques années et qu'il l'aurait fait éclore. »
« Vraiment ? » dit Harriet, affichant un visage sceptique, bien qu'elle n'en douta pas une seconde.
« C'est ce qu'on dit. »
« C'est illégal pourtant, » répliqua Hermione.
Les trois élèves entrèrent à l'intérieur.
« On fait quoi maintenant ? » demanda Drago. « On a quelques heures à tuer avant le repas du soir. »
« Bibliothèque ? Devoirs ? » proposa la Gryffondor.
Les deux autres acceptèrent et ils prirent tous trois la direction de l'antre de Mme Pince. Harriet sourit en voyant Sniffle couché au pied de sa mère. Le chien redressa sa tête et ouvrit sa gueule, laissant pendre sa langue sur le côté tandis qu'il agitait légèrement sa queue en la voyant. Elle lui fit un léger signe discret de la main. Mais elle fut repérée par Hermione qui lui fit un coup de coude. Elle releva un sourcil en regardant le regard brun de la Gryffondor.
« C'est lui ? »
« Je ne vois pas de quoi tu parles, » répondit la jeune Prince avec innocence.
« C'est ça et moi je suis Morgane. Padfoot ? »
« Non, c'est Sniffle. »
Hermione leva les yeux au ciel en souriant.
« C'est la même chose ! » rit-elle doucement.
« Qu'est-ce qui vous amuse ? » interrompit Drago en revenant avec les livres dont ils auraient besoin.
« Rien d'important, » répondirent les deux jeunes filles d'une même voix.
Ils se plongèrent rapidement dans leurs devoirs.
