Chapitre 49 : Un Précieux Cadeau
Si tu l'oses : 491. stratégie
Severus était confortablement installé dans un fauteuil, les jambes étendues devant un bon feu de cheminée, un livre à la main. Il passait le second Noël en compagnie d'Harriet et sa mère. Seule ombre au tableau ... Black. Ce dernier était d'ailleurs parti avec Eileen pour acheter un cadeau à la jeune fille, laissant frère et soeur seuls à la maison. Harriet était elle aussi dans le salon, assise en tailleur devant la table du salon à travailler devant un chaudron. Normalement, elle devait faire cela dans le laboratoire mais Eileen l'avait scellé parce qu'elle avait quelque chose d'extrêmement dangereux sur le feu. Elle se contentait alors du salon où son frère pourrait intervenir rapidement en cas de problème.
Elle préparait un sale tour à son parrain pour les fêtes. Severus n'était pas partisan de mauvaises blagues mais s'il y en avait un qui méritait bien de s'en prendre plein la figure, c'était bien Sirius Black ! C'est pourquoi le Maître des Potions ne disait rien et tiendrait sa langue. Il répondait même volontiers aux questions de sa soeur pour qu'il n'y ait pas d'erreur dans sa préparation suite à une réaction entre deux ingrédients. Elle restait une débutante comparée à lui ...
« J'ai fini, » dit-elle, victorieuse.
Severus leva les yeux de son livre.
« Cela durera combien de temps ? »
« Toute la soirée dès qu'il l'ingérera, » répondit-elle avec un sourire maraudeur.
« Ta tante devrait bien s'amuser de cela, » ricana le Serpentard.
« Tu crois qu'elle viendra ? » demanda ensuite Harriet.
« Sincèrement, je n'en sais rien. J'espère ... Mais elle avait peut-être des plans avec sa famille ... Elle a un fils... donc un mari... »
« Cela fait beaucoup de déductions, » fit-elle avec un sourire coquin. « Toi ? Espérer ? Que t'est-il arrivé ? »
« Hmm ... laisse-moi réfléchir ... Il y a une petite peste qui s'est immiscé dans ma vie à l'origine si morne et calme, » répliqua-t-il avec un sourire en coin alors qu'il agitait sa baguette pour mettre la potion en flacon. « J'en garde quelques échantillons, cela ne te dérange pas ? »
« Tu comptes t'en servir ? » demanda la Serdaigle, suspicieuse.
« Peut-être, peut-être pas, » répondit-il en haussant des épaules. « Mais je préfère avoir un flacon et ne pas m'en servir que de ne pas en avoir et en avoir l'utilité. »
Harriet sourit et lui donna quelques flacons. Quelques coups contre la vitre attirèrent leur attention. Un hibou grand-duc aux plumes noires se tenait de l'autre côté avec un paquet et une lettre attachés à sa patte.
« Ca, c'est le hibou des Evans, » dit Severus, ne bougeant pas de son fauteuil.
« Je vais ouvrir. »
« Fais attention, il pince. »
La jeune fille ouvrit la fenêtre et l'oiseau entra avec son chargement. Elle alla pour récupérer la lettre.
« Aïe ! »
« Je t'avais pourtant prévenue, » ricana doucement Severus alors qu'elle prenait son doigt ensanglanté en bouche.
« Sale petit volatile ! T'as de la chance d'être à Merryl sinon je t'aurais déjà plumé ! »
Severus rit davantage alors qu'il libérait lui-même le hibou de sa cargaison, le connaissant bien mieux que sa soeur. Il lui tendit alors la lettre.
Chère Harriet,
Je suis heureuse d'avoir de tes nouvelles et apprécie ton invitation, n'hésite pas à remercier ta mère et ton frère de ma part. Néanmoins je ne vais pas pouvoir accepter. Alfie et moi fêtons déjà Noël/Yule auprès de son père, de ses grands-parents, oncles et tantes et ses cousines. Je me vois mal annoncer à ma belle-mère qu'elle n'aura pas son petit-fils pour les fêtes.
Je te souhaite tout de même un joyeux Noël à toi et à toute ta tribu !
Bisous, Merryl (Tante ça fait vieille).
PS : fais attention Hadès pince.
« Sans blague ! » ronchonna-t-elle par rapport au post-scriptum. « J'ai vraiment pas remarqué ! »
Elle fusilla l'oiseau qui avait trouvé refuge sur le haut de la bibliothèque pour se reposer.
« De quoi ? »
« PS : fais attention, Hadès pince, » répliqua-t-elle avec ironie en lui tendant la lettre.
Il eut un sourire en coin en la prenant. Il agita la main et un baume cicatrisant à la pâquerette vint dans sa main.
« Tu ferais mieux de désinfecter ça, » dit-il simplement avant de lire lui-même la lettre. « Dommage, » soupira-t-il ensuite. « J'aurais vraiment aimé la voir... »
« Elle lui ressemble tant que cela ? »
« Oh oui. Plus bronzée, plus serpentarde, mais elle lui ressemble comme deux gouttes d'eau. »
Harriet observa son frère quelques instants. Il avait ce regard.
« Tu l'aimais vraiment, hein ? »
« Plus que tu ne l'imagines, » répondit-il dans un murmure.
Elle vint à lui pour le consoler. Elle savait qu'il n'aimait pas montrer ses sentiments, du moins ceux qui le faisaient paraître faible. C'était Severus ... Il accepta son étreinte sans rien dire. Ils gardèrent un moment le silence, entrelacés, se supportant l'un l'autre, la plus jeune assise sur les genoux du plus âgé.
« Tu me fais devenir Poufsouffle, » soupira Severus au bout d'un instant.
« Cela fait un moment que tu l'es, mon cher, » rétorqua-t-elle, légèrement amusée. « Mais je vais te rassurer, tout le monde est toujours tombé sous mon charme, sauf les Dursley. Mais c'est peut-être parce que je ne les ai jamais aimés, même avant ... »
« Qu'est-ce qu'elle t'a offert ? »
« C'est probablement mon cadeau de Noël. Je devrais attendre ce soir, non ? »
« Tu n'es pas curieuse ? »
« Si mais j'ai ton âge, je te rappelle. Je peux être certes surexcitée comme une puce par moment, mais plus pour Noël ou les anniversaires. Plus de la même manière... Je suis sans doute trop vieille. »
Il hocha la tête. C'était vrai qu'avec l'âge, on développait de la patience pour ce genre de choses.
« Black l'aurait ouvert directement. »
« Oui mais Sirius est un grand gamin dans l'âme ! Il ne faut pas chercher plus loin. »
Severus ricana, amusé, alors qu'il frottait le dos de sa soeur.
« Tu veux continuer à lire ou on se matte un film ? » fit-elle ensuite en se redressant.
« Cela dépend de ce que tu veux regarder. »
« Alors ... on est en 1993... qu'est-ce qui est bien en ce moment ? Qu'est-ce qui est sorti ? hmm ... »
Elle regarda l'armoire avec les quelques VHS que sa mère avait achetées au fur à mesure des sorties.
« Il y a l'Etrange Noël de Monsieur Jack qui est bien, peut-être un peu trop pour les enfants mais j'adore. Les Visiteurs, c'est une comédie française super, Germinal est un grand classique basé sur un roman de Zola. C'est assez sombre. Demolition Man, c'est Stallone qui est un flic américain et il est emprisonné dans un glaçon et il est libéré dans le futur pour attraper un connard. En général, j'aime bien les Stallone, un peu comme les Schwarzenegger. Le Fugitif ... tiens, celui-là, je ne le connais pas. »
Elle prit le boitier.
« Harrisson Ford et Tommy Lee Jones ... 'Le chirurgien David Kimble mène une vie paisible jusqu'au jour où il retrouve son épouse avec le crâne fracassé et est accusé du meurtre. Pour rétablir la vérité, il doit d'abord s'évader et reprendre l'enquête de zéro, avec toute la police à ses trousses.' » Elle regarda son frère. « Il y a un truc qui te tente ? »
« Tu ne connais pas celui-là ? » demanda-t-il en montrant le Fugitif.
« Non. Mais mon père devait sûrement l'avoir dans sa collection. Je sais juste que je n'ai pas tout vu. Ca date encore d'avant ma naissance ... »
« Les Chaplin et les Johnny Weissmuller aussi et pourtant tu les as tous vus ... »
« Non, il y a deux Tarzans que je n'ai jamais eu l'occasion de voir. Mon père venait de les trouver quand j'ai eu l'accident. Je... je devais les voir avec lui au Nouvel An. »
Severus se leva et passa un bras autour des épaules d'Harriet. Il fit glisser son regard sur les cassettes-vidéos.
« Regardons quelque chose qui t'amuse, » proposa-t-il alors, voulant chasser l'ombre terne dans son regard vert.
« Les Visiteurs ou Demolition Man, » dit-elle alors.
Le Maître des Potions prit les deux et regarda les résumés. Il était bien plus attiré par le second. Il le glissa donc dans l'appareil moldu et frère et soeur regardèrent le film en attendant le retour d'Eileen et Sirius.
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Eileen pouffait doucement, Harriet était prise d'un fou rire, pliée en deux sur sa chaise, tandis que Severus applaudissait, un rictus amusé sur les lèvres.
« Il n'y a pas à dire, Petite Peste, tu as le don de ton foutu père ! Mais cela fait plaisir à voir ! »
En effet, Sirius tenait encore son verre en main et il venait de se transformer devant les yeux des trois Prince. Il arborait, fidèle à son animagus, des oreilles et une queue de chien ainsi que des excédents de fourrure. Pour le plaisir, le Maître des Potions agita sa baguette et prit un cliché de cet instant mémorable.
« Riette ! » s'indigna le Gryffondor.
« Padfoot ! » singea la Serdaigle avant de repartir dans un éclat de rire.
Sa bonne humeur fut tellement contagieuse que le Maraudeur laissa courir. Mais il n'avait pas abandonné la guerre pour autant. Il se vengerait à un moment ou à un autre. Ils terminèrent leur repas et regardèrent ensemble L'étrange Noël de Monsieur Jack pour rester dans le thème de la soirée. Sirius lui-même admit que les Moldus avaient des inventions étranges qui faisaient bien passer le temps. Harriet et Severus en avaient levé les yeux au ciel. Surtout elle qui avait une culture cinéphile assez importante et qui se languissait pour certains films à venir.
Quand vint l'heure d'ouvrir les cadeaux, le Gryffondor ne tint plus en place et devint de plus en plus insupportable. Cela amusait Harriet en même temps que cela l'exaspérait. L'homme lui présentait un cadeau qui était de toute évidence un balai. Elle sourit.
« Laisse-moi deviner. Un Eclair de Feu ? »
« Tu n'es pas drôle, Riette, » bouda Sirius, faisant sourire les autres.
« C'était prévisible, Black, » répliqua lentement le Serpentard. « Le balai était dans le livre et le Nimbus d'Harriet a été détruit par le Saule Cogneur. Moi, par contre, je sais ce que je vais recevoir sans vraiment savoir. N'est-ce pas Harriet ? »
Cette dernière sourit avant de déballer son balai. Un Eclair de Feu. Elle remercia son parrain en venant l'embrasser.
« Qu'est-ce que tu veux dire, Snape ? » demanda le Maraudeur, un bras derrière le dos de sa filleule.
« Que chaque année depuis trois ans, je reçois une boule à neige pour la Noël et pour mon anniversaire. La petite variable étant à chaque fois ce qu'elle représente. C'est quoi cette fois ? » termina-t-il en tendant la main vers un petit paquet portant son nom.
Il découvrit une boule sur un socle sombre. A l'intérieur, il y avait une petite chouette chevêche sur une branche. Un sourire en coin apparut sur les lèvres de Severus alors qu'une lueur apparut dans son regard. Il adorait.
« Il s'agit de la chouette d'Athéna, » répondit la Serdaigle après quelques instants.
« La déesse de la sagesse ? »
« Entre autre ... oui. Mais aussi de la stratégie militaire et des artisans. Elle a aidé et conseillé beaucoup d'héros. »
« Merci beaucoup, Harriet. »
« De rien. »
« Et voilà pour toi, » dit ensuite le Maître des Potions en poussant un petit paquet vers sa soeur.
Harriet déballa son cadeau et tomba sur une belle surprise.
« Le Jardin Secret ! Oh Merci Sev, c'est super ! »
« Mince, tu connaissais, » maugréa son frère en se tassant sur son siège. « Moi qui espérait te surprendre. »
« Et tu le fais ! Je n'ai jamais vu qu'un film sur cette jeune fille et son cousin. Bon sang ! Je ne l'ai pas vu depuis ... au moins vingt ans ! Je n'ai jamais lu le livre. Je ne savais même pas que c'était basé sur un roman ! Merci ! Merci ! Merci ! »
Elle vint se jeter dans les bras de son frère. Celui-ci n'avait jamais vu sa soeur aussi excitée et heureuse au point qu'il fut surpris quand elle le percuta. Elle le serra très fort. Une fois qu'elle s'immobilisa, les bras autour de son cou, il se détendit et la serra à son tour, souriant plus ouvertement. La voir si heureuse lui faisait plaisir. Elle rayonnait littéralement.
« Et si tu ouvrais tes autres cadeaux, Riette ? » proposa Eileen, souriante en poussant un autre paquet similaire à celui que lui avait offert Severus.
Harriet s'en empara et le déballa pour découvrir un autre roman. Le Nom de la Rose de Umberto Eco. Elle sourit en se souvenant du film. Ce livre non plus, elle ne l'avait jamais lu. Elle lisait d'autres choses bien plus récentes dans son autre vie. Là, avec l'obligation d'attendre la parution de certaines histoires qu'elle avait mise dans sa liste d'attente à l'époque, elle avait le temps de découvrir certains classiques. Elle remercia sa mère en l'embrassant.
« Il y a encore un cadeau, » fit Sirius en s'en emparant. « C'est pour toi, Riette. »
« C'est le cadeau que Merryl m'a envoyé, » répondit Harriet en le prenant.
Il s'agissait d'une longue boîte fine. Elle l'ouvrit et fronça les sourcils. Une baguette. Elle la sortit et la regarda un instant.
« J'ai déjà une baguette, » dit-elle, perplexe. « Pourquoi elle m'en offrirait une autre ? »
« Je peux ? » demanda Severus en tendant la main, les sourcils tout aussi froncés que les siens.
Elle lui tendit le bout de bois. Le Serpentard la fit tourner entre ses doigts fins. Il ferma douloureusement les yeux.
« C'est celle de Lily, » annonça-t-il.
« Tu es sûr, Snape ? »
« Qui a fait ses devoirs avec elle pendant cinq longues années ? » rétorqua le Maître des Potions, le regard noir. « On peut toujours aller voir Ollivander mais je pense que c'est celle de Lily. Bois de Saule, environ vingt-cinq centimètres, ... je mets ma main au feu qu'il y a un crin de licorne dedans. » Il se tourna vers sa soeur pour la lui rendre. « C'est la baguette de ta mère, j'en suis sûr et certain. »
« Je te crois, Sev, » fit Harriet. « Cela expliquerait pourquoi elle me l'offre. Avoir quelque chose qui lui appartenait ... »
Elle rangea soigneusement la baguette dans la boite et alla ranger ses nouveaux cadeaux dans sa chambre. Quand elle revint, ils passèrent encore un moment en famille, Sirius et Severus se cherchant l'un l'autre, chacun à leur façon, se lançant des piques cinglantes jusqu'à ce qu'Eileen mette le 'hola'. Elle restait maître des lieux et n'avait pas peur de sévir, bien que ses punitions n'étaient pas si terrifiantes. Juste contraignantes.
Fatiguée, la Serdaigle partit se coucher avec le sourire. Elle avait passé un merveilleux réveillon de Noël.
