Bonjour à tous, cela doit bien faire dix ans que je n'ose plus écrire. J'adore lire, beaucoup du Sterek en ce moment.
N'hésitez pas si vous avez des critiques constructives afin que je puisse m'améliorer et pourquoi pas écrire une longue fic.
Merci de votre lecture,
Mzelle-Steph
Il était là, comme chaque matin, adossé sur le troisième poteau, devant le lycée. Avec sa célèbre veste en cuir noire et ses lunettes de soleil, il attendait que ses amis le rejoignent. Tout autour de lui gravitaient les autres élèves. Tous aussi insignifiant les uns que les autres. Il était dans son monde et cela lui convenait parfaitement.
Huit heures vingt, la sonnerie retentit. Avec nonchalance, il prit le sac à ses pieds et se dirigea vers l'établissement scolaire. Ses amis n'étaient pas encore arrivés, mais cela ne serait que trop tarder.
Classe B105, anglais. Première heure de cours et première torture de la semaine. Les classes étaient mélangées, pendant les cours de langues et il ne se trouvait qu'avec son meilleur ami, un grand blond aux cheveux frisés. Comme d'habitude, il se dirigea vers le fond de la classe, côté radiateur, sa place attitrée. La place du bad boy, comme pourraient croire certains. À vrai dire, c'était la meilleure place pour reluquer le cou parsemé de grains de beauté de son secret. C'est comme ça qu'il l'appelait, le garçon qui lui faisait tourner la tête. Un adolescent hyperactif qui n'avait pas sa langue dans sa poche, toujours à trop parler, toujours quelque chose à dire. Cela dérangeait pas mal de monde, dans la classe, mais pas lui. Entendre sa voix, lui procurait toujours des frissons le long de sa colonne vertébrale. Son secret, il n'en avait jamais parlé, à personne. C'était son jardin secret, à lui et à personne d'autre.
L'heure de cours se passe sans encombre. À un détail près, à force de trop regarder avec insistance son secret, Isaac s'en aperçu et le rictus qu'il pouvait apercevoir au coin de sa bouche ne lui disait rien de bon.
Son appréhension se confirma, au moment du déjeuner. Accompagnés d'Erica et de Boyd, ils étaient installés, tous les quatre, sur une des tables que contenait le réfectoire. Tous mangeaient tranquillement, discutant de leur week-end. Isaac avait toujours cet air narquois, qui, au passage, ne lui allait pas du tout.
Sur le moment, il ne comprit pas, pari, gagné, vingt dollars. Derek ne comprenait pas ou ne voulait pas comprendre. Ses meilleurs amis avaient parié sur lui et sur son absence de vie sentimentale. Isaac le connaissait que trop bien et l'arrivée de son secret, en classe d'anglais, n'avait qu'approfondi l'idée que son meilleur ami était complètement accro au fils du shérif. Erica et Boyd, eux avaient dit qu'il était beaucoup trop hyperactif pour lui, lui qui était si calme, renfermé sur lui-même.
C'est avec un léger sourire qu'Isaac réceptionna les quarante dollars qui lui était du. Il taquina Derek en lui disant qu'il lui payerait une séance de ciné étant donné que c'était grâce à lui qu'il était devenu riche.
Le regard noir que lui avait lancé son ami l'avait vite calmé.
C'est sur ce regard, que la journée de cours continua parsemée de ricanement et de réflexions peu discrètes de ses amis.
Au fil des jours, ses séances de regard envers son secret s'intensifiaient. Pourquoi, avait-il une sorte de radar qui se mettait en alerte quand son secret n'était pas loin ? Cela devenait limite du harcèlement. Mais, il ne pouvait pas s'empêcher. C'était beaucoup trop fort pour lui. Et le fait qu'il n'ose pas faire un pas vers ce garçon rendait la chose encore plus compliquée.
Isaac, Erica et Boyd se sont vite rendu compte que leur ami n'arriverait à rien, sans un coup de main de leur part. Il fallait aider la santé mentale de leur meilleur ami.
Sept heures, le réveil sonne. Il tenta d'atteindre son téléphone, mais ne trouva rien quand il tapota sa table de nuit. Et puis il se rappela, à force de toujours se réveiller en retard, il avait pris une bonne résolution : balancer son téléphone de l'autre côté de sa chambre afin de devoir se lever pour éteindre ce maudit réveil.
C'est donc avec difficulté que le jeune homme se leva pour éteindre son cauchemar ambulant et se dirigea vers la salle de bain.
Ce n'est que trente-cinq minutes plus tard, qu'il sortit de sa maison lavé, coiffé, habillé, pour se rendre au lycée.
Il y retrouva Scott, son meilleur ami de toujours, accoudé à sa moto, l'attendant patiemment. Un check plus tard, ils partirent vers l'endroit le plus détesté par les lycéens : l'école.
Classe B105, anglais. Première heure de cours, son cours préféré. Stiles adorait cette matière, même si c'était sa langue maternelle, le fait de comprendre d'où venaient certains mots était passionnant. C'est concentré sur ce qu'expliquait son professeur, qu'il ne remarqua pas le temps défilé, mais aussi les regards insistants d'un de ses camarades classe.
À vrai dire, Derek est un peu inconnu pour lui. Ils ont quelques cours en commun, mais jamais ils n'ont pris la peine de discuter ou même de se saluer. Le seul lien entre les deux est Erica. La jeune adolescente était une amie d'enfance de Stiles, ils se connaissaient depuis la petite enfance et ont grandi ensemble. Au fil du temps, leur amitié s'était estompée, mais, à chaque fois qu'un nouveau comics sortait, ils échangeaient quelques mots sur ce qu'ils en avaient pensé. Il était donc normal que la jeune femme vînt s'installer à leur table, le temps de midi, pour discuter.
Cependant, aujourd'hui, il ne comprenait pas. Le prochain comics ne devait sortir que dans quelques mois, donc pas de discussion. Mais la rousse était bien là, installée devant lui avec un grand sourire. Scott le regardait avec incompréhension, il s'était fait dégager de sa place sans aucune délicatesse.
«Stiles, es-tu gay?» lâcha Erica de but en blanc.
Si l'adolescent avait encore un morceau de son sandwich en bouche, il se serait probablement étouffé. Pris de panique, il ne put répondre qu'en écarquillant les yeux ; choqué de la question de son amie d'enfance. Et puis, il s'est mis à réfléchir. Sa sexualité avait toujours été un grand mystère pour lui. Depuis qu'il était gamin, il vouait un culte envers une autre rouquine : Lydia Martin. Mais, avec les années, il s'était rendu compte que ce n'était qu'une idéologie d'enfant et elle était devenue une amie proche. Ensuite, pour ce qui était des garçons, il ne s'était jamais attardé. Pas qu'il se disait cent pour cent hétéro, mais bien parce que personne ne l'avait tapé dans l'œil. Après, il ne s'était jamais vraiment attardé sur le sujet.
Stiles secoua la tête, se dégageant ainsi de ses réflexions et se rendit compte que son meilleur ami et Erica attendaient une quelconque réponse.
«Je ne pense pas que ça t'intéresse, mais je ne me sens ni gay, ni hétéro, ni bi. Si une personne m'intéresse, c'est pour ce qu'elle est. Au final, je m'en fiche du sexe.» Déclara Stiles sans sourciller.
Erica eut l'air ravie de sa réponse, car elle se contenta de hocher la tête, de lui faire un bisou sur la joue tout en lui souhaitant de trouver la bonne personne. Car lui était une personne formidable. Sur ces paroles, elle se dégagea de sa place et retourna auprès de ses amis. Stiles la suivit du regard et s'attarda sur la table où elle venait de s'installer. Isaac et Boyd le regardaient avec insistance tout en adressant un petit sourire à leur amie. Derek quant à lui était recroquevillé sur lui-même, les yeux baissés vers son repas. C'était comme s'il ne voulait pas croiser un regard. Stiles se désintéressa rapidement du garçon et continua son repas.
Si Derek avait le choix de se tuer quand il le voulait, il l'aurait fait maintenant. Il avait bien remarqué que ses amis voulaient l'aider. Son secret, il ne l'avait, au final, pas aussi bien préservé qu'il ne l'aurait pensé.
Alors, quand il vit Erica se dirigea vers une table qui n'était pas la leur, il sentit que le contrôle lui échappait. Le sourire qu'elle avait, il le connaissait. Un côté innocent, mais également tellement manipulable. Elle avait totalement la tête d'une manipulatrice en puissance.
Le temps lui parut tellement long, en attendant qu'elle revienne près d'eux. Il crut qu'il allait mourir quand il vit sa meilleure amie embrasser tendrement la joue de son secret. Le sourire qu'elle lui avait lancé par la suite le fit liquéfier sur place. Elle savait des choses.
Quand elle s'installa auprès des garçons, Derek se risqua à lever les yeux vers son secret. Mais, celui-ci continuait de manger tranquillement tout en discutant avec Scott McCall, un joueur de lacrosse.
«Il n'est pas gay, mais il n'est pas hétéro non plus. Il aime les personnes pour ce qu'elles sont et non pour leur sexe. Je pense que tu devrais tenter ta chance Derek. Stiles est quelqu'un de très gentil, il pourrait t'aimer.» Expliqua-t-elle.
Entendre ces premiers mots lui faisait comme une sensation de coup de poignard, en plein cœur. Mais, cette impression partit transportée par le reste de la phrase d'Erica. Il aimait qui il voulait. Peut-être lui ?
C'est avec ce sentiment de bien-être qu'il continua le reste de la journée. Son secret pourrait devenir une réalité. Seulement et seulement si Stiles se rendait compte de l'existence du jeune homme.
Derek réfléchit pendant tout un après-midi sur comment il pouvait entrer, dans la vie de son secret. Il ne pouvait pas se planter devant lui en lui disant qu'il ressentait pour lui des sentiments tellement forts qu'il n'arrivait pas à lui parler de manière civilisée. Non, non, non, ce n'était vraiment pas le bon plan.
Heureusement, c'est Laura, sa sœur, qui lui donna la réponse à ses réflexions. Dis-lui bonjour, tu ne l'as jamais fait jusqu'à présent. C'est une bonne méthode pour entrer en douceur, dans son intimité. C'était une bonne idée, lui qui n'avait jamais été très social, pourrait commencer à s'ouvrir à son secret.
Ce n'était qu'un bonjour, mais un bonjour qui pourrait lui apporter bien plus…
Le lendemain, Derek s'installa, comme à son habitude, près du troisième poteau, pour attendre ses amis. Il était dans ses pensées, comment croiser son secret sans que cela ne ressemble à une filature ? Le Bon Dieu l'avait surement entendu, car quelques instants plus tard, la personne qui hantait ses pensées passa à côté de lui.
Ses lèvres bougèrent sans même que son cerveau ordonne l'action.
«Bonjour»
Un mot, une voix grave, calme.
Stiles se retourna d'un bond et rencontra les yeux d'un élève de sa classe d'anglais. Derek Hale, meilleur ami d'Erica et adepte des blousons en cuir. Il se demanda, un instant, si le bonjour lui était adressé. Il tourna sur lui-même, mais il était bien seul devant le garçon. C'était à lui que le « bad boy » avait parlé.
«Bonjour».
Un mot, une voix, un sourire.
C'est à cet instant que la sonnerie retentit. Stiles se retourna et continua sa marche qui avait été interrompue par Derek. Il était dans ses pensées, c'était bien la première fois que Derek lui parlait. C'était surtout la première fois que Derek parlait à quelqu'un d'autre que son cercle d'amis, sans qu'il n'y soit obligé.
La journée se déroula tout à fait naturellement à quelques exceptions : elle était parsemée d'incompréhensions. Tout d'abord, le bonjour de Derek sortit de nulle part. Ensuite, des sourires d'Isaac et de Boyd et une discussion avec Erica. Il n'avait jamais autant discuté avec la jeune femme en dehors de leur séance de critiques sur les nouveaux comics. Il avait eu, également, l'impression de voir Derek, tout le temps. Partout ! Dès qu'il entrait dans une pièce, il était là. Dès qu'il errait dans un couloir, il était là. Il ne faisait rien, il ne le regardait même pas. Mais, il était là avec un petit sourire au coin, qui au passage était à tomber.
Ce scénario se répéta, chaque jour, des deux semaines qui suivirent. Il se surprit à penser de plus en plus à Derek Hale, chose qui ne lui était jamais arrivée jusqu'à présent. C'était étrange, mais il aimait son petit bonjour du matin et les quelques sourires que l'adolescent lui adressait quand ils se croisaient au détour d'un couloir ou pendant leur cours d'anglais.
Et puis, il y a eu cette journée. Stiles arriva au lycée, à l'heure habituelle, un petit sourire aux lèvres, prêt à recevoir son bonjour quotidien… Mais rien. Personne au troisième poteau. Son sourire se fana et commença à s'inquiéter. Derek n'avait jamais manqué un seul « rendez-vous du matin » depuis qu'il avait commencé à lui dire bonjour. Personne en anglais, personne au détour d'un couloir, personne sur le terrain de lacrosse, personne. Derek n'était nulle part et ça commençait sérieusement à l'angoisser. Il aimait la stabilité et les habitudes. Derek était rentré dans sa vie, d'une manière brutale au détour d'un bonjour et il se rendit compte que Derek Hale était devenu une constante dans sa vie.
C'est d'un pas peu assuré qu'il se dirigea vers la table où se trouvaient les trois comparses de Derek.
«Euh, salut… ça va paraître étrange, mais je me demandais où se trouvait Derek. J'ai remarqué qu'il n'était pas en cours, aujourd'hui.» Raconta Stiles d'une voix peu assurée.
«Salut Stiles, nous allons bien merci et toi?» Stiles rougit férocement à l'entente des mots de son amie d'enfance. Il n'eut pas la temps de dire quoi que se soit, car Erica continua sur sa lancée.
«Il est malade, une petite grippe qui l'a cloué au lit pour aujourd'hui. Tu voulais lui parler? Je peux te donner son numéro si tu veux.» C'est sur ces quelques mots qu'il repartit avec le numéro de téléphone de Derek, sans qu'il ne le demande.
Il a fallu attendre qu'il soit rentré chez lui et être seul dans sa chambre pour oser reprendre le bout de papier où Erica avait noté le numéro de téléphone.
Stiles prit une grande inspiration et commença à rédiger son message.
Stiles 17 : 05
«bonjour.»
Derek 17 : 10
«Bonjour, qui est-ce?»
Stiles 17 : 12
«C'est Stiles, Erica m'a dit que tu étais malade… Comment te sens-tu?»
Derek lâcha son téléphone, comme s'il s'était brulé le bout des doigts. Stiles avait son numéro, Stiles lui avait dit bonjour, Stiles lui demandait comment il se sentait. Son cœur tambourina de manière accélérée, son secret…
Derek 17 : 13
«Je vais mieux que ce matin. Je ne reviendrai à mon avis pas avant la semaine prochaine. Merci d'avoir pris de mes nouvelles.»
Et ils continuèrent ainsi à discuter par message. Toute la soirée et une bonne partie de la nuit malgré les réticences de Stiles ; Derek était quand même malade. C'était tellement plus facile de discuter derrière un écran. Les masques étaient tombés, ils s'ouvraient l'un à l'autre.
Il était là, comme chaque matin, adossé sur le troisième poteau, devant le lycée. Avec sa célèbre veste en cuir noire et ses lunettes de soleil, il attendait que ses amis le rejoignent. Tout autour de lui gravitaient les autres élèves. Tous aussi insignifiant les uns que les autres. Il était dans son monde et cela lui convenait parfaitement.
Une personne se dirigea vers lui, grand sourire. Derek releva un sourcil, mais sourit par après. Il se dirigea également vers la personne.
«Bonjour».
Un mot, une voix grave, calme.
«Bonjour».
Un mot, une voix, un sourire.
Un secret, son secret, le leur. Il embrassa Stiles avec délicatesse, passa un bras autour de sa taille et ils se partirent vers leur établissement scolaire.
Tout autour d'eux gravitaient les autres élèves. Tous aussi insignifiant les uns que les autres. Ils étaient dans leur monde et cela leur convenait parfaitement.
Derek aimait Stiles, ce n'était plus un secret.
