Chapitre 51 : Un Plan pour Attraper le Rat
Si tu l'oses : 185. Vent d'hiver vif et froid
Le réveil fut dur pour Severus. Il avait passé une excellente journée en compagnie de Merryl. Ce qu'il avait vu du Berceau était magnifique. Un peu chaud mais il avait passé un véritable moment de paix. Il avait oublié pendant un instant sa douleur. Ils avaient peu discutés, blaguant essentiellement et se taquinant. Elle avait un sens de l'humour derrière lequel elle se cachait pour sans doute se protéger. Elle était de toute évidence aussi timide que lui. Cela la rendait encore plus attrayante.
Il adorerait passer d'autres journées avec elle pour apprendre à la connaître. Il savait d'ores et déjà qu'il y en aurait d'autres. Harriet était sa nièce et lui était le frère de cette petite peste. Il la reverrait souvent. Cette idée le poussa à se lever malgré sa fatigue et à aller se préparer pour corriger tous les travaux qu'il avait puisqu'il n'avait presque rien fait la veille.
Il prit une douche rapide et se dirigea dans son bureau. Il découvrit sans surprise un paquet dessus ainsi qu'une plume blanche et une lettre. Il la déplia.
Harriet est venue me déposer ceci hier après-midi. Il y a eu un petit incident qui l'oblige à refaire entièrement deux de ses devoirs. Peeves a encore frappé ... Elle passera toute sa journée en bibliothèque avec ses amis pour cela.
J'espère que tu as passé un excellent anniversaire.
Avec tout mon amour,
Ce n'était pas signé mais le Maître des Potions n'avait pas besoin de cela. Il reconnaissait l'écriture de sa mère. Quant à la plume, cela devait être une de son animagus. Il la prit et la tourna entre ses doigts, songeur. Il se demandait ce qu'il pourrait en faire. Il eut un sourire niais quand lui vint une idée. Il sortit sa baguette et lança un sort de préservation sur la plume avant de la glisser dans un grimoire de potions qu'il lisait. L'objet devint un précieux marque-page.
Il se tourna ensuite vers la boîte, sans aucun doute le cadeau d'Harriet. Elle était un peu plus grande que d'habitude. Il se demandait d'ailleurs pourquoi. Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu lui offrir qui ne soit pas une boule à neige ? Il le déballa précautionneusement, sentant déjà les sorts pour éviter que l'objet se casse. Il fut surpris en le voyant.
Il éclata de rire dans le silence calme de son bureau. Sacré jeune fille. Elle le surprendrait toujours. C'était certes une boule à neige mais bien différente et pour le moins ... originale et à thème. Quel était celui-ci déjà ? Ils avaient vu le film à Noël ... L'Etrange Noël de Monsieur Jack ? Oui, c'était ça. Il y avait le squelette, Jack, qui était agenouillé devant la tombe de son familier, arborant un sourire. Ca, c'était le côté statue de l'objet. La boule à neige en soi se trouvait au-dessus de la tombe du familier, Zéro, un petit chien-fantôme. Le chien en lui-même étant dans la boule, blanc avec un collier et un nez rouge. Autour de lui volait quelques flocons blancs, semblables à de la neige, et d'autres noirs en forme de chauve-souris.
S'il avait su plus tôt que des boules à neige dans le genre existaient, il en aurait tout de suite acheter ! Elle était magnifique. Severus en était vraiment touché. Harriet savait trouver de beaux objets.
« Ou bien les imaginer peut-être, » songea-t-il en pensant aux pouvoirs de la Salle-sur-Demande.
Il rangea l'objet dans sa collection, en déplaçant quelques autres pour lui accorder une bonne place, puis retourna à son bureau pour se mettre à la tâche. Les devoirs de ces cornichons n'allaient pas se corriger tout seul !
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Severus préparait la potion Tue-Loup pour Lupin. Il allait venir la chercher dans la soirée. D'ailleurs, il n'allait être pas le seul à se pointer à son bureau. Ils s'étaient donné rendez-vous pour commencer à échafauder un plan. Il eut un léger sourire en voyant une chouette blanche se poser sur le dossier de sa chaise et patienter. Il lui fit un bref signe de tête, que l'animal rendit, avant de reporter son attention sur la potion. Une heure plus tard, quelques coups furent frappés à sa porte. Le Serpentard venait juste de finir. Il alla ouvrir. Il tomba sur Lupin et le chien Black. Il sentit toutefois quelque chose le frôler, annonçant qu'il y avait quelqu'un d'autre en plus. Il s'écarta pour laisser les deux Maraudeurs entrer.
« Tu veux prendre un verre avant de partir au clair de lune, Lupin ? » proposa-t-il.
« Volontiers, merci. »
Severus ouvrit le passage menant à ses appartements et laissa passer le Loup-Garou. Quand ils arrivèrent de l'autre côté, chouette comprise, et que le passage fut refermé, deux jeunes filles sortirent de sous une cape d'invisibilité.
« Miss Granger ? » s'étonna le Maître des Potions avant de soupirer. « Harriet ... »
« Quoi ? » fit cette dernière. « Elle est à Gryffondor et en plus, elle a souvent Weasley qui lui traine dans les pattes pour avoir ses si magnifiques devoirs à copier. Ce serait idiot de ne pas en profiter ! »
« Serpentard ! » fit Sirius qui reprenait forme humaine.
« On a été à bonne école, » répondirent les jeunes filles en choeur.
Severus leva les yeux au ciel avant d'inviter tout le monde à s'installer et de préparer du thé. Eileen s'empressa de raviver le feu d'un mouvement de baguette tandis qu'elle frissonnait.
« Brr, » dit-elle en se frottant les bras. « Comment tu fais pour vivre ici, Severus ? Il fait un froid de canard ! »
« Comment toi, tu as fait pour survivre sept ans à Poudlard en étant une Serpentard ? » contre-attaqua le fils, étonné. « Il fait aussi froid ici que dans la salle commune ! »
« Le plaisir d'être des Gryffondors, » s'esclaffa Sirius en s'affalant dans le fauteuil à côté de sa filleule.
« Ou Serdaigle, » ajouta cette dernière. « On ne vit pas dans les cachots. Trop humide et trop froid. »
« Sinon, comment on fait pour Pettigrow ? » demanda Hermione qui voulait retourner au plus vite faire ses devoirs.
« Scabbers est réapparu ? » demanda Harriet à son tour.
« Il avait disparu ? » demandèrent les Maraudeurs, choqués, alors que les Prince soupiraient.
« Est-ce qu'il y a au moins l'un de vous deux qui a lu les livres ? » demanda Eileen, désespérée.
« On l'a lu mais c'est un livre pour enfants, » répliqua Sirius.
« Laissez tomber, » coupa Harriet en se passant une main sur le visage. « J'ai déjà mal à la tête rien qu'à l'idée de débattre sur cela une fois encore. »
« Le principal objectif est de capturer ce sale rat et faire en sorte qu'il ne s'échappe pas, » dit fermement Severus en posant le plateau de thé.
Il servit une tasse à tout le monde et ils restèrent silencieux quelques secondes.
« Miss Granger, connaissez-vous les habitudes de ... Scabbers ? » demanda ensuite le Maître des Potions en se tournant vers la Gryffondor.
« Il ne fait que dormir et manger à ma connaissance, » répondit la brune. « Il est souvent avec Weasley, sur ses genoux. Dernièrement, il est souvent à table pour le repas du midi. »
« Si j'apparais dans la Grande Salle, il va me repérer directement, » soupira Sirius. « Il fuira comme un lâche. »
Les regards se portèrent sur les étudiantes, plus particulièrement sur Hermione. Elle s'y attendait un peu, étant la plus proche du rouquin, bien que pas du tout son amie. Heureusement qu'elle avait déjà songé à un plan.
« Et si Harriet venait pour une fois manger chez les Gryffondors ? Il ne soupçonnera rien puisqu'elle n'est pas sensée connaître son existence autrement qu'en tant que Scabbers, le minable vieux rat des champs de Ronald Weasley. »
Rictus et ricanements suivirent la description du traître.
« C'est ... envisageable, » fit pensivement la Serdaigle. « Mais ... eurk ... discuter avec ce porc qui ne sait pas manger la bouche fermée ... Cela va être l'horreur ! »
« Moi c'est plutôt le principe 'être suffisamment cordiale avec lui pour qu'il nous laisse prendre son rat pour le «cajôler» qui me dégoute.', » avoua Hermione. « Faudra limite que tu flirtes avec ! »
« Plutôt finir bouffée par un dragon que de faire ça ! »
« Cela pourrait pourtant être l'occasion rêvée, » grimaça Severus, tout aussi dégoûté que sa soeur. « Tu l'aguiches, tu prends le rat, on le piège – en public en plus quoi de mieux ? – et tu t'écartes des Weasley après, pour prétexte officiel qu'ils ont eu sous leur toit durant toutes ces années le traître qui a vendu tes parents. »
Les deux amies échangèrent un regard dégoûté à l'idée.
« Avant que je dise 'oui' pour le plan, est-ce qu'on peut voir pour en trouver un autre, s'il vous plait ? » demanda la Survivante avec des yeux suppliants. « Parce que ... flirter avec Weasley. » Elle réprima un frisson de dégoût. « Autant rouler une pelle à Voldy-Face-de-Serpent ! Lui au moins doit connaître les bases en hygiène corporelle ! »
« Réfléchissons à cela pendant encore une ou deux semaines, » proposa Remus. « Je ne veux pas que Peter s'échappe ! »
En même temps qu'il disait cela, un grognement sortit de sa gorge alors que ses yeux se teintaient légèrement d'ambre. Severus se tendit et sortit instinctivement sa baguette. Le Loup-Garou ferma les yeux et inspira profondément alors qu'il reprenait peu à peu son calme.
« Désolée, Snape. Je ne voulais pas ... »
Le Maître des Potions fit un hochement sec de la tête. C'était prévisible que tenir une telle discussion quelques heures à peine avant la pleine lune pouvait quelque peu énerver le loup qui était proche sous la surface. Ils discutèrent encore un peu, cherchant une autre solution, jusqu'au départ obligatoire de Remus. Les deux jeunes filles en profitèrent pour sortir sous la cape d'invisibilité.
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Hermione tirait sa meilleure amie par le bras quand un première année de Serdaigle leur coupa la route.
« Harriet, » appela Alfie Addington.
« Oui, Alfie ? » fit la jeune Prince.
« Tu vas à Pré-au-Lard ? »
« Oui, bien sûr. Pourquoi ? Tu veux que je te rapporte quelque chose ? »
« Euh ... non, non, ça va, » répondit le blond en sortant un colis de son sac. « Est-ce que tu pourrais envoyer ça à ma mère, s'il te plait. Hadès n'est pas encore revenu. »
La jeune fille fit un grand sourire à son cousin.
« Oui, bien sûr, pas de problème Alfie, » répondit-elle. « Mais tu sais qu'il y a les hiboux de l'école aussi. »
« Aucun d'eux ne peut voler sur de longues distances. Ma mère fait toujours la navette et ... »
« D'accord, j'ai compris. Je vais envoyer cela avec un hibou longue distance. Tu es sûr que tu ne veux rien ? Je peux te rapporter des bonbons de chez Honeydukes si tu veux. »
« Non, merci. Je voulais juste envoyer ça au plus vite. C'est pour son anniversaire. »
« C'est quand ? »
« Le 29 janvier. »
« Oh ! Vraiment ? » s'étonna Harriet. « Ma mère, c'était le 30. Cela devait vraiment être la fête... »
« Hmm. Je ne sais pas. Maman n'en parle pas vraiment. »
La jeune fille comprit et n'en dit pas plus. En voyant le regard insistant d'Hermione, Harriet salua son cousin et la suivit sur le chemin enneigé menant au village sorcier sous le vent d'hiver vif et froid. Sirius et Remus avaient laissé passer quelques informations sur les préférences alimentaires et, en particulier, les sucreries que Pettigrow appréciait quand il était adolescent. Le but serait de l'amadouer une fois qu'elles seront toutes deux assises à la table des Gryffondors.
Le pire, c'était qu'ils n'avaient pas trouvé un autre plan pour piéger Pettigrow devant le plus de témoins neutres dont des adultes. Il fallait que cela se passe dans la Grande Salle. Elle devrait vraiment flirter avec Weasley. Oh que l'idée la dégoûtait au plus haut point ! Elle veillerait à ne pas trop fixer la bouche du rouquin afin de ne pas vomir...
