Chapitre 52 : Piéger Peter Pettigrow

Si tu l'oses : 507. sang

Harriet entra dans la Grande Salle, légèrement épuisée et affamée. Elle venait de finir une séance d'entraînement avec Remus pour apprendre le patronus. Elle n'arrivait à rien. Juste un peu de fumée. Le Loup-Garou disait que c'était déjà très bien vu son âge et son noyau en formation mais la jeune fille trouvait cela insuffisant. Elle devait pouvoir arriver à faire un bouclier passable d'ici la fin de l'année. Cela lui mettait un peu la pression. Les détraqueurs lui mettaient la pression. Elle ne les aimait pas, et elle détestait savoir qu'ils étaient là, autour de Poudlard.

Elle fit courir son regard sur la table des rouge-et-or et y vit Hermione, installée à quelques places de Ronald Weasley. Elle lui fit un petit signe de tête. Le rat était là lui aussi. La Serdaigle inspira un bon coup, refoulant une envie soudaine de vomir à l'idée de faire ça, et rejoignit son amie. De là où elle était installée, elle pouvait voir le rouquin et surtout le rongeur qui se goinfraient comme des porcs.

« Salut Hermione, » soupira-t-elle, fatiguée.

« Ouh, toi ça va pas. »

« Je viens de finir l'entraînement avec Remus. »

« Tu arrives à quelque chose ? »

« A peine un petit nuage de fumée. C'est frustrant ! »

« Ma pauvre, tu te feras des cheveux blancs avant l'heure. »

« Je pense que c'est justifié non ? »

« Mouais ... C'est pas faux, » grimaça la brune.

La Serdaigle se servit de poulet et de pommes de terre. Elles parlèrent de tous et de rien pendant quelques instants, essentiellement devoirs et lectures, avant que soudainement Harriet n'attire subtilement l'attention de Weasley.

« Non, mais je t'assure Hermione, j'adore les rats ! Ils sont intelligents et très sociables ! »

« Ce sont des nuisibles, Harriet, » soupira Hermione qui jouait le jeu. « Ils se reproduisent extrêmement rapidement, volent la nourriture et laissent leurs excréments partout ! »

« Parce qu'ils doivent survivre par eux-mêmes dans ce monde cruel. Et s'ils laissent leur déchets partout, c'est parce qu'ils n'ont pas d'endroits où le faire ! Je suis sûre qu'on peut les dresser à faire ça dans une litière ! »

Les deux jeunes filles retinrent un sourire satisfait en voyant du coin de l'oeil que le rouquin avait mordu à l'hameçon. En effet, Weasley s'était levé avec son rat et venait s'installer avec son rat des champs.

« Salut, Harriet ! » dit-il avec entrain, ignorant totalement la tache de sauce qu'il avait sur le coin de la bouche et sur sa chemise.

« Bonjour, Weasley ... Ronald, c'est ça ? » fit la jeune fille en retenant une grimace de dégoût cette fois.

« Tu peux m'appeler Ron, » sourit le rouquin.

« Ron, » répéta-t-elle.

Elle se força à sourire. Elle battit un peu des paupières pour espérer être convaincante. Charmer le Gryffondor.

« Tu aimes les rats ? » demanda le garçon. « Moi aussi. »

Il lui présenta son rat.

« Comment s'appelle-t-il ? »

« Scabbers. »

« Bonjour Scabbers, » dit-elle alors qu'elle approchait une main pour grattouiller la tête du rongeur avec son index.

Ils discutèrent ensemble tous les trois, découvrant les préférences – qu'elles connaissaient déjà – de Scabbers et les hobbies de Weasley. Cela se résumait au Quidditch et aux échecs pour le rouquin. Pendant tout le temps de la discussion, Harriet se forçait à avoir un regard tendre envers le rat, lui accordant de petites attentions : lui donner une friandise ou un bout de viande, une petite caresse de son index, un petit mot affectueux, ... Elle en fit tellement tout en restant subtile que le rat ne vit pas le piège. Il vint de lui-même dans sa main pour venir chercher une pomme de terre.

Le sourire sur le visage de la Serdaigle changea tandis qu'une lueur de victoire apparaissait dans son regard. Elle prit le rat de telle manière à ce qu'il ne la morde pas avant d'élever la voix. Elle savait que Sirius était dehors, sous sa forme de chien.

« Padfoot ! J'ai attrapé Wormtail ! » dit-elle suffisamment fort pour que toutes les conversations s'arrêtent.

« Bon sang ! Tu en as mis du temps ! » fit Sirius en apparaissant, baguette en main. « Tu es sûre que c'est lui ? »

« Tu en connais beaucoup des rats des champs qui vivent douze ans et qui ont, comme par hasard, un doigt manquant à une patte, précisément le doigt que Peter Pettigrow s'est coupé pour qu'on le croit mort ? »

Comprenant qu'il se passait quelque chose de pas normal et que son rat en était la victime, Weasley se leva et fusilla Harriet du regard.

« Tu m'as piégé ! »

« Considérant le fait que tu te fais piéger par un Mangemort animagus qui vit sous ton toit depuis près de douze ans, je te rends au contraire service. »

« Tu mens, Scabbers n'est pas un Mangemort, c'est juste un rat ! »

« Vous ne verrez donc aucun inconvénient à ce que l'on vérifie cela, Mr Weasley ? » fit la voix doucereuse de Severus qui s'était approché à l'entrée de Sirius.

Le rat commença à s'agiter entre les doigts d'Harriet, surtout que le rouquin cherchait à le récupérer.

« Qu'est-ce que vous allez lui faire ? » demanda ce dernier, entre panique et colère.

« Si votre rat n'est, comme vous le dites, qu'un simple petit rongeur inoffensif, il ne subira aucun dommage, » répondit le Maître des Potions. « Si en revanche, il se trouve que votre rat est bien un animagus, il reprendra sa forme humaine. »

« Aïe ! » s'écria soudain Harriet en se tenant la main. « Saleté ! Il m'a mordu ! »

Le rat était tombé et courrait sous les tables en couinant. Severus soupira en se pinçant l'arête du nez.

« Si tu n'étais qu'un rat normal, tu ne réagirais pas comme ça, Pettigrow, » siffla-t-il. « Ramène tes fesses immédiatement ! Je n'ai pas envie de jouer au chat et à la souris ! »

« Au chat et à la souris ? » répéta Rémus tandis que Sirius souriait, maraudeur. « Padfoot, tu sais quelque chose que j'ignore ? »

« Que notre cher Snivillus a plus d'un tour dans son sac et qu'il a de la rancoeur envers un certain petit rat, Moony. Rien de plus. »

Il se changea en chien et se mit à poursuivre le rat sous la table. Il y eut quelques cris d'élèves paniqués, certains se dressant même sur leur banc quand ils sentirent les animaux passer. Les adultes se rapprochèrent du petit groupe juste au moment où Severus s'adressa au Loup-Garou.

« Me perds pas de vue et sois prêt à jeter le sort, Lupin, » dit-il en voyant le rat sortir de la Grande Salle. « Minnie, suivez-le également dans le cas où il raterait son coup. »

Il plia légèrement les jambes et s'élança en avant pour retomber ... à quatre pattes. Un grognement menaçant sortit de sa gorge tandis qu'il étirait rapidement ses muscles et ébrouait sa fourrure en l'espace de quelques secondes. Il était une puissante panthère noire. Il s'élança immédiatement à la poursuite du rat, accompagné du chien-Black.

« Oh. Ben. Ca, » fit Remus les sourcils relevés. « Si on m'avait dit que ... »

Il se secoua, laissant sa phrase en suspens et suivit les animaux grâce à son odorat sur-développé. Les professeur McGonagall et Dumbledore le suivirent tandis que les autres cherchaient à ramener de l'ordre dans la Grande Salle.

Severus galopait dans les couloirs. C'était que ce rat avait de la ressource pour lui filer entre les pattes précisément aux endroits où il ne pouvait pas passer ! Mais il ne perdait jamais sa trace. Il était un excellent chasseur. Il aurait sa proie. Il entendait vaguement des pas derrière lui mais n'y accordait aucune attention. C'était certainement Lupin et Minerva comme il l'avait demandé.

Il vit soudain la queue du rat dépasser, à portée de griffes. Il attaqua. Il fit tomber quelques armures au passage mais réussit enfin à attraper ce maudit rongeur. Pendant un instant, il eut l'irrésistible envie de le croquer pour venger Lily. Il grogna de frustration en entendant l'aboiement de Black, comme un rappel à l'ordre. Il était campé juste derrière lui, bien droit sur ses pattes, Lupin, Minerva et Dumbledore juste derrière lui. Il put également percevoir quelques pas et deux jeunes filles apparurent juste derrière eux, Miss Granger et Harriet... Et juste derrière, Ronald Weasley. Parfait !

La panthère rejeta le rat en veillant bien à le maintenir plus ou moins immobile par la queue. La directrice de Gryffondor lança le sort. Progressivement, le rat prit peu à peu de l'ampleur et à prendre forme humaine. Sirius en fit tout autant. Une fois sûr qu'il ne se retransformerait pas, le Maître des Potions en fit tout autant.

Sachant pertinemment qu'il ne se contrôlerait pas s'il sortait sa baguette, il choisit une approche plus directe. Il lui donna un coup de poing en plein visage, lui brisant le nez.

« Pour Lily, » siffla-t-il entre ses dents. « Va pourrir à Azkaban ! Là est ta place ! »

L'homme-rat gémit sur le sol tandis que Minerva le ligotait.

« Je vais faire prévenir les Aurors, » fit calmement Dumbledore, le visage neutre. « Minerva... »

« Je ne le lâcherai pas d'une semelle, » dit immédiatement cette dernière avec une pointe de colère dans la voix.

« Nous non plus, » firent les deux Maraudeurs, tout aussi en colère.

« Moi si je reste, je le tue de mes propres mains, » siffla Severus en partant, la mine sombre, une aura noire et suffocante autour de lui. « Si on me cherche, je serai dans mon bureau. »

Harriet observa Pettigrow avec dégoût. Elle ne craignait pas de le voir s'échapper ou même tenter quoi que ce soit avec toutes les baguettes pointées sur lui. Elle s'approcha de lui et lui donna un coup de pied bien placé entre les jambes.

« Ca, c'est pour mon père ! »

« Miss Potter ! » s'énerva le professeur McGonagall en s'approchant.

Le rat tomba à genoux devant la Serdaigle qui serrait déjà le poing, prête à l'envoyer.

« Et ça, Wormtail, c'est de la part de ma tante et moi-même. » Elle frappa durement son visage déjà ensanglanté. « Pour ma mère ! »

Elle repartit avec Hermione, ignorant Weasley qui était pâle comme un linge, le regard fixé sur l'homme qu'il croyait pendant toutes ces années être un rat ordinaire. Elles partirent pour la Salle-sur-Demande. Remus et Sirius échangèrent un sourire alors qu'ils prenaient chacun le rat par un bras pour le redresser et le faire avancer dans les couloirs jusqu'à une salle où ils le surveilleraient pour ne pas qu'ils s'échappent.

« Sa Tante ? » fit Minerva qui les suivait. « Je croyais qu'elle n'entretenait plus aucune relation avec Pétunia Dursley... »

« C'est le cas, Minerva, » répondit Remus. « Les Dursley ne l'ont pas bien traitée. »

« Riette faisait référence à son autre tante, Merryl Evans, » continua Sirius. « On croirait la soeur jumelle de Lily ! »

C'est là que le galion tomba. Minerva était venue bien des années auparavant au domicile des Evans pour les informer du statut de sorcière de la jeune fille. Il n'y avait pas deux mais trois jeunes filles à l'époque. Pourquoi ne s'en était-elle pas souvenue au moment où il avait fallu mettre la jeune enfant à l'abri ?

Harriet de son coté, était songeuse alors qu'elle se massait la main. Elle n'y avait pas été de main morte. Elle s'était sérieusement fait mal. Mais ce n'était pas de sa main qu'elle s'inquiétait. Mais plutôt de Severus.

« Riette, est-ce que ça va ? » demanda Hermione, inquiète du silence de son amie.

« Hmm... Oui, ça va... Je me demandais juste ... non, j'ai du rêver. »

« Quoi ? »

« Sev ne se serait pas comporter en Gryffondor ? »

« Pourquoi tu dis ça ? » fit la brune, soudain curieuse.

« Eh bien... il n'est pas répertorié et il vient de révéler à toute l'école son animagus juste par ... je ne sais pas ... désir de vengeance ? »

« Tu n'as qu'à lui demander. »

La jeune fille le fit donc. Elle écrivit une lettre à son frère et lui envoya. Quand Severus la lut le soir même, il s'étouffa avec son thé dans son salon.

« Eh merde..., » maugréa-t-il. « Quel imbécile je fais ! »