Chapitre 53 : Mauvaises Nouvelles

Si tu l'oses : 295. liens

Eileen lisait la Gazette du Sorcier dans la Grande Salle. Elle était installée juste à côté de Severus. Pure coïncidence du jour. Ils essayaient de ne pas trop se mettre l'un à côté de l'autre pour préserver les apparences. Sauf qu'aujourd'hui, son fils n'avait pas eu le choix que de s'asseoir là, les autres places étant déjà occupées.

La parution de l'article sur l'arrestation de Pettigrow et de son prochain procès était paru deux jours plus tôt. Depuis, ils étaient tous un peu plus relax. Le danger était écarté. Sans le rat, le Seigneur des Ténèbres ne pourrait pas renaître.

« Oh les cons ! » jura en français Harriet, suffisamment fort pour que toute la salle l'entende.

Les deux Prince lui jetèrent un regard. Elle lisait elle aussi la Gazette. Fronçant les sourcils, la mère regarda les autres titres du quotidien, elle sentait le regard brûlant de Severus par-dessus son épaule.

PETER PETTIGROW S'EST ECHAPPE !

Il soupira bruyamment en se passant une main sur le visage, soudain fatigué. Le Ministère et les Aurors étaient des imbéciles et des incompétents.

« J'aurais du tuer ce sale rat quand j'en avais l'occasion, » siffla-t-il. « Le bouffer tout cru ! »

Un grondement assourdi quelque part sur sa droite lui confirma ses pensées. Le Loup-Garou grondait et criait vengeance tout autant que lui.

« Severus ! » s'indigna Minerva. « Ne vous abaissez pas à devenir un monstre comme lui ! »

« Au cas où vous l'auriez oublié, Minnie, » rétorqua-t-il sans reproche, ravi que quelqu'un oublie qui il avait été. « Je suis déjà sale. Je dis juste que ce rat dehors, Miss Potter n'est pas en sécurité. Et Pettigrow mérite cent fois le baiser du détraqueur. Voire même pire... »

Il se leva, l'appétit coupé, et sortit de la Grande Salle. Il avait besoin de faire quelque chose, de s'occuper l'esprit. S'il ne faisait rien, il risquait de partir de Poudlard sur le champ pour poursuivre ce sale rat jusqu'aux confins du monde dans l'unique but de le tuer et le déchiqueter en tous petits morceaux.

Il s'enferma dans son bureau et s'attela à la préparation de ... réfléchissons un moment ... Qu'est-ce qui pouvait être suffisamment compliqué pour l'occuper pendant plusieurs heures et ainsi le calmer ? Peut-être ... Oui ! Il allait préparer du Félix Félicis ! C'était long. Il fallait être extrêmement prudent et précis. Cela allait lui prendre tout le reste de la journée rien que pour la première étape. Exactement ce qu'il lui fallait !

xXxXxXx

Harriet essayait de se concentrer sur un souvenir heureux. Elle se concentrait sur un moment familial entre sa mère, Severus et elle autour d'un chaudron. C'était bien le cinquantième qu'elle essayait. Hélas, rien n'y faisait. Elle ne produisait qu'un maigre nuage de fumée argentée. Il perdit l'équilibre, épuisée. Elle se sentit rattrapée entre deux bras puissants.

« Je crois que cela suffit pour aujourd'hui, » dit calmement Remus, un léger sourire sur les lèvres. « Tu t'en sors plutôt bien. »

« J'y arrive pas. »

« J'ai pu faire mon premier patronus à l'âge de dix-neuf ans, Riette. Que tu ne saches pas le faire à treize ans n'est pas honteux ... »

Il l'aida à s'asseoir à une chaise non loin et lui fournit un morceau de chocolat. Ils restèrent un moment silencieux.

« Harriet ... »

« Hmm ? »

« Qu'est-ce que vous nous dites pas ? » demanda le Maraudeur avec sérieux.

« De quoi tu parles ? »

« Eileen, ton frère et toi, vous gardez encore bon nombre d'informations pour vous. Qu'est-ce que vous nous dites pas ? »

« A quel sujet ? »

« J'ai senti la peur dans la Grande Salle, l'autre jour, quand elle a appris pour Peter. Ta mère avait peur. Pourquoi ? »

Le regard brun du Loup-Garou était brillant d'inquiétude mais aussi insistant. Elle déglutit mais ne répondit pas.

« Tu nous as fait lire des livres. Est-ce qu'il y en a d'autres ? »

Elle soupira.

« Putain mais qu'est-ce que tu fous à Gryffondor ? Tu devrais être à Serdaigle ! »

« Langage ! » la réprimanda-t-il doucement, amusé. « Alors ? »

« Je préfère ne pas les donner. »

« Pourquoi ? Nous pourrions vous aider ... »

« Ecoute, Remi ..., » soupira-t-elle. « Je vais y réfléchir. Je te le promets. Mais le problème, c'est Dumbledore. Si jamais trop de personnes sont au courant cela pourrait poser problème. »

« Dans ce cas, pourquoi en avoir informé ton amie Hermione ? »

« Elle a été ma première confidente et cela a été un peu rapide avec l'affaire du troll… » Elle soupira. « Le souci, c'est qu'avec Dumbledore, dire trop de choses sans savoir si vous avez de bonnes défenses mentales, ce n'est pas rassurant. »

« Hermione en a ? »

« Traine-t-elle avec le directeur tous les jours ? »

« Tu marques un point. Mais on pourrait vous aider, ou du moins ne pas faire d'erreur … »

« Les livres n'apporteraient pas grand-chose. Il y a des choses qui n'y sont même pas. Comme le fait que Dumbledore versait de l'argent de mes coffres aux Weasley et qu'on ne sait pas pourquoi ! Leur relation est encore trop ... c'est bizarre. Je connais ce monde, je sais comment les grandes lignes de l'histoire vont se dérouler mais ça, j'ai l'impression que c'est une clef indispensable pour soulever le dernier mystère ! C'est frustrant de ne rien comprendre ! »

« Rien n'est jamais écrit à l'avance Harriet. Rien n'est jamais prédestiné. Pas de destin mais ce que nous faisons. »

« Toi, tu as regardé Terminator dernièrement, » sourit-elle.

« Possible. »

« Je fais l'objet d'une foutue prophétie. Et Dumbledore le sait pour l'avoir entendue. »

« Quelle prophétie ? »

La Serdaigle resta silencieuse un moment alors qu'elle regardait le Maraudeur, étonnée.

« Tu ne sais pas ? » Il secoua la tête en signe de dénégation. Elle soupira. « A la longue, je vais finir par la connaître par coeur. Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche ... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié ... Il sera né lorsque mourra le septième mois ... et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit... Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois. »

Elle prit un nouveau morceau de chocolat avant de soupirer.

« Voilà. »

« Je n'en ai rien lu dans les livres..., » remarqua-t-il.

« Parce qu'elle est dans le cinquième... »

« Cinqui... Et combien, il y en a ? »

Elle fixa le Loup-Garou dans les yeux.

« Sept, » répondit-elle presque à contre-coeur.

« Et pourquoi tu refuses qu'on les lise ? »

« A cause de ce qui s'y passe. C'est ... hard. »

Il soupira.

« Harriet ... Ce n'est pas à toi de te préoccuper de tout cela. Tu n'es qu'une enfant ! »

« 'L'Enfant' te fera remarquer qu'elle a mentalement votre âge à tous ! » dit-elle durement. « Je suis aussi vieille que vous ! Je fréquente certes des gosses. Mais je suis déjà adulte. Je te conseille de ne pas l'oublier ! »

Elle le vit se tendre. Elle se calma légèrement.

« Ce n'est pas pour rien que je travaille dur, tu sais. Je sais que mon noyau magique n'est pas prêt. Mais Voldy n'attendra pas que je sois prête à l'affronter pour attaquer. Dès qu'il reviendra, il frappera parce que c'est un couard. S'attaquer à un enfant pour gagner la guerre ! » Elle se repositionna plus confortablement sur sa chaise. « Cela dit, le camp de la lumière n'est pas spécialement mieux ... Mettre tous ses espoirs sur les épaules d'un enfant ... C'est tout aussi lâche. »

Remus hocha doucement la tête.

« Mais n'oublie pas que nous sommes adultes nous aussi, Harriet, » dit-il néanmoins. « Nous n'avons pas besoin d'être protégés. Au contraire, nous garder dans l'ignorance pourrait nous faire commettre une erreur. »

« Nous verrons ce que Maman et Sev en pensent pendant les vacances, » décida-t-elle après quelques instants de réflexions.

« Je ne comprends pas pourquoi tu te bases beaucoup plus sur eux que sur Sirius ou moi. »

« Peut-être parce que je les connais depuis plus longtemps et qu'en plus, ils sont des Serpentards, » répliqua-t-elle. « Ne le prends pas mal mais vous êtes des Gryffondors. Et Sirius est un peu ... »

Remus soupira.

« Très bien. Nous en reparlerons pendant les vacances. » Il regarda l'heure. « Tu ferais bien d'y aller. »

« Mouais. Faut que j'étudie. »

Elle salua le Maraudeur et repartit pour la tour de Serdaigle.

xXxXxXx

Eileen volait haut dans le ciel au-dessus de Poudlard. Elle avait vu Dumbledore se diriger vers son bureau en compagnie de Molly Weasley. C'était l'occasion rêvée de savoir quel genre de liens ils entretenaient. L'harfang des neiges se posa alors derrière la fenêtre du bureau afin d'écouter discrètement leur conversation. Elle put les voir confortablement installés dans un canapé devant la cheminée, buvant une tasse de thé.

« Comment cela avance entre Ronny et la jeune Harriet, Bubus ? » demanda la matriarche Weasley.

« Cela ne progresse pas vraiment comme je le souhaiterais, ma douce, » répondit Dumbledore. « Elle ne le regarde pas. Au contraire, elle le rejette plus qu'autre chose. Qu'en est-il de ton coté ? »

« Je n'arrive à rien avec Lady Prince, » soupira la rousse. « Elle refuse de répondre à mes lettres. Comment pourront-ils se marier dans de telles conditions ? »

« Ils sont encore jeunes. Nous avons encore le temps de voir les choses venir. Ronald se mariera avec Harriet Potter. C'est certain. Si nécessaire, nous pourrons toujours tenter le philtre d'amour. »

La chouette retint un hululement outré à cette perspective. Ils complotaient certainement contre sa fille depuis le début, maintenant c'était certain. Mais dans quel but ?

« Comment va Ginevra ? » demanda ensuite le vieil homme.

« Elle commence un peu à réagir mais je ne sais pas si elle arrive à me reconnaître, » fit la femme en commençant à pleurer. « Mon bébé ... »

Dumbledore posa sa tasse de thé et la prit dans ses bras pour la consoler. L'harfang ne put entendre ce qu'il lui dit, les murmures étant étouffés par les sanglots de la matriarche Weasley. Toutefois, quelques minutes plus tard, elle comprit enfin pourquoi Dumbledore faisait cela. Ce n'était pas clairement dit mais son intérêt pour Ronald et Ginny Weasley devenait clair quand le sorcier embrassa la femme avec amour. Elle en fut choquée.

Eileen se laissa tomber en arrière et prit son envol. Elle avait besoin de réfléchir. Les deux derniers Weasley étaient ... des Dumbledore ! Et Albus Dumbledore s'acharnait ainsi pour assurer à ses deux enfants un avenir dans la haute société. Voilà qui était tout bonnement scandaleux !

Elle plongea alors vers le château, en direction des appartements de Severus. Elle devait l'en informer le plus vite possible. Elle devait vider son sac. Et elle avait aussi besoin de se détendre ! Préparer une potion pourrait l'y aider.

xXxXxXx

Sirius et Eileen attendaient le retour d'Harriet pour les vacances. L'année était enfin terminée. Ils avaient deux mois de vacances devant eux pour se détendre et se préparer tout doucement à l'année suivante. Le Maraudeur fit glisser son regard sur la foule présente pour récupérer leurs enfants et ses yeux furent attirés par une chevelure flamboyante un peu plus loin. Il commença à s'en approcher pour la saluer, un sourire enjôleur sur les lèvres.

Merryl se trouvait sur le quai de la voie neuf trois-quart à attendre son fils qui devait rentrer pour les vacances. Elle devait ensuite le déposer chez son père. Elle était vêtue d'une robe dans les tons clairs qui lui arrivait un peu au-dessus du genou et avait le teint pâle. Elle était également plus maigre qu'avant. Elle n'allait pas bien. Cela faisait des semaines qu'elle était dans cet état de déprime, ne mangeant et buvant que lorsqu'elle y pensait.

Elle se sentait faible et triste mais tout irait mieux lorsque son fils serait à nouveau là, lorsqu'elle ne serait plus seule dans la maison vide le soir en rentrant du travail, qu'elle n'aurait plus à s'endormir dans une maison vide de toute trace de vie... Elle ne supportait plus la solitude, surtout depuis que tout le monde autour d'elle se mettait en couple et lui demandait quand elle finirait par se caser à son tour.

Elle était en avance sur le quai lorsqu'elle aperçut Lady Prince et Sirius Black qui venaient d'arriver à leur tour. Elle se redressa du mur contre lequel elle s'était appuyée en voyant l'homme s'approcher quand elle fut prise de vertige. Elle tenta de se raccrocher au mur mais n'y parvint pas. Elle sombra dans les ténèbres en voyant vaguement Sirius Black courir vers elle en criant son nom.