RaR :
Adenoide : Si tu veux vraiment connaître le passé de Merryl, je te propose d'aller lire la fic de Maggie Zel, Merryl Evans et le Berceau de Magia. Je ne vais pas m'épandre sur ce sujet de trop pour éviter de lui voler la vedette car cela reste son idée, son personnage. Rendons à César ce qui appartient à César ! Maggie s'occupe de sa belle Merryl pendant que je m'occupe d'Harriet. Chacun son SI. C'est juste qu'on a décidé il y a plusieurs mois de lier nos histoires ensemble, carrément sur un coup de tête ! Et ça marche !
Chapitre 59 : Le Marché de Bourg-Vivant
Si tu l'oses : 319. rocher
Elle se figea en entendant un craquement et se rassura en reconnaissant le pas souple de Severus.
« Toi non plus, tu ne peux pas dormir ? » demanda le Serpentard en venant s'installer à côté d'elle.
« Je dors très mal en ce moment, » fit-elle tout doucement pour ne pas déranger le silence ambiant.
« Qu'est-ce qui te tracasse ? »
« Rien de spécial...juste les souvenirs de la Purge qui reviennent et me hantent dès que je ferme les yeux et abuser de la potion de sommeil sans rêve n'est pas dans mon idée. Et toi ? »
« L'année à venir... Pas le tournoi en lui-même mais plus ce qui pourrait se passer après. »
Elle le regarda dans les yeux comprenant où il voulait en venir. Elle posa sa main sur son bras gauche en signe de réconfort, caressant doucement l'endroit où devait se trouver la marque de son pouce. Depuis la chute du Seigneur des Ténèbres, le tatouage ne s'était fait douloureux qu'à l'occasion, souvent en coïncidence aux événements qui entouraient sa soeur. Mais en ce moment, il ne ressentait rien d'autre que ce toucher doux et agréable.
« Tu n'es pas obligé de retourner vers lui..., » dit Merryl dans un murmure. « Et même si je sais que tu ne pourras pas t'en empêcher, je serais là pour te soutenir quand tout le monde te prendra pour un Mangemort. Car moi je sais que tu vaux bien mieux qu'eux tous ! »
Elle lui fit une pichenette sur l'épaule. Il eut un sourire triste.
« Tu sais que c'est de ma faute, n'est-ce pas ? Tu sais que c'est moi qui ai rapporté cette prophétie. »
La voix de Severus n'était pas plus élevée qu'un murmure
« Je le sais... mais tu ne pouvais pas savoir qu'il s'agissait de Lily et James. Nombreux sont les sorciers qui ont défiés ce tyran par trois fois et tu n'avais pas la prophétie en entier. Je sais également que tu lui as demandé d'épargner Lily... Je ne t'en veux pas, » dit-elle tout aussi bas.
« Cela n'empêche pas que je suis rongé par la culpabilité. J'ai l'impression d'avoir moi-même tenu la baguette et d'avoir lancé ce maudit sort ! »
« Et c'est ce qui fait de toi quelqu'un de bien. Si tu étais réellement mauvais, tu n'en aurais rien à faire et je m'en veux moi aussi pour ne pas avoir été présente pour les protéger. Si j'avais été la gardienne du secret... personne ne m'aurait trouvée ici... »
Elle plaça ses mains de part et d'autre du visage de l'homme accablé et se pencha pour l'embrasser sur le front.
« Ce n'est pas ta faute, Severus. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour sauver ma sœur et même si cela n'a pas fonctionné, je t'en serai toujours reconnaissante. »
L'homme passa un bras autour de la taille de la rousse et plongea son nez dans son cou. Il aurait pu pleurer mais les larmes ne venaient pas. Il n'y avait plus que ce sentiment d'amertume face à cet échec passé. Il resta là à puiser dans ce réconfort, à l'abri des regards des autres. Étrangement, face à Merryl, il n'avait pas vraiment peur de montrer quelques-unes de ses faiblesses. Notamment celle de son coeur. Cela ne le rendait pas plus habile avec les mots quand il fallait parler sentiment mais au moins ses gestes étaient clairs. Il cherchait le soutien d'une amie en ce moment.
Elle resta là, à passer doucement ses doigts dans les cheveux de l'homme, glissant par moment dans sa nuque et sur ses épaules, le temps dont il aurait besoin de réconfort, lui soufflant de temps à autre des mots de réconfort.
Aucun des deux ne vit le regard tendre d'une chouette blanche non loin qui veillait sur le bien-être de son fils.
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Le lendemain, après un petit-déjeuner copieux, Merryl transforma le cerceau de la veille en portoloin vers Bourg-vivant pour aller plus vite. Là-bas, ils iraient au grand marché de l'archipel. Ils atterrirent dans une grande forêt. De là où ils étaient, ils pouvaient déjà voir les habitations en bois juste en dessous de la cime des arbres, reliées entre elles par des ponts de singes et autres passerelles. En contre-bas, il y avait le marché avec ses stands et petites échoppes colorées. Et naturellement beaucoup de bruits, les marchands vantaient leurs produits, les passants posaient des questions et les enfants couraient d'un stand à l'autre en poussant des cris de joie. Bourg-Vivant portait bien son nom !
On y vendait de tout à cet endroit : objets magiques, vêtements traditionnels, fruits et légumes, ingrédients de potions et autres. Les membres se dispersèrent pour visiter avec comme point de rendez-vous le début du marché ou se trouvait la place aux miroirs. Sans surprise, les Prince, amateurs de tous ce qui avait trait de près ou de loin aux potions, se dirigèrent vers les vendeurs et marchands d'ingrédients. Ils posèrent beaucoup de questions, surtout Severus qui était un Maître – le plus jeune et le plus talentueux d'Europe ! – et ils repartirent avec un trou dans leur porte-monnaie mais aussi leur besace un peu plus remplie.
Le Serpentard s'écarta de sa famille, faisant comprendre à sa mère qu'il ne devait absolument pas les suivre, avec un regard insistant et pourtant discret vers Harriet. Eileen comprenant ce qu'il comptait faire, eut un léger sourire et détourna l'attention de sa fille vers un stand proposant différents livres et ouvrages traitant de différents sujets. Là encore, elles repartirent satisfaites. La Serdaigle avait trouvé quelques livres de potions, un ouvrage en fourchelangue, des contes et quelques essais sur l'architecture sorcière sud-américaine.
Sirius de son côté fut plus attiré par un stand proposant l'une ou l'autre oeuvre d'un artisan local. L'homme en question travaillait actuellement sur une bûche de bois pour en faire une nouvelle sculpture.
« Bonjour, Monsieur, » dit l'animagus.
« Bien le bonjour, mon brave, » fit l'artisan de sa voix bourrue avec un fort accent. « Que puis-je pour vous ? »
Il affichait un sourire jovial alors qu'il s'écartait de son oeuvre. Il était un peu rondelet et vêtu d'un tablier brun qui protégeait sa chemise de coton aux couleurs claires. Il avait une légère barbe et le front dégarni où l'on pouvoir voir perler quelques gouttes de sueur.
« Vous faites de l'excellent travail, Monsieur, » dit Sirius avec des étoiles dans les yeux alors qu'il observait son étal. « J'apprécie vraiment. » Le sourire de l'artisan s'élargit. « Mais je me demandais ... Est-ce que vous acceptez les commandes ? »
« Tout dépend de la commande, » répondit-il. « Je suis douée dans mon art mais j'ai malgré tout mes limites. »
Sirius lui décrivit alors les détails qu'il aimerait trouver sur une sculpture pour l'offrir à sa filleule. A la fin de la discussion, l'autochtone sourit.
« Je peux faire cela sans problème. Il arrivera demain au plus tard dans l'après-midi. Et remettez un joyeux anniversaire à votre filleule de ma part. »
« Je n'y manquerai pas, » sourit Sirius en sortant de sa bourse les quelques galions demandés.
Il regarda l'heure et prit le chemin de la place aux miroirs où il devait retrouver les autres. Ils dégustaient des rafraîchissements sous une toile les protégeant du soleil en compagnie de Merryl. Sirius bouda en voyant Snivillus – Non, Patmol, Severus ! se corrigea-t-il intérieurement, tellement habitué à entendre Harriet le lui crier dans les oreilles – rire avec la rousse. Lui qui voulait tellement la draguer ... Il repartirait à l'assaut à un autre moment.
Là, il mourrait littéralement de chaud malgré son short et sa chemise entrouverte laissant visible les tatouages qu'il avait sur son torse. Il ne dirait pas non à un rafraîchissement lui non plus. Et il rêvait d'une bonne baignade ! Son voeu se révéla exaucé quand Merryl leur annonça qu'ils allaient passer l'après-midi à la maison pour se reposer et profiter de l'océan en attendant le soir pour assister aux festivités du Berceau.
Dès leur retour, Sirius et Harriet partirent dans leur chambre respective afin de se mettre en tenue de plage à savoir un simple short pour l'animagus et son bikini pour la jeune fille. Cette dernière revint avec un flacon de la crème solaire spéciale auprès de son frère, en short de plage lui aussi, afin qu'il lui en applique dans le dos.
Elle resta un instant figée devant toutes les cicatrices qu'il avait sur son torse pâle. Toutes acquises durant la guerre et pas que des combats. Nombreuses étaient issues des tortures infligées par Voldemort. Elle pinça les lèvres.
« Quand tu auras fini de me détailler, peut-être me donneras-tu ce flacon avant que tu finisses avec un coup de soleil. »
Harriet se secoua et le lui tendit avant de lui montrer son dos, écartant ses cheveux. Quand elle voulut partir rejoindre son parrain déjà dans l'eau, elle sentit une pression dans son dos ainsi que Severus qui se rapprochait de son oreille.
« Ne t'inquiète pas, je n'en souffre plus depuis longtemps. Poppy et Maman se sont bien occupées de moi. Oublie ça et amuse-toi. »
« Severus Snape qui me dit d'aller m'amuser. Voilà quelque chose d'étonnant ! » rit-elle.
Le Serpentard eut un sourire en coin alors qu'il la poussait à l'eau. Harriet eut un cri paniqué vite coupé par les vagues. Quand elle ressortit de l'eau, elle était mi-outrée, mi-amusée.
« Je me vengerai ! » s'exclama-t-elle.
« Commence déjà par être plus rusée que moi, Petite Peste ! » ricana son frère en s'écartant du ponton.
Il partit un peu à l'écart et se transforma en panthère. Il alla se percher sur un rocher et observa pendant un temps les environs, vigilant. Puis, peu à peu apaisé par le bruit du ressac et les rires de sa soeur et de Black, il ferma les yeux pour se reposer. Il était un chat et il aimait dormir. Pourtant c'était un loisir qu'il ne s'accordait que rarement.
Il entendit vaguement un bruit à un moment, le faisant se redresser légèrement. Il se recoucha, serein. Ce n'était que sa mère qui vint s'installer en tailleur à côté de lui. Il émit un ronronnement quand elle vint lui grattouiller les oreilles. Il se rendormit sous cette attention délicieuse et maternelle. Il ne réagit pas quand elle repartit une vingtaine de minutes plus tard. Il ne ressentait aucun danger et il était tellement bien là, à profiter du calme et de la chaleur.
SPLASH !
Des éclats de rire se firent entendre alors qu'il se redressait vivement en feulant et grognant. Il bondit rapidement de son endroit paisible dorénavant mouillé et s'ébroua avant de porter son regard jaune et furieux sur le coupable. Il vit alors sourire victorieux de Merryl qui agitait paresseusement la main. Au-dessus de celle-ci, il y avait une bulle d'eau qui se mouvait doucement. Et juste derrière la rousse, il y avait Harriet qui lui tirait la langue. Ainsi donc c'était Merryl la coupable mais juste à la demande de sa nièce.
Il reprit lentement forme humaine et planta son regard noir dans les yeux des deux responsables.
« Cela va se payer cher ! » dit-il de sa voix douce et menaçante avant de partir à leur poursuite sous les regards amusés d'Eileen et Sirius.
Merryl sauta avec grâce dans l'eau avant même qu'il puisse l'attraper mais il ne se pria pas de prendre sa soeur et de la jeter sur son épaule. Harriet poussa des cris indignés entre deux éclats de rire et ses appels à l'aide. Severus marchait lentement mais sûrement vers l'océan où il avait bien l'intention de la jeter. Il le fit en ricanant. Ce dont il ne s'attendait pas c'était d'être lui-même bousculé par un chien.
Il tomba dans l'eau tête la première. Il toussa et chercha à reprendre sa respiration alors qu'il refaisait surface. Harriet le regardait le visage rieur, accrochée à l'aileron d'un dauphin. Il leva son regard vers le ponton et y vit un chien noir.
« Black ! » s'exclama-t-il en ne pouvant se départir d'un léger sourire. « J'aurais du m'en douter que tu en profiterais. »
« C'était le plan ! » fit Harriet victorieuse.
« Le plan ? » demanda Severus en se tournant vers elle.
« Ben oui. Je ne peux pas te surprendre toute seule en partie parce que tu es plus rusé, plus vieux et plus expérimenté que moi, mais aussi parce que venir directement t'affronter aurait été prévisible. Alors j'ai demandé de l'aide. Merryl et Patmol se sont directement proposés ! »
Un aboiement de chien supporta les propos de la Serdaigle tandis que le dauphin sifflait, une lueur amusée dans son regard vert.
« Pas mal, » sourit le Maître des Potions. « Très Serpentard. »
Un jappement plaintif se fit entendre avant qu'ils soient tous éclabousser. Ils retrouvèrent avec amusement un chien.
« Et ça c'est encore plus Serpentard, » fit la voix d'Eileen depuis la berge.
Tous purent voir qu'elle tenait sa baguette en main et son sourire amusé. Severus éclata de rire.
« Merci Maman ! » s'exclama-t-il aux anges.
