Chapitre 61 : Quatorze ans déjà !

Si tu l'oses : 787. Proche du paradis

Un hurlement perçant réveilla Shadow en sursaut. Il fut directement alerte alors que les oiseaux s'envolaient dans le ciel, s'éloignant de la maison sur pilotis. La nature se fit rapidement silencieuse, excepté le ressac incessant des vagues. Harriet ... La panthère rentra immédiatement et avisa le visage épuisé de Merryl qui venait tout comme lui de se réveiller. Il émit un grognement en voyant un chien noir descendre les escaliers à la vitesse de la lumière. Qu'est-ce que Black avait encore fait ?! Il l'attrapa immédiatement et le maintint à terre, assurant sa domination – il en jubilait déjà – sur sa proie du jour. Il entendait déjà les pas furax de sa soeur et ceux un peu plus calme de sa mère à l'étage.

Harriet descendit les escaliers baguette en main – mauvais pour le clébard – et avait les yeux qui lançaient des éclairs. Ses cheveux voletaient autour d'elle tandis qu'une des bretelles de la robe de Merryl était retombée, laissant légèrement voir une partie de sa féminité. On voyait clairement qu'elle était encore fatiguée. Comme tout le monde. Il devait être quoi ? Dix heures ? Onze heures du matin ?

« SIRIUS ORION BLACK ! » cria-t-elle. « POURRAIS-JE SAVOIR POURQUOI J'AI EU DROIT A ETRE REVEILLEE PAR DE LA BAVE DE CHIEN A DIX HEURES DU MATIN ?! ON EST RESTES DEBOUT TOUTE LA NUIT ! IL ME FAUT MES HUIT HEURES DE SOMMEIL, MOI ! »

Severus sentit le chien reprendre forme humaine. Il recevait des regards noirs de tout le monde et la panthère grognait, ne cachant pas ses crocs.

« Euh ... Joyeux anniversai... Aaarrgh ! »

Le sorcier avait fait un vol plané dans le ciel pour atterrir au milieu de la baie. Shadow pencha la tête sur le côté en voyant cela avant de se tourner vers les sorcières pour connaître l'identité de la responsable. Merryl avait sorti sa baguette qu'elle tenait légèrement en l'air, paume à moitié vers l'extérieur. Là, le Maître des Potions en était sûr, il adorait cette femme ! Envoyer l'un de ces foutus Maraudeurs à la flotte comme ça sans même discuter était juste un pur délice de l'existence ! Il donnerait n'importe quoi pour voir encore d'autres événements du genre.

« Merci, Merryl, » fit la Serdaigle avant de grogner alors qu'elle remontait se coucher.

Severus put l'entendre marmonner sur les clébards impatients et mal dressés. Si une panthère pouvait éclater de rire, il l'aurait fait. Il retourna se coucher sur le ponton, sous la douce chaleur du soleil alors que la maisonnée se faisait à nouveau calme par ce doux matin d'été.

Il ouvrit vaguement les yeux pour surveiller le Maraudeur quand il revint sur la plage à la nage. Il arborait un sourire goguenard malgré son visage tiré par la fatigue. Apparemment, le sale tour de Merryl l'avait amusé et il prévoyait peut-être – sûrement selon le Serpentard – une petite revanche pour la belle rousse. Il y avait cet éclat dans ce regard argent que Severus connaissait bien pour l'avoir maintes fois vu quand ils étaient encore que des étudiants à Poudlard. La journée promettait d'être distrayante ... et potentiellement dangereuse aussi. Avec les Maraudeurs, même un seul, on n'est jamais à l'abri d'une catastrophe.

Black se fit discret durant les heures qui suivirent et il n'y eut pas d'autres réactions exagérées de la part de qui que ce soit au plus grand bonheur des oreilles sensibles de Shadow. Il se rendormit.

Ce fut des caresses sur son dos et une odeur d'amande et de fleur d'oranger qui le réveillèrent. Sans même ouvrir les yeux, il s'étira légèrement, laissant pendre une patte du ponton, se mettant sur son flanc pour l'encourager à continuer. Un lourd et profond ronronnement sortit de sa gorge alors qu'il entendait son rire cristallin. Oui, cet endroit était le paradis, ou en tout cas, proche du paradis. S'il pouvait seulement y rester ... pour toujours ?

Il revint vite à la réalité alors qu'il prenait de plus en plus conscience de son environnement et de l'agitation qui commençait à se faire à l'intérieur de la maison. Il y avait Harriet ... et cet avenir sombre devant eux. Il ne pourrait pas rester ici en sachant qu'elle serait devant le danger. Il n'était pas un Gryffondor, c'est vrai, mais il n'était pas un lâche non plus. Il serait auprès d'elle pour la protéger. Il se redressa et s'étira une fois encore avant de reprendre forme humaine. Il croisa le regard rieur de Merryl et lui fit un sourire en passant un bras dans son dos alors qu'ils retournaient tous deux vers la maison. Ils avaient l'anniversaire d'Harriet à célébrer.

Quand ils entrèrent, Severus eut un sourire amusé en avisant la silhouette avachie de sa soeur à table. Elle était toujours vêtue de la robe à bretelles mais elle était bien plus décente qu'un peu plus tôt au matin. Harriet avait la tête contre le bois de la table, entre ses bras. Elle semblait s'être rendormie. Ses cheveux noirs étaient dans un état ... indescriptible. Vive la magie pour défaire les noeuds ! Merryl sortit d'ailleurs sa baguette et l'agita au-dessus de ces derniers. Ils se lissèrent et se tressèrent en une natte lâche qui lui venait sur le côté. L'adolescente se redressa et bailla à s'en décrocher la mâchoire.

« Salut, Petite Peste, » dit simplement Severus avec un sourire en coin, un rien moqueur.

« Salut, Sev, » marmonna-t-elle en reposant sa tête sur la table.

« Si tu es encore fatiguée, retourne te coucher, » proposa-t-il doucement.

« Sirius m'a encore réveillée ... »

Le Maître des Potions jeta un regard noir sur le clébard. Ce dernier eut un sourire coupable mais pas du tout désolé. Merryl soupira en s'installant à côté de sa nièce. Cette dernière se redressa pour poser sa tête sur son épaule, fatiguée.

« Motivée à ouvrir tes cadeaux ou tu veux retourner te coucher ? » demanda-t-elle tout aussi doucement.

« J'arriverais pas à me rendormir tout de suite, » avoua Harriet. « Il fait trop chaud. »

Eileen présenta un plat avec un gâteau au chocolat avec quatorze bougies et ils mangèrent calmement leur part. A part Sirius qui était excité, ils étaient tous encore épuisés par les événements de la nuit et leur sommeil écourté par un petit malin. Toutefois l'ambiance était joyeuse et quelques rires calmes furent partagés. Puis, ils passèrent sur la terrasse et Sirius apporta les cadeaux pour sa filleule. Un peu mieux réveillée, elle ne put que sourire à cela alors qu'elle levait les yeux au ciel.

La jeune fille s'empara d'un premier paquet, relativement fin et étroit mais assez long et faisant son poids. Quand elle ouvrit la boîte, elle découvrit une dague assez simple sertie d'un onyx sur la garde avec quelques inscriptions runiques qu'elle ne reconnaissait pas sur la lame. Elle se tourna vers son frère.

« Une dague ? » fit-elle avec un sourcil relevé, un sourire en coin.

« Dans le cas où tu serais plus avantagée d'attaquer à la moldue plutôt qu'avec la magie. Cela pourrait surprendre tes adversaires. Je t'apprendrai à t'en servir. »

« Ce serait cool parce que, à part le coup de pied bien placé dans l'entrejambe ou le coup de poing en pleine figure, je n'ai absolument aucune notion de combat autre que le duel. »

« J'ai ajouté aussi autre chose. Regarde dans l'écrin. »

Harriet se tourna alors vers la boîte et vit un écrin en cuir dur. Elle l'ouvrit pour découvrir une perle d'onyx autour de laquelle un dragon miniature avait été forgé, comme pour la protéger.

« Je voudrais que tu le portes tout le temps à partir de maintenant, Harriet, » dit Severus en le lui attachant autour du cou. « Avec les événements à venir, tu seras à proximité du danger et je préférerais te savoir un minimum protégée. »

« D'accord, » sourit-elle. « Merci beaucoup Severus. »

Elle le prit dans ses bras en remerciement. L'homme la serra contre lui, protecteur.

« Joyeux anniversaire, Petite Peste, » murmura-t-il à son oreille.

Elle s'écarta et commença à déballer ses autres cadeaux. Elle se pencha sur un paquet aux couleurs de Gryffondors – de Sirius évidemment – et découvrit un livre sur la méditation ainsi qu'un carnet de notes. Elle les observa un instant, un sourcil relevé, perplexe. Elle regarda l'homme.

« Cela te sera utile, » dit-il avec un sourire maraudeur.

« Je crains le pire, » marmonna Severus derrière elle.

Elle rit doucement.

« Tant que je ne dérange pas les cours, Sev, c'est le principal non ? Et puis, faire une prank à Dumbledore ne serait pas du luxe. »

« Ou à son fils, » commenta Eileen.

« Son fils ? » fit la Serdaigle, curieuse.

« Weasley. »

« Quoi ?! Tu veux dire que ... que ... Mme Weasley et ... et lui ... ils ... »

Elle eut un frisson de dégoût.

« OH MON DIEU ! » s'exclama-t-elle.

Elle s'attaqua immédiatement à un autre paquet, bien plus gros et plus lourd dans un coffret aux motifs colorés. Elle l'ouvrit et découvrit une sculpture en bois sombre. On pouvait y voir une jeune fille assise en tailleur contre un tronc d'arbre lisant un livre. Elle était entourée d'animaux. Chaque animal avait sa signification : c'était sa famille. Le chien assis avec la langue qui pendouillait, l'oeil rieur était Sirius, et juste à côté, un loup endormi, Remus. La panthère allongée sur le sol devant la jeune fille, l'oeil alerte, aux aguets, était Severus, la chouette sur une branche de l'arbre était sa mère, Eileen. Il y avait des remous dans le sol, représentant des vagues d'un côté desquels on pouvait voir sortir la tête d'un dauphin jusqu'à son aileron. Il s'agissait de Merryl. Juste à côté, sur la berge, il y avait un couple de cervidés, un cerf et une biche. James et Lily ... Toute sa famille était représentée.

« C'est très beau Sirius, » sourit Merryl. « Excellent choix. »

Elle embrassa sa nièce qui regardait son parrain avec un immense sourire. Elle alla immédiatement l'embrasser sur la joue et le serrer contre lui en le remerciant. C'était un magnifique cadeau.

« Ouvre tes derniers cadeaux, ma puce, » dit Eileen avec un sourire attendri.

La jeune fille se tourna alors vers un paquet qui ressemblait de toute évidence à des livres et l'ouvrit. Elle découvrit le présent de sa tante. Trois ouvrages sur la magie élémentaire et un miroir.

« Ainsi, tu pourras me contacter quand tu veux, ou même Alfie. »

« C'est un peu comme un Smart ou un Iphone... »

« Plus ou moins oui. Il n'y a juste pas l'option SMS. Tu peux y tenir ton agenda. Il y a un GPS. Et il peut être très utile pour la prise de notes. Petit bonus : il n'est utilisable que par son propriétaire parce qu'il est programmé pour ne répondre qu'à ton empreinte magique. »

« Il va falloir que je m'en procure un, » fit pensivement Severus. « Cela pourrait s'avérer être pratique. »

« Surtout l'option communication, » rit Harriet. « Fini de venir en douce juste pour un petit message. Je n'ai qu'à m'enfermer dans un endroit discret et te contacter. Merci Merryl. Merci beaucoup. » Elle se tourna vers son dernier cadeau. « Ce qui nous reste Maman. »

Le paquet était mou et bien plus léger que tout le reste. Quand elle l'ouvrit, Harriet découvrit du tissu noir et soyeux. Elle fronça légèrement sourcil en se relevant. C'était une robe. Du buste jusqu'à la moitié de la cuisse tout était d'un noir profond, puis le tissu commençait à se teinter de bleu, d'abord sombre, puis allant progressivement jusqu'au bleu égyptien. Il n'y avait qu'une bretelle sur l'épaule droite, décorée de quelques diamants – elle appartenait à la noblesse tout de même ! Pas de faux ! – et il y en avait d'autres sur la taille. Son dos serait nu avec seulement quelques bandes de tissu sombre afin de ne pas fait trop peu habillé.

« Ta première robe de bal, ma chérie, » dit Eileen avec un sourire. « On verra pour l'ajuster pour le bal de Noël afin qu'elle t'aille parfaitement. »

« Elle est magnifique. Je ... Je n'ai jamais rien porté d'aussi beau. Même pour mon bal de promo. Merci, Maman. »

Elle vint l'embrasser et la prendre dans ses bras.

« Joyeux anniversaire Harriet, » répétèrent tout le monde joyeusement.

Ils passèrent la fin de la journée dans l'eau à profiter de la fin du week-end sous les tropiques, buvant quelques cocktails célébrant comme il se fallait les quatorze ans d'Harriet. Et profitant aussi, du moins Merryl et Severus, de se venger de Black pour les avoir réveillés en sursaut au matin car il était clair qu'un seul vol plané à la flotte n'était pas suffisant !