Chapitre 65 : La Fouine et la Belette

Si tu l'oses : 188 Chocolats suisses

Harriet était assise dans la cour intérieure, à l'ombre de l'arbre pour ne pas trop souffrir du soleil qui tapait désagréablement en ce jour. Ou était-ce parce qu'elle était de mauvaise humeur comme à chaque période du mois ? Peu importe, elle n'aimait pas le soleil en ce jour et lui lançait un regard noir.

Elle discutait avec Neville et Hermione à propos du devoir de botanique. La Serdaigle écoutait le Gryffondor qui était incontestablement doué dans cette matière. Il hésitait parfois parce qu'il manquait de confiance en soi mais jamais encore jusqu'à présent elle ne l'avait entendu se tromper dans cette matière. Harriet lisait aussi quelques articles ou passages d'articles venant de la base de données de Pelhisir dont elle avait accès grâce à son miroir magique pour compléter les propos ou informer ses amis. Un grand débat sur les propriétés des coraux hawaiens commença entre Neville et la Serdaigle.

« Eh ! Harriet ! » fit une voix au-dessus d'elle.

La jeune fille leva la tête pour croiser le regard acier de Drago.

« Oui, Dray ? »

« Tu me passes ma pomme, s'il te plait. Elle est dans mon sac. »

La Serdaigle fouilla un peu le sac du Serpentard et trouva deux pommes dans le sac.

« Ca marche, si tu me laisses l'autre, » répondit-elle avec un sourire.

« Eh ! Mes pommes ! »

« Alors descends chercher ta pomme. »

« Bon d'accord, mange l'autre. J'irais en demander une autre en cuisine en allant vers les cachots. »

« Merci, » sourit la jeune fille en lui lançant une pomme avant de croquer à pleine dans l'autre.

« Serpentard, » siffla le blond.

« Merci, » répéta la jeune fille en riant après avoir avalé sa bouchée. « Je le prends comme un compliment. »

Ils plaisantèrent encore quelques instants sur le sujet, au grand dam de Drago, avant de retourner sur la botanique. Des bruits de pas se firent entendre et Harriet et ses amis levèrent les yeux curieux, sur le nouveau venu. La Serdaigle ne retint même pas son soupir.

« Qu'est-ce que tu veux, Weasley ? » demanda-t-elle sans même le saluer.

« Il vient de t'insulter, je vais défendre ton honneur ! » répondit le Gryffondor en sortant sa baguette.

Malfoy bondit immédiatement devant le groupe et se plaça devant Harriet, baguette dehors en position défensive. La jeune Prince fut surprise et touchée par l'élan Gryffondor et le caractère gentleman du Sang-Pur. Elle n'eut toutefois pas l'occasion de voir quoi que ce soit de plus, les deux élèves furent métamorphosés en animal. Drago était devenu une fouine au pelage immaculé et Weasley en une belette rousse. Le professeur Maugrey venait d'intervenir.

Harriet se retint de rire pour ne pas mettre son ami mal à l'aise mais elle était satisfaite du sort du rouquin. Elle murmura à Drago de venir alors qu'elle avait ouvert son sac. La fouine consciente de son état vint se réfugier avant d'être pris dans la folie du professeur boiteux. En effet, ce dernier faisait voler la belette dans les airs. La pauvre petite chose couinait et se plaignait sous les rires des élèves et de Maugrey lui-même.

La jeune Prince se leva et prit son sac ainsi que celui de son ami et partit rapidement loin de l'homme qu'elle savait être un imposteur, se privant d'un spectacle de rêve mais elle se doutait qu'Hermione ou Neville allait leur passer le souvenir avec plaisir. Elle entendit vaguement le professeur McGonagall crier sur son collègue, rapidement suivie par les gémissements indignés de Weasley.

Pauvre, pauvre petite chose …

Mais Drago… Certes, elle s'attendait un peu au résultat mais là, elle avait un peu de peine pour lui. Il ne voulait que la défendre. Elle prit route pour les cachots, se dissimulant au passage sous sa cape d'invisibilité, révélant ainsi au Serpentard son existence.

Elle tenait le sac dans ses bras et elle voyait la tête de la fouine dépasser. Elle sentait le sac de son ami battre contre sa hanche. Elle l'entendait légèrement mais elle le rassura de quelques murmures.

« Je te conduis chez le professeur Snape. Personne d'autre ne te verra ainsi. »

La fouine se sentit dès lors bien plus à l'aise bien que toujours honteuse. Au moins, il n'y avait pas eu trop de personnes qui avaient pu le voir. Une fois à l'abri dans les cachots, Harriet ôta sa cape et la rangea dans son sac avant d'aller frapper à la porte du bureau de son frère.

« Entrez. »

« Bonjour, professeur, » dit-elle en entrant dans le bureau. « Est-ce que vous pourriez me donner un coup de main, s'il vous plait ? »

Severus fronça les sourcils alors qu'il la voyait seule. Pourquoi lui parlait-elle de manière aussi formelle ? Puis, il vit la tête d'une fouine blanche sortir du sac qu'elle tenait entre les bras. Il releva les deux sourcils, surpris. Harriet posa le sac au sol et l'animal en sortit pour accourir vers la chaise devant le bureau.

« C'est-à-dire, Miss Potter ? » demanda le Maître des Potions en fixant l'animal aux yeux gris.

« Il y a eu une petite altercation entre Drago et Ronald Weasley dans la cour intérieure et le professeur Maugrey a utilisé la métamorphose sur eux. Si je ne me tracasse pas de Weasley, ce n'est pas vraiment le cas de Dray. J'ai préféré le dissimuler afin de préserver un maximum sa dignité. »

« Je vois et vous venez me voir pour que je lui rende sa forme d'origine. »

« Oui, professeur. »

« Et quelle était la situation exacte ? » demanda Severus en posant sa plume avant de croiser les bras sur sa poitrine.

Il avait le regard de l'homme qui voulait effrayer son élève, dans ce cas-ci son filleul.

« Eh bien…. On discutait simplement, Neville, Hermione et moi. Drago était dans l'arbre au-dessus de nous. Je ne sais pas trop ce qu'il y faisait. Il m'a demandé que je lui passe une pomme de son sac. Et je lui ai demandé si je pouvais avoir son autre pomme d'une manière assez sournoise, je dois dire. Drago m'a donné le qualificatif de Serpentard. Au vu de mon affiliation et de mon comportement, j'ai pris cela pour un compliment. Là, Weasley est venu et a parlé d'honneur pour moi – je ne sais pas trop ce qu'il avait en tête – et il a sorti sa baguette. Drago est descendu de son perchoir dans l'arbre et a sorti la sienne. Tout s'est passé très vite après. Le professeur Maugrey est arrivé et Weasley s'est retrouvé transformé en belette et Drago … en fouine. »

« Je vois..., » fit alors Severus, le visage impassible alors qu'il regardait l'animal.

La fouine, elle, semblait s'impatienter du manque de réaction de son parrain mais ne bougeait pas. Il ne faisait qu'implorer l'homme de son regard. Finalement, le Maître des Potions abrégea le calvaire du Sang-Pur en agitant sa baguette. Drago reprit forme humaine et tomba très peu dignement de la chaise. Il grogna de douleur alors qu'il se relevait.

« Merci, professeur, » dit-il avec soulagement. « Et merci, à toi aussi, Harriet. »

« Je t'en prie, » sourit cette dernière avec un geste de la main. « C'est la faute de Weasley tout cela. Mais, professeur, n'y a-t-il pas un article dans le règlement interdisant la métamorphose comme punition pour les enseignants ? » demanda-t-elle en tournant le regard vers son frère.

« En effet. Je vais en toucher deux mots avec le professeur McGonagall pour qu'elle en discute avec le professeur Maugrey. Autre chose ? »

« Non, professeur, » répondit Harriet avec un sourire. « Merci beaucoup de votre aide. Bonne journée. »

« Cinq points pour Serpentard pour avoir défendu Miss Potter en bon gentleman, Mr Malfoy. Et cinq points pour Serdaigle pour avoir aidé un membre de ma maison, Miss Potter. »

« Merci, professeur, » répondirent les deux étudiants avant de sortir. « Bonne journée ! »

Harriet rendit le sac de cours au Serpentard et reprit sa pomme qu'elle avait rapidement glissée dans son propre sac sous un sort de stase. Elle mordit dedans alors qu'ils se dirigeaient ensemble vers leur prochain cours.

« Alors comme ça, tu as une cape d'invisibilité, » fit le blond avec un sourire.

« Oui. Mais s'il te plait, ne le crie pas sur tous les toits. Je n'ai pas envie que cela se sache. »

« Est-ce que tu t'en aies déjà servie pour enfreindre le règlement ? »

« Et agir en Gryffondor ? » demanda Harriet en riant. « Non pas tellement. J'ai mieux à faire. Et puis, j'ai suffisamment d'ennuis comme ça sans avoir à en chercher des supplémentaires en enfreignant le règlement. Je m'en sers le plus souvent pour quand je veux que Weasley me lâche la grappe. Pas vue, pas prise. »

Drago rit doucement.

« Oui, tu as sans doute raison. Tout mieux que Weasley ou agir en Gryffondor ! » Il soupira. « J'ai une dette envers toi. Non deux en comptant … »

« Laisse tomber Drago. Tu sais que je ne me tracasse pas de ce genre de choses. Tu es mon ami. Je sais que tu tiens à ton image alors j'ai fait ce que j'ai pu pour que tu ne sois pas trop humilié. »

« Tu es sûre que tu ne veux rien ? » demanda malgré tout le Serpentard qui n'arrivait pas à concevoir qu'on n'accepte pas ce genre de choses.

« Oui, » soupira Harriet à son tour. « Mais je ne dirais pas non à du chocolat, » rit-elle ensuite.

Le garçon secoua la tête avec un rictus amusé.

« Je ne te comprendrais jamais, Miss Impossible, » dit-il finalement.

La Serdaigle rit doucement, habituée à être appelée de la sorte par le Serpentard.

Deux jours plus tard, quand le courrier arriva, un hibou grand-duc se posa devant Harriet avec un gros paquet. Quand elle le détacha, l'oiseau s'envola pour rejoindre la table de Serpentard et se posa sur l'épaule de Drago. Harriet fronça les sourcils un instant avant de regarder ce qu'il y avait dans la boîte. Il y avait beaucoup, beaucoup, de chocolat. Du blanc, du noir, du praliné, du fourré, du lait, du double lait, certains aux noisettes, d'autres aux amandes, d'autres aux fruits, … Bref, que du chocolat ! Même des chocolats suisses ! Ses préférés !

Elle sourit, amusée, et se leva. Elle fit rapidement le tour de la table des Serdaigles et des Serpentards pour rejoindre le blond.

« Merci pour le chocolat, Drago ! » dit-elle avant de l'embrasser sur la joue.

Elle retourna ensuite à sa table pour discuter avec Luna et Padma.

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Severus mangeait tranquillement son petit-déjeuner tout en lisant la Gazette quand un hibou vint se poser à côté de lui. Il leva les yeux et reconnut Hadès, le messager de Merryl. Il tenait un petit paquet. Il le prit calmement dans ses mains et donna à l'oiseau un peu de lard et d'eau en récompense de son long voyage.

Il défit la ficelle et le morceau de papier craft. Il découvrit un petit miroir identique à celui de Merryl, son fils Alfie, ou même Harriet. Il prit le petit mot de la main de Merryl et le lut.

Rendez-vous ce soir à 21h, heure de Londres. Sois pas en retard ! M.

Severus sourit l'espace d'une seconde, amusé, mais se rendant compte du lieu dans lequel il était, il reprit bien vite son visage impassible. Toutefois, il eut le malheur d'entendre la voix joyeuse du directeur résonner à ses oreilles.

« Vous souriez, Severus, » fit Dumbledore. « Qu'est-ce qui peut bien vous mettre de si bonne humeur ? »

Le Maître des Potions croisa le regard bleu et pétillant de l'homme et se retint de lui mettre son coup de poing en plein visage pour tout ce qu'il faisait aux dépends d'Harriet.

« Ceci est privé, Dumbledore. Je vous prierais de ne pas vous immiscer dans les affaires des autres. Vous ne voudriez pas qu'on vienne fouiller dans vos petites affaires, n'est-ce pas ? »

Le vieil homme laissa tomber assez rapidement face au Serpentard, jugeant que le jeu n'en valait pas la chandelle. Il découvrirait bien cette information d'une autre manière. Severus retourna à son journal, le visage impassible. Toutefois, ceux qui connaissaient bien l'homme pouvaient voir la chaleur qu'il y avait dans son regard sombre.