Chapitre 66 : Beaubâtons et Dumstrang

Si tu l'oses : 257 Seul

Harriet descendit dans la Grande Salle et se rendit compte de l'effervescence qui y régnait. Bien trop pour un simple petit déjeuner.

« Tu peux me dire ce qui se passe ? » demanda-t-elle à Hermione en s'installa à la table des Gryffondors.

« Les délégations russes et françaises arrivent ce soir, » répondit simplement cette dernière sans lever le nez de son livre.

« Oh ! On est déjà le trente ? »

« Hmm hmm, » acquiesça la brune.

La Serdaigle soupira et se servit des oeufs et quelques toasts. Elle sortit son manuel de potions pour lire la leçon suivante et aussi pour se prémunir de l'assaut Weasley qui venait de s'installer à côté d'elle pour une énième tentative.

« Salut, Harriet, » sourit Ron Weasley.

« Salut, la belette, » répliqua-t-elle simplement.

« Eh ! Je ne suis pas une belette ! »

« Va dire ça à Maugrey. »

« Tu fais quoi ? »

« Potions. On aborde les antidotes, tu te rappelles. Personnellement, connaissant Snape, il serait capable de décider de nous empoisonner afin de tester nos antidotes directement. »

Elle vit le rouquin pâlir et s'en délecta intérieurement. Elle garda toutefois le visage impassible alors qu'elle le voyait s'éloigner.

« 'Mione, tu veux être mon binôme, aujourd'hui ? Ou je me mets avec Neville ? »

« Mets-toi avec Neville, » répondit la Gryffondor. « Tu es douée en potions. Tu pourras l'arrêter ou le conseiller quand il n'est pas sûr de ce qu'il fait. »

« Ou le rassurer quand Snape est dans les parages, » sourit la Serdaigle. « Le pauvre. Il tremble toujours rien qu'à entendre son nom. »

« Mouais. Je me demande comment il réagira quand il saura que ... enfin tu vois. »

« Ouais. Ca promet d'être drôle. N'empêche. Le pauvre ... »

Elles ignorèrent totalement le rouquin malgré ses tentatives de discussion des plus médiocres et ses sujets stupides et insignifiants avant de le voir s'éloigner.

« Bon débarras, » firent-elles en même temps avant de reprendre leur discussion.

xXxXxXx

Severus tenait la Carte du Maraudeur entre ses mains. Il surveillait le nom de Barty Croupton, celui qui se faisait passer pour Maugrey Fol Oeil. Il le surveillait autant qu'il le pouvait. Il savait qu'il ne tenterait rien durant les cours parce qu'il y aurait trop de témoins. Le Mangemort ne ferait donc pas de mal à Harriet durant ces moments-là. Mais il pourrait le faire à d'autres moments. Ou tenter quelque chose de fou comme venir dans son armoire à ingrédients pour lui voler ce qu'il fallait pour brasser son polynectar. C'était une potion longue et difficile à préparer. Certains ingrédients étaient assez difficiles à se procurer. Et vu la quantité que l'homme devait boire par jour, il devait consommer un chaudron de polynectar par semaine. Environ... Quand l'homme viendrait dans son armoire, il tomberait dans son piège. Mais il devrait être suffisamment prêt pour l'attraper avant qu'il ne se libère. Maudites lois contre l'usage de la magie noire !

Il soupira quand il referma la carte. Le Mangemort était retourné dans sa classe pour assurer son cours. Cela lui fit penser qu'il en avait un lui aussi. Il rangea le vieux parchemin maintenant vierge dans un tiroir de son bureau et se leva. Il fit entrer la classe Serdaigle-Gryffondor, les quatrièmes années.

Il se retint de relever un sourcil quand il ne vit pas sa soeur s'installer au premier rang mais au troisième. Il comprit toutefois rapidement. Cela faisait quelques temps qu'elle commençait à s'installer régulièrement à côté du jeune Londubat. Les potions de ce dernier n'en ressortaient que de meilleures qualités grâce à ses conseils alors il ne disait rien. Mais il notait qu'elle l'appréciait beaucoup alors il faisait un effort pour ne pas trop effrayer le jeune homme. Ce n'était toutefois pas gagné. Londubat semblait avoir développé une peur phobique de sa personne.

Son cours se passa sans trop d'ennuis. Le dernier de sa journée. Les suivant étaient annulés à cause de l'arrivée des délégations. Rien qu'à l'idée de revoir Karkaroff, Severus n'était pas à l'aise. Il ne savait pas trop de quel côté cet homme était. Normalement, il était un traître. Il avait dénoncé de nombreux Mangemorts. Mais on n'était jamais trop prudent ... Ils seraient au total trois marqués dans l'enceinte du château, Croupton, Karkaroff et lui. Cela risquait d'être explosif s'il faisait un pas de travers.

Il rentra dans ses appartements pour se détendre en attendant l'heure. Il se servit même un verre de Whisky avant de s'installer pour lire un peu et se changer les idées.

xXxXxXx

Vers dix-huit heures, tous les élèves de Poudlard sortirent et s'alignèrent devant le château, par maison et par année, pour accueillir leurs invités de Beauxbâtons et de Dumstrang. Il faisait frais et le ciel s'assombrissait déjà. Harriet se frottait les mains l'une contre l'autre. Elle aurait dû songer à mettre des gants. Pourquoi elle oubliait toujours ses gants ? Elle soupira, soufflant dans ses mains rougies pour les réchauffer par la même occasion. Elle était impatiente de pouvoir rentrer se réchauffer.

Quelques doigts commencèrent à se lever et à pointer un point précis du ciel. Harriet leva les yeux dans cette direction et vit des pégases. Ah ! non ! Le terme exact était Abraxan ! Fichue mythologie moldue ! Quoi qu'il en soit, il y avait six de ces créatures à la robe immaculée qui tirait quelque chose. Un carrosse cyan. Merlin... Pas évident de le voir dans cette partie du ciel qui était encore bleue. Pour passer inaperçu, il n'y avait pas mieux !

Leur descente était rapide mais ils atterrirent malgré tout avec douceur sur le chemin du château. Le cocher descendit avec souplesse et posa un escabeau devant la porte du carrosse avant d'ouvrir la portière décorées des armoiries de l'école. Deux baguettes croisées devant des arabesques qui ressemblaient étrangement à un arbre. Harriet ne pouvait pas voir correctement d'où elle était.

Dumbledore s'avança et aida une grande femme, que la jeune Prince supposait être Madame Maxime, à descendre en parfait gentleman.

'Tiens, il connaît la galanterie et la politesse. Etonnant,' ironisa intérieurement Harriet. 'Enfin, c'est Dumbledore. Tout pour paraître le meilleur en toutes choses ...'

Les élèves de Beauxbâtons sortirent peu à peu, les jeunes hommes aidant leurs camarades, et s'alignèrent devant le carrosse. Leur uniforme était de couleur bleu ciel, pantalon pour les hommes et jupes jusqu'aux genoux pour les femmes. Harriet avait encore plus froid en les voyant. Le tissu n'avait pas l'air épais. Elle pensait même les voir trembler malgré la distance. Quelle idée de venir avec des tenues d'été dans un climat réputé frais en même temps. On n'était pas en Méditerranée !

Dumbledore les fit rentrer à l'intérieur du château afin qu'ils puissent se réchauffer en attendant l'arrivée des autres. Au plus grand bonheur d'Harriet, cela ne tarda pas. Des ronds d'eau apparurent sur la surface du Lac Noir, rapidement suivis par l'émergence d'un bateau à voiles à trois mâts. Il y avait beaucoup d'activités sur le pont, les élèves de Dumstrang bougeaient à gauche et à droite pour relever les voiles et amarrer le navire. Ils sortirent ensuite une planche pour descendre et mettre le pied à terre. Enfin... sur le ponton.

Eux, au moins, ils étaient habillés chaudement ! Bien que beaucoup avaient les bras découverts. Ils devaient avoir chaud vu la différence de climat avec la Russie. Ils devaient se croire en été sans doute. Les chanceux ! Harriet commençait vraiment à ne plus sentir ses pieds à force de rester immobile sur la pierre froide des escaliers du château. Elle retint un soupir de soulagement quand Dumbledore écourta ses salutations avec le directeur de Dumstrang, Igor Karkaroff, et les fit entrer à leur tour. Les élèves de Poudlard purent enfin rentrer et se diriger vers la Grande Salle pour le repas du soir.

Les élèves de Dumstrang furent installés à la table des Serpentards et ceux de Beauxbâtons à celle des Serdaigles. Harriet eut du mal à se trouver une place maintenant que la table était bondée. Elle se glissa avec Luna aux côtés d'Alfie à proximité des Français.

La jeune Prince regarda avec surprise son cousin saluer avec joie une ravissante jeune femme, une blonde, avant de les rejoindre.

« Tu la connais ? » demanda Harriet en relevant un sourcil.

« Ben, oui, » répondit Alfie en haussant des épaules. « C'est une amie d'enfance. Ma mère est amie avec Aimée Delacour et donc, j'ai vu un certain nombre de fois Fleur et Gabrielle. »

« Oh... »

Harriet observa encore quelques secondes la blonde qu'elle soupçonna être Fleur Delacour avant de se concentrer sur les plats présents à table. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise alors que ses papilles gustatives la faisaient saliver. Heureusement, son éducation lui permit de garder cela secret. Rien ne transparaissait sur son visage. Enfin pas trop.

« Tu comptes admirer la nourriture encore longtemps ? » demanda Alfie.

« Non, non, » répliqua-t-elle avec un sourire. « C'est juste que je n'arrive pas à me décider. Boeuf bourguignon, gratin dauphinois, quiche lorraine, tartiflette, ... J'en ai plus mangé depuis ... des siècles ! »

Le blond rit doucement.

« Tu sais qu'ils vont être là toute l'année ? Tu as le temps de redécouvrir chaque met de la gastronomie française que tu connaissais et même d'en découvrir d'autres. »

La Serdaigle remercia son cousin du regard et se servit de ce qui était autrefois son péché mignon, à savoir la quiche lorraine. Elle la savoura longuement en fermant les yeux. Un délice... Elle commença à discuter avec ses amies et son cousin des événements à venir, incluant parfois un français ou deux dans la conversation. D'ailleurs, elle surprit Alfie quand elle répondit à l'un d'eux directement en français quand il ne la comprit pas en anglais.

« Tu ne m'avais pas dit que tu parlais français, » fit le jeune garçon.

« Tu ne me l'as jamais demandé non plus, Alfie, » rétorqua Harriet en haussant des épaules.

« C'est pas faux. »

La soirée se passa tout en douceur et la jeune Prince se retrouva bien vite dans sa chambre à lire un énième roman moldu pour se détendre. Elle entendit un petit son clair. Son miroir magique. Elle posa son livre sur son oreiller, veillant à bien glisser au préalable son marque-page, et sortit son miroir. La surface réfléchissante révéla bien vite le visage de son frère. Elle sortit immédiatement sa baguette et lança un sort contre sa porte pour veiller à ce qu'elle soit bien fermée. Pour le reste, les chambres avaient un minimum d'intimité.

« Salut, Sev, » fit-elle avec un sourire.

« Tu es seule ? »

« Oui. »

« Bien. J'ai quelques mises en garde à te faire. »

« Ah ? »

« Fais attention à Karkaroff. »

« Mouais..., » fit lentement la Serdaigle, songeuse. « Ce ne serait pas bête de le garder à l'oeil et que je m'en tienne éloignée. Vigilance constante ! »

Severus eut un rictus amusé.

« Tu cites lequel ? L'imposteur ou le vrai ? »

« Je n'ai jamais entendu mon professeur dire cela malgré le fait qu'il a pris son identité donc je dirais le vrai. Il dit vraiment ça dans la vie réelle ? »

« Oh que oui. »

« Sinon, comment cela se passe de ton coté ? » demanda la jeune fille. « Tu avances. »

« Non, » soupira-t-il. « Il n'a pas encore fait un pas de travers et ne s'est pas encore approché de mon placard. »

Harriet fit une légère grimace boudeuse.

« En espérant qu'on puisse l'attraper avant que mon nom sorte de cette maudite coupe. J'ai pas envie de participer à ce maudit tournoi de mes fesses ! »

« Langage ! »

Elle leva les yeux au ciel avant de rouler sur le dos dans son lit, tenant le miroir à bout de bras.

« Merlin ! Harriet, il faut vraiment que tu apprennes à ne pas être aussi vulgaire. »

« Quand nous serons à une réception ou à un moment où la vulgarité sera plus que déplacée, oui je suis d'accord. Mais sinon, laisse-moi être moi-même, s'il te plait. »

Elle vit son frère soupirer bruyamment avant de tourner la tête sur le côté.

« Il faut que je te laisse. Quelqu'un est à ma porte. »

« Au revoir, Sev, » fit alors Harriet avec un sourire alors qu'elle agitait la main devant le miroir.

Elle posa le miroir sur coté et fit léviter son livre au-dessus de sa tête. Le marque-page lui tomba sur la tête. Heureusement ce n'était qu'une plume ! Elle continua paisiblement sa lecture.