Chapitre 68 : La Représentante de Pelhisir
En ce jeudi 3 novembre, les discussions battaient son plein dans la Grande Salle. Cela ne faisait que trois jours que les champions avaient été sélectionnés et Harriet subissait déjà le revers de la médaille. Même Severus en avait entendu parler et le voyait sur bon nombre de poitrines. Des badges 'Vive Cédric' qui se muaient en 'A bas Potter'. C'était ... dégradant.
Toutefois, il avait remarqué le comportement de sa soeur face à cela et avait retenu un rictus amusé.
« Tu n'as vraiment que cela à faire ? Me coller ton badge débile dans la tronche. Va plutôt voir aux hangars à bateaux si j'y suis. J'ai autre chose à foutre qu'écouter tes bêtises. »
Il la savait en colère mais il savait aussi qu'elle n'était pas surprise par la suite des événements. Sauf peut-être d'être une championne de Pelhisir. Il était lui-même surpris et avait directement contacté Merryl le soir-même pour l'avertir de la situation. Elle lui avait dit alors qu'elle allait voir avec d'autres responsables de l'archipel.
Il buvait donc tranquillement son café en lisant les nouvelles de la Gazette. Harriet était malheureusement en première page. Il retint un soupir.
Il sursauta comme tout le monde quand les grandes portes du réfectoire s'ouvrirent dans un grand fracas. Il porta immédiatement son regard, la main crispée sur sa baguette par réflexe et il ne fut pas le seul dans ce cas. Toutefois, il ne put que soupirer et presque lever les yeux au ciel en voyant la personne qui venait d'entrer.
Merryl Evans venait de faire son entrée dans la Grande Salle. Une entrée très théâtrale. Severus ne l'aimait que d'autant plus. Et elle était magnifique. Elle était vêtue d'un pantalon taille haute et des chaussures en cuir de dragon, une tunique vert sombre et une grande cape de voyage élégante. Ses cheveux roux étaient lâchés dans son dos. Elle avait prononcé la courbe de ses lèvres avec un rouge à lèvres rouge sombre mais pas trop.
Il ne fut pas surpris d'entendre Minerva murmurer le nom de Lily. Il était vrai que Merryl ressemblait presque comme deux gouttes d'eau à la Gryffondor. Elle était juste plus bronzée.
« Maman ? Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda Alfie Addington en se levant.
« Tante Merryl ? » fit Miss Delacour.
« Tati Merryl ? » dit Harriet.
« Tati Merryl ?! » répéta la française en regardant cette dernière.
« Tante Merryl ?! » répéta la Serdaigle sur le même ton.
« Oh Merlin..., » murmura Severus en se passant une main sur le visage. « Voilà qui promet... »
Il vit la rousse sourire doucement alors qu'elle s'avançait dans la salle.
« Bonjour, les jeunes, laissez les vieilles personnes mettre le bazar, d'accord ? »
Severus dut faire un effort pour garder son visage impassible mais intérieurement, il était mort de rire. Il vit Harriet pour une fois sans voix. Ca, c'était aussi un plaisir. Elle avait très souvent le dernier mot dans une conversation. Mais là, elle était sur le cul, tout comme Mr Addington et Miss Delacour. Quant au reste de la Grande Salle, elle était étrangement silencieuse. Tous les regards étaient tournés vers Merryl.
Il se leva et commença à faire le tour de la table des professeurs. Heureusement, il s'installa toujours presque en bout de table.
« Merryl ? Qu'est-ce que tu viens faire ici ? » demanda-t-il simplement, le visage impassible. « Tu n'es pas venue pour dire bonjour à un vieil ami, je suppose... »
« J'adore aller rendre visite à ceux qui s'exilent dans de vieux châteaux pleins de courants d'air mais non..., » rit-elle alors qu'elle s'avançait vers la table des professeurs. « Ce n'est pas pour tes beaux yeux que je suis ici. »
Dumbledore se leva et prit alors la parole.
« Qui êtes-vous et comment êtes-vous entrée ici ? »
« Je m'appelle Merryl Evans, » répondit-elle simplement, avec un petit sourire en coin. « Et pour répondre à votre autre question, sachez que Poudlard est un vrai moulin. On y entre comme dans un bordel de bas étage. »
Severus se fit violence pour ne pas éclater de rire. Il adorait cette femme ! Elle avait un de ces humours ! Une vraie perle !
« Et vous êtes ici pour quelle raison ? » demanda le directeur, la mâchoire crispée par le commentaire sur son école.
« Je suis la représentante de Pelhisir. Magia a, par on ne sait quel miracle, choisi Harriet Potter-Prince comme championne de notre école, par conséquent, j'ai été nommée pour venir assister au tournoi au nom de Pelhisir et soutenir cette jeune fille. » Elle se tourna d'ailleurs vers cette dernière. « D'ailleurs, au nom de toute l'école, Miss Potter, nous comptons sur vous pour nous rapporter ce trophée. »
« Je ... quoi ?! » fit Harriet, complètement perdue. « Je ... je ferai de mon mieux... je crois. »
Severus ne savait pas s'il devait rire ou pleurer pour sa soeur. La pauvre s'était rassise sur sa chaise, presque sonnée par les cinq dernières minutes. Elle était certainement en état de choc.
Merryl s'avança et serra les mains de chaque professeur, directeur et employé du ministère anglais présent, faisant juste la bise à Severus qu'elle connaissait déjà. Elle se retint juste pour Eileen dont elle connaissait le glamour et ne voulait pas révéler le secret. La sorcière lui en fut d'ailleurs silencieusement reconnaissante.
« Je vous souhaite bon appétit, » dit-elle ensuite. « Veuillez m'excuser mais j'ai un certain nombre de choses à dire à Miss Potter. »
Elle s'écarta donc de la table des professeurs et se dirigea vers la table des Serdaigles.
« Riette. Tu viens ? »
« Je ... Oui, tati..., » fit la jeune fille en se levant comme un automate.
« Severus, est-ce qu'on peut envahir ton bureau pour discuter ? »
« Tant que vous le mettez pas dans un bordel sans nom et que vous ne le faites pas exploser, je ne suis pas contre, » répondit ce dernier. « Je suppose que tu n'as pas besoin de moi pour ouvrir la porte... »
« Tu supposes bien. Bonne journée ! »
Merryl et Harriet disparurent par la grande porte, les deux battants se refermant lentement derrière elles par magie.
Dès que les portes se furent refermées complètement, un boucan du diable s'éleva dans la salle. Les discussions étaient enflammées avec pour seul sujet ce qui venait de se passer.
« Alfie, tu as des explications ? » fit Fleur Delacour.
« Sur quoi ? » demanda ce dernier.
« Comment Potter peut être apparentée à Merryl ?! »
« Ben, nos mères étaient soeurs alors ... Je ne l'ai moi-même appris que l'an dernier. Elle avait toujours crue sa famille morte et Tante Pétunia n'est pas une personne fréquentable alors on reste loin... »
« Mais c'est Potter ! Elle est célèbre, une petite idiote arrogante, certes. Mais elle est mondialement connue pour avoir survécu. Comment ta mère pouvait ... ? »
« Tu ne connais pas Harriet, Fleur. Comment peux-tu dire qu'elle est idiote ? »
« Elle l'est ! »
« Arrogante peut-être mais pas idiote, » rétorqua le blond, le visage dur. « Elle est l'une des meilleures de sa promo ! Et c'est une Evans ! Les Evans sont naturellement intelligents et doués ! Alors ne la critique pas sans la connaître, s'il te plait. »
Pendant ce temps, le Maître des Potions faisait aussi les frais d'un interrogatoire.
« Severus, auriez-vous une explication ? » demanda Dumbledore.
L'homme retint un soupir alors qu'il se tournait vers le directeur.
« A quel sujet ? »
« Eh bien, cette femme. Vous la connaissez ? »
« Cela semblait évident, non ? » rétorqua-t-il avec son sarcasme habituel. « C'était Merryl Evans, la soeur aînée de Lily. »
« Pourquoi nous ne la connaissons pas ? » demanda le vieil homme.
« Parce qu'elle a été étudié la magie à Pelhisir, » répondit simplement le Serpentard.
Il se leva et jeta un regard noir à tout le monde. Il coupa directement court à l'interrogatoire.
« Jusqu'à preuve du contraire, je ne m'appelle pas Merryl Evans, je ne suis pas une femme, je ne suis pas roux – Merlin m'en préserve ! – et je ne suis pas un élémentaliste. Je ne suis qu'un simple Maître des Potions. Par conséquent, si vous avez des questions, je vous suggère d'aller voir directement Miss Evans. Elle se fera certainement une joie de vous répondre. Si toutefois, elle en a l'envie ... Bonne journée. »
« Severus... »
« J'ai une potion sur le feu, » coupa ce dernier en se dirigeant vers la sortie dans une de ses envolées de cape légendaires.
xXxXxXx
Harriet marchait en compagnie de sa tante, silencieuse, alors qu'elles descendaient dans les cachots, vers le bureau de Severus. Elle la laissa ouvrir la porte et elles entrèrent. Quand la porte fut refermée et les sorts d'intimités bien placés, la Serdaigle prit la parole.
« Salut Merryl. Je peux savoir ce qu'il se passe ? C'était quoi ce numéro ? »
« Salut Riette. Eh bien, comme je l'ai dit dans la Grande Salle, je suis ici au nom de l'école de Pelhisir pour te soutenir et te faire gagner ce tournoi ! Puisqu'apparemment, tu n'as pas pu échapper à ta nomination ... »
« Pourtant Severus a surveillé l'autre taré. Il n'a pas compris ce qu'il a manqué. »
« J'en discuterai avec lui plus tard. Sinon ça va ? »
« Moui... plus ou moins. Les adolescents sont des cons qui font des trucs stupides et inutiles pour charrier leurs victimes. Mais ça, quelle que sera l'époque, ça ne changera jamais. »
Merryl eut un sourire amusé.
« Je me fais toujours harcelée par ce débile de Weasley qui a maintenant l'heureux surnom de belette depuis qu'il est passé sous la baguette de Maugrey. »
Le sourire de l'élémentaliste devint moqueur.
« Et j'ai appris que tu connaissais Delacour qui est une vraie salope ! »
« Langage ! » fit Merryl en lui faisant une pichenette sur le front.
« Je suis désolée mais je déteste cette fille. Elle m'a prise en grippe dès la seconde où Verpey a annoncé que j'étais championne alors que je criais haut et fort que je ne voulais pas l'être ! Elle m'a insultée directement. Genre je suis une gamine. Moi, une gamine ?! »
« Ouch... » La rousse soupira. « Ecoute, Harriet. Laisse-lui du temps. Fleur est quelqu'un de bien dans le fond. Je la connais depuis qu'elle est enfant. C'est la nièce de ma meilleure amie ... »
« Ouais. Alfie m'en a touché deux mots. Cela change rien au fait que je ne l'aime pas. »
« Laisse-lui une chance, s'il te plait. »
La Serdaigle soupira bruyamment.
« Je te promets de ne jamais commencer. »
« Merci. »
« Mais cela ne veut pas dire que je ne répliquerais pas, » ajouta Harriet en levant un doigt. « Il est hors de question que je m'écrase face Miss Pimbèche ! »
Merryl leva les yeux au ciel mais préféra changer de sujet.
« Tu as des questions particulières sur ta situation actuelle ? »
« Est-ce que cela fait de moi maintenant une élève officielle de Pelhisir et que je pourrais éviter Ombrage l'an prochain ? »
« Hmm ... Je ne sais pas. Je peux toujours me renseigner... »
« Sinon, dans l'immédiat non, j'ai pas de question. Officiellement, tu n'as pas le droit de m'aider. Tu ne peux que me soutenir. Mais j'avais prévu le coup au cas où... »
« Ah ? »
« Ben, j'étais déjà au courant pour la première tâche puisque tu as eu une demande pour certaines créatures il y a quelques semaines. Alors dans le doute quant à ma nomination, j'ai malgré tout fait des recherches en bibliothèque pour ne pas finir en biscotte grillée pour dragon. »
« Excellente initiative, » applaudit Merryl.
Harriet soupira.
« Je vais te laisser. J'ai encore un devoir à finir pour la rentrée. »
« Maintenant, tu n'as plus aucune obligation vis-à-vis des cours ... »
« Cela ne change pas le fait que je veux apprendre, » rétorqua sa nièce avant de lui faire une brève embrassade et de sortir du bureau. « Bonne journée, Merryl. »
« Bonne journée, Riette. »
xXxXxXx
Severus marcha lentement vers son bureau. Il avait croisé Harriet dans le couloir et l'avait silencieusement salué d'un hochement de tête. Il ouvrit la porte de son bureau, se doutant d'y retrouver Merryl. Et en effet, elle était là, assise sur sa chaise, derrière son bureau.
« Vous êtes en retard pour votre retenue, jeune homme ! » fit-elle avec un air faussement sévère.
Il eut un rictus amusé alors qu'il refermait la porte de son bureau.
« Oh vraiment ? » demanda-t-il un sourcil relevé. « Je n'étais pas au courant que j'étais redevenu élève de cette école. »
Elle eut un rire amusé. Severus appela un elfe pour qu'il leur apporte du thé. Il s'installa sur une autre chaise.
« Et si tu me mettais un peu au parfum sur ce qui se trame. Je crois avoir raté un épisode entre le 'je vais en discuter avec des responsables' et le 'je suis la représentante de Pelhisir' ... »
Merryl eut un rire clair avant de réexpliquer la situation au Maître des Potions.
